vignette|Pictogramme évoquant une zone (sans smartphone), l'un des moyens de prévenir ou limiter la dépendance au smartphone..
La désintoxication numérique (digital detox en anglais)L'appellation anglaise digital detox, entrée dans le dictionnaire d'Oxford, s'emploie souvent de façon alternative, l'une renvoyant à l'autre. se réfère à une période de temps pendant laquelle une personne s'abstient de se connecter aux plates-formes de réseaux sociaux et/ou d'utiliser tout dispositif de connexion électronique tel que les smartphones, tablettes, ordinateurs, fitbits, montres connectées, etc.. Cela peut prendre la forme d'une cure de désintoxication (jeûne numérique ; diète digitale ; sevrage numérique) et/ou d'une démarche sur le temps long, effectuée seul ou en groupe, à l'école, au travail ou dans d'autres instances, éventuellement avec l'assistance d'un(e) psychologue et/ou psychiatre spécialisé(e) dans le traitement des addictions.
La notion de désintoxication numérique présuppose que c'est ici l'excès, en partie au moins subi, de l'utilisation d'Internet et des nouvelles technologies, qui est concerné. L'utilisation du numérique n'est pas en soi toxique ou pathologique.. Vallerand et ses collègues en 2003 insistent sur la distinction entre la « passion obsessive » et la « passion harmonieuse ». L'addiction au numérique est une « addiction comportementale », dite « addiction sans produit », induite par une activité ou un comportement, et non par la consommation d'une substance chimique addictive. Elle entre donc dans le champ des thérapies comportementales.
C'est un moyen de retrouver du temps pour soi ou pour des interactions sociales plus dans le monde physique., de mieux profiter de la vie, avec une approche moins centrée sur l'image de soi et plus ouverte aux personnes et à notre environnement proche, en conscience, avec moins d'anxiété... À titre d'exemple, en Inde, selon une enquête (), en 2015, environ 59 % des utilisateurs de smartphones consultaient une plateforme de médias sociaux dans les cinq minutes précédant le coucher et dans les 30 minutes suivant leur réveil..
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Aspects historiques
Les craintes liées au temps d'écran passé devant les médias numériques, à la dépendance à Internet et à la dépendance aux réseaux sociaux, prennent notamment racine dans un discours antérieur de résistance médiatique, selon , .
Une dépendance à la télévision existe depuis les années 1960 (cf. concept de drogue-télé, par exemple évoquée en 1993 par D. Boullier, professeur de sociologie à Science-Po).. (dès l'enfance, souvent). et certains parlaient déjà de briser les chaînes de l'addiction à la télé et d'un monde de l'« après-télévision ». Mais dans ce qu'Olivier Mongin appelait en 2004 ., Internet, l'arrivée des jeux vidéo, puis du Web2.0 (l'interactif) ont largement exacerbé le caractère addictif qui était celui du « petit écran », chez les jeunes notamment.. L'addiction à l'internet est devenue massive, et prise en compte par les médecins et psychologues comme une pathologie émergente., aux symptômes propres., nécessitant des réponses cliniques adaptées et dont les conséquences psychosociales et sanitaires doivent être mieux étudiées et prises en compte..
Si l'on remonte plus loin dans le temps, l'émergence d'un nouveau média associé à une nouvelle technologie et/ou un nouveau support (tel que l'écriture dont l'invention marque le début de l'AntiquitéSocrate s'oppose à l'enseignement de l'écrit, qui est un frein au dialogue et à la mémorisation. Selon le philosophe, l'écrit favorise l'oubli. Cf. Trine Syvertse, , p. 17., l'imprimerie qui en Occident marque la fin du Moyen Âge au L'invention de l'imprimerie en Europe par Gutenberg suscite une résistance du clergé et de la monarchie qui perdent leurs monopoles du savoir. Cf. Trine Syvertse, , p. 17., les romans populaires au , radio et bande dessinée au , cinéma, télévision, jeu vidéo et médias numériques au ...) s'est à chaque fois accompagnée d'une résistance médiatique de la part de personnes parfois conservatrices, moralistes, pessimistes ou technophobes, notamment quand elles justifient leur discours par une qualité supposée médiocre ou moins morale du contenu de ces médias (source d'appauvrissement intellectuel, d'oisiveté...), sur leur impact sur la socialisation, sur la santé physique et mentale des personnes qui en font un usage intensif, et sur la possible menace pour la démocratie par la ...
La dépendance au monde numérique que certains acteurs en concurrence les uns avec les autres (GAFAM, publicitaires et divers lobbies industriels, commerciaux, politiques ou religieux, notamment) cherchent à rendre de plus en plus addictive, est une source croissante d'anxiété et de dépression..
En 2020, D. Bulliard et J. Durand Folco estimaient déjà que le besoin de désintoxication numérique allait croissant., mais depuis l'explosion de l'intelligence artificielle a bouleversé la relation au numérique. Les démarches de désintoxication numérique sont en pleine expansion. Elles sont l'une des réactions à la surcharge informationnelle, actuelle et à venir, liée à la conjonction de la multiplication des nouveaux médias numériques, des appareils de connexion numérique et objets connectés. Les smartphones, les ordinateurs portables et les tablettes, sont combinés avec l'augmentation à l'accès de l'Internet sans fil, et avec l'accélération des débits (5G, etc.) qui fait que les utilisateurs de ces technologies sont constamment sollicités et connectés à l'univers numérique.. La connectivité constante en ligne génère une dépendance et peut avoir des impacts très négatifs sur l'expérience des utilisateurs, d'où un souhait croissant de s'extraire temporairement de cette relation devenue toxique au numérique.
Motivations Les motivations de la désintoxication numérique sont nombreuses.... Il peut s'agir d'une réponse émotionnelle et/ou plus ou moins rationnelle aux effets de la dépendance ou à un sentiment de servitude volontaire (même quand le droit à la déconnexion existe, théoriquement ou réellement). C'est une réponse, d'individus ou de groupes, face aux outils, fonctions et contenus numériques, quand ces derniers deviennent une contrainte et une source constante de distraction, qu'ils envahissent trop le temps, les lieux de vie et la psyché, devenant alors source d'insatisfaction, de frustration, de déception et parfois de profonde dépression, voire de suicide. Parmi les motivations souvent citées, on trouve : une volonté de s'extraire de la dépendance à Internet, par exemple quand celle-ci interfère négativement avec le travail, les relations, la santé mentale et physique ou avec les finances d'un personne ; un sous-ensemble de la désintoxication numérique est la désintoxication des médias sociaux. ; l'objectif de réduire le techno stress, l'anxiété, la fatigue, le syndrome FOMO (la peur d'éventuellement rater une information, une photo, un mail, une vidéo ou un événement en ligne potentiellement intéressants, qui conduit à un besoin permanent, compulsif et obsédant de se connecter ; et à un isolement social) et d'autres symptômes résultant de l'exposition à un flux continu et/ou difficile à contrôler d'imagesOM (2003). Calmer le flux continu des images. Esprit (depuis 1940), 122-125. et d'informations, ainsi qu'à une incitation à l'engagement permanent de l'utilisateur sans cesse poussé à surutiliser les outils et réseaux numériques. ; cette surutilisation induit en effet des troubles de l'attention, de l'humeur et de la socialisation, des fatigues oculaires, des troubles de la posture, de la vision et parfois de l'audition, un risque accru de migraines, de la mémoire et de la cognition ; et elle dégrade le sommeil et la récupération. ; une connexion excessive aux réseaux sociaux et aux outils numériques consomme une part croissante de notre énergie vitale, empiétant sur la vie de couple, de famille et sociale. Certaines personnes cherchent donc à reprendre le contrôle sur leur relation au numérique ; le besoin de recentrer ses interactions et ses relations sociales dans le monde hors ligne ( une étude a conclu que la simple présence visible d'appareils mobiles pendant les conversations peut avoir un effet limitant sur le sentiment de connexion ressenti entre les personnes impliquées dans la conversation, ainsi que sur la qualité globale de la conversation). ; le besoin de se reconnecter à la nature ; le besoin de se reconnecter à soi-même et au monde, en pleine conscience ; le souhait d'améliorer sa capacité d'apprentissage, en diminuant les distractions et en réduisant l'incitation à une polyvalence générale et aux activités multitâches.. ; le souhait de trouver plus de plaisir ou d'efficacité au travail. L'engagement numérique constant tend aussi à envahir l'environnement de travail, où il devient alors source de stress, susceptible in fine de réduire la productivité.. Certaines caractéristiques de ces technologies, ubiquistes et intrusives, rendent difficile la distinction entre travail, vie personnelle et loisirs, augmentant les moments d'interruption de la pensée au travail. Le caractère multitâche des composants de connexion numérique impacte négativement les capacités d'apprentissage et notamment la mémoire à court terme.. L'utilisation de plusieurs périphériques de connexion comme plate-forme d'apprentissage n'est donc pas bénéfique. Une réduction des choix et temps de l'information permet au cerveau de se concentrer davantage sur la qualité de l'information plutôt que de se précipiter sur celle-ci.. Une moindre dépendance et le droit à la déconnexion une partie de la journée sont souhaitables pour mieux se concentrer au travail, au profit d'une meilleure productivité et d'un environnement de travail plus agréable. Autres raisons : pour des raisons morales, éthiques ou politiques, certaines personnes cherchent à plus ou moins s'abstenir d'utiliser ces technologies. Certaines veulent limiter ou faire cesser les effets de la publicité non désirée, omniprésente et d'autres sollicitations intrusives, ou limiter la violation de leur vie privée, voire le harcèlement en ligne dont elles sont victimes. Certaines expérimentent le jeûne numérique, la diète digitale pour réapprendre l'ennui., ou pour des raisons spirituelles.. De manière générale, il s'agit souvent d'apprendre à gérer les comportements d'addiction aux technologies numériques, et de dépendance à Internet en particulier.
Autres avantages de la désintoxication du numérique une meilleure santé mentale : un nombre croissant d'études scientifiques montrent que l'obésité informationnelle, et les perturbations incessantes de la pensée causées par les appareils numériques, nuisent au bon fonctionnement du cerveau et à la santé mentale, de la même manière que le sucre et la graisse excessifs, comme d'autres choses qui peuvent faire envie, ne sont pas bons pour nos corps. ; de meilleures relations humaines : la désintoxication numérique facilite de meilleures relations aux autres, en offrant plus de temps pour la communication face-à-face, une capacité d'attention plus soutenue et d'autres compétences sociales. ; une meilleure productivité : les appareils et gadgets numériques, supposés faire gagner du temps et de la productivité, sont souvent source de distractions répétées, dont au travail, menant à une moindre performance, une baisse de l'attention, des distractions et souvent à l'échec ; une meilleure santé physique : certains outils numériques, trop utilisés, affectent physiquement le corps (pouce, poignet, bras, épaules, ouïe, fatigue oculaire, manque de sommeil, etc..).