Marie Sanlaville, née le à Paris et morte le à Paris est une première danseuse de l'Opéra de Paris, notamment connue pour son association avec Edgar Degas qui l'a souvent peinte et lui a dédicacé un sonnet.
Biographie
Famille et entourage Brigitte Marie Sanlaville naît le dans l'ancien de ParisActe de naissance du , reconstitué le , Paris (ancien), Archives de Paris, un mois après la mort de son frère Louis Henry à l'âge de deux ans à l'hôpital Saint-Vincent-de-PaulActe de décès du , reconstitué après le , Paris (ancien), Archives de Paris. Tous deux sont les enfants naturels de Marie Louise Sanlaville, domiciliée rue Notre-Dame-de-Lorette.
Durant sa vie, Marie Sanlaville est très étroitement liée aux artistes de l'époque. Elle est notamment la maîtresse du peintre américain Julius LeBlanc Stewart et plus tard du comte Ludovic-Napoléon Lepic, artiste à la frontière de l'impressionnisme et ami d'Edgar Degas, dont elle prend soin au cours de sa dernière maladie.
En 1869, elle donne naissance à Bordeaux à une fille naturelle qu'elle reconnaît : Marguerite Marie SanlavilleActe de naissance , , Bordeaux, section 1 (avec mention marginale de reconnaissance), Archives de Bordeaux Métropole, plus tard artiste dramatique et professeure de diction. En 1874, rue Maurepas à Versailles, Marie Sanlaville accouche d'un second enfant, Léonce Georges Édouard, qu'elle reconnaît en 1876Acte de naissance , , Versailles (avec mention marginale de reconnaissance), Archives départementales des Yvelines. L'enfant meurt en 1879 à Asnières, au domicile familialActe de décès , , Asnières, Archives départementales des Hauts-de-Seine.
Le , Marie Sanlaville épouse le peintre et dramaturge Jean-Georges Vibert« Prochains mariages », Le Matin : derniers télégrammes de la nuit, 27 septembre 1897 (lire en ligne sur Gallica) « Edgar Degas and Ludovic Lepic: An Impressionist Friendship », dans Harvey Buchanan, Cleveland Studies in the History of Art, Vol. 2, Cleveland Museum of Art, 1997, pp. 32-121 (lire en ligne sur JSTOR), avec lequel elle vit jusqu'à la mort de ce dernier, en 1912.
Carrière
Au cours de sa carrière, qui se déroule entre les années 1864 et 1889, Marie Sanlaville est promue première danseuse à l'Opéra de Paris. Elle a pour spécialité les rôles masculins en travesti, ce qui est commun à l'époque, spécialité dans laquelle elle succède à Eugénie Fiocre. Elle danse fréquemment avec Rosita Mauri.
Elle est décrite par un contemporain comme l'une des artistes les plus charmantes et spirituellesXYZ T. Faucon, Le Nouvel Opéra, Paris, Michel Lévy frères, 1875, p.331, (lire en ligne sur Gallica) et un autre note qu'elle pourrait danser un rôle après une seule répétition. Parmi ses rôles principaux figurent le gobelin Zail dans La Source (Léo Delibes, 1866), Éros dans Sylvia (Delibes, 1876), Pepio dans Les Deux Pigeons (André Messager, 1886), Arlequin Senior dans Les Jumeaux de Bergame (Théodore Lajarte, 1886).
Modèle d'Edgar Degas Edagr Degas réalise sept croquis de la répétition des Jumeaux de Bergame en 1885. De cette même session il tire la sculpture Étude pour une danseuse en Arlequin, précédemment connue comme Danseuse frottant son genou et conservée au musée d'Orsay. Le personnage sur le pastel porte le costume d'Arlequin et un bâton dans sa main droite. Degas représente le moment où la danseuse dans le rôle d'Arlequin Senior, debout avec ses pieds placés en quatrième position, est sur le point de mimer sa surprise à la découverte de la personne dissimulée dans un sac qu'elle vient d'attaquer et qui n'est autre que son frère, Arlequin Junior.
Au cours de ces mêmes répétitions, Degas écrit l'un des sonnets qu'il consacre à Marie SanlavillePaul Lafond, Degas, Sonnet VI, p.136, Paris 1918, (lire en ligne) : <poem> Tout ce que le beau mot de pantomime dit,Et tout ce que la langue agile, mensongère, Du ballet dit à ceux qui percent le mystèreDes mouvements d'un corps éloquent et sans bruit, Qui s'entêtent à voir dans la femme qui fuit,Incessante, fardée, arlequine, sévère, Glisser la trace de leur âme passagère,Plus vive qu'une page admirable qu'on lit, Tout, et le dessin plein de la grâce savante,Une danseuse l'a, lasse comme Atalante : Tradition sereine, impénétrable aux fous.Sous le bois méconnu, votre art infini veille : Par le doute et l'oubli d'un pas, je songe à vous,Et vous venez tirer d'un vieux faune l'oreille.</poem> Dans ce poème complexe, Degas fait référence à quelques-uns des anciens rôles de Marie Sanlaville, comme ceux d’Éros et d'Arlequin. Mais il participe aussi de la théorie de Stéphane Mallarmé sur le rôle du danseur, notamment dans l'essai Ballets (1888) qui paraît à l'époque où Degas écritSa pensée est analysée par Mary Lewis Shaw dans Apprehending the idea through poetry and dance, Dance research Journal 20/1, University of Illinois, 1988, p.3ff et par Mary Fleischer dans Embodied texts: symbolist playwright-dancer collaborations, New York, 2007, p.4ff. La dernière ligne se réfère au rôle du faune dans L'Après-midi d'un faune de Mallarmé.
Fin de vie Marie Sanlaville survit longtemps à ses amis et admirateurs. Veuve en 1902, elle est enterrée, à sa mort en 1930Acte de décès (avec date et lieu de naissance) à Paris , n° 1013, vue 25/31., avec son mari au cimetière du Père-Lachaise ( division). En 1912, sa fille Marguerite Sanlaville est enterrée dans la même tombe.
Bibliographie Cleveland Studies in the History of art, volume 2, Cleveland Museum of Art, 1997 Jill De Vonyar, Degas and the Dance'', Harry N. Abrams en association avec l'American Federation of Arts, 2002
Notes et références
Liens externes
Photographies de Marie Sanlaville par Nadar
Catégorie:Danseuse française du XIXe siècle Catégorie:Danse classique Catégorie:Ballet de l'Opéra national de Paris Catégorie:Naissance en septembre 1847 Catégorie:Naissance dans l'ancien 12e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en avril 1930 Catégorie:Décès dans le 11e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 82 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 4)