Carlos Ibáñez e Ibáñez de Ibero, premier marquis de Mulhacén, né le à Barcelone. et mort le 28.. ou le 29... à Nice, est un général de division et géographe espagnol.Les sources en Espagne retiennent comme date du décès le 28 janvier, alors qu'ailleurs on mentionne le 29 janvier 1891. Le décalage horaire entre Nice et Madrid constitue une source de confusion. En effet, à l'époque, il n'y a pas d'heure nationale, ni en Espagne, ni en France. Chaque ville vit à l'heure solaire. Ibáñez décède peu avant l'adoption de la loi du 14 mars 1891 qui unifie l'heure en France en prenant comme référence le méridien de Paris. L'Espagne décidera par décret du 27 juillet 1900, exécutoire dès le janvier 1901 de se conformer à l'heure du méridien de Greenwich.. Il représente l'Espagne à la Conférence diplomatique du mètre de 1875 et est le premier président du Comité international des poids et mesures. Précurseur de la géodésie espagnole, il s'engage dans le processus de diffusion internationale du système métrique depuis l'adhésion de l'Espagne à l'Association pour la mesure des degrés en Europe centrale en 1866.., jusqu'à la distribution de prototypes de platine iridié aux États signataires de la Convention du mètre, lors de la première réunion de la Conférence générale des poids et mesures en 1889.. Ces prototypes définiront le mètre jusqu'en 1960.. Également président de l'Association géodésique internationale qui atteint une dimension mondiale grâce à la large adoption du système métrique, Carlos Ibáñez e Ibáñez de Ibero joue un rôle majeur dans la collaboration scientifique internationale au ...
Le général Carlos Ibáñez e Ibáñez de Ibero est connu en Espagne pour être le premier directeur de l'Institut géographique et statistique espagnol. Dès 1853, Carlos Ibáñez e Ibáñez de Ibero collabore au prolongement de la Nouvelle Méridienne de France jusqu'en Algérie, en étendant la triangulation géodésique française en Espagne, puis en dirigeant avec le général François Perrier la jonction des triangulations géodésiques espagnole et algérienne par-dessus la Méditerranée en 1879.
L'Espagne fait œuvre de précurseur en Europe, en adoptant le mètre, plutôt que la toise, comme unité géodésique, et contribue, par son adhésion à l'Association pour la mesure des degrés en Europe (Allemand : Europäische Gradmessung) en 1866, à l'adoption par cette dernière l'année suivante d'une résolution visant à la création du Bureau international des poids et mesures. En effet, c’est au moment où il est démontré que le mètre ne correspond pas à sa définition historiqueLa définition historique du mètre correspond à la dix-millionième partie de la distance du pôle Nord à l'équateur estimée sur la base d'une mesure du méridien de Paris effectuée entre Dunkerque et Barcelone à la fin du . La longueur du quart du méridien déterminée sur la base de la mesure de cet arc de méridien correspond à 5 130 740 toises., que l’Association pour la mesure des degrés en Europe, créée en Prusse et réunie en terrain neutre à Neuchâtel, envisage la création du Bureau international des poids et mesures et l’adoption de l’unité choisie pour la cartographie américainePeu après l’Acte de médiation de 1803, Ferdinand Rudolph Hassler, un ancien magistrat argovien de la République helvétique, voyant ses perspectives de réaliser une carte de la Suisse réduites à néant, avait émigré aux USA où Albert Gallatin, alors Secrétaire au Trésor des États-Unis, mettait au concours le poste de directeur du levé cartographique de la côte Est (Anglais : United States Survey of the Coast), institution qui allait devenir la première agence scientifique civile du gouvernement fédéral américain. Pour la mesure des bases de cette triangulation géodésique, Ferdinand Rudolph Hassler avait conçu une règle dotée de microscopes qu’il calibra sur le Committee Meter, une copie du Mètre des Archives qu’il avait apportée aux USA en 1805..
Carlos Ibáñez e Ibáñez de Ibero est un des membres fondateurs de l'Institut international de statistique créé en 1885.. Il est délégué de l'Espagne à Rome en à la première session de cette société scientifique fondée après les neuf premiers Congrès internationaux de statistiques qui se sont tenus entre 1853 et 1876 à Bruxelles, Paris, Vienne, Londres, Berlin, Florence, La Haye, Saint-Pétersbourg et Budapest où l'Espagne est représentée par Ibáñez..... Le premier de ces congrès réuni à Bruxelles recommande que dans les tableaux statistiques des pays n'utilisant pas le système métrique, une colonne soit ajoutée indiquant les réductions métriques des poids et mesures. Lors de la tenue conjointe à Paris de l'Exposition universelle de 1855 et du second Congrès international de statistique, une association internationale visant à promouvoir l'adoption d'un système décimal uniforme pour les poids, les mesures et la monnaie est créée..
Tandis que la carte Dufour est primée à l’Exposition universelle de 1855.Guillaume-Henri Dufour fonda en 1838 à Genève un bureau topographique (futur Office fédéral de topographie), qui publia sous sa direction, de 1845 à 1864, la première carte officielle de la Suisse. Pour cette carte au 1 : 100 000, le mètre fut adopté comme mesure linéaire., Jean Brunner, un fabricant d’instrument de précision d’origine soleuroise agréé par le Bureau des longitudes y expose une règle géodésique conçue par Carlos Ibáñez e Ibáñez de Ibero pour la carte de l’Espagne. A la différence de l'appareil de Ferdinand Rudolph Hassler, qui est calibré sur une copie du Mètre des Archives, cette règle est calibrée sur la règle N° 1 de la Toise de Borda, qui avait été employée pour la mesure des bases de la Méridienne de Delambre et Méchain et avait servi à définir la longueur du mètreL’étalon des archives à zéro de température vaut par définition 443,296 lignes de la règle n° I de Borda, quand cette règle est à 17,6 de température; ou prises sur la toise du Pérou quand cette toise est à 16,25 du thermomètre centésimal, selon la Base du Système Métrique Décimal, tome III. p. 137-139. Or, d'après Charles Édouard Guillaume, aux époques de définition ou d'emploi de ces divers étalons, aucune échelle thermométrique n'était encore considérée comme normale, et l'on connaissait mal les écarts des divers thermomètres entre eux.. La Règle espagnole deviendra une référence et des répliques, calibrées sur le mètre-étalon de 1889, en seront construites pour les plus importantes opérations géodésiques., comme la mesure de bases de la Nouvelle Méridienne de France et de l’arc méridien de Quito... Cette règle sera conservée en Espagne comme étalon fondamental de longueur jusqu'à la réception des étalons du mètre de 1889.
Président du comité permanent de la Commission internationale du mètre depuis 1872 et de la commission permanente de l’Association pour la mesure des degrés en Europe depuis 1874, Carlos Ibáñez e Ibáñez de Ibero devient le premier président du Comité international des poids et mesures après l'entrée en vigueur de la Convention du mètre en 1875, et de l'Association géodésique internationale (Internationale Erdmessung) après la mort de son fondateur, Johann Jacob Baeyer, directeur de l'Institut géodésique prussien en 1886.
En 2000, le roi Juan Carlos d'Espagne réhabilite au profit de l'arrière-petit-fils de Carlos Ibáñez e Ibáñez de Ibero le titre de marquis de Mulhacén qui lui avait été concédé à la veille de la première Conférence générale des poids et mesures en 1889.
Conformément à la tradition espagnole, son nom de famille est une combinaison du premier nom de son père, Martín Ibáñez de Prado et du premier nom de sa mère, Carmen Ibáñez de Ibero y González del Río.. Comme les noms de ses parents sont similaires il est souvent appelé Ibáñez ou Ibáñez de Ibero ou encore Marquis de Mulhacén.
Formation et carrière militaire Issu d'une famille de la classe moyenne, Ibáñez est orphelin de père à l'âge de 13 ans. Très jeune encore, à l'âge de quatorze ans, il entre à l'École militaire du génie de Guadalajara, où il se distingue par son application et ses aptitudes précoces, de sorte qu'à l'âge de dix-huit ans il en sort avec le grade de premier lieutenant du génie, et qu'en 1845 il est nommé aux fonctions d'adjudant-major dans le premier bataillon du régiment des sapeurs. Il est promu capitaine en 1847 et commandant en 1849. L'année suivante, le jeune officier est nommé professeur à l'École du génie; mais il ne professe pas longtemps son cours, car en 1851 il est chargé de sa première mission scientifique et militaire à l'étranger, dans le but d'étudier l'organisation du service des pontonniers dans les différentes armées. Il profite si bien de ce voyage d'instruction qu'à son retour de son voyage à Strasbourg, Kloster et Vienne, il publie son premier ouvrage, le Manual deI Pontonero et, ayant pris une part prépondérante dans l'organisation de cette branche du génie, il reçoit l'emploi de second commandant dans cette arme et le grade de colonel.
En 1862 Ibáñez reçoit l'emploi de lieutenant-colonel du génie et, après avoir été élu Secrétaire de la Section des Sciences exactes de l'Académie de Madrid en 1864, il est élevé à l'emploi de colonel d'infanterie et, en 1868, à celui de colonel du génie. Il est promu en 1871 à l'emploi de général de brigade.
De la commission de la carte d'Espagne à la direction de l'Institut Géographique et Statistique National espagnol S'étant ainsi fait remarquer, dès les débuts de sa carrière, par sa valeur scientifique et son travail consciencieux, Ibáñez est désigné pour faire partie de la commission chargée de la construction de la carte d'Espagne. C'est de cette époque que date la véritable carrière spéciale du général Ibáñez, carrière à la fois civile et militaire, scientifique et administrative, au cours de laquelle il rend les plus grands services à l'Espagne, où il crée pour ainsi dire la géodésie, transforme la topographie et la cartographie et organise la statistique, et par laquelle il s'élève en même temps au premier rang parmi les promoteurs et les directeurs des organisations internationales pour l'avancement des travaux géodésiques et métrologiques.
Le mètre devient l'unité de référence de la géodésie espagnole L'Espagne adopte le système métrique en 1849. L’Académie royale des sciences exactes, physiques et naturelles presse le gouvernement de promouvoir l'établissement d'une carte géographique à grande-échelle de l'Espagne en 1852.. Ibáñez comprend tout d'abord que le vaste projet de la carte d'Espagne doit être fondé sur une triangulation de premier ordre du royaume, qui doit elle-même commencer par la mesure d'un certain nombre de bases géodésiques dans les différentes régions du pays. Comme tout l'outillage scientifique et technique pour une vaste entreprise de ce genre doit être créé, Ibáñez, en collaboration avec son camarade de la Commission, le capitaine Frutos Saavedra Meneses, élabore le projet d'un nouvel appareil à mesurer les bases. Il reconnaît que les règles à bouts, dont sont encore munis les appareils du et ceux de la première moitié du , que Jean-Charles de Borda ou Friedrich Wilhelm Bessel rapprochent simplement pour en mesurer les intervalles au moyen de verniers ou de coins en verre, seront remplacées avantageusement pour la précision par le système, conçu par Ferdinand Rudolph Hassler pour le Coast-Survey des États-Unis, et qui consiste à utiliser une seule règle à traits et des mesures microscopiques. En ce qui concerne les deux méthodes au moyen desquelles on tient compte de l'effet de la température, Ibáñez utilise aussi bien les règles bimétalliques, en platine et laiton qu'il emploie d'abord pour la base centrale, que la simple règle en fer avec thermomètres à mercure incrustés qui sera utilisée en Suisse..