thumb|Répartition du chat sauvage en Europe en 2015. Les populations en France sont depuis en expansion et proches de se rejoindre. Le Chat forestier en France est un félin sauvage autochtone de la France métropolitaine. Les spécimens français ne se différencient pas des Chats forestiers du reste de l'Europe, hormis en Corse où les rares individus présents feraient partie d'une autre sous-espèce, le Chat ganté.
La population est considérée comme en augmentation, avec une aire de répartition en expansion sur le grand quart nord-est de la France.
Description Biométrie Selon une étude réalisée sur et en France, le Chat forestier en France mesure 44 à de long du bout du museau à la base de la queue pour les mâles et de 43 à pour les femelles, la queue mesurant à pour les mâles et de à pour les femelles. Le poids est en moyenne de pour les mâles (maximum ) et pour les femelles (maximum ). En Lorraine, le poids moyen des mâles était de et celui des femelles de . Ces dimensions sont dans la moyenne des Chats forestiers des autres pays d'Europe.
Des poids de neuf à treize kilogrammes donnés dans les vieux livres de biologie ou dans les livres de chasse sont non plausibles.
Sur collectés lors d'une étude sur l'aire de répartition du Chat forestier, l'indice crânien était en moyenne de 2,33 ± 0,14 [1,90-2,65]3,06 ± 0,21 [2,82-3,87] pour les chats domestiques..
+ Dimensions du crâne et indice crânien des chats forestiers en France Sexe n Longueur crânienne (mm) Capacité crânienne (cm3) Indice crânien min moy max min moy max min moy max M 142 80,5 110,5 32 47 F 72 78,5 97 31 44 MF 146 78,5 93,6 110,5 31 38,5 46 2,09 2,44 2,75
La femelle met bas dans une tanière qui peut être un tas de bois, dans des troncs creux, dans des ronces ou encore dans des anfractuosités de rochers.
Hybridation
L'hybridation avec le chat domestique est avérée en France. Les deux sous-espèces du Chat sauvage sont sympatriques. L'hybridation produit des individus fertiles. Le Chat forestier étant autochtone en France et le chat domestique étant présent sur le territoire depuis la Rome antique, l'hybridation a pu se produire sur une très longue période. Quelques chats domestiques sont rapportés dès l'âge du Fer en FranceL'Âge du fer débute entre le et le dans le nord de l'Europe. et l'apparition des premières populations de chats harets est supposée survenir entre le et le . Durant tout le Moyen Âge, les populations de chats harets sont considérées comme abondantes.
Cela pose des problèmes pour la conservation de l'espèce car une hybridation trop importante porte atteinte à l'intégrité de l'espèce. L'hybridation créant des individus aux caractères morphologiques ambigus, à mi-chemin entre populations sauvages et domestiques, il complique le travail d'identification des individus et, par voie de conséquence, la collecte d'informations scientifiques.
Des comparaisons génétiques entre plusieurs individus de l'aire de présence du grand quart Nord-Est ont montré que les populations de Chat forestier françaises ont gardé une intégrité génétique et morphologique. En effet, les analyses génétiques montrent un nombre plutôt élevé d'allèles spécifiques à l'une ou l'autre des populations (domestiques et sauvages), un déséquilibre de liaison faible principalement situé chez les hybrides, une diversité génétique comparable entre Chats forestiers et chat domestiques et une divergence génétique plutôt forte entre les deux groupes. L'indice de fixation fort montre une différence nette entre les deux populations. L'hypothèse selon laquelle les populations du Chat forestier sont en expansion grâce à un apport de l'hybridation avec le chat domestique semble invalidée en France, bien que les populations du Piémont pyrénéen doivent encore être testée.
Les analyses ont montré que l'aire de présence du grand quart nord-est peut être divisée en deux sous-populations génétiquement distinctes séparées par l'autoroute A6 qui relie Paris à Lyon.
Territoire Il existe de fortes disparités concernant la taille du territoire du Chat forestier, qui varie considérablement selon la morphologie paysagère et la densité de proie. Dans le nord-est de la France, les mâles ont un territoire couvrant 3 à et les femelles à . Une étude réalisée en Artois montre une surface utilisée de 30 à tous les jours, et, en une saison, entre 185 à .
Une étude réalisée en Lorraine dans les années 1980 a permis de suivre six femelles occupant un territoire stable de en moyenne. Celui des mâles de la même aire d'étude variait en revanche de à . Les plus grands territoires étaient occupés par des mâles résidents tandis que les plus petits appartenaient à des individus âgés ou au contraire jeunes. Le territoire des mâles résidents recouvraient entre trois et six territoires de femelles. Du fait du recouvrement des territoires, des zones de chasses étaient exploitées en commun, parfois de façon simultanée. Le territoire des femelles se recouvre peu : celles-ci semblent se répartir l'espace disponible. Les déplacements circadiens montrent une relation directe entre la taille du territoire et la quantité de déplacements : un plus grand territoire demandant des temps de déplacements plus longs, voire des temps de patrouilles pour parcourir tout le territoire. Ainsi, les femelles visitaient l'ensemble de leur territoire avec des déplacements réguliers sur une moyenne de par jour. Les mâles ayant des territoires beaucoup plus grands ne pouvaient visiter l’ensemble de leur territoire qu'en plusieurs jours malgré des déplacements journaliers de en moyenne. Les femelles recourent régulièrement à des gites de repos, tout comme les mâles dotés d'un petit territoire.
En 1965, il est reporté une famille pour 200 à de forêt, en Haute-Marne et deux sujets pour dans les Vosges. Trois sujets pour seraient présents dans les forets de résineux de Donon en Meurthe-et-Moselle au début des années 1980. En 1975, la densité de Chat forestier est estimée à 0,03 et pour cent hectares dans le Bas-Rhin et entre 0,03 et 0,7 dans le Haut-Rhin. Toutefois, du fait de la variabilité d'utilisation du territoire selon le sexe, l'âge, la saison et la disponibilité alimentaire, la densité de population peut varier fortement.
En 1977, des Chats capturés en Bourgogne et relâchés au pied du Jura suisse se sont déplacés de de leur lieu de remise en liberté dans une forêt du Gros-de-Vaud.
Depuis 2020, une population de chat forestier (peu hybridée). est en essor dans de nombreux secteurs de la Montagne Noire (entre l'Aude et le Tarn) mais aussi dans le Razès..
Alimentation
Le Chat forestier en France est avant tout un chasseur de rongeurs. Une étude dans le nord-est de la France réalisée sur d'excréments, montre que le Chat forestier se nourrit essentiellement de campagnols de genre Microtus, de mulots de genre Apodemus, de Campagnols des bois (Myodes glareolus) et de Grand Campagnol (Arvicola amphibius). Dans une moindre mesure, les crottes contenaient également des restes de Loir gris (Glis glis), d'oiseaux et de Lièvre d'Europe (Lepus europaeus). D'autres études ont montré la très forte proportion de petits rongeurs (présence de rongeurs dans 88 à 97 % des fèces et estomacs analysés) dans le bol alimentaire du Chat forestier en France, même en cas de faible densité des proies. Les oiseaux, les amphibiens et les lièvres constituent les proies secondaires.
Une étude réalisée par Bruno Condé sur les contenus stomacaux de a montré la présence de musaraignes, et notamment la Musaraigne commune (Sorex araneus), la Musaraigne pygmée (Sorex minutus) et des musaraignes du genre Crocidura. Plusieurs espèces de rats et campagnols ont été répertoriées comme le Rat noir (Rattus norvegicus), le Rat musqué (Ondatra zibethicus), le Campagnol des bois (Myodes glareolus), le Grand Campagnol (Arvicola amphibius), le Campagnol des champs (Microtus arvalis) et le Campagnol agreste (Microtus agrestis). Les oiseaux étaient des columbiformes, des galliformes et des passeriformes. Des poissons et des végétaux étaient également présents.
Des visites à des poulaillers sont rapportées ponctuellement. Par exemple, en 1962, un mâle de six kilogrammes a été capturé en Savoie après trois visites au cours desquelles il a tué cinq poules, sept lapins et deux dindes.
Phylogenèse
La phylogenèse du Chat sauvage (Felis silvestris) est encore très débattue dans les milieux scientifiques. Les recherches génétiques récentes donnent le Chat sauvage comme une espèce polytypique à plusieurs sous-espèces, dont le Chat forestier (ou Chat sauvage d'Europe). L'ancêtre de l'espèce, souvent considéré comme Felis lunensis est présent en Europe au début du Pléistocène. Les premiers fossiles du Chat forestier deviennent communs à partir de la dernière période glaciaire.
Les données fossiles concernant les félins sont assez rares. La base de la lignée du Chat sauvage est probablement dont des fossiles ont été datés du Villafranchien supérieurLe Villafranchien est une période géologique à cheval entre le Pliocène et le Pléistocène. Le Villafranchien supérieur correspond au début du Pléistocène. dans le gisement d'Olivola en Toscane. Des formes intermédiaires entre et ont été découvertes dans des gisements du Pléistocène (Cromérien), notamment à Petralona en Grèce. La fin de la transition se situe durant le Holstein. Les dépôts de Felis silvestris sont communs à partir de la dernière période glaciaire.
En 1951, Pocock propose une classification de Felis silvestris en sept sous-espèces distinctes. Felis silvestris silvestris englobe alors toutes les populations françaises, des sous-espèces spécifiques existant pour le Royaume-Uni, le sud de l'Espagne, le sud et le centre de l'Italie, le sud de la Grèce, la Roumanie et la Russie. Un modèle plus simple est proposé en 1977 par Schauenberg où l'ensemble des sous-espèces d'Europe ne recouvre plus qu'une seule Felis silvestris silvestris.
Le modèle génétique considère le Chat sauvage comme une espèce polytypique à cinq ou six sous-espèces, selon le statut accordé au chat domestique : le Chat forestier (), le Chat sauvage d'Afrique subsaharienne (), le Chat orné (), le Chat de Biet, le Chat ganté () et le chat domestique (). Dans ce modèle, le point de divergence des sous-espèces du Chat sauvage est estimé à .
En France, le Chat forestier dans la nature appartient essentiellement à la sous-espèce du Chat sauvage Felis silvestris silvestris, plus communément appelé Chat forestier. Des spécimens de la sous-espèce Felis silvestris lybica — le Chat ganté — sont présents en Corse.
Aire de répartition
Le Chat forestier est un félin autochtone en France continentale. Durant l'Holocène, son aire de répartition couvre toutes les régions françaises. L'aire de répartition de l'espèce s'est peut-être réduite et morcelée lors des changements climatique. Toutefois, à partir du Moyen Âge jusqu'au , il est difficile de spécifier l'aire de répartition du félin. Il est généralement admis que son aire de répartition s'est réduite progressivement jusqu'au début du , avec une accélération à partir du ou au début du , en raison de la déforestation importante depuis le Moyen Âge jusqu'au et de la pression humaine.