120 Battements par minute est un film dramatique français coécrit et réalisé par Robin Campillo, sorti en 2017.

Succès critique et public, le film a remporté de nombreux prix. En compétition au Festival de Cannes, il y obtient le Grand Prix, la Queer Palm, le Prix François-Chalais et le Prix FIPRESCI, ainsi que le Prix du Public au Festival de Cabourg 2017. De plus, il remporte lors de la cérémonie des César 2018 les César du meilleur film, du meilleur acteur dans un second rôle, du meilleur espoir masculin, du meilleur scénario original, du meilleur montage et de la meilleure musique originale.

Synopsis Au début des années 1990, le sida se propage depuis près de dix ans. Les militants d'Act Up-Paris s’activent pour lutter contre l'indifférence générale. Au cours des « R.H. » (réunions hebdomadaires menées par deux médiateurs se chargeant de donner les tours de paroleTechnique de « la simplification, méthode américaine, pour éviter que les assemblées tournent à la foire d’empoigne ». Les claquements de doigts remplaçant les applaudissements et les sifflements de serpent pour signifier sa désapprobation contribuent aussi au respect des intervenants. Cf .) se décident les actions pour que soient mises en œuvre les trithérapies pour les malades atteints du sida, spécialement les « zaps »Actions chocs et rapides contre des organisations, appelées les « zaps » par Act Up. (irruption au siège du laboratoire pharmaceutique Melton Pharm, aspersions de faux sang, notamment contre le directeur de l'Agence française de lutte contre le sida), les die-in, les distributions de préservatifs et de brochures d'information dans les lycées, les tracts dont chaque slogan provocateur est débattu et approuvé par l’assemblée... Les scènes militantes alternent avec les scènes de fête dans lesquelles les militants dansent au son de la house, leur énergie sur la piste faisant s'élever au-dessus d'eux la poussière qui se transforme « en molécules et virus se multipliant et se contaminant ».

L'histoire débute au sein d'Act up autour de 1992. lorsque Nathan, un nouveau militant, y rencontre Sean Dalmazo, et est bouleversé par la radicalité de ce dernier, séropositif et qui consume ses dernières forces dans l'action. Sean est en conflit avec Thibault, médiateur des « R.H. » qui privilégie l'expertise et la discussion avec les autorités et les laboratoires, à l'instar d'AIDES. Nathan tombe amoureux de Sean et se lance dans les actions coup de poing d'Act up. Leur histoire d'amour est interrompue en 1995 par la mort de Sean : affaibli par la maladie, hospitalisé puis ramené dans le nouvel appartement que Nathan voulait pour eux, il est soigné par son amant et sa mère. Sean choisit d'être euthanasié par Nathan.. Respectant la volonté de Sean, ses amis militants jettent ses cendres sur les petits-fours d'un banquet des assureurs.

Fiche technique Titre original : 120 Battements par minute Titre international : Réalisation : Robin Campillo Scénario : Robin Campillo, en collaboration avec Philippe Mangeot Décors : Emmanuelle Duplay Costumes : Isabelle Pannetier Photographie : Jeanne Lapoirie Son : Julien Sicart Montage : Robin Campillo Musique : Arnaud Rebotini Production : Hugues Charbonneau et Marie-Ange Luciani Sociétés de production : Les Films de Pierre ; Page 114, France 3 Cinéma et Memento Films Production (coproductions) ; SOFICA Cofinova 13, Indéfilms 5 (en association avec) Société de distribution : Memento Films distribution Budget : (estimé) Pays de production : Langue originale : français Format : couleur Genre : drame Durée : 143 minutes Dates de sortie : France : (Festival de Cannes) ; (sortie nationale) Belgique, Suisse romande : Québec : Classification : : Avertissement (des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs) Déconseillé aux moins de 12 ans à la télévision en France.

Distribution

Production Tournage Le tournage du film a commencé le , à Paris.

Une petite partie du film a été tournée dans l’ancien hôpital de La Source dans le quartier d’Orléans-la-Source, en .. et une autre au sein du lycée Camille-Sée, dans le arrondissement de Paris.

Le , la rue Parrot, dans le arrondissement de Paris (non loin de la gare de Lyon), est fermée à la circulation pour permettre le tournage des scènes avec des centaines de figurants qui incarnent les troupes de militants d’Act Up-Paris..

Musique La musique originale est composée par Arnaud Rebotini..

Des extraits musicaux sont aussi inclus dans le film : Smalltown Boy des Bronski Beat ; What About This Love? (Kenlou mix) de Mr Fingers.

Le titre du film est d'ailleurs une référence à la musique house. Robin Campillo affirme : .

Analyse vignette|Logo de l'Association Militante Act-Up Paris. Réalité historique 120 Battements par minute reprend des actions, sujets de débats, et personnalités d'Act Up mais demeure une œuvre de fictionBrochure AFCA Cinémas Art & Essai - 120 battements par minute.

Thibault, un des médiateurs qui réprouve la violence, représente Didier Lestrade, le premier président d'Act Up-Paris, notamment traité de « sale imposteur » par Sean/Cleews dans le film. Le personnage de Sean a vraiment existé. Second président d'Act Up-Paris de 1992 à 1994, Cleews Vellay est mort du sida à 30 ans en 1994. La scène de ses cendres jetées au banquet de l'Union des Assurances de Paris (pour dénoncer la discrimination des porteurs du VIH par leur refus d'accorder une assurance aux personnes séropositives), a également existé..

La mort de Sean est directement inspirée de l'expérience personnelle du coproducteur du film, Hugues Charbonneau, ancien vice-président d'Act up-Paris. En 2023, il publie une tribune en faveur de l'euthanasie et du suicide assisté dans le journal Libération dans laquelle il révèle avoir aidé son premier amour Pierre-Yves à mourir. Il écrit notamment « Ce matin du , ta sortie est incertaine, et puis tu reçois l’accord de l’équipe médicale. Nous fonçons, car nous savons que tout peut se dégrader très vite. La suite tout le monde la connaît. Robin [Campillo] l’a fidèlement montrée dans son film 120 battements par minute. Robin et Alain qui seront là dès l’annonce de ta mort pour m’aider à détruire les preuves ».

Le premier « zap » sur le jet d'une poche de faux sang sur le directeur de l'Agence française de lutte contre le sida, et de son menottage « est le produit de deux interventions distinctes. En 1991, pendant un colloque intitulé « Homosexualités et sida », deux militants tentent, sans succès, de menotter Dominique Charvet, directeur de l’Agence française de lutte contre le sida (AFLS). Un an plus tard, une action est menée contre le docteur Bahman Habibi, directeur médical et scientifique du Centre national de transfusion sanguine (CNTS), impliqué dans l’affaire du sang contaminé : les militants le traitent d’« assassin », lui jettent du faux sang et le menottent sur la scène de l’amphithéâtre de l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière devant un parterre de 300 spécialistes scientifiques ».

Melton Pharm est une société imaginée à partir de 3 laboratoires : Roche, qui refuse en 1992 de diffuser les résultats des essais de son anti-protéase ; Glaxo, qui établit des restrictions d'accès à l'antirétroviral 3TC en 1995 ; Abbott, objet d'un zap de vengeance en 1996, « parallèlement à un lobbying auprès du Comité national d'éthique, contre la mise en place d'un tirage au sort et pour l'élargissement de l'accès compassionnel à l'antiprotéase Ritonavir ».

Style visuel

Robin Campillo cherche à retranscrire les émotions de ses personnages à travers les registres et couleurs à l'écran. .

Messages politiques Le film reprend de nombreuses luttes politiques d'Act Up, comme la responsabilisation des autorités publiques dans la lutte contre le SIDA, la nécessité des politiques de prévention publique à destination des publics marginalisés (LGBT, travailleurs du sexe, étrangers, prisonniers, usagers de drogues) et d'une éducation sexuelle complète pour les mineurs, de la reconnaissance des malades comme interlocuteurs légitimes des laboratoires pharmaceutiques, la dénonciation des pratiques anti-éthiques de ces derniers, ou la nécessité de recherches sur les interactions entre les traitements et les drogues ou les thérapies hormonales. Pour Robin Campillo, son film permet de réaliser la phrase de Sean : « Voilà à quoi ressemblent des malades du sida, si vous n'en aviez jamais vu ! ». Le film évoque aussi les contradictions internes sans les résoudre, comme le fait que soutenir un procès pour l'affaire du sang contaminé revient à souhaiter envoyer des personnes en prison, lieu de contamination où l'accès aux soins est insuffisant.

Titre Le « battement par minute » est une unité de tempo. 120 battements par minute se référeraient au tempo ordinaire des musiques dansées par ces personnages.

Accueil Accueil critique En France, l'accueil critique est très positif : le site Allociné recense une moyenne des critiques presse de 4,5/5, et des critiques spectateurs à 4,2/5..

Pour Thomas Sotinel du Monde, ..

Pour Jean-Marc Lalanne des Inrockuptibles, ..

Pour Louis Guichard de Télérama, ..

L'accueil est également favorable dans les médias LGBT. Sur Yagg, Didier Roth-Bettoni«120 battements par minute»: La mémoire vive, article de Didier Roth-Bettoni sur Yagg le 23 août 2017. Page consultée le 10 septembre 2017. apprécie la façon dont le film sait non seulement reconstituer avec précision la souffrance des malades du sida et les combats d'Act Up, mais aussi opérer un

Les militants et anciens militants d'Act Up-Paris apprécient également le film. L'association publie un communiqué sur son site fin Des prix pour 120 battements par minute : et maintenant, le défi d’une victoire sur le sida ?, communiqué de presse sur le site d'Act Up Paris le 28 mai 2017. Page consultée le 10 septembre 2017. pour remercier et féliciter l'équipe du film . Le journaliste, écrivain et militant Didier Lestrade, cofondateur d'Act Up-Paris, s'est dit"120 battements par minute" : Qu'en ont pensé les militants d'Act Up-Paris, article de Philippe Peyre sur Têtu le 29 mai 2017. Page consultée le 10 septembre 2017. et déclare sur Slate avoir félicité les scénaristes pour la justesse de leur reconstitution, ajoutant que le film est .

Cependant, le metteur en scène Thibaud Croisy dans Le Monde déplore que ce film, , ne fasse que . La marginalité, la subversion, la déviance aussi qu'incarnait l'homosexualité des années 1980 seraient ainsi gommées au profit d'une homosexualité uniquement festive, juvénile, sexy et bien-pensante : ..

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