Pteropus rufus, le Renard volant de MadagascarLangrand, O., Goodman, S. M. 2010. Liste des noms vernaculaires en langue française des espèces de chauves-souris de Madagascar. Malagasy Nature, 4: 49-54.Roberts, S.H., Jacobs, M.D., Clark, R.M., Daly, C.M., Tsimijaly, L.H., Rossizela, R.J., Prettyman, S.T. 2016. A review of the Pteropus rufus (É. Geoffroy, 1803) colonies within the Tolagnaro region of southeast Madagascar - an assessment of neoteric threats and conservation condition. Madagascar Conservation & Development, 11(1): 23-32.ACR. 2016. African Chiroptera Report 2016. AfricanBats, Pretoria, 7380 pages. ou le Renard volant malgache ou le Renard volant roux ou la Roussette marronGeoffroy Saint-Hilaire, E. 1803. Catalogue des mammifères du Muséum National d'Histoire Naturelle. Muséum National d'Histoire Naturelle, Paris, 272 pages. ou la Roussette rougeâtre ou la Roussette de MadagascarCaceres, S. 2011. Plan de conservation de la Roussette noire (Pteropus niger) à La Réunion. Direction Régionale de l’Environnement de La Réunion (DIREN). ONCFS, 62 pp. + annexes., est une espèce de chauve-souris.

Répartition et habitat vignette|gauche|upright=1.2| Pteropus rufus est endémique de MadagascarRaheriarisena, M. 2005. Régime alimentaire de pteropus rufus (Chiroptera: Pteropodidae) dans la région sub-aride du sud de Madagascar. Revue d'Ecologie, 60: 255-265..

Cette chauve-souris se rencontre principalement sur les petites îles et les zones côtières de basse altitude et est assez inhabituelle dans la zone du plateau central de MadagascarLong, E., Racey, P.A 2007. An Exotic Plantation Crop as a Keystone Resource for an Endemic Megachiropteran, Pteropus rufus, in Madagascar. Journal of Tropical Ecology, 23(4): 397-407..

Description vignette|gauche|Pteropus rufus (réserve de Berenty, Madagascar) Chez Pteropus rufus, les mâles pèsent de 650 à et les femelles de 500 à Peterson, R.L., Eger, J.L., Mitchell, L. 1995. Faune de Madagascar (Chiroptères). Muséum National d'Histoire Naturelle, Paris, 204 pages.. Ce mammifère volant est l'une des chauves-souris les plus grandes au mondeAttali, J. 2003. Etude des megachiroptères en tant que réservoir de Paramyxovirus Madagascar. Mémoire de CEAV pathologie animale en régions chaudes, Ecole nationale vétérinaire de Toulouse, France, 61 pages. avec un corps de et une envergure de 0,8 à Malzy, P. 1956. Les animaux de Madagascar, Mammifères. Fiche Orstom, 50 pages..

Pteropus rufus présente les caractéristiques générales du genre Pteropus avec une tête longue et étroite, conique, terminée par un museau fin, rappelant celui d'un chien, sur les côtés duquel s'ouvrent les narinesBory de Saint-Vincent, J. B. G. M. 1828. Dictionnaire classique d'histoire naturelle, Volume 14, Rey et Gravier, Paris, 710 pages.. Les oreilles sont longues et glabres.

La membrane inter-fémorale est très peu étendue. Les ailes sont typiques des chauves-souris frugivores avec le second doigt onguiculéGeoffroy Saint-Hilaire, E. 1810. Description des Roussettes et des Céphalotes, deux nouveaux genres de la famille des Chauves-Souris. Nouveau Bulletin des Sciences de la Société philomathique de Paris, 2(33): 89-92.. Il présente la particularité de ne pas posséder de queue.

La denture présente un total de 34 dents réparties en quatre incisives verticales supérieures et inférieures, deux canines supérieures et inférieures assez fortes, dix molaires supérieures et douze molaires inférieures. La première pré-molaire est très petite et manque parfois (32 dents).

Le pelage des parties supérieures est brun foncéDorst, J. 1947. Les chauves-souris de la faune malgache. Bulletin du Muséum, 19(4): 306-313.. Le cou, le dessus de la tête et les parties inférieures sont roux à jaune orangé ou jaune doré. Le museau est noir.

Comportement Pteropus rufus se rassemblent la journée suspendus tête en bas par grappes à des branches d'arbres dans des dortoirs.

Alimentation Pteropus rufus est une espèce végétarienne généraliste. Elle consomme de 59 à 65 % de fruits et notamment de gros fruits, de 17 à 35 % de fleurs et de 6 à 18 % de feuilles. Il est particulièrement friand des fruits de Tamarindus indica et des fleurs d'Agave rigidana (espèce introduite à Madagascar) qui peuvent constituer jusqu'à 90 % de son régime alimentaire. D'autres plantes comme Ficus guatteriaefolia, Syzygium sp., Terminalia fatraea, Uapaca thouarsii et Uapaca littoralis ont également une place importante dans le régime alimentaire de Pteropus rufusBollen, A., Elsaker, van, L. 2002. Feeding ecology of Pteropus rufus (Pteropodidae) in the littoral forest of Sainte Luce, SE Madagascar. Acta Chiropterologica, 4(1): 33-47..

Reproduction Pteropus rufus s'accouple généralement en avril et en mai et la naissance d'un seul petit a lieu en octobreGarbutt, N. 1999. Mammals of Madagascar. Pica Press, Sussex, UK, 304 pages..

Écologie Le renard volant de Madagascar aide à la dispersion des graines des plantes qu'il consommeOleksy, R., Racey, P.A., Jones, G. 2015. High-resolution GPS tracking reveals habitat selection and the potential for long-distance seed dispersal by Madagascan flying foxes Pteropus rufus, Global Ecology and Conservation, 3: 678-692..

Prédateur Le renard volant malgache est l'une des proies du faucon Polyboroides radiatusGoodman, S. 1989. Madagascar Harrier Hawk (Polyboroides radiatus) preying on flying fox (Pyeropus rufus). Ostrich, 62: 215..

Publication originale Geoffroy Saint-Hilaire, E. 1803. Catalogue des mammifères du Muséum National d'Histoire Naturelle. Muséum National d'Histoire Naturelle, Paris, 272 pages p. 47.

La paternité de Pteropus rufus a fait l'objet d'une controverse taxinomique. Certains, considérant que les noms décrits dans le Catalogue des mammifères du Muséum National d'Histoire naturelle d'Étienne Geoffroy Saint-Hilaire publié en 1803 n'étaient pas disponibles, ont attribué cette paternité à Friedrich Tiedemann (1808)Koopman, K. F. 1993. Order Chiroptera. P: 137-241, in Mammal species of the world, a taxonomic and geographic reference, Second ed. (D. E. Wilson and D. M. Reeder, eds.). Smithsonian Institution Press, Washington D.C., 1207 pp.. Le travail d'Étienne Geoffroy Saint-Hilaire ayant été proposé à l'inscription sur la liste officielle des travaux approuvés et disponibles à des fins de nomenclature zoologiqueGrubb, P. 2001. Catalogue des mammifères du Muséum National d'Histoire Naturelle by Étienne Geoffroy Saint-Hilaire (1803): Proposed placement on the Offical List of Works Available for Zoological Nomenclature. Bulletin of Zoological Nomenclature, 58: 41-52. et cette proposition acceptée et publiée par la Commission internationale de nomenclature zoologiqueInternational Commission on Zoological Nomenclature. 2002. Opinion 2005 (Case 3022). Catalogue des mammifères du Muséum National d’Histoire Naturelle by Étienne Geoffroy Saint-Hilaire (1803): Placed on the Official List of Works Approved as Available for Zoological Nomenclature. Bulletin of Zoological Nomenclature, 59: 153-154., la paternité de Pteropus rufus revient à Étienne Geoffroy Saint-HilaireWilson, D.E., Reeder, DA.M. (editors). 2005. Mammal Species of the World. A Taxonomic and Geographic Reference (3rd ed), Johns Hopkins University Press, 2142 pages. (Johns Hopkins University Press, http://www.press.jhu.edu)..

Pteropus rufus pourrait n'être qu'une sous espèce de Pteropus giganteus comme Pteropus aldabrensis, Pteropus niger et Pteropus seychellensisO’Brien, J., Mariani, C., Olson, L., Russell, A.L., Say, L., Yoder, A.D., Hayden, T.J. 2009. Multiple colonisations of the western Indian Ocean by Pteropus fruit bats (Megachiroptera: Pteropodidae): The furthest islands were colonised first. Molecular Phylogenetics and Evolution, 51: 294-303..

Liste des sous-espèces Pteropus rufus princeps Andersen, 1908 - (Sud de Madagascar)Allen, G. M. 1939. A Checklist of African Mammals, Bulletin of the Museum of Comparative Zoology, Harvard College, volume 83, Cambridge, U.S.A., 762 pages. Pteropus rufus rufus É. Geoffroy, 1803 - (Nord et partie centrale de Madagascar)

Les deux sous-espèces de Pteropus listées ci-dessus sont considérées valides par certains alors que d'autres considère qu'il n'existe pas de sous-espèce de Pteropus rufus et placent Pteropus rufus princeps en synonymie.

Liste des synonymes Pteropus edwardsii E. Geoffroy, 1810 Pteropus madagascariensis Oken, 1816 Pteropus phaeops OKen, 1838 Pteropus phaiops Temminck, 1825 Pteropus princeps Andersen, 1908

Pteropus rufus et l'Homme Menaces Cette grande roussette est menacée par la perte de son habitat (destruction de la forêt) et par la chasseJenkins, R.K.B., Racey, P.A., Andriafidison, D., Razafindrakoto, N., Razafimahatratra, E., Rabearivelo, A., Ratsimandresy, Z., Andrianandrasana, R.H., Razafimanahaka, H.J. 2007. Not rare, but threatened: the endemic Madagascar flying fox Pteropus rufus in a fragmented landscape. Oryx, 41(2): 263-271..

Virologie Pteropus rufus est potentiellement porteur d'enterobactéries pathogènes pour l'HommeMayoux, A., Coulanges, P., Brygoo, E. 1970. A new reservoir of viruses of Enterobacteriaceae pathogenic to humans: the Megachiroptera Pteropus rufus Geoffroy, in Madagascar. Comptes Rendus de l'Académie des Sciences, 270(17): 2137-38.. Cette espèce peut également être porteuse du virus NipahChong, H.T., Abdullah, S., Tan, C.T. 2009. Nipah virus and bats. Neurology Asia, 14: 73-76..

Voir aussi

Références taxinomiques

Références

Catégorie:Chiroptère (nom scientifique) Catégorie:Pteropodidae