Le parc national de Taï est un parc national de la Côte d'Ivoire situé à l'ouest du pays, à proximité de la Guinée et du Liberia. Il couvre autour du mont Niénokoué et renferme l'une des dernières forêts primaires d'Afrique. Il est prolongé au nord par la réserve du N'Zo () et est peuplé, entre autres, d'éléphants, de buffles, de singes, de céphalophes, d'hippopotames pygmées et de panthères.
Il fait partie des réserves de biosphère depuis 1977. et il est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1982..
Les principales menaces pesant sur la région sont la déforestation, la fragmentation forestière et le braconnage qui a gagné en importance au en Afrique avec la généralisation des armes à feu et avec le développement de routes et pistes forestières.
Historique La création du parc national de Taï (PNT) s'inscrit dans une procédure globale de classement des réserves forestières depuis l'époque coloniale. La mise en place du parc de Taï a été le fruit de plusieurs années, rendue possible grâce à une volonté politique constante depuis l'époque coloniale, le premier gouvernement indépendant et ceux d'après les indépendances.:
1926 : « parc refuge de la région forestière du Moyen-Cavally et du Bas-Cavally ». Surface : . Décrété le . 1933 : « réserve spéciale de Faune ». Congrès international de Londres. 1955 : « forêt classée de Taï·Hana ». Surface : . 1956 : « réserve intégral pour la Faune et la Flore de Taï ». Surface : . Arrêté du . 1972 : « parc national de Taï ». Surface : . Décret du . Parties Centrale et Sud de 1956. La partie Nord () devient « réserve partielle de faune du N'zo » par décret présidentiel du . 1973 : amputation d'une bande de au Nord au profit de la réserve partielle de faune du N'zo. Surface restante du PNT : . Décret du . 1977: modification de la limite au Sud-Ouest jusqu'à la rivière Moumo. Agrandissement du PNT avec portant sa surface à . Création d'une « zone périphérique de Protection » à l'Ouest et au Nord-Est de , avec le statut de « réserve partielle de Faune ». Décret présidentiel du . 1978 : inclusion du PNT dans le réseau de « réserves de biosphère » par le bureau du Conseil international de coordination du programme MAB de l'Unesco, le . 1981: inscription du PNT sur la liste du patrimoine naturel mondial de l'humanité par le Comité de la Convention internationale concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel de l'Unesco, le . 1983 : définition d'une « zone de protection d'aménagement » au Sud-Est, entre le parc et le périmètre papétier, d'une surface d'approximativement . Arrêté MINEFOR du ..
Ressources Le parc national de Taï est riche en biodiversité, un milieu varié en termes de faune et de flore.
Faune Le parc national de Taï dispose d'un gigantesque réservoir biologique. Cette biodiversité est composée de :
234 espèces d'oiseaux dont quinze d'intérêt mondial (par exemple la pintade à poitrine blanche, chouette-pêcheuse rousse, picatharte de Guinée), les familles les mieux représentées sont (les «rapaces», les Alcedinidae – les martins-pêcheurs et martins-chasseurs)., et les Bucerotidae ou calaos ; 50 espèces d'amphibiens ; 63 espèces de reptiles ; 140 espèces de mammifères (chiroptères, ongulés, carnivores, rongeurs, insectivores, primates).
Le parc national de Taï abrite, pour les Primates, les sous-espèces présentes dans les forêts denses ouest africaines situées à l'ouest du Sassandra : Cercocebus torquatus Cercocèbe à collier blanc, Cercopithecus petaurista Pétauriste, Cercopithecus mona Mone, Cercopithecus diana Diane, Colobus polykomos et le Colobe magistrat .
Parmi ces espèces de mammifères, oiseaux, reptiles et gastéropodes réputées présentes dans le « massif protégé de Taï » 43 sont mentionnées sur la « liste rouge » de l'UICN (Ballie & Groombridge 1996) et 12 espèces « à faible risque de disparition mais bientôt menacées » ou « dépendantes de mesures de conservation ».
Comme c'est le cas dans la plupart des espaces protégés de Côte d'Ivoire, la pluralité spécifique au niveau des espèces de poissons, d'insectes et autres invertébrés est toujours méconnue et inexploitée. Les populations d'insectes sont toutefois diversement connues selon les recherches thématiques qui ont contribué à leur identification. Les groupes les mieux recensés à ce jour sont entre autres, coprophages (93 espèces), odonates (51 espèces), diptères Drosophilidae (109 espèces), fourmis (95 espèces), termites (44 espèces) et nématodes (24 espèces)..
Flore Il renferme aussi de nombreuses essences forestières de grande qualité et est un lieu de recherches scientifiques et médicales.
Au niveau de la flore, le PNT possède un patrimoine floristique unique, riche de plus de espèces végétales ; dont 42 espèces endémiques sont ouest africaines, 11 ivoiriennes et 247 espèces endémiques de la région phytogéographique de Haute Guinée.
Au compte de sa flore variée en essences d'herbes, d'arbustes et de lianes, se trouvent : Herbes : Bufforestia maniai, Cténites variabilisa, Maganai baldwinii, Mapania coriandrum, Mapania linderi, Trichomanes guineense) ; Arbustes : Drypetes aylmeri, Soyauxia floribunda, Cephaelis yapoensis sont des arbustes ou arbrisseaux ; Lianes : Eremospatha hookeri, Tetracera potatoria pour les lianes ; Grands arbres : Tarrietia utilis, un grand arbre exploité sous le nom de Niangon..
Hydrographie Le parc national de Taï est drainé par de nombreux cours d'eau permanents qui se partagent entre deux grands bassins versants et deux bassins de petits fleuves côtiers : Bassin du Sassandra Le nord du massif ; Bassin du Cavally ; Bassins des petits fleuves côtiers, San Pedro et Néro..
Climat Il est de type subéquatorial, chaud et humide toute l'année, il est qualifié de climat Attiéen, et se caractérise par une pluviométrie moyenne annuelle supérieure à sur tout le massif. Selon les données de l'antenne hydrologique de l'ORSTOM, le maximum régional de précipitations est observé vers Tabou et Grabo, avec une moyenne de . Ces conditions écoclimatiques (précipitations annuelles > ; saison sèche < 4 mois) placent le parc national de Taï et ses régions limitrophes dans le secteur ombrophile du domaine guinéen, avec son caractère de forêt dense humide sempervirente ou forêt ombrophile..
Géologie et pédologie Le « massif protégé de Taï » est dominé par des formations flyschoïdes : micaschistes à biotite et muscovite en bordure, schistes sériciteux et chloriteux, gréseux et quartzeux au centre. À proximité du Sassandra et sur seulement 3 à de large, se trouvent une bande de tufs, rhyolites métamorphiques et amphibolites, formation dite « de Buyo-Guessabo »..
Écotourisme dans le Parc National de Taï Le Parc national de Taï offre des possibilités d'écotourisme, permettant aux visiteurs d'observer des chimpanzés ainsi que d'autres espèces sauvages. Les touristes peuvent explorer les zones nord ou sud du parc. Le parc se situe à environ dix heures de route d'Abidjan, la capitale économique de la Côte d'Ivoire. L'accès peut être difficile, mais reste possible. À l'intérieur du parc, les visiteurs peuvent rencontrer des chimpanzés et d'autres primates, effectuer de longues randonnées et visiter l'Écomusée.
Enjeux de conservation et valorisation L'enjeu principal est la conservation de la nature et de la biodiversité et des ressources naturelles et des services écosystémiques liées à la forêt pluviale tropicale d'Afrique de l'Ouest.
De 1977 et 1987, la Côte d'Ivoire a en effet perdu 42 % de toute sa forêt, soit un taux de déforestation de loin le plus haut jamais enregistré dans un pays K.A. Newton, West Africa, Lonely Planet Publications, Hawthon, Australie, 1990.. Les primates de la région sont aussi particulièrement menacésMCGRAW, S. (1998), Three monkeys nearing extinction in the forest reserves of eastern Côte d'Ivoire. Oryx 32: 233-236. De plus les forêts relictuelles se sont dégradées, ont été fragmentées et/ou victimes d'un braconnage croissant, parfois assimilables à un véritable pillage des ressources Ape Alliance, The African Bushmeat Trade : a recipe for extinction, Cambridge, 1998.. Les singes, dont chimpanzés en sont particulièrement victimes C. Boesch et H. Boesch, « Hunting Behaviour of wild chimpanzees in the Taï National Park », American Journal of Physical Anthropology, , 1989, ., alors qu'ils sont nécessaires à la bonne régénération de la forêt C.A. Chapman et D.A. Onderdonk, « Forests without Primates: Primate/Plant Codependency », American Journal of Primatology, , 1998, . C.A. Chapman, « Primate seed dispersal: Coevolution and conservation implications », Evolutionary Anthropology, , 1995, ., de même - indirectement - que les grands prédateurs tels que le léopard (Panthera pardus) qui en régulent les populationsF. Dind, « Étude d'une population cible de léopards (Panthera pardus) en forêt tropicale humide (parc national de Taï, Côte d'Ivoire) », Mémoire de diplôme, université de Lausanne, 1995.. pour la mise en valeur et la protection du PNT, plusieurs actions ont été menées :
Le premier choix concernant la valorisation touristique du parc national de Taï a été celui de « l'écotourisme », choix influencé par la spécificité des écosystèmes forestiers qui permettent difficilement le tourisme de vision habituel dans les parcs de savane. C'est aussi le choix d'un tourisme qui doit être « responsable », en contribuant à la conservation de l'environnement et en maintenant la qualité de vie de la population locale.
Le deuxième choix a été celui du site de Guiroutou avec, comme atouts déjà présents, le mont Niénokoué, la rivière Hana et une belle peuplade forestière. Dès l'année 1997, une première cellule Écotourisme y a été installée, avec pour mission l'élaboration d'un tourisme centré sur ces attraits et l'« habituation aux visiteurs » de groupes de chimpanzés.
Pour la sauvegarde de ce domaine, certaines cellules ont été mises en place comme une cellule de suivi-évaluation. Cette cellule ne dispose pas de moyens et matériels adéquats, et est en manque de ressources humaines. S'appuyant sur la synergie de la direction, la tutelle a délégué à celle-ci le contrôle financier de l'exécution du projet. En complément de ce contrôle interne, un audit des exercices a été commandité par le projet à un cabinet privé. Les dispositions particulières au Projet autonome ainsi que le cumul des fonctions de direction de la ont pu, dans la phase initiale, favoriser l'évolution de la structure de gestion vers une plus grande autonomie en matière de prise de décision et de gestion financière. Elles ont pu aussi favoriser une mise en œuvre relativement rapide et homogène des mesures relatives au développement durable en zone périphérique, sans dépendre des structures d'encadrement préexistantes ni de la constitution d'organisations villageoises dotées d'une capacité d'intervention satisfaisante.
En 2025, l'Unesco a signalé une amélioration de la conservation du parc national de Taï, grâce à une baisse de 30 % du braconnage et à l'augmentation des patrouilles communautaires..
Problèmes et menaces Le parc national de Taï fait face a plusieurs menaces. Le braconnage en est l'une des principales. Motivé par la consommation de « viande de brousse » notamment, il s'est étendu dans le pays et n'épargne pas les parcs nationaux. Le commerce de l'ivoire et le trafic de certaines espèces rares sont également des menaces.