L'abbaye Saint-Laurent-lès-Cosne ou Saint-Laurent-près-Cosne , également nommée Saint-Laurent-des-AubatsPrieuré suivi d’un nom de saint ou de sainte – section « Saint Hermeland-Saint Itier ». ou Saint-Laurent et Saint-Hilaire.., était située à dix kilomètres au sud de Cosne dans la Nièvre, en Bourgogne, France.
Fondé au , l'établissement est d'abord le monastère Saint-Wulfin ou monastère de Longrest ou Longretz (Longoretense monasterium albatorum), probablement bénédictin., avant de devenir une abbaye d'augustiniens au début du . C'est une halte sur le chemin de Compostelle. À son apogée fin , elle est à peu près aussi influente que le prieuré de La Charité.. L'abbaye est supprimée peu avant la Révolution.
Elle est à l'origine du village de Saint-Laurent-l'Abbaye.
Situation À dix kilomètres au sud-est de Cosne-Cours-sur-Loire, ses vestiges se trouvent dans le Donziais au centre du village de Saint-Laurent-l'Abbaye, autrefois appelé du nom du monastère (puis abbaye) Saint-Laurent, dans la paroisse de Puisaye et la province du Nivernais.
Le monastère originel est construit sur un petit affluent en rive gauche (au sud) de la rivière Nouan (le Nohain)., affluent direct de la Loire avec laquelle il conflue à Cosne. La route de Lyon par le Bourbonnais passe entre le monastère et la Loire (voir carte de Cassini en haut de la page).
La paroisse de Saint-Laurent-l'Abbaye relevait du diocèse d'Auxerre et de l'élection de La Charité-sur-Loire. C'est une haute justice qui ressortit en partie à Auxerre et en partie à Montargis.
Histoire Fondation Après sa victoire sur les Wisigoths et les Auvergnats à la bataille de Vouillé (printemps 507), Clovis donne à l'église Saint-Hilaire de Poitiers la seigneurie et terre de LongrestPrieuré-cure de Cours (chanoines de Saint-Augustin – abbaye de Saint-Laurent) sur terres-et-seigneurs-en-donziais.fr. ou Longretz. Cette terre comprend alors la totalité de la paroisse de Saint-Quentin et une partie de celles de Saint-Laurent, de Saint-Martin, de Saint-Andelain, de Garchy et de Pouilly.
Wulfin, prince de sang royal, y fonde vers 530 un monastère, probablement bénédictin, qu'il dédie à saint Laurent.
Noms portés par l'abbaye Le monastère est rapidement mieux connu sous le nom de son fondateur et dès la fin du il prend le nom de monastère Saint-Wulfin : l'établissement est nommé ainsi à deux reprises en 596 dans le règlement de saint Aunaire, évêque d'Auxerre (572-605).Pour le nom Wulfin, De la Rochelle donne une origine erronée en mentionnant un Vulfinus Boëce, étranger qui devint chef de l'école d'Orléans, vivant en 830. Mais le nom de Wulfin était déjà mentionné pour Saint-Laurent à la fin du . Il confond aussi les deux monastères Saint-Vulfin, celui du Berry et celui du Donziais. Voir ..
Puis dans le règlement de Saint Tétrice ( évêque d'Auxerre, 691-706) le monastère ne porte plus le nom de son fondateur : il est nommé « monastère de Longretz » Longoretense monasterium quand il se voit attribuer les devoirs religieux de la deuxième semaine des calendes de mars., et Longoreti pour ceux de la quatrième semaine des calendes de décembre (ces derniers étaient célébrés en conjonction avec le monastère de Saissy.).
Confusions possibles Wulfin avait aussi fondé un autre monastère Saint-Wulfin dans le Berry vers l'an 560, sur le tombeau de saint Eusice., et celui-là aussi est voisin d'un long marais et porte aussi le nom de Longretz ou Longorotense monasterium. Pour les distinguer, on ajoutait une désignation particulière au monastère donziais : Longoretense monasterium albatorum, parce que les religieux qui l'habitaient étaient vêtus de blanc, tandis que ceux du Berry portaient une robe noire.
Par ailleurs il existe depuis avant le une église Saint-Laurent à Cosne même..
Chronologie de la vie de l'abbaye En 585, l'« abbé » de Wulfin assiste au concile d'Auxerre convoqué par Aunaire ( évêque d'Auxerre, 572-603)..
De monastère à abbaye, la prospérité Vers 1084, Robert de Nevers ( évêque d'Auxerre, 1076-1084). confie le monastère à des chanoines réguliers de Saint-Augustin. et l'érige en abbaye.. C'est le début de la prospérité. L'abbaye recueille les revenus de nombreuses églises des alentours. Quelque dix chanoines travaillent sa terre. Elle possède plusieurs moulins, des vignes, bois et étangs, des fermes dont Renard, le Vieux-Saint-Martin et Chevroux. L'abbaye sert d'accueil pour les voyageurs, incluant les pèlerins de Compostelle qui empruntent cette route. Enrichie par de nombreux dons, les chanoines de Saint-Laurent font bâtir une église dont on peut encore voir quelques vestiges.
Elle subit cependant des avatars sérieux, dont le la bataille qui se déroule pratiquement à sa porte entre Hervé de Donzy et Pierre II de CourtenayLes seigneurs de Donzy sur terres-et-seigneurs-en-donziais.fr.. Pierre II de Courtenay, devenu par mariage comte de Nevers, revendiquait Gien sur la base d'un accord qu'il aurait passé avec le père de Hervé IV. Hervé refusant de se départir de ce comté, Pierre convoque ses vassaux pour la guerre ; son armée est grossie par de nombreux cottereauxLes cottereaux sont des mercenaires pilleurs ; voir Le Moyen-Âge - La grande criminalité. venus des bords de Loire (Cosne) et qui, attendant la jonction avec Pierre de Courtenay aux alentours de l'abbaye, ravagent l'église Saint-Laurent-et-Saint-Hilaire et dispersent ses reliques (ils font de même sur l'église Saint-Étienne du bourg).. Hervé attaque près de Saint-Laurent, met les troupes de son adversaire en déroute et capture Pierre de Courtenay.
Survient la guerre de Cent Ans (de 1337 à 1453), pendant laquelle l'abbaye est malmenée.
En 1378., l'abbé de Saint-Père d'Auxerre Jean de Noyers. associe son monastère à l'abbaye Saint-Laurent.
En 1385, le évêque d'Auxerre Ferric Cassinel (1382-1390) intervient dans les affaires du chapitre de Saint-Laurent pour régler un différend entre les chanoines et leur chantre..
En 1405, les troupes du duc Louis d'Orléans, qui vont dans le sud combattre les Anglais, passent par Saint-Laurent ; le duc n'étant pas à leur tête - trop occupé par la reine Isabeau de Bavière, dit Touchard-Lafosse -, ses soldats pillent et saccagent l'abbaye. Le logis abbatial est reconstruit vers cette époque, ressemblant à une forteresse avec une tour carrée sur le côté nord et une tour ronde côté sud.
En 1475, l'abbaye est incendiée et les reliques sont pillées par les troupes du roi.
Jean Baillet ( évêque d'Auxerre, 1477–1513) n'oublie pas d'exiger de l'abbé le paiement du droit de procuration. Ce droit est celui pour l'abbé de nommer les curés dans les cures dépendantes de l'abbaye, plutôt que la nomination soit faite par l'évêque ; il est dû tous les trois ans à la visite de l'évêque - si visite il y a. Toujours est-il que le , l'abbé de Saint-Laurent doit s'engager, ainsi que ses successeurs, à payer à son évêque la somme de quatre louis d'or tous les trois ans pour ce droit..
Temps modernes Dans la première moitié du , plusieurs abbayes du diocèse sont « en état de dérangement » ; l'abbaye Saint-Laurent est celle qui engendre le plus de plaintes., si bien que le procureur du roi requiert un arrêt du parlement le exigeant la réforme pour Saint-Laurent. L'arrêt est signifié à l'évêque François de Dinteville II (1530-1554), qui nomme en deux chanoines réguliers du même ordre et leur donne tous pouvoirs nécessaires pour faire appliquer la réforme : Laurent Petifout, abbé de Saint-Père d'Auxerre et Jacques du Coin, religieux de Saint-Martin de Nevers. (Il profite de l'occasion pour reprendre également en main l'abbaye Saint-Julien d'Auxerre).
Guerres de Religion Suivent les guerres de Religion, qui occupent toute la deuxième partie du . Au début de 1552, le roi Henri II a besoin d'argent et a demandé un état des lieux (argenterie, charges et revenus) à chaque église du royaume, en prévision de l'emprunt qu'il fait plus tard cette année-là.. En 1567, les Protestants détruisent pratiquement tout l'établissement. Un rôle ou état des lieux de 1572 pour les bénéfices du diocèse montre que les établissements en bord de Loire ont été particulièrement touchés - dont Saint-Laurent, brûlée.. Suivant cette longue période troublée, Gilles de Souvré, évêque d'Auxerre (1626-1631), cherche à améliorer le gouvernement des paroisses et, entre autres mesures projetées dans ce sens, souhaite créer un séminaire pour former de meilleurs curés. Il demande au pape Urbain VIII de supprimer Saint-Père et Saint-Laurent pour en appliquer les revenus à la création d'un séminaire suivant les décrets du concile de Trente.Souvré demande aussi au pape de casser toutes les unions de cures aux collégiales et chapitres, d'établir des curés fixes et permanents, et de permettre aux abbés de présenter des séculiers aux cures de leurs domaines et dépendances. Voir ..
En 1613, le grand archidiacre d'Auxerre Jean Dassier fait une visite solennelle à Saint-Laurent..
Au , l'abbaye adopte la réforme monastique et rejoint les rangs de la Congrégation de France instaurée par le cardinal de la Rochefoucauld, abbé commendataire de l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris.
Les revenus de la collégiale de Saint-Laurent étaient très modiques au ; en 1640, Pierre de Broc ( évêque d'Auxerre, 1640-1671) supprime deux prébendes pour n'en laisser que dix. André Colbert ( évêque d'Auxerre, 1676-1704) supprime encore deux prébendes le . et quand en 1699 il visite son diocèse pour la dernière fois, il donne de nouveaux statuts aux quatre religieux restants de Saint-Laurent qui se sont fort éloignés de la règle et de la discipline..
Selon une source, en 1771, c'est une abbaye commendataire qui rapporte à à son abbé. La taxe de Rome est de . Cependant une autre source indique un revenu de seulement..
Entre 1780 et 1790, il ne reste que deux religieux. - trop peu pour maintenir l'abbaye, qui est supprimée peu avant la Révolution.
En 1816, la foudre incendie les bâtiments, et le le clocher s'effondre.
Possessions Monastère Saint-Eusèbe d'Auxerre
En l'an 1090. ou 1100Auxerre - St Eusèbe, sur paroisses89.cef.fr., Humbaud ( év., 1087-1114) augmente le nombre de moines à Saint-Eusèbe et les rend réguliers, en y introduisant des chanoines de Saint-Laurent ; Saint-Eusèbe passe ainsi dans les mains de Saint-Laurent et devient un prieuré.
Les chanoines réguliers de Saint-Laurent reconstruisent les bâtiments ; vers 1130 ils érigent l'église en paroisse. En 1180 l'abbé Geoffroy fait rétablir par Guillaume de Toucy ( évêque d'Auxerre 1168-1181) le droit de Saint-Eusèbe sur les nouveaux chanoines, que l'évêque Alain de Larrivour avait donné à Saint-Eusèbe et qui lui avait par la suite été retiré.. Saint-Eusèbe est successivement ruiné, reconstruit, partiellement incendié en 1216, et en 1523 le chevet de l'église s'effondre faute d'entretien. Sa reconstruction débute en 1530. La décoration de l'église inclut de multiples traces du lien de Saint-Eusèbe avec Saint-Laurent : une partie des verrières du déambulatoire raconte l'histoire de saint Laurent, patron secondaire de l’église. Le portail construit en 1633 porte deux panneaux ; celui de droite représente saint Eusèbe, celui de gauche saint Laurent. Les deux saints sont également présents en statues de chaque côté de l’entrée de la chapelle axiale. Mais les guerres de religion de la seconde moitié du empêchent l'achèvement des travaux. En 1634, le prieuré Saint-Eusèbe est affilié aux chanoines réguliers de Sainte-Geneviève de Paris. Ceux-ci réparent l'église et l'embellissent. Au , les chanoines sont peu nombreux ; ils vendent leur terrain par lots, sur lesquels sont construits des maisons de particuliers.
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