thumb|Logo du service civique (version 2011-2015) Le service civique est un dispositif français d'encouragement à l'engagement de citoyenneté et de soutien public à celle-ci, créé par la loi du , JORF 59 du 11 mars 2010, 4801, texte 1, NOR PRMX0925425L. portée par Martin Hirsch alors Haut-Commissaire à la jeunesse, sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Il est entré en vigueur le . Il a pour objectif de renforcer la cohésion nationale et de favoriser la mixité sociale et offre la possibilité aux jeunes de 16 à 25 ans de s'engager pour une durée de 6 à 12 mois dans une mission d'intérêt général. Chaque année, le est célébrée la Journée du Service Civique qui a pour but de mettre en avant les volontaires en Service Civique et les Organismes d'accueil au travers d'une grande action digitale.

À l'exception des actions à caractère religieux ou politique, neuf domaines, qualifiés comme « prioritaires pour la Nation » sont éligibles au service civique : éducation, solidarité, santé, culture et loisirs, environnement, développement international et humanitaire, mémoire et citoyenneté, sports, intervention d'urgence en cas de crise. En , la limite d'âge pour réaliser un service civique a été élargie à 30 ans pour les jeunes en situation de handicap.

Selon l'âge de chacun, le service civique est constitué de deux formes : « l'engagement de service civique » : d'une durée de six à douze mois destiné aux jeunes âgés de 16 à 25 ans (30 ans pour les personnes en situation de handicap, depuis ), principalement financé par l'État ; « le volontariat de service civique » également dénommé « volontariat associatif » : d'une durée pouvant atteindre les deux ans, il est ouvert à partir de l'âge de 26 ans et sans limite au-delà ; le soutien financier de l'État porte principalement sur un ensemble de cotisations sociales. Ces deux formes sont ouvertes à tous les Européens communautaires. Elles le sont également aux Européens non communautaires et aux non-Européens en situation de séjour régulier en France depuis au moins un an.

Dans les premières années, les associations et les collectivités locales ainsi que divers secteurs d'action d'intérêt général, tels que les services d'incendie et de secours, ont été les principaux organismes et secteurs d'accueil pouvant mettre en œuvre le Service civique avant que le champ des organismes d'accueil soit élargi aux services publics. Les structures d'accueil doivent demander un agrément délivré par les pouvoirs publics et faisant l'objet d'une évaluation et de renouvellement périodiques.

Outre un taux de satisfaction particulièrement haut et constant dans les enquêtes réalisées, 75 % des jeunes engagés sont en situation d'emploi ou de formation 6 mois après leur mission de service civique (TNS Sofres 2013). Une étude du Céreq, publiée en 2023, évalue que parmi les sortants de formation initiale en 2017, "près d’un jeune sur dix a réalisé une mission de service civique au cours de ses études ou de ses trois premières années de vie active".

Introduction vignette|droite|Attestation de service civique. S'inscrivant dans une continuité historique à la croisée de nombreuses formes d'engagements citoyens que l'on trouve de façon universelle à travers le monde dans toute société (volontariats, bénévolats, service militaire, et plus particulièrement en France dans l'histoire récente : coopération, service volontaire, service à la communauté, service civil des objecteurs de conscience, service national ville, volontariat civil de cohésion sociale et de solidarité, etc.), le service civique est un dispositif d'encouragement et de soutien à l'engagement citoyen créé par la loi du dans un large consensus politique - issu des réactions politiques aux émeutes de novembre 2005. Promesse de campagne figurant dans les programmes de la plupart des candidats à l'élection présidentielle de 2007, le Service civique a été préparé, à la demande du Président de la République Nicolas Sarkozy, et en concertation avec le monde associatif, par Martin Hirsch, alors Haut Commissaire à la Jeunesse, devenu ensuite président de l'Agence du service civique - Groupement d'Intérêt Public - pendant trois ans et demi, du au , date de sa nomination à la Direction de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris. Une présidence à laquelle François Chérèque lui a succédé le , puis Yannick Blanc, de à , et à sa suite, Béatrice Angrand, jusqu'alors secrétaire général de l'Office franco-allemand pour la jeunesse. Depuis le , c'est au tour de Nadia Bellaoui, anciennement présidente du Mouvement associatif et cofondatrice du Comité du Service Civique Associatif (CSCA), d'exercer cette présidence.

Réintégré au Code du service national, le service civique a pris la suite du service civil volontaire qui avait été mis en place en 2006 et dont le trop faible développement avait conduit à sa refonte pour atteindre des effectifs plus significatifs, afin qu'il ait un réel effet d'entraînement du plus grand nombre dans la citoyenneté.

Visant une démarche civique individuelle et collective accompagnée par les organismes d'accueil (associations, collectivités territoriales, etc.), le contrat de service civique n'est pas un contrat de travailArticle 8 de la loi, article L120-7 du Code du service national : .

Les missions de service civique sont accessibles à tous les jeunes de 16 à 25 ans : par principe, les missions proposées ne doivent en aucun cas exclure les jeunes n'ayant pas de diplômes ou de qualifications. Seule la motivation à s'engager et à agir au bénéfice d'une cause d'intérêt général est requise et se justifie comme critère de sélection par les organismes d'accueil. Ainsi, les jeunes en situation de handicap, comme les jeunes sans formation et n'ayant pas encore pu identifier leur projet professionnel peuvent aussi y accéder de plein droit.

La motivation doit prévaloir avant toute autre considération. Ce qui pose la question à chacun : sur quoi, quel problème de société, je désire m'engager pour « changer les choses », apporter ma pierre à un « mieux vivre », notamment auprès des plus en difficulté. Il est donc ouvert à toutes et tous (y compris les Européens et les non-Européens en séjour régulier depuis un an) de 16 ans à 25 ans sous la forme de l'« engagement de service civique ».

Par ailleurs, le service civique est ouvert, sans limite d'âge au-delà de 25 ans, sous la forme du « volontariat de service civique » rebaptisé « volontariat associatif » par la loi du .

Histoire L'émergence d'une palette de statuts de volontariats À la suite de la suspension du service militaire de 1996 à 2002 et jusqu'à la création du service civil volontaire en 2006, des dispositifs statutaires de volontariats ont commencé à se mettre en place, notamment le Volontariat civil de cohésion sociale et de solidarité : les personnes de 18 à 28 ans concernées s'engageaient pour une période de six mois renouvelable dans la limite de 24 mois, à participer, principalement dans le cadre d'associations, à des actions utiles pour la collectivité ; indemnité de environ par mois (indexée sur un indice de la fonction publique pour éviter son érosion progressive) ; les jeunes intéressés et les structures d'accueil devaient prendre contact avec un service désigné par le préfet de département. Parce que constitutif du nouveau service national, statut de droit public, ce volontariat a préfiguré le « service civique », bien qu'il ait eu peu de succès auprès des acteurs associatifs qui ont préféré utiliser le « volontariat associatif » (de droit privé).

Plus largement et en dehors de tout lien avec le nouveau service national, mais de façon plus précaire (indemnité mensuelle plafonnée, mais pas de minimum...) le « volontariat associatif » (premier dispositif sous ce nom) créé en 2006 à l'initiative du ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative, était accessible dès 16 ans et sans limite d'âge supérieure tant que l'on n’avait pas atteint la retraite ; il a été supprimé avec la création du service civique. Certaines associations ont souligné qu'il offrait pourtant un statut pour des cas particuliers de volontariats (court terme, non-européens de séjour récent, notamment) et se sont inquiétés de cette disparition (position de la coordination des organisations de chantiers Cotravaux, par exemple).

Le « volontariat de solidarité internationale » s'est aussi renforcé ces dernières années en passant d'un régime encadré par un simple décret (dit de 1995) à un véritable cadre légal adopté en 2005 ; les principales associations partenaires de la mise en œuvre de ce volontariat sont regroupées au sein du « Clong-Volontariat » auprès duquel de nombreuses informations peuvent être obtenues.

D'autres volontariats-services civils volontaires existent (Service Volontaire Européen, Volontaires des Nations unies, Service Volontaire International, etc.), mais les trois dispositifs précédents sont les principaux volontariats que le « service civil volontaire » venait renforcer par un agrément complémentaire (les structures d'accueil devaient en tout état de cause être agréées au titre de l'un ou l'autre des différents volontariats en complément de l'agrément « service civil volontaire »), apportant en contrepartie d'un engagement renforcé en matière d'accompagnement et de citoyenneté (limité toutefois aux jeunes de 16 à 25 ans), un financement substantiel (90 % de l'indemnité et une prise en charge partielle du coût de l'accompagnement pédagogique). Ce financement apparaît comme indispensable pour le développement des volontariats services civils volontaires, et son absence jusqu'alors pouvait expliquer en partie le nombre négligeable de volontaires avant la mise en place du service civil volontaire... À défaut d'un financement substantiel affecté aux volontariats, la concurrence des « emplois aidés » proposés avec insistance aux associations (utilisées régulièrement comme outil de régulation du chômage de masse) ne permettait absolument pas de retenir l'intérêt des associations du point de vue purement gestionnaire.

En 2006, le service civil volontaire, puis à sa suite en 2010, le service civique, ont mis en place un tronc commun de reconnaissances législatives et administratives pour la plupart de ces volontariats.

Le service civil volontaire Le « service civil volontaire », avait été promis en 1996 par le Président de la République Jacques Chirac lorsqu'il annonçait, , la suspension du service militaire obligatoire. Mais dans les années suivantes et sous la houlette de gouvernements successifs de droite comme de gauche, la mise en œuvre d'un « service civil volontaire » s'est heurtée à la complexité et à la lenteur de la réforme du service national (1997-2002).

Les difficultés et retards s'expliquent également par de nombreuses réticences contradictoires face aux volontariats considérés par certains décideurs, tous partisans du civisme, mais se méfiant de dérives potentielles de tout volontariat citoyen comme : un moyen de favoriser la précarité en créant une forme de travail prétendument "non salarié" (car "indemnisé" et non "rémunéré" à proprement parler), sous couvert de « bonnes intentions » et ne dépendant pas du Code du travail (opinion fréquemment rencontrée chez les responsables politiques de sensibilité de gauche ) ; une forme de dispositif faisant la promotion d'un engagement citoyen susceptible de promouvoir des démarches militantes.

Plusieurs députés ont ainsi déposé successivement des propositions de loi ex nihilo portant sur la création de formules de « service civil » ou « service civique » envisagés comme volontaires ou obligatoires.