Les Petits Blancs des HautsQuelquefois appelés « vieux blancs », l'article BLANC du lexique figurant dans Michel Beniamino, Le français de La Réunion, EDICEF, coll. « Actualités linguistiques francophones » Vanves, 1996 (parfois surnommés Yab) sont le deuxième groupe d'habitants, après les esclaves marrons fuyant la servitude, des Hauts de l'île de La Réunion. Généralement, leur peau est claire et leur statut social peu élevé. Leurs descendants, qui portent toujours cette appellation, ont aujourd'hui un statut social plus hétérogène. Cette communauté est principalement d'origine européenne ; il est très probable que tous ont également des origines africaines, et certains d'entre eux ont également des origines chinoises, voire indiennes. Le terme Gros Blancs désigne en revanche les grands propriétaires terriens souvent d'ascendance aristocratique.

Étymologie Le terme de Petit Blanc est souvent opposé à celui de Gros Blanc. Tout de même moins courant, ce dernier sert à désigner les anciens grands propriétaires terriens de l'île, notamment les descendants des familles qui ont fait fortune dans la canne à sucre en recourant à l'esclavage et l'engagisme, comme Marie Anne Thérèse Ombline Desbassayns par exemple. Les descendants des douze familles qui se partagèrent l'île « du battant des lames au sommet des montagnes » sont les plus illustres des Gros Blancs.

Le terme Yab, qui remplace parfois Petit Blanc, peut être péjoratif selon la manière dont il est utilisé. Le mépris historique des populations des Bas envers des individus souvent pauvres et réfugiés dans la montagne a fait fleurir bon nombre de termes : Gardien volcan pour désigner précisément les habitants du massif du Piton de la Fournaise et notamment les roux (surnommé localement : la croyance populaire suppose que leurs cheveux ont été colorés par la lave), Littone, Pattes jaunes à cause de la couleur de leurs pieds due au travail dans les champs de curcuma (appelé « safran péi »), Pip la chaux (à cause de la couleur laiteuse de leur peau), Youle ouYole, Maoul ou Mahoule

Histoire L'origine des petits Blancs des Hauts est à rechercher au . À cette époque, la natalité est importante. On compte souvent huit à dix enfants dans les familles blanches descendant des premiers colons, et pour les premiers d'entre eux, de leurs compagnes malgaches. Cette démographie provoque un inéluctable émiettement des terres au fil des décès des parents. Ce mouvement est d'autant plus critique que le découpage de la terre s'effectue dans le sens de la longueur, du sommet des montagnes à la mer. Un tel découpage ne favorise pas l'exploitation agricole à cause de la pente.

On observe une prolétarisation de la population et la naissance du groupe des « Petits-Blancs », descendants de colons européens, chassés de l'économie de plantation. Alors, ils s'installent dans les Hauts où il défrichent et cultivent des terres libres dans l'isolement.

Ce groupe sera rejoint à compter de 1849 par des petits propriétaires terriens privés de leur main-d'œuvre par l'abolition de l'esclavage prononcée par Sarda Garriga l'année précédenteLes Petits-Blancs des Hauts à La Réunion : une aventure du bout du monde, 1815-1914. Alexandre Bourquin - 1998-10-16.

Cette communauté agricole et catholique, installé dans des espaces escarpés est marqué par la misère, l'alcoolisme et la consanguinité au . On retrouve en effet une population avec un fort taux de fécondité et des mariages entre cousins germains.

Sociologie La paupérisation de certaines populations blanches à La Réunion distingue cette île des Antilles françaises, où une telle évolution n'a pas eu lieu. Alors que le Blanc, le « béké », reste aujourd'hui associé à l'esclavagisme dans l'imaginaire de l'archipel antillais, il est davantage considéré comme une composante neutre de la population à La Réunion. C'est d'autant plus vrai que des communautés comme celles que forment les Zarabes ou les personnes originaires de Chine ont par ailleurs pu s'enrichir rapidement grâce au commerce,

Aujourd'hui, les terres qu'habitent les petits Blancs des Hauts font l'objet d'une réhabilitation importante de la part des pouvoirs publics. .

Les Petits Blancs ne constituent pas à proprement parler un groupe identitaire affirmé à la Réunion, même s'il existe une « culture » qui lui est propre, comme l'atteste le groupe musical Pat'Jaune.

Personnalités issues d'une famille yab

Didier Robert Patrick Lebreton Christophe Payet Jacqueline Farreyrol Pauline Hoarau Jean-Luc Poudroux Danyel Waro Valérie Bègue Marie Payet

Note

Voir aussi Articles connexes Démographie de la Réunion

Bibliographie Dominique Aupiais, Vers un destin commun : Les Petits Blancs, les Noirs et les autres communautés de l'île de La Réunion, JFR/Grand Océan, coll. « Mor Braz », Saint-Paul, 2002, 175 p. . Alexandre Bourquin, Histoire des Petits-Blancs de La Réunion : XIXe-début XXe siècle : aux confins de l'oubli, Karthala, coll. « Hommes et sociétés », Paris, 2005, 327 p. .

Liens externes « Les “Petits Blancs des Hauts” », article du Journal de l'île de La Réunion.

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