vignette|droite|L’escorte royale à cheval défilant devant la tribune royale lors du défilé des troupes du 21 juillet 1989 à Bruxelles. La Gendarmerie nationale belge (traduction apparaissant dans la révision de la constitution du , auparavant le terme français n'avait pas de traduction officielleLa Gendarmerie belge, Dupuis et Balcaen, p. 13, La Renaissance du Livre (2001).) était une force armée belge chargée de missions de police et de maintien de l'ordre parmi la population civile, d'exécution de devoirs judiciaires à la réquisition du Parquet, et de Prévôté à l'armée. À ce titre, elle a longtemps dépendu des ministres de l'Intérieur, de la Justice et de la Défense en fonction de la tâche à accomplirLa Gendarmerie belge, Dupuis et Balcaen, p. 36 et 37, La Renaissance du Livre (2001)..
Elle est créée par un arrêté du gouvernement le , puis intégrée le à la police par la réforme des polices de Belgique (décidée après des dysfonctionnements lors de l'affaire Dutroux) et la loi du organisant une police structurée à deux niveaux, fédéral et local .
Histoire vignette| Les anciennes casernes militaires d'Etterbeek situées boulevard Général Jacques à Bruxelles furent investies par la gendarmerie après la Seconde Guerre mondiale et devinrent l'état-major de l'institution. Création sous le régime français En 1795, à la suite de l'annexion française des États de Belgique, les Pays-Bas autrichiens (qui correspondent grosso modo à l’actuelle Belgique) sont annexés à la France. La gendarmerie, premier corps de police unifié et coordonné, est organisée sur le modèle français. Ce corps, militaire, avait été créé en 1791 en France en remplacement de la Maréchaussée de l'Ancien Régime. Le texte fondamental qui organise ce service est une loi du qui resta en vigueur en Belgique jusqu'en 1957.
Le , le général de brigade Louis Wirion, commandant la Gendarmerie nationale française, fut chargé par le Comité de salut public de l'organisation et de la mise en place de trois Divisions de Gendarmerie dans les territoires belges devenus les départements réunis. Le nombre et la commune d'implantation de ces brigades furent fixés par le Général Wirion en personne, qui clôtura cette tâche le . En messidor an IVLe modèle "Date républicaine" avec le paramètre "conversion" n'affiche rien du tout en l'absence du quantième, est actée la première base légale de l'organisation et du fonctionnement de la Gendarmerie dans ce qui deviendra plus tard la Belgique.
Période néerlandaise Après la chute de Napoléon Bonaparte lors de la bataille de Waterloo le , le Premier Empire est démembré et un nouvel État est créé par le congrès de Vienne : le royaume uni des Pays-Bas, union des Pays-Bas autrichiens (actuelle Belgique) et les Provinces-Unies (actuels Pays-Bas), dirigé par le prince Guillaume d'Orange. Ce dernier rebaptisa la gendarmerie en imposant le nom « maréchaussée », vieux mot de la langue française passé dans la langue néerlandaise depuis deux siècles et convenant donc aussi bien à la Belgique où le français est à l'époque la langue administrative et aux Pays-Bas qui ont conservé la langue néerlandaise.
Période belge Participation à la révolution belge En , survient la révolution belge et de nombreux gendarmes ou unités de la maréchaussée royale du royaume uni des Pays-Bas se distinguent en se joignant aux révolutionnaires belges lors de l'insurrection de 1830 dans les Pays-Bas méridionaux. On trouve pareil effet dans le Grand-duché de Luxembourg où, dès le , le commandant de la maréchaussée grand-ducale de Bastogne, Charles Mathelin, hisse avec ses hommes le drapeau de la révolution brabançonne en haut du clocher de l'église Saint-Pierre de Bastogne. À Mons, le , le Lieutenant Prudent-Joseph De Ladrière, commandant la brigade locale, adresse aux unités un ordre du jour leur enjoignant de remplacer leur uniforme par le sarrau bleu, la blouse des révolutionnaires. à cheval, aux ordres de cet officier, marchent ensuite vers la capitale afin de défendre la ville en participant aux Quatre Jours de Bruxelles. Lors de ces combats, on trouve plusieurs gendarmes venus par leur propres moyens en tant que volontaires et qui furent, par la suite, décorés de la croix de fer pour leurs faits d'armes. Parmi eux, citons le brigadier Pinckers de Maaseik, blessé par une décharge de boîte à mitraille le mais qui continue à combattre dans le parc de Bruxelles, le gendarme Hennaut de Chimay, blessé d'un coup de feu aux jambes en combattant sur la Place Royale, ou encore les gendarmes Hance et Plamont de Bruxelles, blessés respectivement rue de Louvain et rue Verte.
Lors des Journées de Septembre en province, d'autres gendarmes se signalent, comme le capitaine François-Joseph Mathot qui prend la tête des hommes menant l'expédition d'Oreye le . Le lieutenant Léonard se met à la tête du corps franc d'Hamme-Mille le et attaque l'armée néerlandaise à Nethen, dans le cadre des combats de Louvain. Le , un détachement de la brigade du Rœulx se met en marche pour Bruxelles, sous le commandement du maréchal des logis-chef Cartiny. Ce jour-là, à Looz, le brigadier Conrad Vleming forme un corps franc afin d'aller défendre la ville de Tirlemont, attaquée par les troupes du général Ghisbert Martin Cort Heyligers. Le lendemain, lors des combats de Mons, le maréchal des logis Charles-Auguste Baestenier et le brigadier Harris arborent le drapeau de la Belgique sur le perron de l'hôtel de ville de Mons, devant un bataillon de l'armée. Le même jour lors des combats de Tournai, le lieutenant Joseph-Émile Sacré déclare adhérer au gouvernement provisoire de Belgique et rallie l'ensemble de la maréchaussée de l'arrondissement administratif de Tournai en parcourant les communes avoisinantes pour y faire arborer le drapeau belge. Le , on retrouve des gendarmes au combat de Sainte-Walburge, sur les hauteurs de Liège, comme le brigadier Bayet, blessé d'un coup de feu à la poitrine et à la cuisse.
Plus tard, lors des batailles de la guerre belgo-néerlandaise, de nombreux gendarmes sont encore parmi les corps francs des volontaires, comme Noël-Joseph Mathieu de la brigade de Gembloux, blessé lors de la bataille de Berchem le , ou Remi Schutters, de Testelt, récipiendaire de la croix commémorative de 1830 pour sa participation à la campagne d'Anvers.
Il est aussi à noter que certaines brigades de maréchaussée des provinces du sud restèrent initialement fidèles au roi Guillaume Ier et durent être désarmées par les volontaires, comme à Hamme-Mille et Waterloo le , à Grammont, Ninove, Renaix, Zottegem ou encore à Zoutleeuw le .
De l'indépendance à la seconde guerre mondiale thumb|upright|Un adjudant de gendarmerie décoré pour son service au front lors de la Première Guerre mondiale. vignette|L'école royale de gendarmerie, en 1927. Dès la déclaration de son indépendance du royaume uni des Pays-Bas, le , le Gouvernement provisoire de Belgique prend un arrêté le Arrêté du 19 novembre 1830 du gouvernement provisoire. pour créer sa propre gendarmerie nationale sur les bases du corps préexistant. Les gendarmes exercent leur mission sur l'ensemble du territoire. L'autorité sur la gendarmerie sera, dès lors, exercée par le pouvoir civil (ministère de l'intérieur), mais ses casernes et ses équipements relèveront du ministère de la défense.
Le , devenu Major, Prudent Joseph Deladrière est promu premier Commandant de la Gendarmerie nationale belge, fonction qu'il exercera jusqu'au , date à laquelle il sera remplacé par le Major des Hussards pensionné Brixhe, promu pour la circonstance au grade de Colonel, qui organisera la toute nouvelle Gendarmerie belge à l'échelon national.
Pendant la Première Guerre mondiale de 1914 à 1918, la gendarmerie belge assuma son rôle de service d'ordre auxiliaire de l'armée, allant jusqu'à être présente dans les combats. Pendant quatre ans, sur le front de l'Yser, la gendarmerie assura la police des tranchées.
Les grandes grèves et la vie sociale tendue avant 1914 avaient entraîné le développement du rôle d'ordre de la gendarmerie, notamment par le renforcement des unités mobiles créées en 1913. L'action de celles-ci se renforcera dans les années 1930 lors des conflits sociaux.
Seconde guerre mondiale vignette|Plaque commémorative aux gendarmes de Charleroi morts lors de la Seconde Guerre mondiale. thumb|upright|Un gendarme en 1947 vignette|Un Volkswagen Transporter aux anciennes couleurs de la Gendarmerie. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la gendarmerie, dont l'évolution depuis 1850 l'avait amenée à prendre toujours davantage de distance avec l'armée, devient une préoccupation tout à fait centrale pour les occupants et les occupés. En effet, la gendarmerie, de par le nombre de ses effectifs et sa structure hiérarchisée, est un corps sur lequel l'occupant doit pouvoir s'appuyer en territoire conquis. Paul Aron, José Gotovitch, Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale en Belgique, éditions André Versaille, Bruxelles, 2008, p.203 et sq.. Si certaines de ces réformes devaient de manière générale être prises - indépendamment de l'occupation- d'autres comportaient des enjeux bien plus politiques. Il s'agissait alors d'augmenter le nombre des effectifs (pour l'amener à ), de procéder à une "flamandisation" de celle-ci, d'y intégrer des membres de l'Ordre nouveau et enfin de la moderniser. Finalement, fin 1944, les effectifs de la gendarmerie ne seront que de mais 72 % des recrues engagées de 1940 à 1943 (sur engagements) étaient flamandes. Chez les officiers, la proportion atteint 97 %. Jusqu'en février 1943, l'état-major de la gendarmerie préservera relativement celle-ci des dérives évidentes. Le lieutenant-colonel Emiel Van Coppenolle qui prendra ses fonctions à cette époque, se montrera davantage favorable aux projets allemands. De vives tensions traverseront tout le corps pendant les années de guerre. Elles seront à l'origine d'une multiplication des ordres qui se trouvaient fréquemment être contradictoires, ce qui permit aux gens de terrain d'exercer leur bon sens face à cette cacophonie. . Il n'en va pas de même des nouvelles unités mobiles fraîchement engagées et dont l'action dépassera le cadre strict de la loi belge. Après la guerre, d'aucuns (surtout les communistes) reprocheront à ce corps d'avoir été un .
De la libération aux années 1990 vignette|Gendarmes belges lors de la crise de Louvain (Walen buiten) en 1968. À la libération, le service est profondément réorganisé. De nouvelles unités voient le jourDont les Brigades spéciales de recherche et de renseignements (BSR).. Le loi du , est votée la loi fondamentale sur la gendarmerie, tel que prévu dans la Constitution de la Belgique. Cette loi confirme le triple rôle de la gendarmerie ainsi que son indépendance vis-à-vis des autorités administratives. La gendarmerie acquiert également son indépendance vis-à-vis de la Force Terrestre de l'armée. Elle reçoit aussi l'autorisation de créer ses propres écoles. A Bruxelles, la gendarmerie emménage dans les casernes d'Etterbeek, situées boulevard Général Jacques et nomme respectivement les deux anciens bâtiments du 2e régiment de guides caserne Léon de Witte de Haelen et celle du 1er régiment de guides caserne Ivan Albert Geruzet.
Dans les années 1960, le niveau de vie s'améliore considérablement, mais le nombre de crimes graves (braquage, drogue, terrorisme, etc.) augmente. Pour y faire face, le Bureau Central de Recherche (BCR) est créé, un réseau de radio est implanté et l'usage des chiens pisteurs se développe.
Dans les années 1980, la gendarmerie connaît de graves problèmes. Les moyens tant humains que financiers font défaut. C'est également la période des Cellules communistes combattantes (CCC), des tueurs du Brabant, du hooliganisme (drame du Heysel). Le Corps menace d'être submergé et des mesures drastiques sont prises comme la réorganisation de plusieurs unités et l'amélioration des relations publiques.
Dernières années sous le Ministère de l'Intérieur: 1991-1997