Le psaume 18 (17 selon la numérotation grecque) est un Psaume dont le texte est quasiment identique à celui du chapitre 22 du Deuxième livre de Samuel.

Rédaction

En plus de la présence d'une copie dans le Deuxième livre de Samuel, le psaume 18 est unique par sa longueur (le troisième plus long après le psaume 119 et le psaume 78), son genre et sa forme. En conséquence, il n'y a pas de consensus sur l'histoire de la rédaction du psaume (par exemple le nombre de rédacteurs distincts impliqués) et la datation de ces possibles étapes de rédaction.

Pour Frank-Lothar Hossfeld, il est par exemple plausible que le matériau initial soit celui de prières dites « royales » de l'époque dite préexilique, visibles dans les versets 2 à 20 d'une part et 33 à 50 d'autre part. Ces deux sections, avec des variations dans leur délimitation, sont souvent considérées comme ayant été rédigées indépendamment.. L'hébreu utilisé dans ces parties a depuis longtemps été remarqué pour son emploi de constructions linguistiques archaïques, soulignant leur relative ancienneté et faisant l'objet de débats particuliers pour la datation. Une école de pensée les rapprochant de l'ougaritique et commençant avec William Foxwell Albright y a longtemps vu la trace d'une poésie biblique ancienne remontant aussi loin que les Des critiques se sont depuis élevées sur les arguments linguistiques employés, mais les archaïsmes du texte continuent d'appuyer au moins une ancienneté relative, par exemple du . Klaus-Peter Adam, auteur d'une monographie dédiée au psaume 18, identifie également une première couche textuelle préexilique qu'il limite aux versets 4 à 20 et 33 à 41.. Son argumentation pour exclure les versets 42 à 50 reste critiquée.

Au sein de la première partie, les versets 8 à 16 constituent une théophanie, le récit d'un manifestation divine. Ils sont parfois vus comme un ajout plus tardif rédigé semi-indépendamment, et que Hossfeld date de la période préexilique tardive (début du ), notamment par comparaison avec des éléments d'Ézéchiel, sans consensus aucun à ce sujet. Plusieurs gloses y seront encore peut-être insérées.

L'ancienneté de ces fragments admises, il est souvent proposé que ces éléments sont plus tard compilés par un rédacteur deutéronomiste, à la période exilique tardive, qui ajoute les versets 1, 21-25, et 51, liant ainsi les deux parties et rattachant l'ensemble à la figure du roi David, hypothèse largement partagée chez les commentateurs modernes. Là encore, la datation des versets 21-25 est un large sujet de débat. Adam va jusqu'à les dater au Inversement, Alison Ruth Gray souligne des parallèles notables dans les écrits du roi assyrien au , qui s'enorgueillit également de sa droiture et de son respect des ordonnances des dieux en s'adressant à Assur, pour critiquer la prétendue modernité du passage et la nécessité absolue de l'attribuer à une école deutéronomiste plus tardive que les passages qu'il sépare.. Le caractère tardif des premiers et derniers versets et de l'attribution à David reste plus consensuel.

Lors de cette rédaction, le psaume est alors aussi inséré dans le Deuxième livre de Samuel. Enfin, dans une phase postexilique, les aspects plus collectifs du psaume auraient pu être ajoutés, c'est-à-dire les versets 26 à 32, là encore sans certitudes.

Ces lectures s’écartent dans tous les cas de celle d'exégètes plus anciens tels que Charles et Emilie Briggs. Selon ces derniers, ce psaume tirait sa matière du deuxième livre de Samuel, et avait peut-être été écrit par David lui-même. La matière du psaume avait été adaptée de différentes manières par la suite en vue de son utilisation dans le culte public.

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