L'élection présidentielle égyptienne de 2018 est organisée du 26 au Égypte : l’élection présidentielle se tiendra du 26 au 28 mars prochain Agence Ecofin afin d'élire le président de la République arabe d'Égypte à l'expiration du premier mandat du maréchal al-Sissi.

Les candidats d'opposition renoncent à se présenter, sous pression, ou bien voient leur candidature rejetée par la commission électorale. Celle-ci n'approuve que deux candidatures : celle du président sortant, et celle d'un de ses proches. Le premier est réélu sans surprise avec 97,08 % des voix.

Date En , Abdel Fattah al-Sissi annonce que l'élection aura lieu entre mars et . Le , la commission électorale décide que le premier tour de l'élection présidentielle aura lieu du 26 au , et que ses résultats seront annoncés le , selon le calendrier suivant.

Calendrier Dates Étapes 20 au Dépôt des candidatures Début de la campagne électorale16 au Vote anticipé des expatriés26 au Premier tour de scrutin Résultats provisoires Résultats définitifs

Mode de scrutin Le président de la République arabe d'Égypte est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de quatre ans, renouvelable une fois.

Candidatures La date limite de dépôt de candidatures était le . Les deux candidats retenus sont Abdel Fattah al-Sissi et Moussa Mostafa Moussa.

Validées Le président sortant, Abdel Fattah al-Sissi, dont le mandat se termine à cette date, est éligible pour un deuxième et dernier mandat. Le , il annonce officiellement sa candidature. Il dépose officiellement celle-ci le .

Le , Moussa Mostafa Moussa, président du Parti el-Ghad, partisan de Sissi ayant notamment participé à sa campagne électorale, annonce sa candidature.

Retirées ou rejetées En , le colonel Ahmed Konsowa annonce sa candidature. Arrêté le et détenu dans une prison militaire, il est condamné à six ans de prison par une cour martiale pour avoir présenté sa candidature sans avoir demandé l'autorisation à l'armée.

Le , l'ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle de 2012, Ahmed Chafik, annonce sa candidature et affirme avoir été empêché de quitter les Émirats. De retour en Égypte le après avoir été expulsé par les Émirats arabes unis, il y renonce subitement le . Le , il réitère de nouveau sur Twitter cette décision. Selon le New York Times, il aurait retiré sa candidature à la suite de pressions relatives à la réouverture d'anciennes affaires de corruption à son encontre.

Le , l'ancien député Mohamed Anouar el-Sadate, neveu de l'ex-président Anouar el-Sadate, renonce à se présenter, considérant que les élections ne seront pas libres.

Le , la candidature de Sami Hafez Annan est annoncée par son parti et le le dirigeant de sa campagne à l'étranger et son porte-parole Mahmoud Refaat la confirme sur son compte officiel sur Twitter. Il officialise celle-ci le . Hicham Geneina, ancien président de l'autorité de contrôle des comptes publics limogé par le président Abdel Fattah al-Sissi en 2016 après la publication d'un rapport sur la corruption, et l'universitaire Hazem Hosni font partie de son équipe de campagne. Le , il est arrêté par la justice militaire, accusé d'avoir falsifié des documents relatifs à sa retraite de l'armée. Le soir même, la commission électorale décide de retirer son nom de la liste de candidats à parrainer.

En , déjà candidat en 2012, Khaled Ali annonce qu'il pourrait se porter candidat. Il est arrêté peu après, accusé d'avoir fait un bras d'honneur devant une cour de justice du Caire. Il retire sa candidature le . Il justifie sa décision par l'arrestation de ses militants et par le fait que les délais pour recueillir les parrainages sont trop courts, par le fait que la commission électorale ne lui avait pas communiqué le nombre de parrainages donc il disposait et par le fait que le scrutin n'était pas .

Le député et président du club de football Zamalek, Mortada Mansour, a également exprimé son intérêt pour une candidature. Il y renonce le .

Le , El-Sayyid el-Badawi, chef du parti Néo-Wafd, accomplit les démarches administratives en vue de se présenter, avant que son parti ne rejette sa candidature le lendemain, préférant soutenir celle de Sissi.

Boycott Le , dans une lettre ouverte, Mohamed Anouar el-Sadate, Abdel Moneim Aboul Foutouh, candidat à la présidentielle de 2012, Hicham Geneina et Hazem Hosni, qui dirigeaient la campagne de Sami Hafez Annan avant son arrestation, ainsi que le scientifique Essam Heggi, appellent à boycotter le scrutin en évoquant un et .

Le , c'est au tour d'Hamdine Sabahi, candidat en 2012 et 2014, d'appeler au boycott du scrutin, estimant qu'il s'agit d'une , , puis accuse Sissi d'avoir ..

Le , Hicham Geneina est arrêté et déféré devant le parquet militaire. Le , Abdel Moneim Aboul Foutouh est lui aussi arrêté.

Analyse Pour le journaliste Hicham Kassem, .. Pour une autre analyste, .

Résultats

Abstention En l'absence d'une véritable opposition, le taux de participation devient l'enjeu véritable de la présidentielle aux yeux des autorités, qui voient en un taux trop faible un risque de perte de légitimité. Lors du scrutin précèdent de 2014, déjà, celui-ci ne s'était élevé qu'à 37 % des électeurs, obligeant les autorités à allonger illégalement la durée du vote d'une journée, sans le mentionner au journal officiel, atteignant péniblement les 47,5 % de votantsAlain Gresh, « Égypte, le premier échec du « maréchal » Sissi », Nouvelles d'Orient, Les blogs du diplo, ..

En 2018, le vote s'étend d'emblée sur trois jours, tandis que les médias publics égyptiens incitent fortement à aller voter et que le gouvernement fait pression en ce sens. Comme il est d'usage dans de nombreux pays dépourvus de véritable fichier électoral, les électeurs égyptiens participant à des élections trempent leurs pouce dans de l'encre pour éviter que des citoyens ne fraudent en votant plusieurs fois dans différents bureaux de vote. De fait, cette marque visible extérieurement devient un risque pour les abstentionnistes les plus sensibles aux pressions exercée par plusieurs entreprises du domaine privé et par le gouvernement. Des agents de la fonction publique se voient ainsi directement intimer l'ordre d'aller participer au scrutin. Un fonctionnaire du ministère de l'Éducation raconte : « Ils m’ont appelé ce matin de l’école. Ils m’ont dit qu’il y avait au bureau de vote une liste d’employés du ministère de l’Éducation. Ils m’ont dit que je devais signer cette liste et qu’elle remonterait dans la hiérarchie, que ceux qui ne la signeraient pas auraient des ennuis comme des promotions bloquées, qu’ils seraient dans le collimateur. Pour ceux qui y vont, il n’y a pas de problème, donc je devais y aller ». L’Autorité nationale des élections va même jusqu'à brandir la menace d’une amende de 500 livres (environ 22 euros) pour les abstentionnistes. Malgré ces mesures, plus de la moitié de la population en âge de voter décide de s'abstenirPrésidentielle en Égypte: des pressions pour inciter les électeurs à voter RFIEn Égypte, les électeurs ont boudé une présidentielle jouée d’avance Le Monde .

Votes non retenus Le joueur de football international de nationalité égyptienne Mohamed Salah aurait obtenu, sans faire partie des candidats, plus de 5 % des voix, comptées comme votes non valides du fait de son absence de candidature officielle MOHAMED SALAH CRÉDITÉ D'UN MILLION DE VOIX AUX ÉLECTIONS ÉGYPTIENNES Résultats +Résultats de la présidentielle égyptienne de 2018HECCandidatsPartisPremier tour Voix % Abdel Fattah al-Sissi Indépendant 97,08 Moussa Mostafa Moussa Parti el-Ghad2,92 Votes valides 93,67 Votes blancs et nuls 6,33 Total 100 Abstention 58,95 Inscrits / participation 41,05

Notes et références

Voir aussi

Egypte 2018 Catégorie:2018 en Égypte Égypte Catégorie:Abdel Fattah al-Sissi Egypte