Le baron Émile-Bernard-Jules Legoux, né à Saint-Amand-Montrond le et mort à Bar-sur-Seine le , est un magistrat, homme de lettres et homme politique français. Il fut l'un des chefs du parti bonapartiste dans les années 1890.

Biographie

Famille

Né à Saint-Amand, rue LafayetteArchives départementales du Cher, 3E 3371, état civil de la commune de Saint-Amand-Montrond, acte de naissance du 17 novembre 1836., Jules Legoux est le petit-fils de Bernard Legoux (1763-1845), procureur général près les cours de Dijon, Gênes puis Paris, créé baron le . Ce titre de noblesse a été confirmé par lettres patentes de Louis XVIII du Magny, ..

Jules est le fils de Julien-Camille Legoux (1802-1876), alors préfet de l'Aude, et de Laure-Julie-Alexandrine Monginet (v.1816-1888), issue de la famille champenoise des Monginet-BerthelinCharles Poplimont, La France héraldique, , Paris, 1874, ..

Le , Jules Legoux épouse Lucie-Caroline-Eugénie Chausson, fille d'Henri Chausson, négociant en vins de Champagne. Leur fille, Marguerite-Juliette-Marthe, née en 1865Magny, ., épouse en 1888 Gabriel-Yves-Olivier-Jean-Marie, vicomte (puis comte) de La Poëze (1861-19..), maire de La RabatelièreGénéalogie de la famille de La Poëze, Paris, Desclée, De Brouwer et , 1911, ..

Carrière et mandat vignette|gauche|Mairie-école des Chapelles-Bourbon.

Après avoir été élève au lycée Bonaparte, Jules Legoux obtient une licence de droit.

Avocat attaché au parquet du procureur général à Paris, il commence sa carrière dans la magistrature à l'âge de 25 ans, quand il est nommé substitut du procureur impérial à Sainte-Ménehould par un décret du Journal des débats, 25 août 1862, .. Il exerce les mêmes fonctions à Épernay (décret du )Bulletin des tribunaux, 4 janvier 1864, ., avant de devenir procureur impérial à Avallon (décret du )Journal des débats, 11 janvier 1869, . puis à Corbeil (décret du )Le Temps, 5 juillet 1869, .. Les Allemands ayant envahi Corbeil pendant la Guerre franco-prussienne de 1870, Legoux refuse de remplir ses fonctions malgré des menaces d'emprisonnement, déclarant que « jamais [il] ne ferai[t] respecter la loi française sous la pression des baïonnettes prussiennes »Uzanne, .. Quelques années plus tard, il est nommé procureur de la République à Chartres (décret du )Journal officiel de la République française, 28 janvier 1876, ..

En , il devient le chef de cabinet de son ami François Lepelletier, nommé garde des sceaux dans l'éphémère gouvernement de Rochebouët. Après la chute de ce dernier, Legoux se retire de la magistrature.

Le , il succède à Charles-François Pigeastre comme maire des Chapelles-Bourbon, village de Seine-et-Marne, où son beau-père a acquis le château et le domaine de Beaumarchais en 1870. C'est sous son mandat que l'actuelle mairie de la commune est élevée selon les plans de Jules Marmottin, architecte de Coulommiers. Legoux publie une monographie des Chapelles-Bourbon en 1886.

Activités politiques

Militant bonapartiste, partisan du prince Victor, Jules Legoux se présente dans le quartier de la Porte-Dauphine à l'occasion des élections municipales de 1887. Devancé de plus de 300 voix au premier tour par le conseiller municipal sortant, le radical Ernest Deligny, le baron est battu au second tour.

Deux ans plus tard, à l'occasion des élections législatives de 1889, il se porte candidat dans la deuxième circonscription de Troyes avec l'investiture des boulangistes, faisant campagne aux côtés de Millevoye et LaisantLe Gaulois, 22 juillet 1889, .. Au premier tour, il arrive en troisième position, avec , derrière le radical Arbouin, rédacteur en chef du Petit Troyen (), et loin derrière l'opportuniste Eugène Rambourgt (). Arbouin se désiste mais il est remplacé par un autre radical, Jules Charonnat, député sortant battu au premier tour dans la circonscription de Nogent-sur-SeineLe , 2 octobre 1889, .. Cette division des républicains ne profite cependant pas à Legoux, qui ne progresse pas au second tour, obtenant seulement , derrière Charonnat () et Rambourgt (élu avec ).

En 1890, le baron Legoux succède au général du Barail à la présidence des comités impérialistes (puis « plébiscitaires ») de la Seine, structure où il était le délégué du prince Victor depuis La Croix, 8 juin 1889, .. Le , il prend la direction d'un journal hebdomadaire, Le Plébiscite (auparavant Le Signal français, moniteur des comités impérialistes de France)L'Indépendant du Blanc, 8 décembre 1894, ..

Sociétaire de l'Association des journalistes parisiens dès 1888Bulletin de l'Association des journalistes parisiens, 10 avril 1909, , il collabore également, sous ses initiales ou sous divers noms de plume, à La Patrie, au Courrier du Pas-de-Calais, à L'Ordre, au Peuple français (1879), au Moniteur de la Semaine, au Révisionniste, au Petit Caporal, à L'Aigle, à L'Appel au peuple, au Jockey et à L'Intermédiaire des chercheurs et curieux. Outre ces articles de presse, il est aussi l'auteur de plusieurs saynètes et études de mœurs. Il est membre de la Société des gens de lettres.

Régulièrement réélu dans ses fonctions militantes, il est cependant peu obéi par des bonapartistes peu unis et peu disciplinésJoly, .. Lors de l'affaire Dreyfus, il est inquiété lors de la répression gouvernementale du mouvement antidreyfusard, subissant une perquisition et un procès, puis il participe à une vaine tentative d'union des ligues nationalistes et monarchistes ()Joly, ..

Le , le baron Legoux prend sa retraite et démissionne de ses fonctions. Il est remplacé par Léon ChandonJoly, . après le refus de Charles Faure-Biguet, ce dernier ne voulant pas gêner son père, le général Faure-Biguet, récemment nommé gouverneur militaire de Paris par Émile Loubet.

Jules Legoux meurt le au de la Grande-Rue de Bar-sur-SeineArchives départementales de l'Aube, 4E034 48, état civil de la commune de Bar-sur-Seine, acte de décès du 21 avril 1908..

Parmi ses distinctions, on peut relever celles d'officier d'Académie, de commandeur de l'ordre du Médjidié et de l'ordre d'Isabelle la Catholique, de grand officier du Nichan Iftikhar, ainsi que les rangs de chevalier des ordres de Saints-Maurice-et-Lazare, de Vasa et de Notre-Dame de Guadalupe.

Distinctions

50px|G.O du Nichan Iftikhar Grand officier du Nichan Iftikhar

Œuvres de Jules Legoux

Références

Bibliographie C.-E. Curinier, Dictionnaire national des contemporains, t. I, Paris, Office général d'édition de librairie et d'imprimerie, 1899, . Bertrand Joly, Histoire politique de l'affaire Dreyfus, Paris, Fayard, 2014, . Louis de Magny, Nobiliaire universel de France, vol. XV, Paris, Archives de la noblesse, 1880, . Joseph Uzanne, Figures contemporaines tirées de l'album Mariani, vol. V, Paris, Henri Floury, 1900, .

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