Xavier-François Ruel, né à Annonay le et mort à Cannes le , est un commerçant, philanthrope et homme politique français, connu pour avoir fondé un grand magasin parisien, le Bazar de l'Hôtel de Ville (BHV).
Biographie
Xavier Ruel est le fils d’Étienne Ruel, tanneur à Annonay, et de Marie-Madeleine Filhol. À la mort de son père, Xavier est placé en apprentissage chez un tisserand, qui le traite mal et dont il quitte l'atelier à l'âge de onze ansLe Figaro, 11 février 1900, ..
Après avoir débuté dans le commerce à des postes très modestes, Ruel fonde son premier établissement à Lyon en 1846. Trois ans plus tard, il épouse Marie-Madeleine Poncerry (1825-1914). L'une de leurs filles, Louise, née en 1855, mourra de tuberculose en 1877. En sa mémoire, Ruel créera quelques années plus tard une maison de santé pour jeunes filles, qu'il installera dans la villa Daigremont à Cannes (aujourd'hui collège André Capron).
En 1852, Ruel quitte Lyon pour s'installer à Paris, où il fait tout d'abord vendre sa marchandise dans la rue par une vingtaine de camelots avant de fonder en 1854Gay, . un grand magasin, le futur BHV, à l'emplacement même où ses vendeurs réalisaient leurs meilleurs chiffres. Les locaux, situés sur la rue de Rivoli, sont d'abord loués à la journée, puis à la quinzaine, puis au mois, avant que Ruel n'en devienne le propriétaire.
Comme Marguerite et Aristide Boucicaut, qui ont développé Le Bon Marché, comme Marie-Louise Jaÿ et Ernest Cognacq, qui ont développé La Samaritaine, comme Jules Jaluzot et Jean-Alfred Duclos, qui ont créé la société Au Printemps et implanté en 1865 leur premier magasin sur un terrain en friche du quartier Saint-Lazare, Xavier Ruel a compris qu'il convient d'offrir aux clients une nouvelle conception du commerce.
vignette|gauche|Affiche pour le BHV au début des années 1890. vignette|gauche|Anciennes dépendances du BHV, rue du Cloître-Notre-Dame (architecte : Ernest Papinot, 1893). vignette|Photographie de Ruel par Marius (vers 1890). vignette|Cimetière du Père-Lachaise, sépulture de Xavier Ruel.
Ruel se fait apprécier dans le arrondissement par de nombreux actes de philanthropie. Pendant le siège de la capitale, il a fait distribuer chaque jour 500 kilogrammes de pain aux pauvres de son quartier. Il a ensuite fondé un dispensaire gratuit dans la rue du Cloître-Notre-Dame (1887), transféré plus tard dans la rue du Plâtre, et une « pension alimentaire » dans la rue de la Verrerie, où des repas étaient servis à prix très réduits. Il a également été bienfaiteur et président d'honneur des sociétés de secours mutuels des quartiers Notre-Dame, de l'Arsenal et Saint-Merri.
Le , il est élu conseiller municipal dans le quartier Notre-Dame, où il bat dès le premier tour le sortant, le radical « autonomiste » Yves Guyot, par voix contre 838. Républicain modéré (« opportuniste »), Ruel n'est pourtant pas défavorable, sous certaines conditions, à la création d'une mairie centrale de Paris, rejoignant ainsi en partie les revendications des radicaux autonomistes.
En , Ruel est accusé d'avoir vendu de mauvaise foi des « bijoux fourrés » (c'est-à-dire plaqués d'une fine couche de métal précieux) et de posséder une fabrique de faux articles de Paris à Sonneberg, en Allemagne. Ce dernier établissement n'était en réalité qu'une simple agence d'achat de marchandises, que Ruel ne possédait plus depuis plusieurs années. Affirmant cependant qu'un élu ne doit pas être soupçonné, Ruel démissionne de son poste de conseiller municipal le .
Très vite, l'innocence et la bonne foi de Ruel sont établies dans les deux affaires. Il décide donc de reprendre au radical-socialiste autonomiste Théodore Jeaud son siège à l'hôtel de ville à l'occasion des élections de . Arrivé nettement en tête du premier tour, avec 744 voix, contre 552 à Jeaud, 413 au monarchiste Durnerin et 345 à un autre radical-socialiste autonomiste, Turin, il l'emporte au second tour, par suffrages, contre 838 à Jeaud.
Lors des élections législatives de 1889, Ruel est candidat dans la circonscription du arrondissement. Au premier tour, il arrive en troisième position, avec voix, derrière le boulangiste Jules Thiessé ( voix) et le radical-socialiste Henri-Blaise Chassaing ( suffrages)Le Rappel, 24 septembre 1889, .. Ce dernier est élu au second tour, Ruel s'étant désisté en sa faveurLe Rappel, 7 octobre 1889, ..
Ruel est réélu avec de larges majorités aux premiers tours des élections municipales de 1890 et 1893. Lors du scrutin de mai 1896, avec suffrages, contre 668 à l'avocat républicain socialiste Achille Voillaume, 377 au socialiste rochefortiste Bonvalet et 117 au républicain indépendant Dabault, il lui manque moins de 90 voix pour ne pas être mis en ballotageL'Intransigeant, 5 mai 1896, .. La semaine suivante, il est réélu par voix, contre à VoillaumeL'Intransigeant, 5 mai 1896, ..
Par décret du , Xavier Ruel est nommé chevalier de l'Ordre national de la Légion d'honneur.
Mort d'une pneumonie dans sa villa cannoise, il est inhumé à Paris, au cimetière du Père-Lachaise (division 81) après des obsèques célébrées le en la cathédrale Notre-Dame de Paris en présence de nombreux officiels. Sa fortune est évaluée à 80 millions de francsLe Figaro, 3 février 1900, ..
Références
Bibliographie Ernest Gay, Nos édiles, Paris, 1895, . Nobuhito Nagaï, Les Conseillers municipaux de Paris sous la IIIe République (1871-1914), Paris, Publications de la Sorbonne, 2002, .
Liens externes Pages sur Xavier Ruel et l'histoire du BHV sur le blog rezo-bazar.com (consulté le ).
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