La est une clinique londonienne proposant des psychothérapies. Ouverte de 1913 à 1922, elle a constitué, durant presque deux décennies, l'unique lieu de formation clinique psychanalytique britannique.

Histoire La clinique, également connue sous le nom de , est fondée à Londres en 1913 par Jessie Murray. et Julia Turner« Julia Turner (1863-1946) », Psychoanalytikerinnen. Biografisches Lexikon Sally Alexander, , 45, 1998, .. D'autres personnalités soutiennent le projet, notamment l'écrivaine May Sinclair. Les thérapies proposées sont inter-disciplinaires, des thérapies psychanalytiques sont proposées aux patients, à l'origine principalement des soldats atteints de stress post-traumatiques liés à la Première Guerre mondiale.

La clinique est d'abord le seul lieu de formation clinique sur le sol britannique pour les candidats psychanalystes. C'est là que se forment à la pratique psychanalytique James Glover, Sylvia Payne, Ella Freeman Sharpe, Mary Chadwick. « Mary Chadwick », Psychoanalytikerinnen. Biografisches Lexikon, , Nina Searl, Susan Isaacs, Iseult Grant-Duff, ou encore Marjorie Brierley, dans une perspective d'ouverture. Progressivement, la formation des analystes se déplace sur le continent, auprès des analystes de l'Institut psychanalytique de Berlin ou de la Société psychanalytique de Vienne, et les analystes revendiquent une orientation psychanalytique freudienne orthodoxe. Deux cliniques d'orientation exclusivement psychanalytique, la Tavistock Clinic (1920) et la de la Société britannique de psychanalyse (1926) deviennent les lieux de formation et d'exercice psychanalytique. La , très en difficulté sur le plan financier, ferme en 1922.

Les débuts Le , un entrefilet publié par l' annonce une réunion préparatoire à l'établissement d'une clinique médico-psychologique à Londres, pour le traitement des maladies au moyen de la psychothérapie et fait un appel aux dons.. Mais, quelques jours plus tard, Julia Turner, cofondatrice de la clinique, s'exprime à son tour pour regretter la publication de l'annonce dans la presse, insérée sans l'approbation du comité scientifique, avant qu'une annonce ait été faite dans la presse médicale. Quelques mois plus tard, un autre incident se produit, lors d'une réunion préparatoire, lorsque Edward MontaguEdward Montagu, personnalité politique et militaire britannique. qui présidait la réunion, évoque ses dons de guérison qui lui ont permis de soigner des officiers blessés durant la guerre en Afrique du Sud , 1915.. Cette interventions provoque de nombreuses déclarations de médecins et d'autres professionnels, initialement associés au projet de clinique, qui prennent leurs distances à son égard. Les quatre médecins pressentis pour diriger la clinique se dissocient à leur tour des déclarations de Lord Sandwich et expriment dans une déclaration que la clinique serait un lieu d'étude pour des médecins qui voulaient se former à la clinique psychothérapeutique. Le psychologue Charles Spearman, membre fondateur de la clinique, fait également une déclaration où il indique que l'occultisme n'est pas seulement étranger à l'esprit de la clinique, il est en opposition directe avec elle. .. Cependant, les liens qu'entretiennent un certain nombre de médecins et de psychologues britanniques avec la psychanalyse et la pratique de la psychothérapie par des non-médecins, dite « analyse laïque », existent depuis 1915. Ainsi, le Journal of Mental Science, périodique de la , publie des recensions de publications liées à la psychanalyse, notamment de l'ouvrage de Bernard Hart, (1913).

La création de la clinique n'est pas officiellement soutenue par la . Cependant, un rapport édité par l'Association en 1914 relève le manque de soutien à la recherche scientifique et de possibilités de carrière dans le champ de la santé mentale et critique le fait que les patients ne puissent pas se faire soigner à leur propre initiative..

Les années de croissance La croissance de la clinique est rapide : elle ouvre dans une maison particulière d', et propose trois après-midis par semaine des soins médicaux et psychologiques, à visée thérapeutique et à coût réduit, pour les patients qui n'avaient pas les moyens de consulter dans un cadre privé. Lorsque la clinique s'agrandit, elle s'installe dans ses propres locaux au 30 Brunswick Square en . Les patients passent une visite médicale, puis Jessie Murray et Julia Turner leur font passer des tests psychologiques pour déterminer le traitement qui convient. Enfin, le patient commence des séances de 45 minutes de traitement psychothérapeutiques, qui pouvaient consister en électrothérapie, et un programme d'exercices personnels..

En , la clinique crée la , dirigée par un comité distinct auquel appartiennent Jessie Murray et Julia Turner. Le terme a été proposé par May Sinclair. La nouvelle organisation propose un programme de formation en un cycle de trois ans, qui comporte une psychanalyse à visée formative de l'étudiant, sur trois ans, ainsi que des activités cliniques supervisées, auprès de patients de la clinique. La formation est payante, le premier président est Percy Nunn, auquel succède L.T. Hobhouse en 1919. Les cours ont lieu dans les locaux de la clinique, à laquelle la Société paie un loyer. La répartition des occupations entre la clinique et la société est clairement définie : la clinique s'occupe des soins médicaux, tandis que la Société d' s'occupe de formation, en ce qui concerne les aspects psychologiques et sociologiques des pathologies envisagées. Les patients restaient sous l'autorité médicale des médecins, qui recevaient des éléments d'information sur l'évolution de leur suivi thérapeutique. La Société se donne comme objets l'étude du caractère humain, sur le plan individuel et social, et des conditions nécessaires à son développement ordinaire, la formation en psychologie appliquée et l'organisation d'études et de conférences sur des thèmes généraux liés à la connaissance du caractère humain , , , 22 August 1962, . Les cours proposés concernent la biologie, la physioligie, la psychologie générale et expérimentale, des éléments d'anthropologie et de philosophie, de l'histoire comparée des religions et mythologie. Des périodes d'examens sont prévues. Lorsque les étudiants ont suffisamment avancé dans leur propre analyse, ils peuvent assister l'un des analystes qualifiés. Enfin, les étudiants doivent présenter un mémoire pour valider leur cursus et obtenir leur diplôme.

La clinique elle-même s'agrandit : une première annexe ouvre au , suivie d'une autre au destinée quant à elle à accueillir une unité spécialement prévue pour les soldats victimes d'« obusite. » Les candidatures de patients affluent rapidement. En 1918, la clinique soigne 189 patients en ambulatoire, et 36 patients résidents, qui ont bénéficié chacun d'environ vingt séances thérapeutiques. À titre de comparaison, la Tavistock Clinic accueille en 1920 247 patients. Charles Samuel Myers, psychiatre, cofondateur de la , et William McDougall s'intéressent à l'utilisation de méthodes psychothérapeutiques et psychanalytiques pour traiter les milliers de soldates victimes d'obusite dans les tranchées. L'entrée en guerre du Royaume-Uni avait d'abord semblé menacer financièrement la clinique en restreignant les dons qui vont à l'effort de guerre, mais la nécessité de soigner les soldats, fragilisés sur le plan nerveux et psychique par le « War shock », selon d'autres méthodes que les méthodes médicales traditionnelles offre de nouvelles opportunités à la clinique. Rapport publié en 1918 par la clinique .. Un nouvel appel aux dons publié en précise que les soins sont prodigués aussi bien aux populations civiles qu'aux combattants.. Le rapport d'activité de la clinique fait état des limites auxquelles sont confrontées les thérapies proposées, en raison de la gravité de certaines pathologies liées à la guerre, notamment lorsqu'il s'agit de patients traités préalablement dans d'autres institution, sans succès et exprime le dilemme qui se pose : renoncer à l'accueil de ces patients dont la guérison est aléatoire pour accueillir des cas moins sévères qui répondent plus rapidement et facilement aux traitements, ce qui aurait un effet statistique bénéfique sur les activités de la clinique, et souhaite maintenir d'un accueil de la dernière chance pour les patients souffrant de maladie nerveuse ..

Les soins proposés Sous le terme général de rééducation psychologique, la clinique propose plusieurs traitements psychothérapeutiques. Sous cet intitulé, quatre groupes de soins sont présentés : analyse psychologique, référée à Pierre Janet et Morton Prince, psychanalyse selon Sigmund Freud et Carl Gustav Jung, conversation thérapeutique et persuasion de Jules Dejerine et Paul Dubois pour la thérapie rationnelle, enfin rééducation et suggestionAppel financier de 1917.. Jessie Murray et Julia Turner décident du traitement le plus approprié à la situation de la personne. Quelle que soit la thérapie utilisée, la relation du thérapeute avec son patient restait centrale, et la personnalité du médecin ainsi que ses interactions avec le patient étaient à la base du traitement.. À côté du traitement psychothérapeutique, des activités créatives sont proposées aux patients, telles qu'artisanat, musique, danse, jeux ou jardinage, conçues pour détourner les forces psychiques des patients de préoccupations morbides.

Les conflits avec la Société britannique de psychanalyse