Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, né le à Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa), est un homme d'État congolais, président de la république démocratique du Congo depuis le .
Fils de l'ancien Premier ministre et président fondateur de l’UDPS Étienne Tshisekedi, il est élu président de la république démocratique du Congo lors de l'élection présidentielle de 2018. Bien que controversée du fait d'allégations de fraude électorale, il s'agit de la première alternance politique pacifique depuis l'indépendance du pays. Tshisekedi préside l'Union africaine entre 2021 et 2022. Il est réélu à la présidence en 2023.
Biographie Débuts Issu du peuple Luba, Félix Tshisekedi est le fils d'Étienne Tshisekedi, d'abord proche de Mobutu, puis l'un des principaux opposants à son régime et aux régimes des Kabila père et fils. Né le à Léopoldville (actuellement Kinshasa), Félix Tshisekedi est le troisième enfant des cinq de la famille Tshisekedi. .
Au début des années 1980, Étienne Tshisekedi est exilé par Mobutu dans le Kasaï avec sa famille, puis part en Belgique. Félix Tshisekedi est marqué par ces exils.
Il rejoint les rangs de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti dirigé par son père, puis en devient l'un des cadres. Fin 2008, il est nommé secrétaire national de l'UDPS chargé de l'extérieur.
En , il est élu député à Mbujimayi. Il refuse de siéger, suivant ainsi les consignes du chef de parti (son père) et est déchu de son mandat dès le .
En , il est nommé secrétaire général adjoint de l'UDPS. Il est surnommé par ses partisans , une contraction de Félix-Antoine Tshisekedi, voire , en référence à sa promesse de reconstruire les infrastructures de la RDC.....
Crise politique de 2016
La volonté de Joseph Kabila de repousser indéfiniment l'élection présidentielle et de prolonger son mandat crée une situation de crise politique en RDC. L'opposition, réunie au sein du Rassemblement de l'opposition (dont l'UDPS fait partie), négocie avec Kabila la tenue de nouvelles élections. Étienne Tshisekedi dirige les négociations pour le Rassemblement, et son fils fait partie de la délégation qui négocie. Les négociations aboutissent aux « accords de la Saint-Sylvestre » signés le .
À l'issue de ces accords, l'opposition doit proposer un candidat au poste de Premier ministre. Le nom de Félix Tshisekedi est souvent mentionné.
En , Pierre Lumbi est nommé président du Conseil des sages du Rassemblement de l'opposition, et est co-président du Rassemblement avec Félix Tshisekedi.
Le , c'est finalement Bruno Tshibala qui est nommé premier ministre de la république démocratique du CongoRDC : un opposant nommé premier ministre, Le Figaro, ., ce qui fait perdurer les divisions au sein de l'oppositionTanguy Berthemet, « Kinshasa malade de ses hommes politiques », Le Figaro, , page 8..
Élection présidentielle de 2018 Fin , Félix Tshisekedi est élu à la présidence de l'UDPS-Tshisekedi. Il est aussi désigné candidat pour représenter le parti lors de l'élection présidentielle prévue pour . Il passe un accord électoral avec Vital Kamerhe, président de l'Union pour la nation congolaise, qui retire sa candidature en faveur de Tshisekedi. Il fait campagne avec son colistier au sein de la coalition Cap pour le Changement (Cach). En août, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) valide la candidature de Tshisekedi à l'élection présidentielle. Lors du dépôt de celle-ci, il aurait joint à sa candidature un diplôme en communication et marketing obtenu à Bruxelles. Cependant, ce diplôme s’est avéré être un faux, ce que la ville de Bruxelles a confirmé officiellement dans un communiqué.
Le , il est élu président de la république démocratique du Congo. Le , la commission électorale proclame les résultats provisoires des élections. Seuls se sont exprimés lors de ce suffrage, soit 47 % des d'électeurs congolais susceptibles de voter. Avec de voix, soit 38,57 % de votes valablement exprimés en sa faveur, Félix Tshisekedi devance Martin Fayulu et ses . Emmanuel Ramazani Shadary, candidat du parti du Président sortant occupe la troisième place avec . Les résultats ayant été validés par la Cour constitutionnelle, Félix Tshisekedi devient le nouveau président de la république démocratique du Congo, succédant à Joseph Kabila et opérant ainsi la première transition démocratique du plus grand pays d'Afrique centrale.
Controverse électorale Cependant l'élection présidentielle est très controversée en raison des soupçons de fraude électorale. Dès l'annonce des résultats, ceux-ci sont vivement contestés par Martin Fayulu qui revendique 61 % des voix et les résultats sont mis en doute par la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), annonçant par ailleurs que ces derniers ne correspondent pas aux résultats collectés par ses sur le terrain. Le , Fayulu dépose un recours devant la Cour constitutionnellePrésidentielle en RDC: Fayulu a déposé son recours à la Cour constitutionnelle. Le , des fuites de documents de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) viennent corréler ces affirmations. Les résultats obtenus par RFI, le Financial Times, et TV5 Monde, issus de résultats compilés par la Céni et la Cenco, montreraient une victoire de Fayulu. Fayulu obtiendrait entre 62,8 % et 73,61 % des voix, Shadary entre 7,90 % et 17,99 % et Tshisekedi entre 15 % et 17 %Élections en RDC: où se trouve la vérité des urnes? RDC : une fuite de documents révèle que Martin Fayulu serait le vainqueur de la présidentielle RDC: Une fuite de données désigne Fayulu comme gagnant des élections avec une large avance .
Entre-temps, les résultats des législatives sont proclamés en avance, donnant une très large majorité des deux tiers à la coalition du gouvernement sortant, le Front commun pour le Congo (FCC), augurant une cohabitation qui rendrait caduque l'alternance.
En effet, le Président et le gouvernement sortants sont accusés d'avoir, devant l'impossibilité de faire élire leur candidat, choisi de faire gagner le candidat de l'opposition le moins hostile au régime. Un accord aurait ainsi été conclu entre Félix Tshisekedi et Kabila, attribuant au premier la présidence, et au second le contrôle du gouvernement et de plusieurs secteurs régaliens via une mainmise sur l'Assemblée nationale et les assemblées provinciales. Le contrôle de ces dernières, dont les membres procèdent à l'élection du Sénat, permettrait au Président sortant, sénateur à vie, de conserver une partie du pouvoir.
En , après rejet des recours, Félix Tshisekedi est proclamé vainqueur de l'élection présidentielle par la Cour constitutionnelle, et prête serment. Il devient ainsi le cinquième président du pays, et le premier à accéder au pouvoir par le biais d'une alternance pacifique.
Dans la nuit du 19 au , il est proclamé élu président de la République par la Cour constitutionnelle. Fayulu s'autoproclame président élu et appelle la communauté internationale à ne pas reconnaître cette décision. La SADC, l'Afrique du Sud, le Burundi, le Kenya, la Namibie et la Tanzanie sont les premiers pays à adresser leurs félicitations à TshisekediSADC, Afrique du Sud, Burundi, Kenya et Tanzanie félicitent Tshisekedi.
Président de la République vignette|269x269px|Félix Tshisekedi au cimetière national d'Arlington en .|alt= vignette|270x270px|Félix Tshisekedi et le secrétaire d’État des États-Unis Mike Pompeo, .
Investiture et début de mandat Son investiture a lieu le . Il s'agit de la première transition pacifique dans le pays. Il prend ses fonctions le . Tshisekedi succède à Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001.
Après son départ du pouvoir, Kabila prend le titre de et devient sénateur à vie. Il conserve sa résidence présidentielle baptisée « GLM ». Les élections législatives et provinciales de 2018, puis les élections sénatoriales de 2019, voient sa coalition sortante, le Front commun pour le Congo (FCC), remporter la majorité des postes à l'Assemblée nationale, au Sénat et dans les provinces. Ces élections sont controversées en raison d'accusations de fraude électorale en faveur du camp de l'ancien président et il est soupçonné de manœuvrer dans l'ombre pour garder le contrôle du pouvoir au détriment du nouveau président Tshisekedi.
Dans une interview à TV5 Monde et au Monde dans l’émission « Internationales » le , Félix Tshisekedi refuse de remplacer bon nombre de fonctionnaires présumés corrompus ou encore présumés responsables de crimes contre l'humanité.
Il tient son premier discours sur l'état de la Nation le devant les deux chambres réunies en Congrès..
Gouvernement Ilunga vignette|270x270px|Félix Tshisekedi en visite d'État à Sotchi (Russie) en .|alt= Le , Félix Tshisekedi nomme Sylvestre Ilunga, membre du PPRD et directeur général de la Société nationale des chemins de fer du Congo depuis 2014, au poste de Premier ministre après des mois de négociations avec l'ancien président Kabila. Les négociations pour la formation du nouveau gouvernement durent encore plusieurs mois en raison de divergences entre les camps du président et de son prédécesseur. Le , une première mouture du gouvernement est rejetée par le président de la République à cause du non-respect de la parité..
Finalement, dans la nuit du , Sylvestre Ilunga dévoile l'équipe de 65 membres qui compose le nouveau gouvernement. Outre le Premier ministre, celui-ci est composé de 65 membres dont 5 vice-premiers ministres, 10 ministres d'État, 31 ministres et 17 vice-ministresListe de membres du Gouvernement Sylvestre Ilunga. Sur ce total, 42 sont des membres du FCC, dont notamment les titulaires des ministères de la Défense nationale, de la Justice et des Finances, contre 23 pour les membres de la coalition Cash de Félix Tshisekedi. Près de 77 % des membres du nouveau gouvernement n'ont alors jamais occupé de place dans un gouvernement congolaisDRC coalition gov't to include 65 members RDC: 7 mois après, le premier gouvernement de coalition Tshisekedi-Kabila enfin prêt. Peu paritaire, malgré les exigences de la loi, le gouvernement est composé d'une femme ministre des Affaires étrangères Marie Tumba Nzeza, membre de l'UDPS, parti qui empoche également le ministère de l'Intérieur.. Le gouvernement prend ses fonctions le suivant.
Incarcération et retour de Vital Kamerhe Le , Vital Kamerhe, directeur de cabinet et principal allié politique du président Félix Tshisekedi, est placé en détention provisoire à la prison centrale de Kinshasa. Il est accusé de détournement des fonds publics du programme des 100 jours du chef de l'État et comparaît le devant le tribunal de grande instance. Très suivi, le procès est diffusé par la télévision nationale. Le , Vital Kamerhe, est condamné à 20 ans de travaux forcés, 10 ans d'inéligibilité et d'interdiction d'accès aux fonctions publiques, pour « détournements, corruption aggravée et blanchiment d’argent », par le Tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe. Ce tribunal ordonne aussi la confiscation des comptes et propriétés de membres de la famille de Vital Kamerhe. En , la cour d'appel de Kinshasa réduit de 20 ans à 13 ans de prison la peine de Vital Kamerhe. En , la cour de cassation annule la condamnation de Kamerhe et en , la cour d'appel de Kinshasa acquitte Vital Kamerhe..
Le , il fait son entrée au sein du gouvernement Lukonde II, devenant vice-Premier ministre ainsi que ministre de l'Économie.
Rupture avec le camp Kabila et formation d'une nouvelle majorité parlementaire Des tensions resurgissent en au sein de la coalition, entre les camps Kabila et Tshisekedi au sujet de diverses nominations dans l'armée, la commission électorale et la cour constitutionnelle.