L'Union pour un mouvement populaire (UMP) est un parti politique français classé du centre droit à la droite de l'échiquier politique.
Fondé sous le nom d’Union pour la majorité présidentielle en vue des élections législatives de 2002, le parti devient quelques mois plus tard l'Union pour un mouvement populaire, gardant les mêmes initiales. Son ambition est de rassembler les différentes tendances de la droite et du centre droit : l’UMP naît ainsi de la fusion en un seul parti du Rassemblement pour la République (RPR), de Démocratie libérale (DL) et du Mouvement des réformateurs (MDR), auxquels se sont associés des partis ayant conservé leur autonomie (FRS, CNIP, Parti radical), tandis que de nombreux parlementaires de l'UDF la rejoignent. Plusieurs personnalités centristes l'ont ensuite quittée, notamment pour former l'Union des démocrates et indépendants (UDI) en 2012.
L'UMP soutient les gouvernements nommés par Jacques Chirac entre 2002 et 2007, puis par Nicolas Sarkozy entre 2007 et 2012. Dans l'opposition à partir de 2012, le parti connaît une succession de crises internes. Redevenu président du parti en 2014, Nicolas Sarkozy fait renommer l'UMP en Les Républicains par une modification de ses statuts en 2015.
Historique Contexte Tendance gaulliste
thumb|upright=0.75|Jacques Chirac, l'un des fondateurs de l'UMP. La tendance gaulliste est née des mouvements de la Résistance, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle est dès ses origines assez composite idéologiquement, son unité résidant avant tout dans le soutien qu'apportent ses membres à la personne du général de Gaulle. Le gaullisme peut cependant être considéré comme une résurgence démocratique de la tradition bonapartiste de la droite française.
Après l'expérience progressiste de la Nouvelle société menée par son Premier ministre Jacques Chaban-Delmas, le président Georges Pompidou devient l'artisan de l'ancrage du gaullisme à droite de l'échiquier politique. Jacques Chirac, ministre sous la présidence de Georges Pompidou, prend la tête de l’UDR après avoir favorisé l'élection de Valéry Giscard d'Estaing à l’élection présidentielle de 1974. Il fonde le Rassemblement pour la République (RPR) en 1976. Le discours idéologique du parti varie en fonction des circonstances : le RPR défend une ligne travailliste et eurosceptique à la fin des années 1970 puis applique un fort libéralisme économique pendant les périodes de cohabitation. Le parti renoue avec le gaullisme social lors de la campagne présidentielle de 1995 pour finalement mettre en œuvre un mélange de libéralisme et de conservatisme en 1995-1997 une fois Jacques Chirac élu.
Dirigé par intérim par Serge Lepeltier, le RPR reste, au moment de sa fusion au sein de l'UMP, un parti composite, regroupant à la fois des gaullistes « traditionnels », des néo-gaullistes « post-pompidoliens », des libéraux, des conservateurs, des souverainistes et même des gaullistes de gauche.
Libéraux et centristes
L'Union pour la démocratie française (UDF), parti de centre droit fondé par le président Valéry Giscard d'Estaing en vue des élections législatives de 1978, comprend pendant longtemps une aile libérale, le Parti républicain (PR), et une aile centriste, principalement représentée par le Centre des démocrates sociaux (CDS). À la suite des élections régionales de 1998, le Parti républicain soutient les présidents de conseil régionaux élus avec les voix de conseillers Front national, et quitte l'UDF. De son côté, le CDS fusionne avec les Adhérents directs, le PRIL et le PPDF au sein de la « nouvelle UDF ».
En 2002, Démocratie libérale rejoint l'UMP, tandis que deux tiers des élus de l'UDF rejoignent le nouveau parti. Ce n'est pas le cas du président de l'UDF, François Bayrou, qui souhaite maintenir l'UDF comme force politique centriste indépendante.
Lancement et débuts Issue d'Alternance 2002 puis de l'Union en Mouvement (UEM ; mouvement de soutien à Jacques Chirac qui avait pour ambition de rassembler l'ensemble des forces de droite et du centre)., l'UMP est créée le par Jacques Chirac et Alain Juppé, sur le conseil de Jérôme Monod, à la suite du premier tour de l'élection présidentielle et en vue des législatives de la même année, afin d'« unir les forces politiques de toutes les droites »..
Elle se nomme d'abord « Union pour la majorité présidentielle » en signe de soutien au président de la République, mais une fois les élections terminées, ce nom perd sa raison d'être et doit donc être changé. Un débat interne a lieu afin de nommer ce nouveau parti. Alain Juppé proposa de nommer ce parti « La Maison Bleue », quand d'autres étaient partisans (les libéraux pour l'essentiel) d'une référence au Parti populaire européen et au Parti populaire espagnol, souvent cité en exemple, et proposèrent de nommer le parti « Union populaire ». Il a été choisi de conserver le sigle alors déjà bien connu des Français, mais de changer la dénomination en « Union pour un mouvement populaire », lors de son congrès fondateur le au Bourget.
Alors que le RPR, DL et Écologie bleue sont dissous à l'intérieur de l'UMP, deux partis fondateurs subsistent en tant que tels : le Forum des républicains sociaux de Christine Boutin et le Parti radical de Jean-Louis Borloo (ce parti quitte l'UMP en 2012 afin de créer l'UDI avec d'autres partis de centre droit).
2002-2004 : années Juppé thumb|upright=0.75|Alain Juppé, président de l'UMP de 2002 à 2004.
Au congrès du Bourget du , Alain Juppé est élu premier président de l'UMP par 79,42 %, devant Nicolas Dupont-Aignan (14,91 %) et trois autres candidats. La participation ne s'élevait qu'à 28,79 %, avec un corps électoral composé des adhérents à jour de cotisation. Le parti permet à Alain Juppé d’entretenir une lutte à distance avec son principal rival à l'intérieur de sa famille politique, Nicolas Sarkozy.
Les années 2003 et 2004 constituent l'apogée du combat féroce mené entre chiraquiens et sarkozystes. L'UMP en devient un de ses principaux théâtres. En 2004, ont lieu les premières élections depuis 2002, véritable test pour le gouvernement Raffarin et le parti. Lors des régionales (le parti ne conserve que l'Alsace et la Corse sur les 26 régions), cantonales et européennes, les résultats sont désastreux. La politique gouvernementale est sévèrement sanctionnée. En outre, Alain Juppé est rattrapé par la justice : le , à la suite de sa condamnation dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, il donne sa démission. Jean-Claude Gaudin assure l'intérim à la tête du parti, en attendant l'élection d'un nouveau président par les adhérents.
2004-2012 : années Sarkozy 2004-2007 : préparation de l’élection présidentielle Le , au Bourget, élu par 85,09 % des membres du parti face à Nicolas Dupont-Aignan (9,10 %) et Christine Boutin (5,82 %), Nicolas Sarkozy devient le deuxième président de l'UMP.. La participation s'élevait à 53,29 %. Pierre Méhaignerie est nommé secrétaire général. Lui permettant de rivaliser à distance avec Jacques Chirac, le nouveau président de l'UMP n'a plus qu'un seul objectif en tête, à savoir l'élection présidentielle de 2007.
Malgré l'échec du référendum constitutionnel de 2005, l'UMP bat tous les records d'affluence et d'adhésion. Le mouvement entreprend alors un vaste chantier de modernisation et de réflexion interne, par l'organisation d'une vingtaine de conventions thématiques entre 2005 et 2006, afin d'élaborer le programme de Nicolas Sarkozy et de l'UMP pour les échéances de 2007. Le parti atténue fortement sa référence gaulliste. Seul candidat en lice, Nicolas Sarkozy est désigné candidat de l'UMP à l'élection présidentielle par les militants du parti le .
Il est élu président de la République quatre mois plus tard, avec 53,06 %, face à Ségolène Royal. Le , deux jours avant son investiture, il démissionne de la présidence du parti. Jean-Claude Gaudin, pour la deuxième fois, assure l'intérim.
2007-2012 : présidence de la République thumb|gauche|Nicolas Sarkozy, président de l'UMP de 2004 à 2007 et président de la République de 2007 à 2012. thumb|François Fillon, Premier ministre de Nicolas Sarkozy. Les élections législatives de 2007 ont lieu sur le thème de donner au président les moyens ou non de gouverner. Dès le premier tour de scrutin, le , l'UMP réalise des scores très importants, puisque de droite sont élus contre 1 de gauche (PS). Au second tour, l'UMP l'emporte largement mais la « vague bleue » attendue n'a pas eu lieu, sûrement à cause du lancement maladroit du sujet sur la TVA sociale. À elle seule, l'UMP obtient tout de même sur 577, soit la majorité absolue.. Depuis 1978, c'est la première fois qu'une majorité se succède à elle-même.
À partir de ce moment se pose la délicate question de la succession de Nicolas Sarkozy à la tête de l'UMP. La bataille est lancée entre Patrick Devedjian, proche du président de la République, et Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre, développant une image consensuelle. À la sortie d'une réunion du bureau politique, le , Jean-Claude Gaudin affirme « [considérer] que, moralement, le président [de l'UMP] reste Nicolas Sarkozy et, par conséquent, [penser] qu'il n'est pas utile d'élire à nouveau un triumvirat comme les statuts l'exigent. ». Réuni le , le conseil national de l'UMP adopte à 72 % une réforme des statuts du mouvement instituant une direction collégiale de l'UMP composée d'un pôle législatif (le bureau du conseil national, animé par trois vice-présidents, Jean-Pierre Raffarin, Jean-Claude Gaudin et Pierre Méhaignerie) et d'un pôle exécutif (le secrétariat général, dirigé par Patrick Devedjian assisté de Philippe Cochet et de Dominique Paillé). À la suite des élections municipales et cantonales de 2008, Xavier Bertrand et Nathalie Kosciusko-Morizet sont nommés secrétaires généraux adjoints en lieu et place de Philippe Cochet et Dominique Paillé. Christian Estrosi les rejoint quelques semaines plus tard.
Lors des élections municipales de 2008, si à l'échelle nationale les listes étiquetées « majorité présidentielle » arrivent en tête en nombre de voix et en nombre de sièges., l'UMP et la droite en général perdent un certain nombre de villes importantes. Si après les élections municipales de 2001 elle contrôlait de plus de sur 39, la droite en perd 10 et n'en gagne aucune. Quant aux cantonales, la gauche qui contrôlait déjà une majorité de départements depuis 2004, en remporte huit de plus, alors que la droite en reprend deux à l'opposition.
Le , Patrick Devedjian est nommé ministre de la Relance économique. Il démissionne aussitôt de son poste de secrétaire général. L'intérim est assuré dans un premier temps par les trois secrétaires généraux adjoints, puis confié à Xavier Bertrand jusqu'au ., date à laquelle le conseil national désigne les nouvelles instances nationales et confirme ce dernier à ce poste. En 2009, l'UMP lance sa campagne pour les élections européennes : création d'un site web "créateurs de possibles" par l'agence de publicité Blue Advertainment (destiné à faire le buzz, ce site qualifié par « Facebook de droite » par le médias, se révélant un échec. ; organisation d'un meeting à Rueil-Malmaison en présence de François Fillon le ; spots de la campagne audiovisuelle officielle. Cette campagne est caractérisée par le docteur en linguistique Pierre-Yves Modicom, par un déplacement des méthodes de la communication traditionnelle (argumentation politique) au profit du marketing politique (recours au récit).. En , après sa victoire aux élections européennes, l'UMP lance une grande campagne d'adhésion et de re-adhésion pour ses adhérents.
Lors des élections régionales de 2010, l'UMP conserve l'Alsace et remporte la Réunion et la Guyane, mais perd la Corse..