Une élection présidentielle vénézuélienne a lieu de manière anticipée le afin de permettre l'élection en un seul tour du président de la république bolivarienne du Venezuela..
Le président en exercice Nicolás Maduro l'emporte avec 67,8 % des voix et une participation de 46 %. au cours d'un scrutin pour lequel une partie de l'opposition appelait au boycottage, tout en dénonçant les conditions d'organisation du scrutin.
Contexte
Le , le président Hugo Chávez meurt des suites d'un cancer, quatre mois après avoir été réélu pour un quatrième mandat face à Henrique Capriles Radonski. Le vice-président, Nicolás Maduro, assure l'intérim puis est élu le de peu face à Capriles..
Le , après des manifestations en cours depuis 2014, l'opposition de la MUD remporte les législatives..
En , l'opposition de la MUD signe une pétition de 2 millions de signatures, dont seront cependant rejetées après vérification par les autorités électorales, en faveur d'un référendum pour le révoquer de sa fonction présidentielle., pour demander un référendum révocatoire à l'encontre du président Nicolás Maduro.. Le , le Conseil national électoral valide cette première étape.. En , la commission électorale annonce que le scrutin n'aurait pas lieu avant , empêchant ainsi la tenue d'une élection anticipée.. Le , le Conseil national électoral suspend le processus..
Le , le Parlement, contrôlé par l'opposition, vote en faveur d'un procès en destitution à l'encontre du président Maduro. Ce dernier dénonce alors un « coup d'État parlementaire », la révocation du président par le Parlement n'étant pas prévue par la constitution, même s'il existe une procédure pour manquements au devoir de sa charge.
Le , l'opposition organise une grève générale afin d'obtenir le départ de Nicolas Maduro. En décembre, elle se retire du dialogue amorcé par l’entremise de l'Unasur et du Vatican pour trouver un accord de résolution de la crise politique. Début , Julio Borges, nouveau président de l'Assemblée nationale du Venezuela, en appelle à l'armée « face à un gouvernement passé de l'autoritarisme à la dictature ».
Le , la Cour suprême s'octroie le pouvoir législatif et révoque l'immunité des députés.. Le président de l'Assemblée nationale, Julio Borges, dénonce alors un .. Le , Luisa Ortega, à la tête du parquet national, conteste également la décision.. Cela fait également l'objet d'un tollé auprès de la communauté internationale.. Le , le Tribunal suprême de justice annule les deux décrets, tandis que l'opposition appelle à de nouvelles manifestations..
Le , Maduro convoque une Assemblée nationale constituante chargée de rédiger une nouvelle constitution, ce qui provoque de nouvelles protestations de la part de l'opposition.. En réaction, le ministre brésilien des Affaires étrangères dénonce un .. Les élections de l'Assemblée constituante se tiennent le .
Ensuite, les manifestations baissent progressivement en intensité.
Deux mois après avoir remporté les élections régionales et s'appuyant sur une décision de l'Assemblée constituante, le président vénézuélien Nicolás Maduro déclare que les partis ayant boycotté et appelé au boycott des élections municipales, ce qui est le cas de certains partis de la MUD, n'auraient pas le droit de participer à la présidentielle..
Le , l'Assemblée nationale constituante vénézuélienne décide que la présidentielle, initialement prévue en , soit organisée avant le . Henry Ramos Allup, secrétaire général d'Action démocratique et membre de la MUD, affirme que sa coalition pourrait organiser des primaires présidentielles en .. Pour sa part, Maduro déclare que .. Cette décision a été critiquée par les États-Unis..
Le , le Tribunal suprême de justice interdit à la MUD de participer au scrutin, tout en autorisant les partis la composant mais ayant boycotté les municipales, comme Action démocratique et Primero Justicia à se réenregistrer en vue de l'élection.. Cette exclusion s'appuie sur l’article 32 de la Loi sur les partis politiques qui interdit qu’une coalition puisse présenter un candidat si un ou plusieurs de ses partis ayant boycotté les élections précédentes ne se réinscrit pas auprès du Conseil national électoral (CNE). En réaction, le président français Emmanuel Macron dénonce une tout en réclamant de nouvelles sanctions contre le régime, puis le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Jorge Arreaza dénonce des propos et un ..
Le , le Conseil national électoral fixe la présidentielle au .. Ceci est dénoncé par les pays membres du groupe de Lima..
Le , la MUD annonce boycotter le scrutin..
Le , la date butoir pour enregistrer les candidatures est reportée au , à la demande d'Henri Falcón. À l'issue de ce délai, le scrutin est à son tour reporté au ., mais la date d'enregistrement n'est pas décalée une deuxième fois, et un accord entre Falcón et le gouvernement vénézuélien prévoit la demande à l'ONU pour envoyer une mission d'observation et d'audit du scrutin, mais aussi l'accès aux médias publics et privés à tous les candidats de manière équitable et la poursuite de l'enregistrement des Vénézuéliens de l'étranger sur les listes électorales.. Les élections des conseils législatifs des États doivent avoir lieu le même jour.
Analyses Pour Félix Seijas, directeur de l'institut de sondage Delphos ..
Pour le cabinet de conseil libéral Eurasia Group, . Pour sa part, Luis Salamanca, pense que malgré des .. Eurasia Group ajoute que .
Pour la politologue Francine Jacome, , puisque selon elle l'opposition manque d'une , nombre de ses dirigeants, comme Henrique Capriles Radonski et Leopoldo López, sont privés de droits politiques leur permettant de se présenter au scrutin, notamment à cause de scandales de corruption pour le premier.. Elle ajoute que le gouvernement .
Jeremy Hunt, secrétaire d'État des Affaires étrangères du Royaume-Uni, a déclaré à ce propos : « Il est clair qu’après des élections profondément défectueuses, où furent interdites la participation des candidats de l’opposition, où les urnes furent bourrées de faux bulletins et où le recompte fut entaché d’irrégularités, Nicolás Maduro n’est pas le dirigeant légitime du Venezuela ».
Pour l'analyste Luis Salamanca, . Celui-ci ajoute qu'. Félix Seijas, directeur de l'institut de sondages Delphos, abonde dans le même sens et ajoute que .
Pour Christophe Ventura, chercheur à l'IRIS, ..
Système électoral Le Venezuela est une démocratie multipartite. Le président de la République est élu au suffrage universel avec un mandat de six ans, renouvelable sans restriction ; l'élection s'effectue au scrutin uninominal majoritaire à un tour..
Candidatures vignette|Marche en soutien à la candidature de Lorenzo Mendoza, le 15 janvier 2018. Validées vignette|droite|Logo de la campagne de Nicolás Maduro. Le , le vice-président, Tareck El Aissami, annonce que Nicolás Maduro se présente à la présidentielle.. Le , sa candidature est officialisée. En , il lance un nouveau mouvement politique, baptisé Somos Venezuela.. Il dépose sa candidature le 27 du même mois..
L'ancien gouverneur de l'État de Lara, Henri Falcón, a également déclaré sa candidature.. Pour Jean-Jacques Kourliandsky, chercheur à l'IRIS et spécialiste du sous-continent sud-américain, . Pour la politologue Francine Jacome, Falcón . Pour Andrés Cañizalez, expert en communication politique, . Pour l'analyste Luís Salamanca, celui-ci .
Le pasteur évangélique Javier Bertucci a lui aussi annoncé sa candidature..
Reinaldo Quijada, ancien chaviste, a également présenté sa candidature..
Retirées L'entrepreneur Lorenzo Mendoza renonce à participer au scrutin..
L'opposant Claudio Fermín a également déclaré sa candidature.. Le , il se retire finalement..
Pour sa part, Henry Ramos Allup, dirigeant de l'Action démocratique, a également exprimé son intérêt pour une candidature, mais il ne s'est cependant pas présenté, après la décision de la MUD de boycotter le scrutin.
Francisco Visconti se présente lui aussi. puis retire sa candidature au dernier moment.
Luis Alejandro Ratti a également déclaré sa candidature, puis retire sa candidature en faveur d'Henri Falcón.
Empêchées Le quotidien espagnol El País, dans son Edicíón América du , écrit : « Pour pouvoir gagner, Maduro a dû écarter de son chemin ses deux rivaux de plus grande envergure : Leopoldo López, qui accomplit une peine de prison domiciliaire de 10 ans, et Henrique Capriles Radonski qui fut interdit de participation par une décision de la Contraloría General de la République. Tous deux le dépassaient amplement dans les préférences de l'électorat.».
Campagne électorale
vignette|droite|Affiches de campagne de Javier Bertucci. gauche|thumb|Affiches de campagne d'Henri Falcón. La Table de l'unité démocratique et des anciens chavistes s'allient pour former le Front Amplio, et annoncent une manifestation pour le ..
Les membres de l'équipe de campagne d'Henri Falcón sont agressés par deux fois lors de la campagne électorale par des partisans des milices progouvernementales : le , des membres de l'équipe de campagne du candidat sont agressés lors d'un meeting et le , le député de l'opposition Teodoro Campos, chargé de la sécurité du candidat, est également agressé.. Celui-ci promet d'adopter le dollar américain..
Pour sa part, Nicolás Maduro a promis des pour ceux qui iront voter.. Par ailleurs, son parti a enregistré de nouvelles adhésions tandis que le gouvernement a distribué de la nourriture à prix subventionnés dans les quartiers populaires.
La campagne électorale, qui mobilise peu, se distingue par le faible nombre d'affiches électorales qui sont apposées..
María Corina Machado, l'une des dirigeantes de la tendance radicale de l'opposition, qualifie la candidature d'Henri Falcón de « répugnante et indigne »..
Déroulement du vote thumb|Un carnet de la Patrie thumb|Un point rouge à la sortie d’un bureau de vote Durant le vote, le mouvement Somos Venezuela., proche du président, a installé, en dépit de la décision du CNE d'interdire la pratique, des tentes de couleur rouges pour distribuer des primes aux citoyens ayant voté, pour recharger les carnets de la Patrie, même si ceux-ci ne sont pas exigibles pour voter, ce qui a été dénoncé par les deux principaux candidats de l'opposition.. Le procédé a précédemment été utilisé lors des élections municipales vénézuéliennes de 2017Venezuela : déroute annoncée pour l'opposition lors des municipales Le Figaro, 10 décembre 2017. Pour le géographe Alain Musset, il s'agit d'une .
De même selon Laurence Debray : . Le carnet de la Patrie, instauré en , est tamponné à la sortie du bureau de vote puis il est distribué une caisse de nourriture avec des aliments impossibles à trouver normalementJade Toussay Au Venezuela, Nicolás Maduro a déjà gagné l'élection, mais ça ne risque pas d'arranger ses affaires (au contraire) HuffingtonPost, 20 mai 2018.
Résultats +RésultatsCNE Candidats Partis Voix %Nicolás MaduroPSUV 67,85Henri FalcónCOPEI 20,93Javier Bertucci 10,75Reinaldo QuijadaUPP 89 0,47 Votes valides 98,11 Votes blancs et nuls 1,89 Total 100 Abstention 54,27 Inscrits / participation 45,73
Conséquences Nicolás Maduro remporte 67,8 % des voix contre 19,9 % à son principal adversaire, Henri Falcón, qui rejette le processus électoral, dénonce des irrégularités. et réclame l'organisation d'un nouveau scrutin.. Il attribue également son échec au comportement d'une partie de l'opposition, déclarant : « Aujourd’hui il est clair que cet appel à l’abstention a fait perdre une occasion extraordinaire de mettre un terme à la tragédie que vit le Venezuela.. » Le taux de participation est de 46,1 % selon les résultats officiels.. Une source du CNE a pour sa part affirmé qu'à la clôture des bureaux de vote, le taux de participation était de 32,3 %.. Dans les deux cas, il s'agit du plus faible taux de participation de l'histoire du pays pour une élection présidentielle..