Le risque d'inondation est un des risques majeurs susceptibles d'affecter la commune de Saint-Martin-sur-Ocre (département du Loiret, région Centre-Val de Loire, France). Il se caractérise par la possibilité qu'un aléa de type inondation se produise et occasionne des dommages plus ou moins importants aux personnes, aux biens ou à l'environnement sur le territoire communal.

La commune est traversée par la Loire, qui longe son territoire sur sa limite nord, et par l'Ocre. Ces cours d'eau sont susceptibles de déborder et de provoquer des inondations. La Loire est à l'origine des dégâts les plus importants sur la commune en cas de crue importante. Les crues historiques sont celles de 1846, 1856, 1866 et 1907. Aucune crue n'a atteint depuis 1907 les hauteurs atteintes lors de ces événements catastrophiques.

La partie amont de la commune de Saint-Martin-sur-Ocre est inondée . Le déversoir de Saint-Martin-sur-Ocre entre en fonctionnement à partir de la cote de à l'échelle de Gien, , inondant ainsi directement le territoire situé en aval, et notamment le quartier de la Californie. L'inondation de cette zone est relativement rapide. Après que la , la montée des eaux dans le val de Gien suit l'évolution du niveau de la Loire.

Le risque d'inondation est pris en compte dans l'aménagement du territoire de la commune par le biais du Plan de prévention du risque inondation (PPRI) du Val de Gien.

Deux documents permettent de définir les modalités de gestion de crise et d'organisation des secours : au niveau départemental, le Dispositif ORSEC départemental spécialisé déclenché en cas d'inondation de la Loire, le plan ORSIL ; et au niveau communal le plan communal de sauvegarde.

Réseau hydrographique

La commune est bordée au nord par la Loire, qui traverse le département du Loiret d’est en ouest. Ce fleuve est à l'origine des dégâts les plus importants sur la commune en cas de crue importante. Mais le réseau hydrographique de la commune comprend également quatre autres cours d'eau notables.

Elle est également parcourue par l'Ocre.

Crues de la Loire La commune de Saint-Martin-sur-Ocre subit des inondations directes par débordement de la Loire , ..

Typologie des crues de la Loire Dans le Loiret, les crues de la Loire représentent un cas à part par le volume considérable d’eau qu’elles peuvent apporter, la superficie des zones qu’elles peuvent submerger et par l’ampleur des dégâts qu’elles peuvent provoquer. Les crues de la Loire sont provoquées par deux phénomènes météorologiques différents : des précipitations d'origine océanique ou méditerranéenne, formant ainsi trois familles de crus différentes.

Crue d’origine océanique Les crues d’origine océanique ont lieu surtout en hiver et au printemps. Elles sont provoquées par des fronts pluvieux venant de l'océan Atlantique. D'importance très variable, elles affectent l'ensemble du bassin : l'Allier, la Loire et leurs affluents. Les reliefs, notamment ceux du Morvan, jouent un rôle important dans la répartition et le cumul des précipitations. Parmi les dernières crues marquantes de cette famille, on peut citer les crues du printemps 1983. La Loire à Nevers a atteint en aval un débit de alors qu'en amont de Roanne son débit était de ; et en mai un débit de alors que son débit amont était de , ., .. En Loire moyenne, du Bec d'AllierLe Bec d'Allier est la confluence de la Loire et de l'Allier, située sur la commune de Marzy dans le département de la Nièvre. au Bec de VienneLe Bec de Vienne est la confluence de la Loire et de la Vienne, située sur la commune de Candes-Saint-Martin dans le département d'Indre-et-Loire., les débits de ces crues océaniques sont toujours inférieurs à ceux que peuvent contenir les levées. Dans le Loiret, une des dernières crues océaniques marquantes date de janvier - . Elle a atteint le un débit de à Gien () et le à Orléans (), ..

Crue cévenole

Les crues cévenoles sont localement plus rapides et brutales ; elles se propagent et atteignent le Loiret en quelques jours. Elles sont dues aux précipitations qui accompagnent les orages cévenols venant de Méditerranée, sur le haut bassin de l'Allier et de la Loire. Sans apport océanique, elles s'amortissent très rapidement. Mais parfois, comme en 1907, si le front orageux remonte à l'intérieur du bassin et touche à la fois l'Allier et la Loire, les crues acquièrent suffisamment de puissance pour s'étendre jusqu'en Loire moyenne. La dernière crue cévenole ayant engendré des dégâts très importants à l'échelle du bassin, date de . Elle a été provoquée par des cumuls de pluies dépassant les en . Sur le Haut Allier à Langogne, la rivière a atteint un débit de et l'eau est montée à en quelques heures. Sur la Haute-Loire à Brives-Charensac, le débit a atteint ; l'eau est montée a avec une vitesse de montée des eaux atteignant par minute. Une des dernières crues cévenoles marquantes pour le Loiret date de : elle a atteint le un débit de à Gien () et à Orléans ().

Crue mixte Lorsque les deux phénomènes (crue d'origine océanique et crue cévenole) se déroulent conjointement, provoquant une crue catastrophique, on parle de crue mixte, comme pour les trois grandes crues du (celles en 1846, en 1856 et en 1866). Ces crues mixtes, caractérisées par une montée des eaux importante sur l’ensemble du bassin, sont les plus redoutables pour le département du Loiret. Elles se traduisent par une montée généralisée des eaux sur l'ensemble du bassin, accompagnée par des débits très importants de la Loire, de l'Allier et de leurs affluents. C'est à ce type de crue qu'appartiennent les crues de 1856 (la Loire a atteint à Roanne et à Nevers l'Allier à Moulins) et de 1866 (la Loire a atteint à Roanne et à Nevers, l'Allier à Moulins).

Inondations historiques Octobre 1846, mai-juin 1856 et octobre 1866

La Loire moyenne a connu une série de crues très importantes lors de la première moitié du , puis une période de calme propice à la naissance d’un faux sentiment de sécurité des populations vivant dans la vallée et des villes le long du fleuve. Au milieu du , trois crues exceptionnelles rappelèrent les populations à la réalité, en provoquant des inondations catastrophiques en , mai- et . Ces trois crues sont de type mixte ou cévenol extensive, ce qui correspond à la conjonction d’un épisode de pluies océaniques sur une partie ou la totalité du bassin, et d’un orage cévenol sur la partie amont. Lors de chacun de ces épisodes, l’importance d’un des phénomènes prédomine sur l’autre. Les crues d’ et 1866 résultent d’orages cévenols de grande ampleur qui génèrent une onde de crue sur la Loire supérieure et sur l’Allier, onde de crue qui se propage à l’aval dans un contexte pluvieux océanique d’intensité moyenne. En aval de la confluence de l’Allier, aucun autre affluent de la Loire n’est en crue majeure, .. La crue de mai- intervient quant à elle dans un contexte pluvieux océanique plus long (un mois) et plus intense qui a déjà généré quelques crues sur la Loire dès le début du mois de mai. L’épisode cévenol qui survient a une intensité limité. Les crues engendrées en amont sont loin d’avoir le niveau des crues de 1846 et 1866, mais elles viennent rapidement s’ajouter aux niveaux de la Loire et de l’Allier partout déjà très hauts. Après le bec d’Allier, l’onde de crue se voit renforcée par tous les affluents de la rive gauche qui sont également en crue.

1907 En , la Loire monte dangereusement mais les levées résistent bien. Le , elle atteint à Gien la cote de : les quais sont ensevelis sous plus d'un mètre et la ville est privée de lumière à la suite de la rupture de la conduite principale de gaz. Le canal de Briare déborde, les villes de Beaugency, Meung-sur-Loire, Châteauneuf-sur-Loire, Chécy sont inondées. À Orléans, les eaux montent à et passent pardessus le parapet du pont de Vierzon. Le , la Loire atteint à l'échelle du pont Royal (hauteur qui n'avait pas été relevée depuis plus de trente ans). La levée n'ayant pas rompu, le val n'est toutefois pas inondé et les dégâts sont limités, ..

2003 Le lundi , la Loire déborde de manière importante, mais sans atteindre un niveau dangereux. Dans le Giennois, cette crue est sensiblement supérieure à celle de 1983. À Châtillon-sur-Loire, la cote atteint à Gien. elle dépasse les pour un débit de . Plusieurs personnes sent évacuées dans la zone ouest de l'agglomération giennoise ; les deux ponts de la ville sont fermés ainsi que les quais. La Loire encercle les villages de Saint-Firmin-sur-Loire et Poilly-lez-Gien. Plusieurs routes sont coupées. À Sully-sur-Loire et Orléans, les piles des ponts sont à peine visibles ( au pont d'Orléans). À Combleux, le fleuve passe par-dessus le canal d'Orléans puis submerge l'île Charlemagne et quelques vergers près du pont de l'Europe. Toutefois les dégâts sont minimes, .. Le barrage de Villerest, sous la maîtrise d’ouvrage de l’Établissement public Loire depuis 1985, a joué un rôle majeur dans la crue. En effet, au moment de la pointe, sur les entrant dans la retenue, seulement en sortaient. Soit en termes de période de retour, le rejet aval avait une fréquence quinquennale alors qu’à l’entrée du barrage le débit était cinquantennal. L’écrêtement du barrage de Villerest a permis de gagner sur la ligne d’eau en Loire moyenne, .Plaquette sur la barrage écrêteur de crues de Villerest..

Mode d'inondation du val de Gien vignette|upright=1.4|Système d'endiguement du val de Gien. Ce val s’étend en rive gauche de la Loire sur une longueur de , entre Saint-Martin-sur-Ocre et l’Ormette, face au CNPE de Dampierre. Sa superficie totale est de environ. Le réseau hydrographique du val de Gien est constitué à l’amont par le ruisseau du Rousson, qui se jette dans la rivière la Bras à Poilly-lez-Gien. À l’aval, le réseau hydrographique est constitué par la rivière de la Quiaulne. Les communes dont le territoire est partiellement situé en zone inondable sont les suivantes, d’amont en aval : Saint-Martin-sur-Ocre, Poilly-lez-Gien et Saint-Gondon en rive gauche, Gien, Nevoy et Dampierre-en-Burly en rive droite, ..

Sur sa partie amont, le val de Gien est protégé en rive droite par une levée de de long environ, depuis Saint-Martin-sur-Ocre jusqu’au vieux pont de Gien. Cette levée est protégée par un déversoir de sécurité de de long situé à Saint-Martin-sur-Ocre, qui fonctionne déjà pour un débit de Loire d’environ au Bec d’AllierLe Bec d'Allier est la confluence de la Loire et de l'Allier, située sur la commune de Marzy, dans le département de la Nièvre.. L’interruption de la levée entre le vieux pont de Gien et Port Gallier constitue un second déversoir, au terrain naturel celui-ci, de de longueur. À l’aval de Port Gallier et jusqu’au hameau de l’Ormette, la levée est à nouveau présente sur presque de long. Entre le hameau de l’Ormette et la confluence de la Quiaulne avec la Loire au hameau de la Ronce, le val n’est plus protégé par une levée. La Loire peut donc entrer dans le val par ce secteur, que les habitants appellent le « déversoir » de l’Ormette, et dont les berges sont protégées par un perré.Lorsque le déversoir de Saint-Martin-sur-Ocre fonctionne, il peut rentrer entre 350 et dans le val de Gien, ce qui représente entre 8 % et 17 % du débit passant en Loire. Ce déversoir ne génère pas d’écrêtement sensible du débit de pointe de la crue entre l’amont et l’aval du val (environ 1 % pour une crue de période de retour ), mais permet toutefois de protéger le vieux pont de Gien. Il diminue également l’inondation des bas quartiers de Gien..