La bataille d'al-Rukn a lieu a l'est de Fès, au Maroc, en . Elle oppose Abu Marwan Abd al-Malik, un prétendant, qui entre au Maroc avec une armée dirigée par Ramaḍān Pas̲h̲a et le camp Saadien mené par le sultan Muhammad al-Mutawakkil.
Contexte
L'expédition ottomane de intervient à la suite du décès du sultan Abdallah al-Ghalib, dans le cadre de l'appui turc au prétendant saadien Abu Marwan Abd al-Malik et à son frère –le futur sultan– Ahmad, tous deux réfugiés dans l'Empire ottoman depuis 1574, face au sultan en place Muhammad al-Mutawakkil.
Le conflit lié à la succession d'al-Ghalib est dû à la prise de pouvoir par al-Mutawakkil, son fils, tandis que les règles de succession établies accordent la primauté aux aînés parmi les dynastes, dans ce cas Abd al-Malik, frère cadet d'al-Ghalib.
Forces en présence Parti depuis la régence d'Alger, le contingent ottoman, comptabilisant environ The Mediterranean and the Mediterranean world in the age of Philip II Fernand Braudel principalement composé de turcs, et de mercenaires kabyles zouaoua, a été constitué sur ordre du Calife ottoman Mourad IIIB. A. Ogot et al., Africa from the Sixteenth to the Eighteenth Century, et était commandé par Ramadan PachaC. Funck-Brentano, , dans : E.J. Brill's First Encyclopaedia of Islam, 1913-1936, Volume 5 , officiant alors en tant que gouverneur par intérim de la Régence en l'absence de Uluç Ali.
Du côté opposé, le contingent d'Al-Mutawakkil comptabilise de , dont arquebusiers, ainsi que 36 canonsComer Plummer III, Roads to Ruin: The War for Morocco in the Sixteenth Century, .
Déroulement Les deux armées entrent en confrontation à un lieu-dit ou , à l'est de Fès. Du peu d'informations qui ont été rapportées de la bataille par les historiens, le revirement du contingent andalou de l'armée d'al-Mutawakkil, qui constituait l'épine dorsale de son infanterie, représente un facteur décisif.
Combiné à la puissance de feu des janissaires du camp qu'il rejoint, le contingent andalou fait pencher l'équilibre des forces en faveur du camp d'Abd al-Malik.
Fuyant le champ de bataille après avoir assisté, impuissant, au changement de camp du contingent andalou, Al-Mutawakkil s’arrête à Fès afin d'emporter argent et objets de valeur, avant de fuir vers les environs de Rabat puis vers Marrakech.
Conséquences À l'issue de la bataille, Abd al-Malik entre victorieux à Fès, sans rencontrer de résistance, puis reconnait le sultan Ottoman Mourad III en tant que Calife en faisant prononcer la prière en son nomJ. M. Abun-Nasr, « A History of the Maghrib in the Islamic Period » , , avant de négocier le retrait des troupes ottomanes en échange d'une grosse somme d'or.
Abd al-Malik ayant accédé au pouvoir, il réorganise son armée selon le modèle ottoman et conserve un corps militaire turc en son sein. Cependant, aussitôt les janissaires turcs repartis, Abd al-Malik revient sur sa reconnaissance du Califat ottoman.
Entretenant dans un premier temps de bons rapports avec la Sublime Porte, Abd al-Malik conserve néanmoins l'indépendance marocaine envers l'Empire Ottoman et maintient des relations diplomatiques avec les Espagnols dans le but de la garantirP. Boyer, 1966 (op. cit.), .
La présence militaire turque au Maroc constituant une menace envers le Portugal, plus spécialement ses possessions sur les côtes marocaines (Mazagan, Tanger et Ceuta), c'est vers le roi portugais Sébastien que le sultan déchu Al-Mutawakkil se tourne afin de solliciter une aide militaire, dans le but de reconquérir le pouvoir. Cela conduit à la bataille des Trois Rois en 1578.
Références
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