vignette|droite|alt=Photographie d'un paysage plat, couvert de buissons variés, avec quelques arbres isolés.|Un paysage de brande dans la réserve naturelle nationale du Pinail. Une brande est une formation végétale de type lande. Elle est issue d'une déforestation ancienne entretenue par un cycle de brûlis, pâturage et exploitation qui s'est perpétré pendant plusieurs siècles.

La brande forme un paysage ouvert et plat avec des arbrisseaux et sous-arbrisseaux. Il y pousse principalement différentes essences de la famille des Éricacées, dont la Bruyère à balai (Erica scoparia) aussi appelée Brande.

C'est un type d'habitat typique du Poitou qui a néanmoins régressé à partir du avec l'expansion agricole, la sylviculture et le reboisement spontané. Son équivalent britannique est le .

Étymologie Brande vient du latin médiéval qui signifie bruyère et son dérivé brandey qui désigne un champ de bruyère. L'ancien français brander signifie flamboyer ou s'embraser, en référence au fait que les brandes sont facilement inflammables et qu'au Moyen Âge les champs étaient brûlés pour être fertilisés. Ce sens est à rapprocher du latin médiéval qui désigne ., et de l'ancien français brandon, pour une torche ou un débris végétal enflammé..

Écologie vignette|gauche|alt=Photographie d'un arbrisseau vert clair, peu garni, devant un plan d'eau.|Un buisson de Bruyère à balai (Erica scoparia), aussi appelée Brande. Dans le Poitou, les brandes sont un habitat de type lande mésophile formé sur un sol pauvre, acide et très sec. Il y pousse majoritairement des arbrisseaux et des sous-arbrisseaux persistants de la famille des Éricacées, principalement la Bruyère à balai (Erica scoparia) aussi appelée Brande ou Brande-à-balai, la Bruyère à quatre angles (Erica tetralix) et la Bruyère cendrée (Erica cinerea). D'autres essences fréquentes sont la Molinie (Molinia caerulea), l'Ajonc d'Europe (Ulex europaeus), l'Ajonc nain ou Bruyère jaune (Ulex minor) et la Callune (Calluna vulgaris). Quelques arbres peuvent y pousser.

Ces brandes sont probablement apparues à la suite d'une surexploitation excessive de forêts existantes pour le bois de chauffage ou le bois d’œuvre, puis le pâturage et les incendies volontaires ont entretenu un terrain ouvert. Elles peuvent s'inscrire dans une mosaïque d'habitats variés : mares, étangs, prairies bocagères, bois et cultures. Même si elle semble définitive, la brande ne subsiste que grâce au feu et au pâturage qui empêchent le reboisement spontané. En l'absence d'entretien, elle évolue en fourré puis en forêt.

L'équivalent de la brande dans les îles Britanniques est le ou , un habitat ouvert dominé par la bruyère et qui nécessite d'être entretenu par une gestion humaine, contrairement aux landes d'altitude qui s'entretiennent naturellement..

Dans le Poitou Historique

La brande est emblématique du Poitou. C'est un paysage plat et inculte volontairement déboisé pendant plusieurs siècles, grâce au brûlis, au pâturage et à la fauche..

Au Moyen Âge, la brande est entretenue par brûlis suivi d'un pâturage pendant deux ou trois ans, puis sa végétation est exploitée pendant quinze à vingt pour concevoir des toitures, des drains semi-enterrés, des haies de contention, des litières pour le bétail ou servir de combustible pour les fours à pain. Ce cycle de brûlis, pâturage et coupe a été répété pendant plusieurs siècles. Au , la surface des brandes diminue au profit des surfaces cultivables et de l'élevage ovin.

Peu habitée, la brande est jusqu'au début du synonyme de pauvreté et de danger pour les habitants des hameaux isolés qui s'y trouvent, car la culture y est difficile et la présence des loups terrorise les paysans.. Peu à peu, à partir du milieu du , les parcelles agricoles s'étendent et des forêts de résineux sont plantées pour l'exploitation sylvicole, entraînant la réduction progressive des brandes. On comptait de lande dans la Vienne en 1860, contre aujourd'hui.

Protection Les forment un site inscrit au réseau Natura 2000. Des espèces rares y poussent, telles que le Glaïeul d'Illyrie (Gladiolus illyricus), la Phalangère à fleurs de Lis (Anthericum liliago) et la Grassette du Portugal (Pinguicula lusitanica). Elles accueillent aussi des espèces d'oiseaux comme la Fauvette pitchou (Curruca undata), le Circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus), le Busard cendré (Circus pygargus) et le Busard Saint-Martin (Circus cyaneus). La réserve naturelle nationale du Pinail est une autre brande longtemps exploitée pour fournir de la litière pour le bétail, du combustible ou des matériaux pour construire des huttes...

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Loges en bruyère d'Anjou-Touraine Zone humide

Bibliographie . . .

Catégorie:Formation végétale Catégorie:Environnement en Nouvelle-Aquitaine