Les Jeux olympiques d'hiver de 1992, officiellement connus comme les Jeux olympiques d’hiver, ont lieu à Albertville, dans le département de la Savoie, en France, du 8 au . Les organisateurs désignent l'événement comme les Jeux d'Albertville et de la Savoie. Ce sont les derniers Jeux d'hiver à se dérouler la même année que ceux d'été, avec Barcelone. Pour l'organisation de ces Jeux d'hiver, sept villes sont en compétition et c'est lors du sixième tour que le dossier français remporte les suffrages du Comité international olympique (CIO). Les deux co-présidents du comité d'organisation des Jeux d'Albertville sont Jean-Claude Killy et Michel Barnier. Il s'agit des troisièmes Jeux d'hiver se déroulant en France, après les premiers à Chamonix en 1924, et ceux de Grenoble en 1968.

Ces Jeux d'hiver réunissent issus de , qui participent à six sports et . Désormais, les épreuves de ski acrobatique, de patinage de vitesse sur piste courte ainsi que le biathlon féminin sont disciplines officielles. Par ailleurs, trois disciplines sont au programme en tant que démonstrations. Curling et saut acrobatique resteront par la suite au programme des Jeux d'hiver. Albertville est le siège de l'organisation de ces Jeux, mais la ville n'accueille en réalité que 18 de ces épreuves. Les autres sites sont répartis sur la vallée de la Tarentaise et du Beaufortain, notamment le ski alpin à Val d'Isère et aux Ménuires pour les hommes et à Méribel pour les dames, tandis que les épreuves de ski de fond et de biathlon ont lieu au col des Saisies. Il s'agit en effet d'une organisation multipolaire entre la ville hôte et le département puisque les Jeux sont codirigés par le président du Conseil général de la Savoie, cogestion que l'on retrouve dans l'appellation officielle de l'événement, « Jeux d'Albertville et de la Savoie ».

À l'issue de ces Jeux d'hiver, l'Allemagne, qui présente pour la première fois depuis 1964 une équipe unifiée, arrive en tête des nations avec dont 10 en or. Elle est suivie par l'Équipe unifiée composée de nations de l'ex-URSS (23 dont 9 en or), et la Norvège (20 dont 9 en or). Les athlètes les plus titrés, Bjørn Dæhlie et Vegard Ulvang, appartiennent d'ailleurs à cette équipe norvégienne. Ils remportent chacun trois médailles d'or, dont une par équipe, et une d'argent, dans les épreuves de ski de fond. En raison de la décision du CIO consistant à décaler les Jeux d'été et d'hiver, ceux de Lillehammer n'ont lieu que deux ans plus tard.

Sélection de la ville hôte Élections des villes hôtes pour l'organisation

Le processus de sélection pour les Jeux olympiques d'hiver de 1992 comprend sept villes. La ville hôte d'Albertville est désignée le , à Lausanne, en Suisse, à l'occasion de la du CIO.. Elle est choisie lors du sixième tour, face aux villes candidates d'Anchorage (États-Unis), de Berchtesgaden (Allemagne), de Cortina d'Ampezzo (Italie), de Lillehammer (Norvège), de Falun (Suède), et de Sofia (Bulgarie)..

Sur les sept villes, six se trouvent sur le continent européen, la septième se trouvant en Amérique du Nord. La ville de Cortina d'Ampezzo (Italie) avait été sélectionnée pour organiser les Jeux olympiques d'hiver de 1944 (annulés en raison du contexte international), elle renouvelle sa candidature pour les Jeux d'hiver de 1952 avant d'être désignée pour accueillir ceux de 1956. Elle est à nouveau en lice pour l'organisation des Jeux de 1988 puis ceux de 1992. La ville de Lillehammer (Norvège) sera quant à elle l'organisatrice des futurs Jeux olympiques d'hiver de 1994.

+ Résultats des votes du CIO Ville Pays Albertville 19 26 29 42 - 51 Sofia 25 25 28 24 - 25 Falun 10 11 11 11 41 9 Lillehammer 10 11 9 11 40 - Cortina d'Ampezzo 7 6 7 - - - Anchorage 7 5 - - - - Berchtesgaden 6 - - - - -

Le même jour est désignée la ville organisatrice des Jeux olympiques d'été de 1992. Barcelone l'emporte face à Paris, avec 47 voix contre 23.. La France est le seul pays à présenter une double candidature pour l'organisation de ces Jeux d'été et d'hiver. Certains iront jusqu'à supposer que la désignation d'Albertville fut une compensation offerte à la France.

C'est par ailleurs lors de cette que le CIO décide d'organiser désormais en alternance les Jeux d'été et d'hiver, et non plus la même année..

Candidature d'Albertville La possibilité d'une candidature de la ville d'Albertville (sous-préfecture, ) et du département de la Savoie est envisagée au début des années 1980. L'idée est lancée par les deux futurs coprésidents de ces Jeux d'hiver, l'ancien triple champion olympique Jean-Claude Killy et le député de la Savoie et président du Conseil général de la Savoie, Michel Barnier, lors du Critérium de la première neige qui se déroule dans la station de Val d'Isère, le ... Le , ils présentent leur projet au maire d'Albertville, Henri Dujol. Le , la première conférence de presse est organisée lors du Critérium de la première neige. Jean-Claude Killy, Michel Barnier et Henri Dujol, le maire d'Albertville, annoncent officiellement la candidature de la ville et du département savoyard aux Jeux olympiques d'hiver. Le suivant, le dossier de candidature est officiellement déposé auprès du Comité national olympique et sportif français (CNOSF).. Quelques mois plus tard, les deux personnalités présentent le dossier de localisation des futures épreuves olympiques. La promotion pour la candidature savoyarde démarre. Un Comité de candidature d'Albertville aux Jeux olympiques d'hiver voit le jour le . La candidature reçoit le soutien officiel du président de la République française, François Mitterrand, en septembre.

Les membres du comité se déplacent pour présenter leur dossier à la session du CIO à Berlin-Ouest. Lors de la se déroulant à Lausanne (Suisse), le , au terme de de vote, le CIO attribue au dossier savoyard l'organisation des Jeux d'hiver de 1992.

Le choix de proposer Albertville et la Savoie pour l'organisation de ces Jeux d'hiver repose sur plusieurs paris. Le premier est de faire la promotion de la région touristique savoyarde, de profiter d'un « effet vitrine ».. L'organisation de cet événement planétaire doit aussi permettre d'apporter un développement économique à une région qui connaît, tout comme le reste du pays, la crise économique, accentuée depuis quelques années par la crise de « l'or blanc », mais aussi ayant pour objectif de moderniser le territoire savoyard... En raison des enneigements inégaux des dernières années, du coût d'un séjour à la montagne et des infrastructures vieillissantes, les stations de sports d'hiver savoyardes connaissent une baisse et un ralentissement de leurs activités vers la fin des années 1980. Ce développement doit donc passer par des investissements conjoints de l'État et des collectivités locales afin de moderniser les infrastructures d'accueil et d'hébergement, de communicationArticle de Rémy Charmetant (Agence touristique départementale de la Savoie), « La Savoie sportive : les effets des événements sportifs sur le territoire » (pp.53-63) in .. Comme le souligne Rémy Charmetant, directeur général de l'Agence touristique départementale de la Savoie, , dans un article paru en 2006.

Organisation Le comité d'organisation des Jeux voit le jour le sous le nom officiel de « Comité d'organisation des Jeux olympiques d'hiver d'Albertville et de la Savoie » (COJO).. Michel Barnier, député de la Savoie et président du Conseil général de la Savoie, le préside. À la demande du président du CIO, Samaranch, au mois d'avril, Jean-Claude Killy est nommé coprésident du COJO.

Le , Jean Albert Corrand fut nommé Directeur Général du COJO en remplacement de Claude Villain...

Le COJO est composé de 31 membres, sept du mouvements sportifs et olympiques (Maurice Herzog, Nelson Paillou, Philippe Chatrier...), huit représentants des collectivités locales (Charles Millon, Louis Besson...), huit représentants de l’État (Roger Bambuck, Manuel Valls, Christian Prouteau...) et enfin huit personnalités qualifiés (Laurent Boix-Vives, Léo Lacroix, Jean Glavany...)Dossier de presse des olympiques d'hiver d'Albertville, Le point à un an de l'évènement, 8 février 1991.. Aspects économiques En , un protocole d'accord est signé entre le Comité d'organisation (COJO), l'État français et le département de la Savoie afin de financer l'organisation des Jeux d'hiver. Le budget prévisionnel est estimé à milliards de francs (env. ). Les deux coprésidents du COJO annoncent dans une formule que « Les Jeux paieront les Jeux » ; ils prévoient notamment que la plupart des aménagements verront une reconversion au lendemain des Jeux (Extrait en ligne).. Toutefois, ce projet de financement ne prend pas en compte le coût des infrastructures parallèles comme les voies de communication, ni ceux réalisés dans l'ensemble du secteur touristique, notamment les rénovations ou créations des lieux d'hébergement (pour les réalisations voir la section « Sites et aménagements »).

La région Rhône-Alpes apportera un soutien financier de de francs au dossier de candidature savoyard ainsi que des investissements dans différentes infrastructures..

Afin de financer une partie des dépenses des réalisations et d'organisation, le COJO met en place un partenariat avec le secteur privé en créant le « Club Coubertin » permettant de regrouper les différents sponsors de ces Jeux.., le . Ce club réunit douze entreprises partenaires qui seront associées aux multinationales du Programme TOP II, le programme international de marketing des Jeux olympiques (voir ci-après). Les deux premières entreprises à s'engager dans l'aventure sont La Poste et IBM France. Elles seront rejointes par dix autres sociétés (le Crédit lyonnais, BIS, AGF, Renault, la SNCF, Yoplait-Candia, France Télécom, Évian, Alcatel et Thomson). Chaque partenaire doit débourser entre 50 et (env. ) pour en devenir membre, ce qui permet d'engranger de francs de recette (n°16073, p.3)..

D'autres entreprises, n'appartenant pas au monde du sport, ont elles aussi participé au financement de l'aventure en déboursant une somme d'un montant minimum de .. On appelle ces partenaires privés le « Club des Quinze », qui réunit des acteurs de l'économie et du développement ou des multinationales françaises de renom (AGF, Arthur Andersen Consulting, Caisse des dépôts et consignations et Caisse des dépôts développement, Chambre de commerce et d'industrie de la Savoie (CCI), Club Méditerranée, Évian, EDF, Lyonnaise des eaux, Matra, Péchiney, Pomagalski, Saint-Gobain-SGE, Savoie-Aménagement, Thomson, Ugine S.A.-Sacilor).. Au niveau local, la CCI de Savoie a collecté le soutien financier d'entreprises, associations ou personnes privées.

Par ailleurs, le programme TOP permet au COJO d'obtenir un pourcentage sur le versement réalisé au CIO pour le déroulement des Jeux en 1992, soit environ de francs (environ ) (n°16158, p.16).. Les recettes publicitaires (apports Programme Top + Club Coubertin) s'évaluent donc à environ de francs.

La diffusion du déroulement des Jeux est obtenue par le groupe américain IMG de McCormack au prix d'environ de francs.. Ce dernier, qui négocie les tarifs avec les chaînes de télévision, reçoit à titre de consultation une partie des recettes de marketing. Les droits de retransmission télévisés rapportent environ ou , dont pour les chaînes américaines dont la majeure partie provient de CBS, et pour les droits pour l'Europe, p.232, « Tableau IV - L'inflation des droits de retransmission des jeux Olympiques d'hiver (en millions de dollars courants) »..

Bilan financier Au lendemain de la fin des Jeux (), les organisateurs annoncent que le déficit ne dépassera pas les de francs (n°16083, p.11).. Lors du bilan final, le COJO annonce que billets ont été vendus (soit 20 % de plus que ceux initialement prévus) et ont rapporté de francs de recettes. Quelques mois plus tard (en ), on fait état d'un déficit de .