La famille de Duin ou de Duyn est une ancienne famille de la noblesse d'extraction chevaleresque, originaire de Duingt ou Duin, dans le comté de Genève. Les premiers personnages portant ce patronyme sont mentionnés au cours du , tout en supposant une apparition au siècle précédent.
La branche principale disparaît au , avec la transmission d'une partie des titres et des biens aux Mareschal de Saint Michel de Maurienne.
Cognomina Le surnom patronymique Duin est la forme courante utilisée pour .. On trouve cependant dans la documentation les formes Duyn, utilisée notamment par Amédée de Foras ou encore Duyng ( lire en ligne), mais plus rarement sous la forme du toponyme de la commune, Duingt.
L'historien local, l'abbé Bernard (1967) souligne que .
Histoire Légende Le généalogiste Amédée de Foras mentionne, que selon d'anciennes chroniques, le futur saint Bernard, dit de Menthon serait né en 923 de l'union entre le baron Richard de Menthon et de Bernoline de Duyn.. Cette dernière serait, toujours selon ces traditions, la descendante d'un Olivier, dit comte de Genève, et compagnon de Charlemagne et de Roland« Séance du 28 juin 1890 », Revue savoisienne, Académie florimontane (Annecy), Imprimerie d'Aimé Perrissin, 1890, (lire en ligne)..
Cette légende remonte à un biographe et chanoine de Tarentaise, connu sous le pseudonyme de Richard de la Val d'Isère, la fin du ou vers le début du ...
Origines Les seigneurs de Duin tirent leur nom de la seigneurie de Duin, considérée comme l'une des plus anciennes et des plus grandes du comté de Genève (2000 ).. Foras considérait qu'. L'abbé Bernard (1967) émet une hypothèse, prenant en compte la mention dans le Nécrologe de Talloires et Nicolas de Duyn (1241) de l’Armorial et nobiliaire de l'ancien duché de Savoie (), que les Duin seraient une branche cadette des Ternier, les nommant ainsi « Ternier dits Duin »..
En 1230, Raymond de Duin épouse Anne famille de Conflans/Conflens, héritière de la branche aînée. .. Leurs descendants portent désormais le patronyme de Conflans, jusqu'au milieu du .
En 1289, Rodolphe de Conflans, dit de Duin, fils de Jacques, rend hommage pour le castri Confleti à l'archevêque.
Dans un nouvel acte de 1296, on retrouve ce Rodolphe de Duyn, dit fils de Jacques de Conflans. Il s'agit des , dont est issu l'évêque Guillaume de Duin-Conflens..
Seigneurs des rives du lac de Duin Les origines de la famille de Duin sont incertaines, toutefois la famille est maîtresse des deux châteaux de la paroisse, celui de Duingt dit de l'Esplanade, situé sur la colline surplombant le lac, et celui de Châteauvieux, installé sur une presqu'île, qui semble être le centre originel de la seigneurie de Duin. Le site de Duingt, protégé par deux châteaux, est un lieu de passage important sur la rive ouest du lac d'Annecy, empruntant une ancienne voie romaine secondaire, entre Genève et Moûtiers (vallée de la Tarentaise), passant par Annecy, et permettait aussi de contrôler la navigation sur le lac.
La seigneurie de Duin s'étend de la Provenche (Saint-Jorioz), jusqu'à Beauvivier et son port (actuelle commune de Doussard), en passant par la seigneurie de Ruange (Doussard, Chevaline et Lathuile). La famille contrôle ainsi la partie sud du lac, appelée Petit lac ou lac de Duin (lacus de Duygno) et une partie de la rive gauche du Grand lac ou lac d’Annecy.. Cette partie du lac relèvera d’ailleurs de la châtellenie..
Selon l'abbé Bernard, la famille des « Ternier dits Duin » devait posséder .. Il appuie son hypothèse sur l'existence d'un Aymon, dit vice-domnus sans autre précisions, mais que l'on pourrait associer à Aymon de Ternier, dans une donation à l'Hospice Saint-Nicolas de Montjoux de 1137 du comte Amédée III. Ce personnage, et donc la famille des « Ternier dits Duin », pourraient avoir des .
La famille fait de nombreux dons à l'abbaye de Talloires, mais aussi celle de Tamié. Ainsi un acte, daté de 1231 à 1233, , indique les droits possédés par la famille au bout du lac. La rivière de l'Eau Morte semble marquer la limite de juridiction des deux abbayes dans la plaine du bout du lac d'Annecy.
La famille de Duin, tout comme celle de Menthon, implantée en rive est du lac, semble avoir pour sépulture l'abbaye de Talloires..
Vassaux des comtes de Genève De nombreux personnages portant les Cognomina apparaissent dans les documents des présentés, en partie, dans le Régeste genevois (1866), notamment comme témoins des comtes de Genève. Le comte de Foras
Selon le Régeste genevois (1866), en 1198, Aimon de Duing ou Duin est témoin dans une information prise par les évêques de Genève, Nantelme, et de Sion, Nantelme d'Ecublens.
Raymondus Doint se porte caution, le , pour le comte de Genève de la somme de , lors du traité de Desingy, placé sous l'arbitrage de l'archevêque de Vienne, Jean de Bernin.. Ce traité impose au comte de Genève, Guillaume II de résider en son château d'Annecy afin de faire cesser ses querelles avec l'évêque de Genève.
Raimond, Pierre et Jaques de Duing sont témoins pour le comte de Genève, dans un traité de paix du , avec le baron Aymon II de Faucigny. La même année un accord est signé entre Pierre, seigneur de Duing (Duyn), et ses frères Henri et Jean, né à Vuillerens, sous les auspices du Chapitre de Lausanne (Pays de Vaud). En 1252, Pierre de Duing est témoin lors de l'élaboration du testament du comte Guillaume II de Genève.
Dans le Pays de Vaud, la seigneurie de Vufflens dépend, vers 1235, des comtes de Genève et, en 1250, elle est donnée en gage au seigneur Pierre de Savoie.
Extension régionale De fait de possessions placées dans le domaine d'influence de la famille des comtes de Savoie, une partie de la famille de Duin se met au service de ces princes dès le .
Vers le milieu du , on trouve comme seigneur de Vufflens Richard de Duin. Celui-ci se voit toutefois bientôt dépossédé d'une partie de son territoire en raison de la fondation, par Louis de Vaud, de Morges (1286), ville neuve implantée sur un terrain qui, précédemment, appartenait à la seigneurie de Vufflens. Cette spoliation donne lieu à un procès..
En 1269, Richard de Duyng est témoin pour le comte Philippe de Savoie.
Raoul/Rodolphe de Conflans, coseigneur de Duin, reconnait dans un acte du tenir en fief du comte Amédée II de Genève« Acte LX », p.20, Répertoire de documents relatifs à l'ancien comté de genevois, publié dans Mémoires et documents publiés par la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, T5, 1891 (lire en ligne)..... L'acte précise que Raoul/Rodolphe de Conflans met à disposition du comte son fief en cas de conflit avec les comtes de Savoie. Le même cède, en 1296, pour au comte de Genève une partie de la seigneurie et le château de Duin, mais conserve le château de Châteauvieux.. Les droits entre le comte et Pierre de Duin, coseigneur de Duin, sont précisés dans un accord en 1311..
En 1324, un Guillaume de Duin prête hommage pour la possession de la châtellenie savoyarde de Gras(s)bourg, en Pays de Vaud, alors sous administration savoyarde.. Un Bertrand de Duin a été bailli de Vaud et avoué de Payerne en 1455Paolo Gallone, « Organisation judiciaire et procédure devant les cours laïques du Pays de Vaud à l'époque savoyarde (XIIP-XVP siecle) », paru dans Bibliothèque historique vaudoise, n° 45, Lausanne, 1972, 303 pages, ..
François de Duin épouse Marguerite de Beaufort. Précédemment, le , Jacquemet de Beaufort, en échange de la seigneurie de Beaufort, avait obtenu la seigneurie de La Val d'Isère et acheté en 1346 le titre de « vicomte de Tarentaise » à Amédée V de Savoie, pour florinsMarcel Charvin, Histoires... de Val d'Isère, Éditions du C.N.R.S., Centre régional de publications Lyon, 1979, 323 pages, .. Les Duin, par ce mariage, se retrouvent coseigneurs de La Val d'Isère ou de la Valdisère.
En 1404, Antoine de Duin prête serment au comte de Savoie Amédée VIII. Il se trouve co-seigneur de la seigneurie de Bex. En 1431, Antoine de Duin épouse Marguerite de Blonay, à la suite de quoi il hérite du titre de seigneur de Bex. Le château, qui prendra dès lors le nom de « château de Duin », est détruit en partie entre 1475 et 1476, au cours de la guerre de Bourgogne. Les héritiers s'établissent désormais dans une maison du village, le château semble délabré dans la seconde partie du .
Disparition de la branche aînée et héritage Robert de Duin, seigneur de Châteauvieux et de la Bâtie de Saint-Eustache, hérite de son frère, Bertrand, la seigneurie de La Val-d'Isère (avant 1473).. Son fils aîné, Amédée, hérite des deux principales seigneuries du Genevois, puis son fils François. Son cadet, Pierre, hérite de La Val-d'Isère. Son fils, Janus, lui succède. Il est l'héritier universel de son cousin germain François, qui meurt après 1510.
Janus de Duyn est fait écuyer (1490) du duc de Savoie Charles (II), puis grand-écuyer (1504). Avec sa femme, Clauda Bonivard, ils n'ont qu'une fille, Louise, comtesse de Mansin.
Sans postérité, Louise de Duin teste dans un premier temps en faveur de son mari (1523), Thomas Valpergue, comte de Masin (di Masino), issu d'une ancienne famille piémontaise, puis , seigneurs de la Barre, cousins maternels., puis . Son codicille de 1529 confirme ses dernières volontés.
Urbaine de Duin avait épousé Jean Mareschal, de la branche de Saint Michel de Maurienne, donnant naissance à la branche des Mareschal Duyn de la Val d'Isère. Ses enfants héritent ainsi du titre de vicomte de Tarentaise.
Louise de Duin vend, alors qu'elle était éloignée, le château familiale de Châteauvieux à Philippe de Savoie., comte apanagiste du Genevois et premier duc de Nemours..
Marie de Duyn, cousine germaine de Janus, qui a épousé en troisièmes noces, Vincent de Thorens.. Elle nomme Claude-Nicolas de Thorens, baron de Grilly, comme héritier, avec l'autorisation , d'où les formes Claude-Nicolas de Duyn de Thorens. Avec sa mort en 1565, la branche aînée disparait.
Héraldique
Personnalités Amédée de Foras relève que , citant les mots de l'évêque de Genève, Charles-Auguste de Sales. Indiquant ainsi les difficultés à construire une généalogie pour cette famille et les différentes personnalités ayant porté le nom.
Seigneurs laïcs Thomas de Conflans (de Confleto), au service du comte de Savoie, bailli de Vaud (1281), châtelain de Chillon (1296) et bailli du Chablais (1288 ? ou 1296-1298)., châtelain de l'Île et vidomne de Genève (1296), puis bailli de Genevois (1296-1298). ; Amédée de Conflans, frère du précédent, obtient à la mort de ce dernier les charges de châtelain de Chillon, bailli du Chablais et du Genevois ; Pierre de Duin, bailli de Savoie et châtelain de MontmélianLes chambres des comptes en France aux , textes et documents réunis par P. Contamine et O. Matteoni, Comité pour l'histoire économique et financière, 1998, 249 pages, . ; Jean de Conflans, chancelier de Savoie (1391-1396) (présentation en ligne).. ; Bertrand de Duin (Duens) seigneur de Val-d'Isère, coseigneur de Conflans, bailli de Vaud (v. 1455-1456).
Religieux Guillaume de Conflans ou de Duin-Conflens, évêque de Genève (1287-1294/95). Jean de Duin(g), probablement issu de cette famille, prieur d'Étoy (1301)., chanoine, puis prévôt (prieur) du Grand-Saint-Bernard (Mont-Jou) (vers 1302-1316).. Guillaume de Duin, frère du précédent, prieur de Lutry (). Hugues de Duin, prieur d'Étoy (1341). Pierre de Duin (de Dugnye), chanoine du Saint-Bernard, « recteur de Belmont ».. Deux prieurs de Saint-Jorioz : Guillaume de Duin (1307-1317), Othorin de Duin (1317-1347)..
Titres, seigneuries et possessions vignette|gauche|Château de Châteauvieux. Les Duin ont été seigneurs : en Genevois : de Duyn avec son château (jusqu'en 1296) ; de Châteauvieux de Duin ; de Beauvivier jusqu'en 1530., de Château-vieux (Bâtie de Saint-Eustache), d'Héré ou Dhéré ; de Ruange (Chevaline, partie de Doussard et de Lathuile dont le château).., coseigneurs d'Outrechaise (Ultrasedium, Ugine) ;