Claude-Louis-Séraphin Barizain dit Monrose, né le à Besançon et mort le à MontmartreParis, Éat civil reconstitué, vue 4/51., est un acteur français.

Biographie Né de parents comédiens ambulants, son père était chanteurCelui-ci, Jean-François Barizain, portait déjà le nom de scène de « Monrose »., sa sœur jouait les ingénues, et une de ses tantes les premiers rôles du drame et de l’opéra.. Il a très tôt abandonné Le collège de Chartres, où l’on l’avait mis pour faire ses études, pour monter à Paris et entrer au théâtre des Jeunes-Artistes de la rue de Bondy, où il a fait ses premières armes, le , dans le rôle de Montmort dans l’Enfant de l’amour., avant d’intégrer, en 1804, le théâtre Montansier, auprès de Brunet et de Tiercelin.

En 1813, le directeur du théâtre de Bordeaux l’ayant engagé pour tenir son rôle de valet dans toutes les pièces du répertoire français, il a quitté la troupe de mademoiselle Raucourt, où il jouait depuis sept ans, pour faire une tournée dans les grandes villes françaises : Bordeaux, Nantes, Lyon, mais également l’Italie.

Rentré à Paris, il a fait, le , ses débuts de pensionnaire à la Comédie-Française, qui l’a promptement reçu sociétaire en , contrairement à la coutume, qui voulait qu’un acteur débutant fasse d’abord un assez long surnumérariat avant de devenir sociétaire. Cependant, il a été victime d’une intrigue de coulisses de la part de deux acteurs depuis longtemps en possession de l’emploi des comiques qui, se prévalant de leur ancienneté, voulaient en conserver la propriété exclusive. Comme il avait débuté durant les Cent-Jours, les gentilshommes de la Chambre que la Seconde Restauration avait remis dans leurs fonctions, soucieux de restaurer la primauté de la naissance sur le talent, ont refusé de valider une réception prononcée durant leur absence en l’obligeant à faire de nouveaux débuts, avant de lui accorder définitivement le titre de sociétaire, le ..

Cantonné par ses deux rivaux à des rôles ingrats, il s’y est produit avec tant d’avantage que le public a pris son parti, l’applaudissant avec tant de chaleur, qu’ils ont fini par rabattre de leurs prétentions exclusives, en se prêtant à un arrangement le laissant libre de jouer, à son tour, les rôles de valets fourbes et fripons, où il avait débuté avec le plus de succès, tels que le Crispin du Légataire universel de Regnard, celui des Folies amoureuses également de Regnard, le Scapin des Fourberies, le Labranche du Crispin rival, le Cliton du Menteur, le Sganarelle du Festin de Pierre, le Figaro du Barbier de Séville, et autres personnages comiques, que l’empressement des auteurs à employer le talent d’un acteur si généralement apprécié du public.

Monrose, qui s’était donné corps et âme à un métier qu’il adorait, a connu une brillante carrière, toute de succès, mais autant l’excellent Comédien-Français, le fin, léger, railleur et incomparable valet des répertoires de Marivaux, de Molière et de Beaumarchais montrait de gaité sur la scène, autant l’homme était dépressif à la ville. Soigné avec quelque succès pendant près de 20 ans, par les bons soins de son ami, le docteur Louyer-Villermay, outre la tristesse qu’il avait de ne pouvoir faire entrer aucun de ses enfants à la Comédie-Française, dont il était devenu le doyen, la mort de sa femme l’ont plongé dans une dépression profonde..

Ayant quitté la Comédie-Française, en Base documentaire La Grange sur le site de la Comédie-Française, son talent ne s’était pas démenti une seule fois, en 28 ans. Même quand sa santé chancelante paraissait devoir lui interdire toute espèce de fatigue, il recouvrait, par intervalles, assez de force pour jouer, avec une supériorité incontestable, les rôles les plus longs et les plus difficiles. Or il est allé, un jour, jouer au pied levé, un de ses rôles favoris à Rouen, avec une ancienne actrice du Théâtre-Français, mademoiselle Verneuil. En pleine représentation, son esprit défaillant lui a fait débiter prose et vers enchevêtrés débités sans suite au grand étonnement du parterre, qui a commencé à s'impatienter, avant de se fâcher. Il a dû quitter à jamais la scène, sous les huées du public, qui le croyait en état d’ébriété..

Conduit directement à la clinique du célèbre docteur BlancheLe docteur Louyer-Villermay était mort depuis cinq ans., d’où il ne devait plus sortir qu’une seule fois, le , pour reparaitre, à demi-guéri, à une représentation de retraite à son bénéfice, à la Comédie Française, dans le Barbier de Séville, devant une salle frissonnante. Le Dr Blanche, qui veillait dans la coulisse, prêt à intervenir à la moindre défaillance, a repris possession de son malade aussitôt la dernière réplique pour le ramener immédiatement à Montmartre, dont il ne devait sortir que mort.

Au physique, de taille petite, malingre, les traits de son visage auraient même paru disgracieux s’il n’avait su les animer par un jeu plein d’esprit et de verve. Quoiqu’il sût, à force d’art, jouer la naïveté et même la bonhomie, il était facile de sentir que ces deux qualités n’étaient pas les attributs naturels de son talent. C’était par une intelligence vive et prompte, par une succession rapide d’intentions comiques, par une foule de traits saillants, incisifs et inattendus, qu’il étonnait et charmait ses auditeurs. Du reste, connaissant le public et tous les moyens de s’en faire applaudir, il était, au théâtre, leste, souple, adroit, audacieux, imperturbable.

Il a laissé un fils de son nom, Antoine-Martial Louis Barizain, qui a joué aussi la comédie, avec le même emploi que son père, qu’il rappelait souvent, avant de succéder à Joseph-Isidore Samson au Conservatoire de Paris en ..

Notes

Références

Rôles Carrière à la Comédie-Française Entrée en ; Nommé sociétaire en ; devient doyen en ; Départ en .

: Le Mariage de Figaro de Beaumarchais : Figaro 1815 : Le Barbier de Séville de Beaumarchais : Figaro ; La Jeunesse ; Bazile 1815 : La Méprise d’Alexandrine-Sophie de Bawr : Frontin 1815 : Le Misanthrope de Molière : Dubois : Le Barbier de Séville de Beaumarchais : L’Éveillé 1816 : Le Mariage de Figaro de Beaumarchais : Grippesoleil 1816 : Tartuffe de Molière : M. Loyal 1816 : La Pensée d’un bon roi de Jean-Baptiste Dubois : Durocher 1816 : Les Plaideurs de Jean Racine : L’Intimé 1816 : Le Médisant d’Étienne Gosse : Eugène 1816 : Les Deux Seigneurs d’Eugène de Planard et César de Proisy d'Eppe : Fabrice 1816 : L’Artisan politique de Théodore-Henri Barrau : Krif : Le Faux Bonhomme de Népomucène Lemercier : un notaire 1817 : Eugénie de Beaumarchais : Drink 1817 : Le Mariage de Figaro de Beaumarchais : Antonio, puis Figaro : L’Ami Clermont de Benoît-Joseph Marsollier des Vivetières : un jeune laquais 1818 : Le Barbier de Séville de Beaumarchais : Bazile, puis La Jeunesse, puis Figaro 1818 : Le Susceptible par honneur d’Étienne Gosse : Gaspard 1818 : Le Rêve du mari de François Andrieux : Gillot : Les Précieuses ridicules de Molière : Jodelet 1819 : Les Femmes politiques d’Étienne Gosse : Verbès 1819 : L’Irrésolu d’Onésime Leroy : Crispin 1819 : Le Marquis de Pomenars de Sophie Gay : Germain : Le Mari et l’Amant de Jean-Baptiste Vial : Frontin 1821 : L’Heureuse Rencontre d’Eugène de Planard : Germain 1821 : La Jeune Femme colère de Charles-Guillaume Étienne : Germain 1821 : Les Plaideurs sans procès de Charles-Guillaume Étienne : Floridor 1821 : La Mère coupable de Beaumarchais : Figaro : Le Ménage de Molière de Justin Gensoul et J. A. N. Naudet : un semainier (prologue) 1822 : Le Misanthrope de Molière : Basque 1822 : Le Sourd ou l’Auberge pleine de Desforges : un palefrenier 1822 : Une aventure du chevalier de Grammont de Sophie Gay : Therme 1822 : Les Quatre Âges de Pierre-François Camus de Merville : Charançon 1822 : L’Amour et l’Ambition de François-Louis Riboutté : Petrus 1822 : Valérie d’Eugène Scribe et Mélesville : Ambroise : Fielding d’Édouard Mennechet : Thompson 1823 : Les Plaideurs de Jean Racine : Dandin 1823 : Le Laboureur de Théaulon de Lambert, Achille Dartois et Rancé : Blaise 1823 : L’Auteur malgré lui de Saint-Rémy : Dubois 1823 : L’École des vieillards de Casimir Delavigne : Valentin 1823 : La Route de Bordeaux de Marc-Antoine Désaugiers, Michel-Joseph Gentil de Chavagnac et Gersain : Fabricio : La Tapisserie d’Alexandre Duval : Lafleur 1824 : La Saint-Louis à Sainte-Pélagie de Jean-Baptiste-Pierre Lafitte : Ambroise : Le Château et la ferme d’Emmanuel Théaulon, Nicolas Gersin et Paul Duport : Dufeuillet 1825 : Lord Davenant de Jean-Baptiste Vial, Justin Gensoul et Jean-Baptiste de Milcent : Paget 1825 : Le Béarnais de Ramond de la Croisette, Fulgence de Bury et Paul Ledoux : Fabio 1825 : La Princesse des Ursins d’Alexandre Duval : Juan : Le Portrait d’un ami d’Ernest Musnier Desclozeaux : Rosville 1826 : Pauline de Théophile Dumersan : Guillaume 1826 : Le Spéculateur de François-Louis Riboutté : Dupré 1826 : L’Agiotage de Louis-Benoît Picard et Adolphe Simonis Empis : Germeau 1826 : L’Argent de Casimir Bonjour : Cholait 1826 : Une aventure de Charles V de Jean-Baptiste-Pierre Lafitte : Bertaudin : Louis XI à Péronne de Jean-Marie Mély-Janin : le Glorieux 1827 : Lambert Simnel ou le Mannequin politique de Louis-Benoît Picard et Adolphe Simonis Empis : Tony 1827 : Les Trois Quartiers de Louis-Benoît Picard et Édouard-Joseph-Ennemond Mazères : Després : Chacun de son côté d’Édouard-Joseph-Ennemond Mazères : Bargent 1828 : La Princesse Aurélie de Casimir Delavigne : Polycastre 1828 : Olga ou l’Orpheline moscovite de Jacques-François Ancelot : Blaskoff 1828 : Les Intrigues de cour d’Étienne de Jouy : Codillard 1828 : L’Espion de Jacques-François Ancelot et Édouard-Joseph-Ennemond Mazères d’après James Fenimore Cooper : Harvey Birch : Isabelle de Bavière d’Étienne-Léon de Lamothe-Langon : Petit 1829 : Une journée d’élection d’Alexandre-Jean-Joseph de La Ville de Mirmont : Plantin 1829 : Le Menuisier de Livonie ou les Illustres Voyageurs d’Alexandre Duval : le magistrat 1829 : La Petite Ville de Louis-Benoît Picard : Vernon : Le Collatéral ou la Diligence de Joigny de Louis-Benoît Picard : Cavaret 1830 : Un an ou le Mariage d’amour de Jacques-François Ancelot : Leroux 1830 : Trois jours d’un grand peuple de Jean-Henri-Michel Nouguier : Victor : Un jeu de la fortune ou les Marionnettes de Louis-Benoît Picard : Marcelin 1831 : Les Rendez-vous d’Alexandre de Longpré : Gerbois 1831 : Dominique ou le Possédé de Jean-Baptiste-Rose-Bonaventure Violet d'Épagny et Jean-Henri Dupin : Dominique 1831 : La Reine d’Espagne d’Henri de Latouche : le roi 1831 : Allez voir Dominique de Joseph Pain : Dominique 1831 : Law d’Édouard Mennechet : Leroux : L’Anniversaire de Jean-Baptiste-Rose-Bonaventure Violet d'Épagny 1832 : Les Rêveries renouvelées des Grecs de Charles-Simon Favart : Oreste 1832 : Le Mari de la veuve d’Alexandre Dumas, Henri-Simon Durieu et Anicet Bourgeois : M. de Longpré 1832 : Le Duelliste d’Alexandre de Longpré : Mornipré : Guido Reni ou les Artistes d’Antony Béraud : Carrache 1833 : La Mort de Figaro de Joseph-Bernard Rosier : Figaro : Une liaison d’Adolphe Simonis Empis et Édouard-Joseph-Ennemond Mazères : le baron de Guttenberg 1834 : La Mère et la Fille d’Adolphe Simonis Empis et Édouard-Joseph-Ennemond Mazères : Verdier 1834 : Mademoiselle de Montmorency de Joseph-Bernard Rosier : Inigo 1834 : Charles IX de Joseph-Bernard Rosier : Blondy 1834 : Lord Byron à Venise de Jacques-François Ancelot : Trelawney : Charlotte Brown d’Alexandrine-Sophie de Bawr : Brown 1835 : Une présentation d’Alphonse-François Dercy de François et Narcisse Fournier : Berthénom : Le Boudoir de Louis Lurine et Félix Solar : le marquis : La Camaraderie ou la Courte Échelle d’Eugène Scribe : Bernardet 1837 : Julie ou Une séparation d’Adolphe Simonis Empis : Crépon 1837 : Les Indépendants d’Eugène Scribe : de Rouvray : L’Impromptu de Versailles de Molière : La Thorillière 1838 : Le Ménestrel de Camille Bernay : Loys