thumb|Lancer du poids Dans une approche empirique, le poids rend compte de la qualité de ce qui est lourd ou léger, le poids d'un fardeau. La notion de poids s'étend aussi à toutes sortes de sensations et impressions. On parle de supporter, souffrir toutes les incommodités du travail, chaleur, pénibilité, en termes de poids.
En sciences d'autre-part « penser, c'est peser ».
Isaac Newton (1643-1727) se constitue un « nouveau système du Monde ». Son cœur est un concept complexe et précis de force, dans lequel nous reconnaissons presque le nôtre. L'invention de la masse, tout particulièrement, est liée à la transformation des notions de poids et de gravité. La différence entre masse et poids est subtile, le poids mesure la force de gravitation qui s'exerce sur un corps, la masse qui reste la même, mesure de la quantité de matière du corps. La notion de poids est bousculée par la raison qui la fait sortir de la sphère du réalisme. Gaston Bachelard (1884 - 1962) prend l'exemple de l'enfant au départ fasciné par le « gros et lourd » (c'est un gourmand, il aime les gros gâteaux !). Quand il a compris que le plus gros n'est pas forcément le plus lourd, il conçoit la masse comme une concentration de substance intérieure et invisible. Newton n'étudie plus la masse en elle-même, comme une substance, mais en considérant ce qu'elle devient et ce qu'elle produit. La rationalisation du réel, conduit à le complexifier. La masse devient le quotient de deux réalités, la force et l'accélération. Elle est vidée de sa substance, c'est une relation. La théorie de la Relativité d'Albert Einstein, va presque totalement renoncer à l'idée que la masse serait une substance. Masse et énergie sont interchangeables. Les spécialistes contemporains de physique des particules considèrent in fine que masse, force et inertie, sont les manifestations d'une soupe quantique en ébullition.
Le poids renvoie donc à différentes notions empiriques ou rationalistes développées ici.
La physique introduit la notion de « grave », dont le sanscrit avait fait passer le mot dans le sens matériel de pesant, et le sens métaphorique de grave, de savant. Grave apparait sous sa forme latine 'gravis' dans les premiers traités scientifiques qui sont en latin. Le mot donne en français le mot gravité caractère bien sur d'une personne grave, d'apparence très sérieuse mais aussi le sens vieilli d'attraction, de gravitation, de pesanteur. Le latin levis, levitas donne d'autre part le terme lévitation. Illusion taille-poids thumb|Falla, Benicarló
L'expérience montre qu'entre les qualités sensorielles de l'objet et la supputation de son poids il n'y a pas de liaison nécessaire mais seulement présomption purement empirique. C'est ce que montre l'illusion bien connue qui de deux poids égaux fait sous-estimer le plus volumineux, l'association habituelle entre poids et volume ayant fait surestimer l'effort à dépenser avec le plus gros des deux objetsWallon Henri, Lurçat Liliane. La représentation du poids chez l'enfant : la balance.. In: Enfance, tome 13, , 1960. . persee.fr. Notre conscience ne réussit pas trop mal à évaluer les rapports extensifs (étendue et durée), elle est presque impuissante à mesurer directement les sensations intensives (lumière, son, poids). L'expérience consiste à charger une personne non prévenue de classer suivant leur poids une collection d'objets différents de forme, de nature et de grosseur, mais qui en réalité pèsent tous la même chose. On constate qu'après quelques tâtonnements elle les aligne dans un ordre qui se trouve être en gros celui de leur volume, les plus petits lui paraissant les plus lourds. Si on lui révèle alors leur égalité de poids, elle en reste stupéfaite et il faut recourir à la balance pour la convaincre de son erreur de perception, qui d'ailleurs subsiste en dépit de ce démenti objectif. La ténacité de l'illusion est aussi remarquable que son intensité, et elle prouve bien qu'il ne s'agit pas là d'une simple surprise momentanée (comme celle que nous éprouvons en soulevant une cruche que nous avions crue vide et qui se trouve pleine ou vice versa) mais d'une erreur en quelque sorte constitutionnelle. La connaissance de l'identité de poids ne supprime pas la sensation d'inégalité entre les objets. Ce n'est que sur quelques objets intermédiaires, peu différents de volume, que l'idée de leur égalité de poids se fait sentir, en abolissant ou troublant l'ordre d'abord établi entre eux non sans hésitationFlournoy Th. Illusions de poids. In: L'année psychologique. 1894 vol. 1. pp. 198-208. Lire en ligne. Il s'agit donc d'une idola tribus de la perception, qui découlent de notre organisation héréditaire et dont l'individu, dans la règle, n'arrive pas à s'affranchir, bien que par l'exercice et l'emploi du raisonnement il puisse jusqu'à un certain point cesser d'en être dupe. À remarquer l'absence habituelle de cette erreur chez le jeune enfant ou chez le déficient intellectuel. La synthèse poids-volume ne s'est pas encore opérée chez eux ; ce sont deux grandeurs qui restent mutuellement indépendantes.
La méthode de contrôle du titre précieux la plus pratiquée durant l'Antiquité est le comparatif des densités, par l'immersion de l'objet dans l'eau et la comparaison du volume débordant du récipient avec un échantillon connu. D'après Vitruve, Archimède aurait utilisé cette méthode pour confondre un orfèvre malhonnête. Ne pouvant se fier à nos sens nous employons des balances, qui permettent de comparer le poids des choses à un étalon constitué par les poids à peser.
Poids et mesure
thumb|Le Prêteur et sa femme de Quentin Metsys. 1514. Musée du Louvre. L'homme est entièrement absorbé par la pesée de pièces au moyen d'une petite balance de changeur portative à fléau, aussi appelée trébuchet. Il en vérifie le poids grâce à une pile de Charlemagne. thumb|left|upright=0.5|Poids de thumb|Pesée « à la romaine » en Chine Le poids des choses rapporté à l'unité prend la forme physique et réelle des accessoires de mesures que sont les « poids » - pièces étalonnées de cuivre, de fer ou de plomb ou d'autres matériaux - associés à l'usage de l'instrument primitif de mesure qu'est la balance: est lourd ce qui fait pencher la balance. Le poids réglé et étalonné se place dans un plateau de la balance, tandis que le corps dont on veut connaître le poids se trouve dans l'autre. Par extension on appelait aussi poids l'instrument permettant de réaliser la pesée : balance, trébuchetDictionnaire de Trévoux, entrée « poids ». lire en ligne. Les poids sont différents suivant les lieux, les pays et les temps et l'on peut faire quelquefois l'estimation d'un système à l'autre par voie arithmétique lorsque les témoignages archéologiques sont suffisants. On a pu toujours faire un parallèle entre poids et monnaie, car le premier a souvent réglé la taille de la seconde. De là l’ambivalence des termes « statère » (qui désigne tour à tour un poids, une balance et une monnaie), « livre », « pound », « drachme », « marc » qui désignent tour à tour une monnaie ou un poids. Le poids, en portugais, en espagnol « peso», désigne aussi les monnaies des pays qui ont succédé à l'Empire espagnol et qui lie dans ces pays de manière particulière la valeur d'une monnaie à son poids. Le peso désignait généralement la pièce de huit. Les pièces anciennes de forme et d'impression irrégulières, « peso macuquino », « peso perulero », étaient souvent appelées à Saint-Domingue « piastre faibles » ou « piastres de poids » parce qu'elles n'étaient acceptées par le commerce qu'au poids, et non à l'unité. À une époque où la monnaie fiduciaire n'est pas encore généralisée, et dans un contexte d'échanges internationaux, la valeur des pièces, et leur change, dépendaient de leur poids en métaux précieux, et au premier chef, en or. Le poids à peser plus que tout autre considération sur le poids va constituer la réalité la plus tangible des banquiers de la Renaissance, comme le rappelle de manière détournée la peinture de Quentin Metsys, Le Prêteur et sa femme.
En Occident, l'histoire montre l'usage majoritaire de balances possédant deux bras égaux et deux plateaux. La balance Roberval par exemple encore répandue milieu , toutes les balances de précision longtemps en usage en Europe, avant l'ère de l'électronique, procèdent de ce type antique: balance égyptienne ou babylonienne que les Romains appelaient libra et les Grecs, tó zygion et qui nécessitait de disposer de toute une série de poids. Il y a bien d'autres instruments encore connus sous le nom de quelque ancien inventeur Santorio Santorio, Alois Quintenz, Gilles Personne de Roberval, Béranger, Antoine Redier, ou d'un fabricant du : Testut, Brandie, Trayvou, Kuhn et Flechel. En 1960, la balance ordinaire avec série de poids, est cinq à six fois plus usitée qu'un autre type de balance dite la balance romaine.
La Rome antique a connu un instrument sous le nom, probablement gréco-parthe, de statera, encore usité aujourd'hui en Italie stadera et le nom de balance romaine (ou « romaine », en anglais roman balance, en allemand rômische Wage) en usage en français, remonte en réalité, à travers le castillan romana, à l'arabe al-roummanah (رمان), la grenade, lui-même traduction du terme persan anarah, quelquefois noté narahرمان Hayyim, Sulayman. New Persian-English dictionary, grenade sauvage. En effet, les Arabes, et avant eux les Persans, avaient l'habitude de donner au poids mobile la forme stylisée d'une grenade. Le nom de quintalier, donné à l'instrument lorsqu'il est muni d'un crochet (ou l'unité de poids « quintal »), est également d'origine arabe, qintar (قنطار), lui-même du grec κεντηνάριον. Le quintal arabe pesait tantôt 100, tantôt 120 ratls.
Le quintalier, type particulier de balance romaine est la balance ordinaire des Chinois depuis le second millénaire avant l'ère chrétienne et elle ne fait vraisemblablement son apparition en Europe, à Rome, que vers le milieu du Dans les pays germaniques et la Russie, qui ont eu avec l'Orient lointain des rapports suivis de commerce par voie de terre, la balance romaine reste pendant longtemps plus populaire qu'elle ne l'est dans les centres maritimes de l'Ouest. La « romaine » fait l'objet de nombreux traités arabes qui en expliquent la manipulation ou la construction quand il n'existe guère de traités particuliers sur la balance ordinaire.
Le poids est inclus dans des expressions telles « Faire bon poids », « Acheter une chose au poids de l'or », « Faire toutes choses avec poids et mesure », pour dire, avec une extrême circonspection ou « Deux poids deux mesure » qui expriment l'importance du poids des choses dans les interactions humaines. Poids et santé
thumb|upright=0.4|Pèse personne publique La corpulence s'exprime naturellement en termes de poids dans les expressions « perdre du poids » pour dire maigrir, « prendre du poids » pour dire grossir, et le « poids idéal » qui exprime le poids d'une personne présentant une corpulence considérée comme normale.
Les catégories sportives mises en place dans différents sports, permettent de définir un ensemble d'individus pouvant s'affronter à chances, en général physiques, égales dans une compétition. Dans les sports de combat elle principalement basée sur le poids.
Le problème pour les astronautes de la Station spatiale internationale est de se peser en impesanteur.
Poids et verticalité
thumb|upright=0.4|Maniement du fil à plomb