L'église Saint-Vincent est une église catholique paroissiale située à Hermes, dans le département de l'Oise, en France. Hermes est l'un des bourgs les plus anciens du Beauvaisis, et son église possède ainsi l'une des plus anciennes nefs du département. Elle remonte en partie au , comme l'indique l'appareil en petits moellons cubiques du mur méridional. Cette nef a toutefois perdu son authenticité avec l'installation d'un plafond à caissons en 1722 et une reconstruction partielle pendant la seconde moitié du , qui concerne les portails, les fenêtres latérales, et l'unique bas-côté, ajouté à la période gothique flamboyante au nord de la nef. Mais l'église Saint-Vincent était surtout réputée pour son beau clocher roman à deux étages de beffroi. Bâti sur un terrain instable et repris en sous-œuvre au milieu du , il s'est malheureusement effondré en 1919, et emporta dans sa chute la première travée du chœur et la chapelle latérale nord. En 1927, il fut remplacé par un clocher moderne assis sur la toiture de la nef. Restent encore indemnes l'abside et la chapelle latérale sud du deuxième quart du , qui sont bâties avec soin et reflètent de manière exemplaire la transition du style flamboyant vers la Renaissance. Quelques autres éléments peu évocateurs sont d'un intérêt purement archéologique : ce sont les vestiges du transept primitif contemporain de la nef, dont trois arcades ; une baie bouchée du dans le mur occidental de la chapelle latérale nord ruinée ; et deux chapiteaux ioniques antiques réemployés vers 1559 pour l'arcade méridionale de l'ancienne base de clocher. Malgré les mutilations subies, l'église Saint-Vincent a été inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du .. Hermes est aujourd'hui affilié à la paroisse Saint-Yves-d'Auteuil du pays de Noailles, qui s'étend sur vingt-trois communes, et des messes dominicales anticipées y sont célébrées généralement le premier samedi du mois à 18 h 30.
Localisation
L'église Saint-Vincent est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans la vallée du Thérain, sur la commune d'Hermes, au centre du village, près du pont sur le Thérain, dans un coude de la rue du 11 novembre (RD 125), à proximité de la mairie. La façade occidentale donne presque immédiatement sur le Thérain, que l'église domine de peu. Elle a, de ce fait, plusieurs fois été envahie par des crues.. Au sud, un peu de place reste entre la nef de l'église et la route, et l'on en a profité pour y ériger le monument aux morts de la commune. En revanche, la route frôle pratiquement la chapelle latérale sud et le chevet. Un vaste parking s'étend au nord de l'église. Elle est ainsi entièrement dégagée d'autres constructions et bien visible de tous les côtés.
Histoire L'histoire de la paroisse thumb|left|Vue depuis le nord.
Hermes est l'un des bourgs les plus anciens du Beauvaisis et remonte certainement à l'Antiquité. Son nom rappelle un lieu de culte voué à Mercure (équivalent romain de Hermès). sur le Mons Hermarum (mont d'Hermes), butte de de hauteur au nord du territoire communal. Le nom antique d'Hermes semble toutefois avoir été Ratomagus. Implanté à proximité du Mont César connu pour son oppidum gallo-romain, le lieu doit son essor au pont sur le Thérain, qui était par ailleurs protégé par une forteresse entre le .. L'église s'élève elle aussi à côté du pont. À l'instar de la plupart des églises rurales de la région, l'on ne dispose pas de sources attestant de la date de fondation de la paroisse. Ses saints patrons sont saint Vincent de Saragosse et saint Germain (sans précision s'il s'agit de saint Germain de Paris ou Germain d'Auxerre). Sous l'Ancien Régime, la paroisse relève du doyenné de Mouchy, de l'archidiaconé Clermont et du diocèse de Beauvais.. Le collateur de la cure est le chapitre de la collégiale Saint-Michel de Beauvais. Les droits de travers et de pontonnage appartiennent toutefois au prieuré de Wariville, qui les avait reçu de Holdeburge, dame de Breteuil, vers 1156. Les péages sont perçus jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.. L'église paroissiale n'est pas le seul édifice religieux du village. Il y avait aussi une léproserie au lieu-dit le fond Saint-Ladre, sur le chemin de La Neuville-en-Hez, et surtout l'abbaye de Froidmont, au nord-est d'Hermes, vers le Mont-César. Cette filiale de l'abbaye Notre-Dame d'Ourscamp fut fondée en 1134 et dissoute à la Révolution française.. Sous le concordat de 1801, Hermes devient une succursale de la paroisse de Noailles. Hermes est à présent affilié à la paroisse Saint-Yves-d'Auteuil du pays de Noailles, qui s'étend sur vingt-trois communes, et compte autant d'églises. Le curé demeure au presbytère de Noailles, et assure le service de cette grande paroisse sans l'aide d'un vicaire. Des messes dominicales anticipées sont célébrées en l'église Saint-Vincent en principe le premier samedi du mois à 18 h 30. Les messes principales de la paroisse lors des grandes fêtes religieuses ont parfois lieu en l'église Saint-Vincent. S'y ajoutent quelques célébrations particulières.
L'histoire de l'église thumb|upright|Arc triomphal, côté nef, début . thumb|upright|Passage berrichon, côté croisillon sud, début . thumb|upright|Voûte d'arêtes sous le clocher, début . thumb|upright|Vue partielle depuis le nord-est, début . thumb|upright|Ancien croisillon nord, ruiné, vue vers l'ouest.
L'église de Hermes est issue de multiples campagnes de construction et de remaniements. Elle possède, avec Bresles, , Ponchon, Therdonne et , entre autres, l'une des plus anciennes nefs uniques de l'Oise. Assez larges, ces nefs se caractérisent par un appareil de petits moellons cubiques (pastoureaux), récupérés d'édifices gallo-romains démantelés ou imitant leur opus reticulatum. ; par une largeur importante ; par des petites fenêtres en plein cintre à simple ébrasement poussées haut sur les murs gouttereaux ; et par le grand dépouillement de leur architecture, qui rend leur datation aléatoire. Par analogie avec la plus ancienne église du département qui soit datée avec une certaine exactitude, à savoir la Basse-Œuvre de Beauvais, achevée à la fin du (hormis la façade), on peut toutefois conclure au ou à la première moitié du , ce qui en ferait les derniers témoins de l'architecture pré-romane dans la région.
Parmi les exemples cités, Hermes semble représenter le seul cas où la nef unique aboutissait à l'est sur un transept. Du temps que le mur oriental de la nef n'était pas enduit, son homogénéité avec l'arc triomphal et le passage berrichon vers le croisillon sud apparaissait clairement.. Dans la chapelle latérale sud, l'on voyait encore, au début du l'arrachage du mur méridional de l'ancien croisillon sud roman.. Du reste, comme encore à la fin du à Catenoy, la base du clocher est d'une extrême sobriété et délimitée par quatre arcades en plein cintre à simple rouleau non moulurées, sans colonnettes ni chapiteaux (un rouleau inférieur fut ajouté après coup sur certaines arcades). La voûte d'arêtes primitive encore en place au début du . ainsi que les arcades nord et est se sont malheureusement perdues lors de l'effondrement du clocher roman en 1919 (voir ci-dessous). Beaucoup plus tardif, il datait du second quart ou du milieu du , et passait pour l'un des plus beaux du département. On peut considérer qu'il représente la deuxième campagne de construction. Rien n'en subsiste. Cependant, il donne lieu à la question s'il remplace un clocher plus rudimentaire, ou si la construction de l'église se soit simplement interrompue pendant trois générations ou plus. Dans ce dernier cas, il semble opportun de rajeunir nettement la nef et le transept. L'analogie de plan avec Catenoy et . parle dans le même sens.
Lors d'une troisième campagne de construction, le croisillon nord roman est jeté bas et remplacé par une travée plus profonde. N'en restent plus que des vestiges des murs et la moulure qui entoure l'ancienne baie occidentale, depuis longtemps bouchée. Il s'agit d'une gorge entre deux baguettes non dégagées, ce qui indique la fin de la période gothique classique (années 1230 / 1240) ou la période gothique rayonnante. Sur les photographies anciennes, on voit encore que le croisillon nord gothique était une construction distincte de la chapelle du milieu du qui lui suivait à l'est., bien que sa fenêtre septentrionale avait un remplage gothique flamboyant, issu d'un remaniement après coup. On peut rattacher à la même campagne que le croisillon nord la petite rosace dans le pignon occidental de la nef, et peut-être les deux petites fenêtres de la façade, mais c'est moins sûr eu égard la moulure étrange (une gorge et un chanfrein) qui les entoure.
Le mur occidental du croisillon nord est éloquent sur les campagnes de construction suivantes, qui se présentent d'une manière inattendue. En effet, la grande baie gothique fut remplacée par une petite lancette simple, avant qu'une grande arcade ne fut ouverte dans le mur et conduisait au bouchage de la lancette, dont elle supprima les piédroits. L'arcade est identique aux grandes arcades de la nef. La petite lancette, située dans son axe, a un homologue dans le mur occidental du bas-côté, et fait donc de toute évidence partie du bas-côté (et non du croisillon). Contrairement à ce que suggère sa facture, et contrairement à ce que propose Dominique Vermand, le bas-côté, qui représente la quatrième campagne de construction, n'est donc pas contemporain du croisillon nord gothique, et ne date pas du . Ne reste donc que l'hypothèse que le croisillon fut détruit pendant la guerre de Cent Ans, et que le bas-côté fut ajouté à la nef avant la reconstruction du croisillon, ce qui n'est pas illogique dans la mesure que la nef et ses bas-côtés sont sous la responsabilité des fidèles et du conseil de fabrique, tandis que le chœur et ses chapelles latérales sont financés et entretenus par les gros décimateurs. Ainsi, les grandes arcades de la nef, en arc brisé, à deux rangs de claveaux chanfreinés et non moulurées, n'ont donc pas été reprises en sous-œuvre au , mais ont été construites de toutes pièces à la fin du ou au début du par des maçons de village, dans un style gothique rustique. De toute façon, de telles arcades sont déjà obsolètes au , et la baie occidentale du bas-côté n'est pas entourée d'un double ressaut chanfreiné comme souvent au début du , mais d'une gorge et d'un biseau, comme les deux baies occidentales de la nef.