Georges Jean Gilbert Riond ( à Évian-les-Bains - à GroisyRelevé des fichiers de l'InseeLe Monde, article du 15 février 1997), est un journaliste, patron de presse, dirigeant d'associations et homme politique français.

Biographie Fils d'un notaire (ou huissier de justiceGérard Bonet, L'agence Inter-France de Pétain à Hitler. Une entreprise de manipulation de la presse de province (1936-1950), édition du félin, 2021, ?), élevé par ses grands-parents maternels, hôteliers à Lyon, bachelier en 1926Ibidem, sorti diplômé de la faculté catholique de droit de Lyon et de l'École supérieure de commerce de Lyon en 1928, Riond milite dans cette ville aux Jeunesses patriotesJournal des débats politiques et littéraires, 17 février 1929. Il est l'un des fondateurs et le secrétaire général de la Phalange (groupe universitaire) lyonnaise des JP en 1925L'Alerte, janvier 1934Collectif, Le gouvernement de Vichy, 1940-1942: institutions et politiques, Armand Colin, 1972, . .

Riond entre comme secrétaire de la rédaction au Nouvelliste de Lyon en , l'année de son mariage, alors qu'il est toujours membre des JPL’Écho de Paris, 2 octobre 1930. Il quitte ce journal en 1932 et s'installe à Chambéry où il prend la direction de l'hebdomadaire Pays de SavoieGérard Bonet, op. cit., . Il anime parallèlement le Centre de propagande des républicains nationaux (CPRN) de Chambéry et le Groupement républicain savoyard de 1932 à 1936L'Alerte, novembre 1933, Journal des débats, 27 décembre 1934. . Il se présente sans succès aux élections législatives à Chambéry en 1936 contre Pierre Cot.

Il constitue en à Chambéry la Fédération française des périodiques républicains-nationaux, dont il est le délégué généralL'Alerte, novembre 1934, L'Ouest-Eclair, mars 1936, Le Journal, 29 novembre 1936. Gérard Bonet, op. cit., . Son siège se situe dans les locaux d'un quotidien parisien lié au patronat et dirigé par Claude-Joseph Gignoux, La Journée industrielle. Il fonde avec Gignoux et avec l'appui d'André Tardieu une petite agence de presse, Presse-Union, qui diffuse un bulletin à destination de ces périodiquesLe Progrès de la Côte-d’Or, 17 juin 1934. La Fédération est renommée en Syndicat des journaux et périodiques des départements (SJPD)Le Journal, 17 décembre 1937. Le changement de nom a lieu en 1936 selon Gérard Bonet (), présidé par l'ancien député Pierre de Monicault. Fort de l'appui de Gignoux, désormais président de la Confédération générale du patronat français, il donne au syndicat un organe trimestriel, Journaux de France (renommé Presse de France en 1939), qu'il dirigeGérard Bonet, op. cit., . Il passe un accord en avec la toute nouvelle agence de presse Inter-France de Dominique Sordet, permettant d'adresser aux adhérents du syndicat un bulletin. G. Riond, Artilleur avec les Alpins, Sequana, 1941, Gérard Bonet, op. cit., . Les deux hommes partagent un même anticommunismeGérard Bonet, op. cit., . Riond devient d'ailleurs chef des informations puis en rédacteur en chef-adjoint de l'agence de Sordet tandis que le siège du SJPD est transféré à celui de l'agenceIbid., . Riond est aussi l'un des vice-présidents de la Fédération nationale des correspondants (FNC), issue de la Fédération française des correspondants républicains nationaux des journaux, liée au CPRN et désormais à Inter-FranceIbid., . Le SJPD, dont Riond est toujours le délégué général, tient son congrès en 1939, avec comme invité vedette Pierre LavalLa Gazette de Château-Gontier, 9 juillet 1939, L'Eclair, 27 juin 1939 (photographie).

Riond anime en parallèle, à la fin des années 1930, les Jeunes de la Semaine du combattant et préside les Jeunes DRAC (Droits du Religieux Ancien Combattant), qui rassemblent des jeunes catholiques, protestants et juifsL'Intransigeant, 7 mai 1939, L'Ouest-Eclair, 20 février 1939, La Croix, 14 septembre 1939, Ibid., 19 novembre 1938, Journal de Lunéville, 21 mai 1939..

Il est mobilisé en . Fait prisonnier, il réussit à s'évader en Gérard Bonet, op. cit., .

Sous l'Occupation, il est appelé au cabinet du secrétaire d'État à la jeunesse Georges Lamirand comme conseiller techniqueMathias Bernard, La Guerre des droites : De l’affaire Dreyfus à nos jours, Odile Jacob, 2007, , tout en reprenant un temps son poste de rédacteur en chef adjoint d'Inter-France... Il quitte en cette agence, devenue une agence de presse collaborationnisteGérard Bonet, op. cit., .

Il est en le chef des équipes et cadres de la France nouvelle, nouvelle appellation des Jeunes DRACLe Jour, 6 mars 1941, Ibid., 5 juin 1941Limore Yagil, « La politique familiale de Vichy et l'image de la femme nouvelle », Guerres mondiales et conflits contemporains, décembre 1997, No. 188, affirmant sa fidélité au maréchal Pétain et son attachement à la Révolution nationale. . Il est aussi, successivement, membre de la Cour d'appel d'honneurLa Gazette d’Annonay, 19 avril 1941, secrétaire permanent du comité civique et enfin secrétaire général adjoint chargé de l'action civique et sociale de la Légion française des combattants, en Le Journal, 25 novembre 1941, Le Jour, février 1942, La Légion, 15 avril 1942, . Il démissionne en , suivant l'exemple de son ami François ValentinGérard Bonet, op. cit., . Grâce à l'appui de Gignoux, il écrit ensuite des éditoriaux pour le quotidien lyonnais Le Salut public de jusqu'en 1944. Au travail, 23 janvier 1943. Il donne aussi des articles à France, « revue de l'État nouveau » fondée à Vichy en 1942Bulletin des jeunes, juin 1943. Il reçoit du régime de Vichy la Francisque..

Il reçoit aussi la croix de guerre 39-45 (en )La Gazette de Château-Gontier, 19 mai 1940, la médaille des évadés et, en , la médaille de la RésistanceJournal officiel, 20 octobre 1945.

Il affirme à la Libération et dans ses mémoires avoir intégré le réseau de résistance Jade en , avoir eu des activités clandestines notamment comme « chef de poste du SR Interallié » à partir de 1943, et présente des attestations de résistantsGérard Bonet, op. cit., . En 1943, il discute avec François Valentin, ancien des Jeunesses patriotes et ex-dirigeant de la Légion en rupture de ban, de projets d'accueillir des légionnaires dans la résistance..

Après la Libération, il bataille de 1944 à 1946 avec la Commission de la carte (de journaliste) qui l'a suspendu tout en reconnaissant une Gérard Bonet, op. cit., . Il devient en 1946 le directeur de la propagande du Parti républicain de la liberté (PRL) mais il abandonne rapidement cette fonction, fin 1947Collectif, Le moment PRL : Le Parti républicain de la liberté. 1946-1951, Presses universitaires de Rennes, 2019, Gilles Richard et Jacquelin Sainclivier (dir.), La recomposition des droites : en France à la Libération, 1944-1948, , Presses universitaires de Rennes, 2004.Gérard Bonet, op. cit., . Candidat aux élections législatives en dans la Mayenne, il est battu.

Il est désigné en au titre du groupe du PRL membre de l'Assemblée de l'Union françaiseJournal officiel de la République française, 26 décembre 1948, dont il devient le vice-président de La Gazette provençale, 29 décembre 1953 à . .

Contacté dès 1948 par Roger Duchet, fondateur et principal animateur du Centre national des indépendants et paysans (CNIP), il intègre son comité directeur dès sa mise en placeGilles Richard, « La renaissance de la droite modérée à la libération. La fondation du CNIP », dans Vingtième siècle. Revue d'histoire, 2000, n° 65, Gilles Richard, « 12 - Vers un parti conservateur français ? L’essor du CNIP 1948-1958 », dans Histoire des droites en France. De 1815 à nos jours, Paris, Perrin, « Synthèses Historiques », 2017. Selon cet historien, c'est en juin 1953 qu'il fonde une agence de presse à destination des journaux modérés de province.. Ses liens avec les hommes politiques du CNIP lui valent des médailles comme la médaille militaire en 1951Climats, 22 novembre 1951, Le Figaro, 22 décembre 1951. Il est candidat sur une liste du CNIP aux élections législatives de 1951 en Haute-Savoie, sans succèsL'Aube, 11 juin 1951, Ibid., 3 juillet 1951, Le Monde, 16 juin 1951, "LE R.P.F. " EXPLOITE " l'apparentement M.R.P. - S.F.I.O."Gérard Bonet, op. cit., . Président du groupe des républicains indépendants, il se porte candidat en 1957, sans succès également, à la présidence de l'Assemblée de l'Union française, face à Albert Sarraut, président sortant.. Il est aussi battu lors des élections législatives de novembre 1958 à Clamart, en banlieue parisienne.

De 1946 à 1950, il est vice-président de l'Association de la presse indépendante (c'est-à-dire de droite)Le Segréen, 2 juillet 1949, L'Humanité, 13 juin 1949Biographies de la Presse, Volume 4, dont il est le fondateur. De 1947 à 1972, il assure les fonctions de président-directeur général des Journaux régionaux associés (JRA), petite agence de presseCollectif, Le Moment PRL, op. cit. (Lire en ligne) organisée en société anonyme qui diffuse un bulletin d'informations et de commentaires de presse lancé en 1947 (« Les Journaux régionaux associés , Indep - Hebdo »). Il écrit ses éditoriaux, publiés par des petits journaux locaux. Riond organise des « déjeuners des Journaux régionaux associés » au cours desquels discourent des personnalités politiques invitées. .. . . .. La Gazette provençale, 25 mars 1953, Ibid., 15 avril 1954 ou des diplomates étrangers. La Croix, 8 mars 1956. Il organise aussi des « Journées JRA » pour les dirigeants des journaux clients de l'agenceLa Gazette provençale, 9 décembre 1953, Le Segréen, 7 mars 1959.

Fondateur en 1951 à Evian des « Journées internationales de la presse », devenues en 1955 les « Biennales de l'information », il préside jusqu'en 1978 le conseil permanent de la Biennale internationale de l'information, qu'il a fondée - la manifestation a lieu dans une ville de province à destination des professionnels de l'informationClaude-Joseph Gignoux, « Le devoir d'informer », Revue des Deux Mondes, août 1959.. . .La Gazette provençale, 3 mai 1955 (photographie) - , et l'Association de la presse savoyarde, de 1978 à 1981. Il est aussi administrateur de l'Association syndicale professionnelle des rédacteurs en chef. .

Membre du Conseil d’administration de l'Alliance française et de la Société financière pour la France et les pays d’outre-mer (SOFFO) d’Edmond Giscard d'EstaingFrédéric Charpier, « De la collaboration économique au recyclage des « collabos » », dans Benoît Collombat éd., Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours. Le vrai visage du capitalisme français, Paris, La Découverte, « Cahiers libres », 2014, il succède à partir du au diplomate René Massigli à la présidence du Comité central français pour l'Outre-Mer (CCFOM, héritier de l'Union coloniale française)Le Réveil économique, 15 juillet 1958Archives du comité central français pour l'outre-mer, 1999, Charles-Robert Ageron et Marc Michel (dir), L'Afrique noire française. L'heure des indépendances, CNRS éditions, 2010, qui devient en 1967 le Comité central du rayonnement françaisArchives du CCFOM. Il en conserve la présidence jusqu'en 1988, tentant de le réorganiser après les décolonisations. Il institue des prix littéraires ou scientifiques, tel le prix Chateaubriand à partir de 1975, dont il préside le juryLe Monde, 2 décembre 1975, Le Monde, décembre 1976.

Il est membre du Conseil économique et social de 1959La Croix, 17 septembre 1959 à 1964.

Vice-président du comité national de la Radiodiffusion-télévision française de 1959 à 1964 puis vice-président du Comité des programmes de cet établissement de 1972 à 1974, il est désigné administrateur de l'Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF) en 1972. et de la Régie française de publicité.

Maurice Genevoix lui remet les insignes de commandeur de la Légion d'honneur en 1978Le Monde, 17 février 1978, .