vignette|redresse=1.5|Tombe de la princesse de Vix, cas emblématique étudié par l'archéologie du genre. vignette|redresse=1.5|Reconstruction d'une femme du néolithique effectuant une tâche spécifique de mouture (à l'aide d'une meule dormante et d'une molette) qui s'avère en conformité avec les constantes universellement connues de la division sexuelle du travail.L'archéologie du genre (Gender archaeology) est une méthode d'étude des sociétés du passé qui examine, par le biais de leur culture matérielle, la construction sociale des identités genrées et des relations humaines entre les sexes. Elle s'inscrit dans le champ disciplinaire plus vaste de l'anthropologie féministe.
Histoire Dans le prolongement des mouvements féministes dits de la vague, l'archéologie du genre se développe au début des années 1980 au sein de la communauté archéologique anglophone. Margaret Conkey et Janet D. Spector (1984) sont considérées comme les premières dans le monde anglophone à appliquer les approches, idées et théories féministes à la théorie et la pratique archéologiquesIs the archaeology of gender necessarily a feminist archaeology?Hays-Gilpin, 2000:92.. Cependant, dans les pays scandinaves, et plus précisément la Norvège, des archéologues telles que Liv Helga Dommasnes avaient déjà commencé au début des années 1970 à étudier les relations entre les sexes à la fois au sein de la (pré)histoire et de la profession elle-même. Cela aboutit alors en 1979 à la mise en place d'une table ronde intitulée « Were they all men ? » organisé par la Norwegian Archaeological Association. et à la création d'un journal pour les études féministes et de genre en archéologie « K. A. N. Kvinner je Arkeologi i Norge » [trad. Les femmes dans l'archéologie en Norvège] qui a publié des articles à partir de 1985 jusqu'en 2005.
Critique Certains archéologues critiquent ouvertement l'archéologie du genre. L'un d'eux est Paul Bahn qui, en 1992, publie un communiqué déclarant que :
Segmentation sociale ou hiérarchie ?
Selon l'archéologue Anne Augereau, . Au Néolithique moyen, l'augmentation de la population entraîne des tensions sur une ou plusieurs ressources matérielles (ressources alimentaires, matières premières, accès aux lieux, aux abris, outils et instruments…), cognitives (accès aux apprentissages, rituels de passage) ou spirituelles (attitudes face à la mort, traitement des morts et accès aux lieux consacrés, etc.), et un accès différentiel des diverses catégories sociales à ces ressources. Ces différences d'accès traduisent la mise en place de sociétés patriarcales dans lesquelles l'asymétrie des genres serait devenue importante et les inégalités se seraient creusées. Le développement d'activités spécialisées aurait entraîné une segmentation sociale par profession (avec une division sexuelle du travail amorcée au Paléolithique et qui aurait favorisé les différences et inégalités de genre) et une plus ou moins grande hiérarchisation selon les régions et les tensions sur les ressources.
Un premier élément de segmentation sexuelle et sociale repose sur une plus grande abondance des biens funéraires chez les hommes. En outre, l'équipement mortuaire féminin est moins spécifique (vêture et parure féminine existent aussi chez les hommes alors que chez ces derniers, le mobilier funéraire renvoie à des sphères d'activité masculines plus spécifiques : chasse, guerre, travail du silex, du bois).
Un deuxième élément est l'accentuation du dimorphisme sexuel au Néolithique. Selon le mécanisme de la sélection sexuelle, le choix des femmes se portant sur les hommes les plus forts et les plus vigoureux, aurait conduit ces derniers à prendre le pouvoir. Les ossements de cette époque témoignent de violences subies davantage par les femmes : . Les sociétés des chasseurs-cueilleurs du Paléolithique semblent plus égalitaires que les sociétés sédentaires du Néolithique, ce qui n'exclut pas des formes de hiérarchie et de violence réelle ou structurelleLa violence structurelle est une violence symbolique indirecte qui peut se traduire par une dévalorisation sociale des femmes, une assignation à des tâches jugées subordonnées, une moins bonne qualité de vie et un accès plus difficile aux ressources) au PaléolithiqueClaudine Cohen, , p. 132. .
Notes et références
Bibliographie
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Voir aussi
Articles connexes Archéologie féministe Anthropologie féministe Féminisme Études de genre Margaret Conkey
Liens externes Chloé Belard. Les femmes en Champagne pendant l’âge du Fer (dernier tiers VIe- IIIe siècle av. J.-C.) et la notion de genre en archéologie funéraire. Sciences de l’Homme et Société. Ecole Pratique des Hautes Etudes, 2014.
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