Les remparts de Dinan sont une série de murailles érigées au Moyen Âge pour protéger la ville de Dinan. L'enceinte a un périmètre d'environ et d'une surface d'environ , ce qui en fait au la troisième plus importante place forte du duché de Bretagne, seules Rennes () et Nantes () étant plus grandes à l'époqueGesret, p. 7.. Les remparts de Rennes et de Nantes ayant aujourd'hui disparu, alors que ceux de Dinan sont remarquablement préservés, ces derniers sont maintenant les plus grands de Bretagne et constituent , selon l'historien , p. 73..

Les remparts de Dinan donnent leur nom à la Fête des remparts, une fête médiévale créée en 1982 et ayant lieu tous les deux ans.

Situation Dinan est construite dans la première moitié du sur le bord oriental d'un plateau dominant la Rance, dont il contrôle le fond de l'estuaire, à un kilomètre en aval de l'abbaye Saint-Magloire de Léhon, qui avait elle-même été fondée au Gesret, pp. 21-22..

L'emplacement de la ville est protégé à l'Est et à l'Ouest par des vallées escarpées. Au Sud, en direction de Léhon, les pentes sont bien moins raides mais suffisantes pour ralentir une attaque. Le côté le plus vulnérable est au Nord, où le terrain est beaucoup plus plat, mais la forêt (qui s'étend aussi à l'Ouest) et un marécage ralentissent les déplacements.

Les remparts, construits à partir du (d'abord par les seigneurs de la famille de Dinan, puis par les ducs de Bretagne aux ), exploitent ces défenses naturelles, formant ainsi un quadrilatère irrégulier suivant les escarpement sur les côtés est, sud et ouestGesret, p. 24..

Construction Période féodale

Le premier ouvrage défensif de Dinan est une motte castrale, appelée ou D'après Stéphane Gesret, Le château tirerait son nom de Ganna ou Cana, épouse d'Olivier de Dinan., construite dès le . Son emplacement présumé est un promontoire au nord-est de la ville, qui se trouve à l'extérieur de l'enceinte actuelle. Il est détruit vers 1170Gesret, p. 29.. Il n'en reste aujourd'hui que le nom : la résidence du sous-préfet, située sur ce promontoire, est en effet toujours appelée Château-Ganne..

Si en 1154, le géographe arabe Al Idrissi décrit Dinan comme une , l'historien Stéphane Gesret estime que c'est une exagération mais qu'il existait des ouvrages de fortifications, probablement des côtés Nord et Nord-Ouest, naturellement plus exposésGesret, p. 28..

Les remparts actuels ont été construits à partir du par les seigneurs de la famille de Dinan, mais aucun document d'époque n'ayant été conservé, il n'est pas possible de dater les débuts de la construction avec précisionGesret, p. 8.. La partie basse de la porte Saint-Malo et quelques portions de courtine pourraient dater de cette époque.

Domaine ducal En 1265 le duc de Bretagne le Roux achète pour , à d'AvaugourSeigneur de Dinan-Nord Bécherel depuis 1246 du droit de son épouse et de Dinan-Sud depuis 1256 de celui de sa mère., fils d' d'Avaugour, la seigneurie héritée de sa mère à Dinan et Léhon. Cette acquisition est contestée par le vieux Henri au nom des droits de son petit-fils Henriot et donne lieu à un très long procès qui est porté jusqu'à la cour de Paris qui ne se termine seulement qu'en 1283, 131-139..

À la suite de l'intégration de la ville au domaine ducal, Jean I et ses successeurs entament d'importants travaux de fortification. Trois portes ainsi que beaucoup de tours, ainsi qu'un donjon situé à l'emplacement de l'actuel, sont ainsi construits durant la période de paix durant du début du au déclenchement de la guerre de succession de Bretagne en 1341Gesret, pp. 29-30..

Après la fin de la guerre de Cent Ans, les ducs de Bretagne entreprennent de moderniser la défense de leurs places de guerre pour tenir compte de l'arrivée de l'artillerie à poudre noire. Sous Pierre II (1450-1457), la porte de l'Hôtellerie ainsi que trois tours sont construites. Sous François II, les relations avec le royaume de France se dégradent et le duc participe à la Ligue du Bien public en 1465 contre Louis XI de France. Après l'échec de cette ligue, il participe à une nouvelle en 1468, aux côtés de Charles le Téméraire, qui échoue également. François II est alors contraint de prêter allégeance à la Couronne de France par le traité d'Ancenis.

Après cela, il entame une nouvelle série de grands travaux de fortifications. À Dinan, l'essentiel des travaux est réalisé de 1476 à 1488Gesret, p. 31.. Durant ces travaux, les quatre entrées de la ville sont dotées d'ouvrages avancés ou de boulevards, les anciens fossés sont élargis pour former une grande douve sur les côtés sud, nord et nord-ouest, doublée d'une contrescarpe édifiée à partir des matériaux extraits lors de leur creusement, et cinq grandes tours d'artilleries sont construitesGesret, p. 34..

Ouvrages tardifs Après la guerre de Bretagne en 1488, durant laquelle Dinan échappe aux combats, la ville n'est plus assiégée jusqu'à la fin du . En 1585, le gouverneur de Bretagne Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur et chef de file des ligueurs bretons, obtient lors du traité de Nemours de pouvoir améliorer les fortifications de Concarneau et Dinan. Il fait boucher les portes du Jerzual et du Guichet, et une galerie à deux étages, appelée est édifiée pour relier le château et la tour de CoëtquenGesret, p. 37..

Il fait également édifier des bastions en plusieurs points de l'enceinte : les boulevards construits au siècle précédent sont renforcés, un éperon triangulaire construit devant la tour Saint-Julien et deux autres pour protéger le Jerzual.

En 1620, la porte Saint-Louis est percée entre les tours de Penthièvre et de CoëquenGesret, p. 38.. Œuvre de l'ingénieur et architecte du roi Thomas Poussin, elle permet de faciliter l'accès à la route de Rennes, qui se faisait par la porte de Brest depuis la fermeture de la porte du Guichet. Elle est alors surmontée d'un corps de garde couvert d'ardoises et démoli en 1791.. Sur le mur intérieur, une niche abrite une pietà, déplacée au musée de Dinan dans les années 1970.. Le percement de cette porte permet l'émergence du quartier du Haut-Bourgneuf dans son prolongement.

La porte du Jerzual est remise en service en 1642.

Transformation en prison et destructions À partir du milieu du , Dinan, qui n'a plus l'importance stratégique qu'elle avait à l'époque ducale, sert surtout à la garde de prisonniers de guerre. Les diverses inspections des remparts montrent que leur entretien est négligé, et que des portions croissantes sont occupées par des jardins particuliers. Des travaux de réfections sont toutefois entrepris après l'inspection de 1693Gesret, pp. 39-40..

Le rôle de prison du château et des tours s'accentue au , et seuls les ouvrages affectés à cet effet sont entretenus. Un certain nombre de défenses avancées sont détruites, le fossé de la porte Saint-Louis comblé. Dans les années 1780, lors de l'aménagement du Grand-CheminActuelle rue du Général de Gaulle., la tourelle Sainte-Catherine et la tour du Bois-Harouard, ainsi qu'une bonne partie du mur d'enceinte à cet endroit, pour raisons de sécuritéGesret, pp. 40-44..

Durant la Révolution française, devant la menace de l'armée catholique et royale de Vendée, les murs sont remis en état, les portes à nouveau gardées et fermées, et des palissades dressées pour couper le Grand-Chemin.

Le voit de nouvelles destructions, que ce soit pour faciliter la circulation ou du fait de particuliers ayant acheté certains ouvrages. Cependant, c'est aussi à ce moment que les premiers efforts de préservation sont entreprisGesret, pp. 44-46..

Préservation

Tours et portes

Les tours et portes des remparts sont listées ci-dessous dans le sens horaire à partir de la Tour ducale, située au sud-ouest. Si les noms des portes sont restés assez constants depuis le Moyen-Âge, ceux des tours ont souvent changé, et parfois été mal identifiées sur certaines cartes. Les noms utilisés ici sont ceux qui sont utilisés depuis le courant du .

Numéro Nom Localisation Construction Destruction Commentaires / origine Image 1Tour ducale 1384 Couramment appelée « Donjon » 2 « Casemate » Fin - Début Gesret, pp. 169-172.Probablement vers 1782-1783, mais figure encore sur des plans plus tardifs 3 Tour du Connétable Fin du Gesret, p. 295.sans_cadre|267x267px 4 Tour Beaufort Début du Gesret, p. 116.sans_cadre|267x267px 5 Porte de BrestMilieu du Gesret, p. 247.1881Gesret, p. 232.Longtemps appelée porte de l'Hôtellerie. 6 Tour Saint-Julien Fin , ou plus probablement première moitié du Gesret, p. 210.sans_cadre|200x200px 7 Tour de Lesquen Seconde moitié du Gesret, p. 223.sans_cadre|200x200px 8 Tour de la Rue-Neuve Seconde moitié du Gesret, pp. 225-226.1807-1808 9 Tour BeaumanoirAnnées 1480Gesret, p. 350.sans_cadre|200x200px 10 Porte Saint-Malo Milieu du Gesret, p. 91.sans_cadre|200x200px 11 Tour du Gouverneur Années 1480Gesret, p. 327. 12 Porte du JerzualDébut du , probablement en remplacement d'une porte du Gesret, pp. 153-155Principal accès au port, sa porte avancée, appelée porte Saint-Sébastien et aujourd'hui disparue, fut bouchée de la fin du à 1642, sans_cadre|267x267px 13 Tour Sainte-Catherine Début du Gesret, p. 133.sans_cadre|200x200px 14 Tour Cardinal Fin du Gesret, p. 101. 15 Tourelle Sainte-CatherineFin - Début Gesret, p. 159.Vers 1782-1783 16 Tour du Bois-HarouardFin - Début Gesret, p. 164.Vers 1782-1783 17 Tour Longue Fin - Début Gesret, pp. 165-167.Effondrée dans la nuit du 17 au 18 Tour Penthièvre Seconde moitié du Gesret, p. 271.sans_cadre|200x200px 19 Porte Saint-Louis 1620sans_cadre|248x248px 20 Tour de Coëtquen 1476-1481Gesret, p. 294.sans_cadre|267x267px 21 Porte du Guichet Fin - Début Gesret, p. 62.Entrée principale, à l'aboutissement de la route menant de Nantes et Rennes. Son nom laisse supposer qu'un de ses vantaux comportait une porte piétonne. Bouchée de 1593 à 1932Gesret, p. 53..sans_cadre|267x267px

Notes et sources

Notes

Références

Bibliographie

Mickaël Dufeil, « Les fortifications médiévales et modernes de Dinan (Côtes-d’Armor) : état des connaissances historiques et archéologiques », Revue archéologique de l'ouest, numéro 37, 2021, p.245-274 (Lire en ligne)

Voir aussi

Articles connexes Liste des monuments historiques de Dinan

Liens externes

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