Jean-Baptiste Michel Saladin, né à Amiens le , mort à Conflans-Charenton (Seine) le , est un avocat et un homme politique de la Révolution française, qui a exercé les mandats de député à l'Assemblée législative, à la Convention nationale et au Conseil des Anciens.

Biographie Mandat à la Législative Son père François-Michel Saladin est procureur du roi à Amiens et sa mère est Marie-Louise-Jeanne Milevoie. Jean-Baptiste Michel Saladin est avocat au barreau d'Amiens puis juge au tribunal du district et membre de la société des Jacobins de sa villeMarcel Dorigny, « Saladin Jean Baptiste Michel », 953 in Albert Soboul (dirigé par), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, Presses Universitaires de France, collection « Quadrige », 1989, réédition 2005, 1132 p..

La France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791. Le même mois, Jean-Baptiste-Michel Saladin est élu député du département de la Somme, le huitième sur treize, à l'Assemblée nationale législative.

Il siège sur les bancs de la gauche de l'Assemblée. En , il vote en faveur de la mise en accusation de Bertrand de Molleville, le ministre de la Marine. En avril, il vote pour que les soldats du régiment de Châteuavieux, qui s'étaient mutinés lors de l'affaire de Nancy, soient admis aux honneurs de la séance. En août, il vote en faveur du marquis de La Fayette.

Il adhère au club des Jacobins parallèlement à son mandat. Le , il est élu secrétaire aux côtés de François Doppet et Pierre-François Réal. Le vice-président est alors l'évêque de Paris Jean-Baptiste Gobel « de Lydda » et le président est Jean-Baptiste Mailhe. Le , il est élu président du club. Son vice-président est Jacques-Nicolas Billaud-Varenne, et ses secrétaires sont Jean-Marie Girey-Dupré et Jacques-Alexis Thuriot.

La monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu, avec sa famille, et incarcéré à la tour du Temple.

Après le , il défend le nouveau régime auprès des autorités de son département alors très réticentes.

Mandat à la Convention En , Jean-Baptiste-Michel Saladin est réélu député de la Somme, le premier sur treize, à la Convention nationale. Dès le , il est élu membre du Comité de sûreté générale.

Il siège sur les bancs de la Gironde, aux côtés de Charles Alexis Brûlart de Genlis (député de la Somme) et de Philippe-Égalité (département de la Seine). Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution de la peine. Le , il dénonce la libération, ordonnée par le tribunal d'Amiens, de l'archidiacre réfractaire de la ville. Le , il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat. Le , il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze.

Le , Jean-Baptiste-Michel Saladin est envoyé, aux côtés de Jacques Isoré (député de l'Oise) auprès de la section des Quatre-Nations. Le , il est envoyé en mission, aux côtés de Pierre Pocholle (député de Seine-Inférieure), dans les départements de Seine-Inférieure et de la Somme afin d'y accélérer la levée en masse. Il est rappelé à la Convention le .

Un partisan des girondins proscrit À l'issue des journées du 31 mai et du 2 juin, au terme desquelles vingt-neuf députés de la Gironde sont décrétés d'arrestation, Jean-Baptiste-Michel Saladin proteste, dans une adresse à ses commettants, contre les journées et les arrestations. Le , sur motion de Jean-Lambert Tallien (député de Seine-et-Oise), il est décrété d'arrestation, pour avoir entretenu une correspondance avec Bordeaux et Marseille, soulevés contre la Convention. Le , au terme du rapport de Jean-Pierre-André Amar (député de l'Isère), membre du Comité de sûreté générale, son arrestation est confirmée, pour avoir signé la « protestation des soixante-treize » contre les journées du et du , et il est incarcéré à la prison des Écossais. Lui et les autres protestataires sont libérés et réintégrés à la Convention le 18 frimaire an III (le ).

Un acteur de la réaction Jean-Baptiste-Michel Saladin prend part à la réaction thermidorienne. Le 7 nivôse (le ), il est élu membre de la Commission des Vingt-et-Un chargée d'examiner la conduite des anciens membres du Comité de Salut public et de sûreté générale (Bertrand Barère, Jacques-Nicolas Billaud-Varenne, Jean-Marie Collot-d'Herbois et Marc Vadier). Le 12 ventôse (le ), il prononce, au nom de la Commission, les conclusions de l'examen qui concluent au décret d'arrestation contre les quatre prévenus en attendant d'être jugés. Le 9 germinal an III (le ), il est envoyé en mission dans les départements du Doubs, du Jura et de la Haute-Saône.

L'historien Marcel Dorigny juge que le rapport d'accusation de Saladin est la source de toutes les accusations des thermidoriens et de la tradition historiographique contre-révolutionnaire contre le gouvernement de l'an II, et que lors de sa dernière mission, il se distingue par des mesures répressives contre les révolutionnaires, y compris modérés, favorisant un retour des émigrés et des royalistes.

Après l'insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV (), Stanislas Rovère (député du Vaucluse) et Jean-Baptiste-Michel Saladin sont décrétés d'arrestation sur motion de Jean-Baptiste Louvet (député du Loiret) pour avoir pris part à l'insurrection. Ils bénéficient de l'amnistie votée à la clôture de la Convention.

Mandat aux Cinq-Cents Sous le Directoire, Jean-Baptiste-Michel Saladin est réélu député et siège au Conseil des Cinq-Cents. Il fréquente, aux côtés de ses collègues François-Antoine Boissy d'Anglas (député de l'Ardèche) et Louis-Gustave Doulcet de Pontécoulant (député du Calvados), le club de Clichy, de tendance royalisteJean-René Suratteau, « Clichy/Clichyens », p.231-232 in Albert Soboul (dirigé par), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, Presses Universitaires de France, collection « Quadrige », 1989, réédition 2005, 1132. Initialement tiré au sort pour quitter le Conseil le prairial an VI (le ), il est proscrit par le coup d'État du 18 fructidor an V (). Il est amnistié par le Premier consul Napoléon Bonaparte le 5 nivôse an VIII (), son assignation à résidence à Valenciennes est levée. Il rentre à Paris, où il achète une charge d'avocat à la Cour de cassation. Il cesse toute activité politique et n'est élu à aucune chambre du Premier Empire.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie , tome 5, Robert Legrand, La Révolution dans la Somme, Conventionnels, Jacobins et Soldats, préface de Jean Tulard, Abbeville, Imprimerie F. Paillart, 1988

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