William Waynflete (né William Patten vers 1398Certaines sources donnent 1395. à Wainfleet dans le Lincolnshire – ), est Prévôt d'Eton (1442–1447), évêque de Winchester (1447-1486) et Lord grand chancelier d'Angleterre (1456-1460). Il reste comme le fondateur de Magdalen College et du lycée de Magdalen College School, à Oxford.

Jeunesse William est le fils aîné de Richard Patten, dit « BarbourMagd. Coll., Oxon. Reg, f. 84b. », négociantSa statue, autrefois exposée dans l'église de Wainfleet, et depuis conservée dans la chapelle de Magdalen College, le montre dans ce qui devait être une tenue de marchand. et de Margery Brereton, fille de William BreretonOrmerods Cheshire, iii. 8f. (Cheshire). Son cadet, John, est plus tard doyen de Chichester. L'érudit William Patten est l'un de ses petits-neveux.

On supposait naguère qu'il avait fréquenté Winchester College et New College (Oxford), mais cela est improbable, car aucun de ces établissements n'a revendiqué cet honneur du vivant de ce prélat. On sait en revanche par une lettre que le chancelier lui a adressée lorsqu'il était prévôt d'Eton CollegeEp. Acad. Oxf. Hist. Soc. i. 158, qu'il a probablement fréquenté l'une des écoles de latin d'Oxford avant de s'inscrire à l'université comme étudiant : dans cette lettre, le chancelier décrit l'université comme « une mère pour son correspondant, qui l'a mené vers la lumière du Savoir, et l'a nourri des toutes les sciences. »

Il est probablement ce William Barbour qui est ordonné acolyte () puis sous-diacre () par l'évêque Fleming de Lincoln ; ce même clerc, William Barbour, dit Waynflete de Spalding, est ordonné diacre le , et prieur de Spalding le .

Il est aussi certainement le William Waynflete qui fut admis « escholier » de King's Hall (Cambridge), le Exch. Q. R. Bdle. 346, no. 31, et titré LL.B. (Legum Baccalaureus, c'est-à-dire licencié en droit) dans les lettres de protection du (Proc. P.C. iii. 347) qui lui furent délivrées afin qu'il puisse accompagner le doyen Robert FitzHugh, D.D., Warden de King's Hall, lors d'une ambassade à Rome ; il quitta King's Hall le . Les scholars de King's Hall étaient alors les enseignants de King's Hall, comme en témoigne un rôle du signé de Nicholas de Drayton, et de John Kent, au défaut des maîtres en titre, partis faire la guerre en France sans avoir l'autorisation du WardenCal. Close Rolls. Un William Waynflete fut aussi proposé le par l'abbaye de Bardney comme vicaire de Skendleby, dans le LincolnshireLincoln, Ep. Reg. f. ~4, Chandler, 16 ; on sait toutefois que William Waynflete eut de son vivant un homonyme, qui fut nommé le recteur de Wraxhall, dans le SomersetWells, Ep. Reg. Stafford, et qui est mort avant le Wells, Ep. Reg. Stillington.

La fondation royale d'Eton En 1429, Waynflete devient recteur de Winchester College, poste qu'il conserve jusqu'en 1441. À cette époque, l'évêque Beaufort lui confie la direction de l'hospice de Sainte-Marie-Madeleine, une léproserie de St Giles Hill, hors les murs de la cité de Winchester. Le premier maître connu de cette fondation dépendant du collège, John Melton, avait été nommé par l'évêque Wykeham en 1393, peu avant sa retraite.

Influencé par l'archevêque Chichele, qui avait lui-même fondé deux collèges à l'imitation de Wykeham ; par Thomas Bekynton, secrétaire particulier et Garde des Sceaux de la Couronne, et par d'autres émules de Wykeham, le roi Henri VI avait proclamé, le , la fondation dans l'église paroissiale d'Eton d'un nouveau collège, copié sur Winchester College, qu'il avait appelé (car le monarque était né non loin de là) « the King's College of the Blessed Mary of Eton by Windsor », marquant de cet acte le début de son règne personnel. Le personnel du collège devait comprendre 10 prêtres, 6 choristes, 25 bacheliers pauvres, 25 aumôniers et un magister informator (par la suite « maître d'école ») pour enseigner gratuitement les rudiments du latin, non seulement aux écoliers, mais à tous ceux qui, venus d'autres régions d'Angleterre, se rendraient là pour étudier. Le collège aurait à sa tête un prévôt. Le , le roi attribua une dotation annuelle de 500 livres sterling (à prélever auprès des abbayes environnantes) au collège : cette somme correspondait presque exactement à la dotation originale de Winchester.

Le , Henri VI visite les écoles de Winchester. Le maître Waynflete lui fait sans doute une excellente impression, puisqu'à l’automne, Waynflete a déjà quitté Winchester : au mois d’octobre, il y est invité comme hôte de marque, et à la noël 1442 il reçoit une livrée royale (cinq mètres de drap pourpre), en tant que prévôt d'Eton.

Quoique Waynflete soit généralement considéré comme le premier prévôt d'Eton, il n'en existe aucune preuve matérielle. La construction des écoles est en tout état de cause postérieure à D'après .. William Westbury, cité comme le premier maître de latin d'Eton (Eton Audit Roll 1444–1445), quitte New College (Oxford) au mois de pour se mettre « au service du roi. » En tant que prévôt, Waynflete obtient l'exemption de son établissement de l'autorité archidiaconale le , et signe un contrat avec un charpentier pour l'aile orientale du site, le .

Le , l'évêque Bekynton et le comte de Suffolk, commissaires du roi, lui font prêter serment sur les statuts et lui-même fait prêter serment aux autres membres de la fondation : il n'y a alors que cinq professeurs (fellows) et 11 escholiers âgés de plus de 15 ans (les plus jeunes n'étaient pas tenus de prêter serment). On a dit que Waynflete avait emmené avec lui la moitié des maîtres et écoliers de Winchester College pour former le personnel d'Eton ; pourtant, seuls cinq écoliers et un seul laïc (c'est-à-dire un élève n'appartenant pas au collège) ont réellement quitté Winchester pour s'établir à Eton en 1443, et sans doute au mois de juillet, juste avant l'élection : car trois d'entre eux sont admis comme écoliers de King's College (Cambridge) le .

La fonction essentielle du prévôt est de pourvoir au financement à la construction et au recrutement du personnel d'Eton. Le nombre d'écoliers s’accroît bientôt grâce à l'admission de 25 recrues le . Les revenus annuels des écoles d'Eton sont alors de , dont 120 livres versées par la caisse royale, 18 livres par Waynflete (soit plus de la moitié de ses prébendes, qui se montent à 30 livres par an). L'effectif cible de 70 écoliers n'est atteint que la dernière année d'exercice de Waynflete, 1446–1447 (Eton Audit Roll).

Évêque de Winchester Waynflete s'est si bien insinué dans les grâces du roi Henri que lorsque Henri Beaufort, évêque de Winchester et grand-oncle d'Henri VI, meurt le , le roi prend la plume pour demander au chapitre de Winchester d'élire évêque WaynfleteEn. Reg. 1 f. 73b.. Le , Waynflete obtient la garde des biens temporels, et il est élu entre le 15 et 17 le avrilD'après , et le une bulle papale le confirme dans cette fonction. Le , il est consacré en l’église d'Eton. Pour l'occasion, le Gardien, les maîtres et le personnel d'Eton lui ont offert un cheval (pour un montant de (soit plus de 6 livres sterling), et un marc (13 shillings) aux servants. Les visites ultérieures du roi Henri à Winchester lui inspirent l'idée de reconstruire l'église d'Eton pour lui donner les dimensions d'une cathédrale. Waynflete est chargé de la réalisation de ce programme, et de trancher les éventuels différends entre les commissaires de l'opération. De 1448 à 1450, le chantier engloutit , essentiellement versés par Waynflete, le duc de Suffolk et l' ; mais les soulèvements de 1450 mettent un terme aux travaux.

Waynflete, devenu évêque, décide de suivre l’exemple de Wykeham sans attendre et de faire de son royal bienfaiteur le fondateur d'un collège. Le il obtient licence « en mainmorte » et le institue à Oxford un collège perpétuel, qu'il appelle Seint Marie Maudeleyn Hall, voué à l'extirpation des hérésies, la promotion du clergé et l'« embellissement de notre sainte mère l’Église », enfin pour l'étude de la sainte théologie et de la philosophie ; il doit compter un président et 50 clercs.

Au cours de la révolte de Jack Cade, en 1450, Waynflete s'employa, aux côtés de l'archevêque Stafford, alors grand Chancelier, à négocier avec les séditieux dans l'église Sainte-Marguerite de Southwark, non loin de Winchester House. Les deux émissaires du roi promirent le pardon aux négociateurs ennemis, mais le , Waynflete était l'un des juges d’exception chargé de juger les rebelles. L'un des partisans de Cade ayant été écartelé à WinchesterProc. P.C. VI. 108, il s'ensuivit des émeutes, si bien que le , Waynflete, mis en cause au sein de son diocèse, en appela au pape depuis le peynted chambre de son manoir de Southwark, protestant de ce que sa charge d'évêque avait été obtenue dans les règles et qu'il n'était passible d'aucune mesure de disqualification. Il est cependant plus probable, selon Richard ChandlerCf. , qu'il venait d'être mis en cause auprès du pape par le parti yorkiste.

Waynflete ne fut pas davantage inquiété. Il fut aux côtés de l'archevêque de Cantorbéry lors de la réception du roi Henri VI en pèlerinage à Cantorbéry le . Lorsqu'au mois de novembre, le duc d'York se retrancha près de Dartford, Waynflete et trois autres négociateurs furent dépêchés auprès de lui depuis le camp royal de Blackheath, et la paix fut conclue.

Le prince Édouard était né le : ce fut Waynflete qui le baptisa le lendemain. L’année suivante, Waynflete acquit de Lady Danvers les banalités des manoirs de Stanswick, Berks, (Chandler, p. 87) pour Magdalen Hall. Mais le roi avait perdu la raison en , et le Grand Chancelier, John Kemp, archevêque de Cantorbéry, mourut durant une session du parlement présidée par le duc d'York en . Les parlementaires envoyèrent leurs commissaires, Waynflete en tête, pour demander au roi de nommer un nouveau chancelier, avec l'intention visible que Waynflete serait choisi ; mais le roi ne prononça pas un mot, et après un délai raisonnable, Lord Salisbury prit les fonctions de garde des sceaux.

Durant la régence du duc d'York, marquée par la première bataille de St Albans en 1455, Waynflete prit une part active aux décisions du Privy Council. Désireux d'agrandir son collège, Waynflete obtint le un terrain de l'Hospice Saint-Jean-Baptiste devant la porte de l'Est à Oxford et le il reçut l'autorisation d'y construire un collège. Grâce à une bulle papale, il fonda l'établissement le , convertissant l'hôpital en collège avec un président et six membres. Deux jours plus tard, Magdalen Hall fusionnait avec cette institution pour former le New College of St Mary Magdalen.

Lord Chancelier Entretemps, Waynflete avait été promu à la fonction suprême en Angleterre : celle de chancelier, les sceaux de la Couronne lui étant remis le D'après par le roi au prieuré de Coventry, en présence du duc d'York. Le , il faisait partie du tribunal qui condamna l'évêque de Chichester, , pour « hérésie » : ce prélat s'était, en l'occurrence, surtout élevé contre l'autorité de la Couronne sur les prêtres ; Pecock avait été élevé au rang de diacre en même temps que Waynflete : il ne fut pas exécuté, et seuls ses livres furent livrés au bûcher. Vers cette époque, Waynflete fit réviser les statuts d'Eton College : les enseignants seraient désormais tenus de dénoncer publiquement les hérésies de John Wycliffe et de Pecock.

En tant que chancelier, Waynflete présida le parlement à Coventry en : la déroute des partisans du duc d'York à Ludlow permit de condamner les chefs rebelles lors de cette session. C'est sans doute en préparation de ces jugements que, trois jours avant l'assaut des yorkistes à Northampton, Waynflete remit les sceaux au roi dans son campement de Diapre Abbey, un couvent voisin de Northampton, le Rot. Claus. 38 Hen. VI. m. 5 d.. Ces sceaux furent saisis avec le roi Henri et remis le à Londres à l'évêque d'Exeter George Neville, frère du comte de Warwick et éminent partisan du duc d'York.

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