Astérix et la Transitalique est le trente-septième album de la bande dessinée Astérix, publié le , scénarisé par Jean-Yves Ferri, dessiné par Didier Conrad et mis en couleurs par Thierry Mébarki..

Résumé Accusé devant le sénat de passer sa vie dans les orgies et de ne pas s'occuper des routes, Lactus Bifidus, sénateur responsable des voies romaines, réfute l'accusation et, pour prouver le bon état du réseau routier, propose d'organiser la première Transitalique, course de chars qui traversera l'Italie, de Modica (Monza) jusqu'à Neapolis (Naples), et à laquelle pourront participer tous les peuples du monde connu. À cette nouvelle, Jules César vient le féliciter, mais lui ordonne secrètement de faire en sorte que ce soit un Romain qui gagne — car en dépendent le prestige de Rome et l'unité des peuples de la péninsule italique, qu'il a bien du mal à gérer —, faute de quoi Bifidus sera exilé en Cyrénaïque.

Plus tard, alors qu'Astérix et Obélix accompagnent Agecanonix qui doit se faire arracher une dent à la foire de Darioritum (Vannes), une sibylle prédit à Obélix qu'il sera aurige et recevra le titre de champion. Obélix achète donc un char de course et exprime le souhait de participer à la course transitalique annoncée. De retour au village, Astérix et Abraracourcix essaient de convaincre Obélix de renoncer à son projet, en vain. Comme les participants doivent constituer des équipes de deux, Astérix est désigné pour être le copilote. Les deux héros partent avec leur char pour Modica.

Sur place, ils croisent leurs concurrents bretons, lusitaniens, koushites, belges, sarmates, cimbres, goths, grecs, normands, helvètes, arabes, assyriens, étrusques, ligures, calabrais, et même pirates, ainsi que le mystérieux champion romain masqué Coronavirus, donné favori. Lors du départ, les auriges s'élancent, mais Obélix et Astérix provoquent un carambolage après avoir perdu Idéfix, puis prennent la mauvaise direction et se retrouvent à Venexia (Venise), où ils font demi-tour. Ils arrivent enfin à la première étape, Parma (Parme), parmi les derniers. Le lendemain, les auriges repartent pour Florentia (Florence). Obélix et Astérix croisent des vignerons, et prennent des raccourcis pour arriver à Sena Julia (Sienne). À l'auberge, Obélix surprend Bacillus, le copilote de Coronavirus, recevant de l'argent pour faire gagner le Romain.

Le lendemain, les auriges roulent en Ombrie. Astérix et Obélix déclenchent une bagarre à un barrage, aident leurs concurrentes koushites à réparer une roue, et ont une explication musclée avec les Cimbres, Zérøgluten et Bétåkårøten, qui ont triché (chars des concurrents trafiqués, huile répandue sur la voie, bornes déplacées…) Les deux hommes, en réalité des esclaves de Bifidus chargés de faire gagner Coronavirus, apprennent à Astérix et Obélix que les chevaux du champion sont changés à son insu à chaque étape, ce qui provoque la colère des Gaulois. Arrivés à Tibur (Tivoli), ils se rendent dans la villa de Bifidus et y trouvent Coronavirus, qui, dupé par son copilote Bacillus, dévoile son identité (il s'appelle Testus Sterone), affirme son innocence et abandonne la course. Bifidus s'enfuit à Rome auprès de César qui, apprenant la nouvelle, le déporte en Cyrénaïque.

À Tibur, une bonne ambiance règne à présent entre les concurrents, les tricheurs ayant été démasqués et le favori disqualifié. Tous repartent pour Neapolis (Naples). Astérix et Obélix, à présent donnés favoris, cassent une roue, mais sont sauvés par Crésus Lupus, fabricant de garum et sponsor de la course, qui, en échange de la réparation du char, leur propose d'utiliser l'image d'Obélix pour sa publicité. Les Gaulois croisent ensuite à nouveau dans la course celui qu'ils croient être Coronavirus. À l'arrivée, le Vésuve voisin entre en éruption, et un rocher tombe sur la route : Obélix le renvoie sur le cratère pour le reboucher, calmant d'un seul coup le volcan. Le pseudo-Coronavirus casse une roue, et, en colère, enlève son masque : c'est Jules César en personne, qui voulait sauver l'honneur de Rome. Obélix et Astérix gagnent finalement la course.

Magnanime et beau joueur, César remet donc la coupe transitalique aux Gaulois, qui la donnent aux Koushites, qui la passent aux Sarmates, qui la passent aux Grecs, qui la passent enfin aux Lusitaniens, derniers de la course, mais opiniâtres, car ils ont réussi à terminer la Transitalique avec un char toujours en panne.

De retour au village, Astérix et Obélix fêtent leur victoire avec les Gaulois lors d'un banquet final, où tous goûtent les spécialités culinaires et le garum que les deux champions ont rapportés d'Italie.

Personnages principaux

Analyse Scénario À part Rome (Astérix gladiateur et Les Lauriers de César), Astérix et Obélix n'avaient encore jamais visité l'Italie. Ils traversent ici la péninsule de ville en ville lors d'une course de chars avec étapes — ce qui n'est pas sans rappeler la trame de Le Tour de Gaule d'Astérix de 1965. Mais cette fois ils ne voyagent pas seuls : ils font la course avec d'autres auriges, de diverses nationalités, ce qui leur permet de découvrir — en plus de l'Italie et de ses peuples (Étrusques, Ligures, Vénètes, Ombriens…) — d'autres étrangers, dont certains encore jamais croisés : Koushites, Sarmates, Cimbres… L'album est riche de références et d'allusions en tous genres, aussi bien sur les origines des concurrents que sur l'Italie.

Personnages Cet album propose un panel de nationalités et de compositions de noms afférents. Certaines sont déjà apparues dans la série (Grecs, Bretons…), mais on trouve des inédits (Sarmates, Koushites…). Les auteurs perpétuent la tradition de la série en adaptant les phylactères de certains peuples en fonction de leur alphabet. Enfin la plupart des concurrents de la course possèdent un char dont l'esthétique évoque leur nationalité (par exemple, un char avec un coq gaulois pour Astérix et Obélix).

Concurrents de la course Obélix et Astérix, auriges gaulois, sur un char en forme de coq gaulois tiré par quatre chevaux volés dans un camp romain ; Madmax et Écotax, auriges bretons (anglais), sur un char en forme de lion tiré par quatre chevaux ; Solilès et Pataquès, auriges lusitaniens (portugais), sur un char en forme de poisson tiré par quatre chevaux ; leur char est toujours en panne ; Niphéniafer et Toutunafer, princesses du royaume de Koush (royaume africain au sud de l'Égypte), auriges koushites, sur un char en forme de guépard tiré par quatre zèbres ; tels les Égyptiens de la série, elles s'expriment en hiéroglyphes ; vignette|L'aurige Dioclès. Coronavirus et Bacillus, auriges romains, sur un char en forme d'aigle impérial tiré par quatre chevaux ; Coronavirus, mystérieux aurige masqué, est le favori de la course, présenté comme « le champion aux 1462 victoires », allusion à Dioclès, le plus grand champion de la Rome antique qui a remporté « 3000 victoires dans les courses de biges et 1462 dans des courses de quadriges ou d'attelages plus importants encore ». ; Barbe-Rouge et Baba, auriges pirates, sur un char en forme de bateau tiré par trois chevaux ; Nonantesix et son copilote, auriges belges ; le nom de Nonantesix fait référence au mot « nonante » que les Belges emploient pour dire « quatre-vingt dix ». Oliounidislov et Ogouguimov, auriges sarmates (peuple d'Europe de l'est, représentant ici les Russes modernes de l'époque soviétique), sur un char en forme d'ours tiré par trois chevaux ; dans leurs phylactères, certaines lettres sont dessinées en miroir (E, F, N, R remplacées par Ǝ, ꟻ, И, Я), ce qui évoque l'alphabet cyrillique ; Zérøgluten et Bétåkårøten, auriges cimbres (danois), sur un char en forme de renne tiré par quatre chevaux ; saboteurs à la solde de Bifidus ; comme les Vikings habitant l'actuel Danemark que rencontrent les Gaulois dans La Grande Traversée, leurs phylactères sont composés de lettres utilisées dans les pays nordiques : le « Ø » (O barre oblique) et le « Å » (A rond en chef) : tandis que les Gaulois ne parvenaient pas à communiquer avec les Vikings, ils arrivent parfaitement à comprendre les Cimbres ; ces derniers avouent être des esclaves du sénateur Lactus Bifidus , occasion de jeux de mots avec le paronyme « timbre » et son champ lexical : « nous faisons partie de sa collection de Cimbres », « il nous rentabilise car le prix du Cimbre a beaucoup augmenté », « en échange Bifidus avait promis de nous affranchir » « non-affranchis, ils n'iront pas loin ! » ; Gymtonic et son copilote, auriges goths, sur un char en forme de loup tiré par quatre chevaux ; comme les autres Goths dans la série, il s'exprime avec des caractères gothiques ; les chevaux de son char, à Modicia, marchent au pas de l'oie, comme l'armée allemande ; Purmérinos et Calendos, auriges grecs, sur un char en forme de bélier tiré par quatre chevaux ; Trodtaf et Ripilaf, auriges normands, sur un char en forme de drakkar tiré par quatre chevaux ; auriges helvètes, sur une luge tirée par un seul cheval ; auriges arabes, sur un char tiré par deux dromadaires ; auriges assyriens (aux barbes soignées), sur un char en forme de taureau tiré par quatre chevaux ; auriges étrusques, sur un char tiré par quatre chevaux ; auriges ligures, sur un char tiré par quatre chevaux ; auriges calabrais, sur un char tiré par quatre chevaux ; auriges sur un char orné d'une tête de mort ailée, parodiant les Hells Angels (ceux qui font des grimaces aux Gaulois).

Romains, journalistes Lactus Bifidus, sénateur romain responsable des voies romaines, et organisateur de la course transitalique ; César dit à un moment « Bifidus, sois actif », allusion à la marque de yaourts Activia ; Journalistes romain, ligure, étrusque, calabrais (planches 10-11) ; Lebolos, journaliste grec pour Sparte-Matin ; Vivajuventus, journaliste ligure pour Le Buccin Ligure ; il ressemble bizarrement à Lactus Bifidus (planche 38) ; un buccin est un instrument de musique à vent de la famille des cuivres, d'origine étrusque et en usage dans l'armée romaine antique ; Osdusmic, journaliste goth pour Le Pari Goth, dont le nom est homophone de « Parigot ».

Caricatures

Cet album présente un nombre record de caricatures de célébrités, essentiellement italiennes : le journaliste romain qui interviewe Lactus Bifidus a les traits du journaliste français Jean-Jacques Bourdin (planche 10) (« Un instant ! Qui finance ? Les Romains ont le droit de savoir ! ») ; les princesses koushites Toutunafer et Niphéniafer (planche 11) ont les traits des sœurs Serena et Venus Williams, joueuses de tennis américaines ; un des journalistes (planches 11 et 18) reprend les traits de l'acteur italien Roberto Benigni et un autre ceux de l'acteur Bud Spencer ; Luciano Pavarotti, ténor italien (planche 18), est caricaturé en aubergiste de Parma, chantant le matin à la place du coq pour signaler le départ des concurrents (le « chicchirichì » qu'il chante est l'équivalent italien du « cocorico » français, deux onomatopées traduisant le chant du coq) ; un vieil homme barbu dessinant une mosaïque dans le public rappelle Léonard de Vinci (planche 22) ; une jolie femme à sa fenêtre (planche 24), et à qui Astérix et Obélix demandent leur chemin, a les traits de La Joconde ; elle les suit du regard, sans parler ni bouger ; une jeune femme vêtue d'une robe rose et portant une corbeille de raisins (planche 24) parmi les vendangeurs ressemble à l'actrice Monica Bellucci ; Coronavirus arbore le physique d'Alain Prost, pilote automobile français (planche 35). Il s'appelle en réalité Testus Sterone, franc et honnête « comme tout le monde chez lui en Sicile ». Quand son infâme copilote Bacillus lui parle de sa belle villa à Capri, il lui rétorque « Pour moi, Capri, c'est fini ! », évoquant la chanson Capri c'est fini du chanteur Hervé Vilard ; la serveuse dans l'auberge-relais de Tibur (planche 37) a les traits de l'actrice Sophia Loren ;