Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, en abrégé GSIM (en , , JNIM) est une organisation militaire et terroriste, d'idéologie salafiste djihadiste, formée le pendant la guerre du Mali. Il naît de la fusion d'Ansar Dine, des forces d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) dans le Sahel, de la katiba Macina et de la katiba Al-Mourabitoune.
Drapeaux
Fondation Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans annonce sa formation dans un document vidéo transmis le à l'agence de presse mauritanienne Agence Nouakchott Information (ANI) et diffusé le lendemain . Plusieurs chefs djihadistes apparaissent dans cette vidéo : Iyad Ag Ghali, l'émir d'Ansar Dine ; Djamel Okacha, l'émir d'AQMI au Sahara ; Amadou Koufa, l'émir de la katiba Macina ; Abou Hassan al-Ansari, l'adjoint de Mokhtar Belmokhtar, émir de la katiba Al-Mourabitoune ; et Abou Abderrahman El Senhadji le qadi d'AQMI . Ces derniers annoncent leur rassemblement dans une seule structure et prêtent allégeance à Ayman al-Zawahiri, l'émir d'al-Qaïda ; à Abdelmalek Droukdel, l'émir d'AQMI ; et à Haibatullah Akhundzada, l'émir des talibans. Iyad Ag Ghali est désigné comme le chef de ce mouvement.
Ces organisations djihadistes étaient déjà étroitement liées avant leur fusion et s'étaient coordonnées dans diverses opérations. Par cette annonce, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans cherche à s'afficher comme un groupe puissant et à contrer l'influence de l'État islamique .
Organisation Commandement À sa fondation, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans est dirigé par Iyad Ag Ghali, tandis que Djamel Okacha est le commandant en second . Okacha est tué le lors du combat d'Elakla . Abou Yehyia al-Djaizari lui succède, mais il est mortellement blessé en à l'attaque de Bamba . Sedane Ag Hita devient alors le nouveau numéro 2 du GSIM .
Fin 2020, l'armée française présente Ba Ag Moussa comme le du GSIM . Ce dernier est tué lors d'une opération dans la région de Ménaka le .
Malick Ag Wanasnat, ancien colonel de l'armée malienne et proche lieutenant d'Iyad Ag Ghali, est tué par l'armée française le , lors du combat d'Inaghalawass.
Les forces du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans sont divisées en plusieurs katiba, dont les plus importantes sont : La Katiba Macina, commandée par Amadou Koufa La Katiba Al-Mourabitoune, commandée par Mokhtar Belmokhtar (?), secondé par Abou Hassan al-Ansari (tué le ) La katiba dite du « Gourma », commandée par Al-Mansour Ag Alkassim (tué le 11 ou ) La katiba Serma . Au début des années 2020, les principaux chefs du GSIM après Iyad Ag Ghali et Sedane Ag Hita sont les suivants : Région de Tombouctou et région de Kidal : Abderrahmane Talha, dit Talha al-Libi ; Abdallaye Ag Albaka, ancien maire de Tessalit ; Abdorrahmane Zaza, dit Abdorrahmane Al-TarguiLes lieutenants du chef jihadiste malien Iyad Ag Ghali, « l’ennemi public numéro un », Jeune Afrique, 31 juillet 2023.. Région de Ménaka : Faknan Ag Taki. Région de Gao : Himmama Ould Lekhweir, dit Hamza al-Tabankorti, ancien membre d'al-Mourabitoune. Région de Mopti et région de Ségou : Amadou Koufa. Gourma malien et Burkina Faso : Salem Ould Breihmatt ou Mohamed Salem Ould Mbarek dit Abou Hamza Al-Chinguetti et Jafar Dicko, chef d'Ansarul Islam.
Le cadi du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, Ali Maychou, dit « Abou Abderrahmane Es-Sanhadji » ou « Abou Abderrahmane al-Maghrebi », est tué au Mali par les forces françaises dans la nuit du 8 au . Zineidine Ag Biga et Houka Houka Ag Alhousseini, dit Houka Houka, deviennent ensuite les principaux cadis du GSIM.
Le , le commandant du GSIM d'Intillit, Iliassou Amadou Moussa, est capturé et exécuté par l'État islamique au Sahel.
Le , le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans annonce le ralliement du colonel Houssein Ghoulam, chef d'état-major du Mouvement arabe de l'Azawad (MAA), à sa cause.
Effectifs Fin 2017, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans compte un peu plus de 500 hommes selon les services de renseignement français . En , Le Figaro évoque pour sa part d'après ses sources, en précisant que ces effectifs seraient en baisse par rapport à l'année précédente . En 2024, un rapport de l'ONU donne une estimation de , dont pour la katiba Macina En 2026, un nouveau rapport de l'ONU élève l'estimation à ou Benjamin Roger, Au Niger, l’organisation Etat islamique de plus en plus puissante, Le Monde, 25 septembre 2026..
Actions Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans revendique notamment l'attaque de Boulikessi, menée le ; une deuxième attaque contre la même localité le ; la mort d'un soldat français dans la forêt de Fhero, le ; l'attaque de Gourma-Rharous du , l'embuscade de Dogofry du , l'attentat de Kangaba, le , l'attaque de Soumpi du , l'attaque de Tombouctou du , l'attaque de Ber du , l'attaque de Dioura du , l'attaque de Boulikessi du au , l'attaque de Boulikessi du et l'attaque de Tombouctou du .
Niger L'attaque de Midal, menée le , est la première revendiquée par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans au Niger .
Burkina Faso Au Burkina Faso, le GSIM est suspecté d'être à l'origine de l'attentat de Ouagadougou du , tandis qu'il revendique l'attaque de Ouagadougou du et l'embuscade de Loroni du . En , un rapport de l'ONU note que les actions du GSIM sont particulièrement violentes au Burkina Faso : . Fin , le groupe revendique notamment l'attaque de Barsalogho, le massacre le plus meurtrier de l'histoire du Burkina Faso, où environ trouvent la mortMorgane Le Cam, Le Burkina Faso a subi l’attaque terroriste la plus meurtrière de son histoire, lemonde.fr, 28 août 2024.
Côte d'Ivoire En Côte d'Ivoire, dans la nuit du 9 au , des djihadistes du GSIM attaquent un poste de l'armée et de la gendarmerie ivoiriennes à Kafolo, près de la frontière avec le Burkina Faso. Il s'agit alors de la première attaque djihadiste en Côte d'Ivoire depuis l'attentat de Grand-Bassam en 2016.
Mali Le , une série d'attaques ont lieu dans plusieurs endroits de Bamako, tuant plus de 77 personnes et en blessant 255 autres. Le groupe revendique la responsabilité. Le , le GSIM attaque une caserne à Boulikessi, tuant plus de 100 militaires maliens. Une vingtaine de soldats sont pris en otage et le groupe s'empare d'armes et de matériel militaire. Le au matin, le GSIM mène quatre attaques simultanées à Tombouctou contre une caserne, l'aéroport et deux postes de contrôle, faisant entre .
Bénin Le , au moins 54 militaires béninois sont tués lors de l'attaque simultanée par le GSIM de deux sites au nord du Bénin : au triple point où se rencontre le Burkina Faso le Niger et le Bénin, et dans le parc de W, proche des chutes de Koudou.
Financements Selon une étude réalisée en 2019 par l'Institut d'études de sécurité (ISS Africa), les groupes djihadistes sahéliens s'autofinancent grâce à des trafics locaux, comme le trafic d'armes, à une forme d'impôt sur le bétail et à l'exploitation artisanale de l'or .
Otages
Dans la nuit du au , le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans publie une vidéo sur les six otages occidentaux qu'il retient : Stephen Malcolm McGown, de nationalité britannique et sud-africaine, enlevé le à Tombouctou au Mali ; l'Australien Ken Elliott, enlevé le à Djibo, au Burkina Faso ; le Roumain Iulian Gerghut, enlevé le à Tambao, au Burkina Faso ; la Suissesse Béatrice Stockly, enlevée le à Tombouctou ; la Colombienne Gloria Cecilia Narvaez Argoti, enlevée le à Koutiala, dans le sud du Mali ; et la Française Sophie Pétronin, enlevée le à Gao, au Mali. Stephen McGown est libéré le .
Béatrice Stockly aurait été tuée par balle en , peut-être à la suite d'une bavure commise par un de ses gardes. Son corps est retrouvé et identifié en .
L'homme politique malien Soumaïla Cissé, Sophie Pétronin, le prêtre italien Pier Luigi Maccalli (enlevé en 2018) et Nicola Chiacchio (également de nationalité italienne, enlevé en ) sont relâchés par les djihadistes le en échange d'une rançon et de la libération d'environ , mais dont la plupart ne seraient pas des combattants.
La religieuse colombienne Gloria Cecilia Narvaez Argoti est quant à elle libérée le .
En , le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans diffuse également une vidéo montrant onze militaires maliens faits prisonniers entre et . Cependant, le , le groupe djihadiste affirme que tous ses prisonniers ont été tués dans la nuit du 23 au par un bombardement de l'armée française, lors du combat de Tin Biden.
Le , le GSIM diffuse une vidéo montrant le journaliste Olivier Dubois, enlevé le à Gao. Celui-ci est libéré le Olivier Dubois, dernier otage français dans le monde, a été libéré, France 24, 20 mars 2023..
Le , le gouvernement roumain annonce la libération de Iulian GhergutBurkina Faso : Iulian Ghergut, otage roumain détenu au Sahel depuis 2015, a été libéré, Le Monde avec AFP, 9 août 2023..
Désignation comme organisation terroriste Le , le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans est placé sur la liste des organisations considérées comme terroristes par le département d'État des États-Unis .
Voir aussi Liens externes
Célian Macé, « Cette vidéo est censée situer le Sahel sur la carte du jihad global », Libération, . Mohamed Fall Oumère, De la naissance d’un nouveau « djihadistan » au Sahel, Le Monde, .
Vidéographie Les jihadistes du Sahel annoncent leur union dans une nouvelle formation - Sommet du jihadisme Mali, France 24, .
Notes et références
Catégorie:Organisation salafiste djihadiste Catégorie:Faction armée de la guerre du Mali Catégorie:Organisme fondé en 2017 Catégorie:Organisation considérée comme terroriste par le gouvernement du Canada Catégorie:Organisation considérée comme terroriste par les États-Unis Catégorie:Organisation considérée comme terroriste par le Home Office