Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API. est un livre de David Graeber. Le titre est une expression en anglais américain signifiant « boulot à la con ». Le titre original en anglais est Bullshit Jobs: A Theory paru en 2018. Le concept abordé dans le livre au départ était abordé dans un article On the Phenomenon of Bullshit Jobs publié en dans le magazine Strike!, puis a ensuite été approfondie et publiée dans l'ouvrage. Cette étude est largement médiatisée et suscite de nombreuses controverses sur sa pertinence.
Les psychologues du travail ont repris le concept pour décrire une pathologie des travailleurs affectés à ce type de travail qui peut entraîner une « démission intérieure » encore appelée « brown-out ».
Définition du concept
Un « emploi à la con » désigne des tâches inutiles, superficielles et vides de sens effectuées dans le monde du travail. Le terme est apparu sous la plume de l'anthropologue américain David Graeber qui postule que la société moderne repose sur l'aliénation de la vaste majorité des travailleurs de bureau, amenés à consacrer leur vie à des tâches inutiles et sans réel intérêt pour la société, mais qui permettent malgré tout de maintenir de l'emploi.
La théorie de David Graeber L'économiste britannique John Maynard Keynes, en 1930, prédisait que les avancées technologiques permettraient d’ici la fin du de réduire le temps de travail hebdomadaire à 15 heures. Pourtant, si la robotisation du travail a bien eu lieu, la réduction du temps de travail n'est pas survenue dans les proportions attendues.
Selon David Graeber, anthropologue à la London School of Economics, . D'après lui, la société moderne repose sur l'aliénation de la vaste majorité des travailleurs de bureau, amenés à consacrer leur vie à des tâches inutiles et vides de sens, tout en ayant pleinement conscience de la superficialité de leur contribution à la société. Graeber précise :
Graeber propose la méthode suivante pour définir un ou emploi inutile : on imagine la disparition de l'activité et on évalue l'impact sur la société. Si les infirmières, éboueurs ou mécaniciens venaient à disparaître, les conséquences seraient immédiates et catastrophiques, écrit-il. Un monde sans professeurs ou dockers serait bien vite en difficulté, et même un monde sans auteur de science-fiction ou musicien de ska serait clairement un monde moins intéressant. Quant aux marketeurs, financiers ou juristes, qui avouent eux-mêmes la vacuité de leur travail, Graeber les classe comme exerçant des ou « jobs à la con ». Il définit ce terme comme ..
Il divise les « » en cinq catégories. : les « larbins » ou « faire-valoir », servant à mettre en valeur la hiérarchie ou la clientèle ; les « porte-flingue » ou « sbires », recrutés car les concurrents emploient déjà quelqu'un à ce poste, et dont le travail a une dimension agressive ; les « rafistoleurs » ou « sparadraps », employés pour résoudre des problèmes qui auraient pu être évités ; les « cocheurs de cases », recrutés pour permettre à une organisation de prétendre qu'elle traite un problème qu'elle n'a aucune intention de résoudre ; les « petits chefs » ou « contremaîtres », surveillant des personnes travaillant déjà de façon autonome..
Finalement, Graeber soutient que les font partie d’un système qui maintient en selle le capital financier : ..
David Graeber cherche des causalités à l'expansion du phénomène : . Dans les années 1970, les PDG ont vu leurs intérêts associés à la bonne santé de leur entreprise, du point de vue de la finance, et les ont dissociés de leurs salariés ; . Il a fallu créer des emplois à la con pour contrôler, administrer et surveiller. Ces emplois improductifs défient la logique du capitalisme, et pousse l'auteur à une hypothèse : , mais est devenu un système d'extraction de rente..
L’anthropologue remarque par ailleurs l’existence d’un corollaire paradoxal : plus un travail est utile à la société, moins il est payé et bien souvent déconsidéré, même si Graeber reconnaît quelques exceptions, comme les médecins. L’auteur conclut que le néolibéralisme en est paradoxalement arrivé au même point que les systèmes soviétiques de la deuxième moitié du , c’est-à-dire à employer un très grand nombre de personnes à ne rien faire, menant à une aberration à l’encontre des principes du capitalisme...
Controverse
Le lien entre capitalisme et bureaucratie avait déjà été théorisé par le sociologue Max Weber au début du . Selon David Graeber, ..
The Economist défend les emplois administratifs et managériaux en mettant en avant la nature de l’économie mondiale moderne. ..
Pour le philosophe canadien Alain Deneault, c’est surtout l’organisation actuelle du monde du travail qui est en cause : ..
Béatrice Hibou, politologue au CERI, reconnaît le phénomène mais elle en refuse l’interprétation et le fait qu’il existerait des « boulots à la con » en soi. . Le paradoxe est que cette inutilité apparente est considérée par les dirigeants et managers d’entreprises comme l’expression même de l’utilité, de l’efficacité. D'après elle, la nouvelle organisation du travail demande plus de sécurité, ce qui suscite la mise en place de procédures et de normes, exigeant un travail bureaucratique toujours plus prenant. Elle précise d’ailleurs : ...
Nadia Droz, psychologue spécialiste du burn-out à Lausanne, préfère parler de « démission intérieure », trouvant l'expression plus ..
Notes et références
Note
Références
Voir aussi
Réception critique . . . . . .
Bibliographie . . . . . .
Articles connexes Burn-out
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Liens externes
Une traduction française de l'article original Témoignage de bullshit jobs sur nouvelobs RMC, sur les « Métiers à la con ».
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