Les poids, quelquefois appelés pesons, sont les accessoires de différents matériaux employés conjointement à une balance pour déterminer la masse (le poids), soit réaliser la pesée d'un objet, d'une chose, d'un corps. En termes scientifiques, on les appelle « masses marquées ».
Le poids des choses rapporté à l'unité prend la forme physique et réelle des accessoires de mesures que sont les « poids », pièces étalonnées de cuivre, de fer ou de plomb ou d'autres matériaux, associés à l'usage de l'instrument primitif de mesure qu'est la balance : est lourd ce qui fait pencher la balance. Le poids réglé et étalonné se place dans un plateau de la balance, tandis que le corps dont on veut connaître le poids (la pesanteur) se trouve dans l'autreDictionnaire de Trévoux, entrée « poids ». lire en ligne.
Les poids sont différents suivant les lieux, les pays et les temps et l'on peut faire quelquefois l'estimation d'un système à l'autre par voie arithmétique lorsque les témoignages archéologiques sont suffisants. On a pu toujours faire un parallèle entre poids et monnaie, car le premier règle souvent la taille de la seconde. De là ambiguïté qu'il y a dans les termes « livre », « pound », « drachme », « marc » qui désignent tour à tour une monnaie ou un poids. L'estimation des monnaies d'échange est plus problématique puisque la valeur d'une monnaie métallique tient pour beaucoup à sa valeur spéculative, son cours légal et à l'époque reculée où la monnaie fiduciaire n'est pas encore généralisée, soit en second recours, à son poids et à son titre. « Le poids seul a d'abord réglé la valeur des monnaies, ensuite l'autorité les a fait valoir par l'empreinte du coin ». La méthode de contrôle la plus pratiquée durant l'Antiquité est le comparatif des densités, par l'immersion de l'objet précieux dans l'eau et la comparaison du volume débordant du récipient avec un échantillon connu. D'après Vitruve, Archimède aurait utilisé cette méthode pour confondre un orfèvre malhonnête.
Système pondéral mésopotamien
Les poids-lion assyriens sont un groupe de poids mésopotamiens en bronze du avant notre ère, avec des inscriptions bilingues à la fois en caractères cunéiformes et phéniciens. Les poids du lion ont été découverts à Nimrud à la fin des années 1840 et sont maintenant dans le British Museum ().
Les poids babyloniens, la raison s'en est perdue affectaient volontiers la forme d'olive, ou encore la forme vague de canard au long cou replié sur le dos.
Système pondéral akan, agni et baoulé
Dans le système pondéral béninois tous les poids sont différents et l'exécution de la forme, poids exact à donner à la matière, disposition compréhensible des signes qui permettent l'identification, relèvent du chef-d'œuvre.
Depuis les temps les plus reculés en pays Akan, chez les Agni et les Baoulé, les transactions étaient faites à l'aide de poudre d'or et de pépites. Acheteurs et vendeurs vérifiaient les quantités d'or avec leurs poids personnels, et chaque opération exigeait une double pesée. Certains de ces poids à peser l'or (Akan) géométriques anciens étaient détenus par les notables, qui de père en fils se révélaient le secret de leur interprétation Abel H., « Déchiffrement des poids à peser l'or en Côte d'Ivoire ». In: Journal de la Société des Africanistes, 1952, tome 22. pp. 95-114. lire en ligne.
Système pondéral antique romain et du Moyen Âge européen
Les rois de France successif ont essayé de faire un règlement général pour qu'il n'y ait qu'un poids et qu'une mesure dans tout le royaume. Charlemagne, Philippe V le Long, Louis XI, François Ier, Henri II, Charles IX et Henri III ont édité diverses ordonnances dans ce sens qui n'ont pas été exécutées.
Poids de Charlemagne
Toutes les réformes des poids du Moyen Âge ont eu leur origine dans les Hôtels des Monnaies et ont eu pour but de régler la taille des nouvelles monnaies. C'est dans la suite que les nouveaux poids des Hôtels des Monnaies deviennent d'usage en même temps que les poids préexistants. Ces grandes réformes ont été au nombre de deux. La première, celle de Charlemagne, eut pour but l'unification générale de la monnaie, des poids et des mesures. La seconde, commencée vers la fin du eut un but différent, celui d'établir le prix, ou mieux, la quantité d'argent fin contenue dans chaque espèce courante et en même temps le poids spécifique de tous les marcs en usage, qui, à cet effet, furent pour la première fois appelés par leur nom d'origine.
C'est pour cette raison que parmi les différents poids en usage à cette époque nous retrouvons aussi le poids de Charlemagne. Le système pondéral adopté par Charlemagne consistait en des poids en bronze portant la légende : CAROLI PONDVS, soit: « Poids de Charlemagne ». Cette unité était l'once romaine du vrai et juste poids (aucune autre unité pondérale ne pouvait être adoptée par Charlemagne que celle de l'Empire dont il se fit couronner et proclamer Empereur), pesant selon l'étalon le mieux conservé, environ . Avec cette unité on comptait des multiples différents: la livre romaine de 12 onces, livre-poids proprement dite et dont Charlemagne généralisa l'usage. Cette livre se rapprochait beaucoup du poids effectif de . Dans une livre d'argent de ce poids étaient taillés 180 deniers-poids nouveaux. Le nouveau de nier aurait dû avoir un poids légal de . La nouvelle livre de Charlemagne, livre-monnaie proprement dite, divisée en 20 sous nouveaux et pesant 16 onces romaines, soit . Dans une quantité d'argent équivalant ce poids, étaient taillés 240 deniers-monnaie nouveaux. De ce poids, usité d'abord dans les Hôtels des Monnaies pour la taille des nouveaux deniers d'argent, prit origine la livre-poids de 16 onces dont l'usage à la fin du était très répandu Capobianchi V. Les Caroli Pondus conservés en Italie. In: Mélanges d'archéologie et d'histoire, tome 20, 1900. pp. 43-77. lire en ligne.
Des unités de poids disparates
L'établissement des poids est à la base des échanges commerciaux, et fait donc généralement l'objet de règlements contraignants pour le commerçant comme pour le badaud.
Une commune au Moyen Âge vers 1298, est dans la capacité mettre en œuvre un système de poids complexe pesant quintal, demi-quintal, quart-de-quintal, pesée, demi-pesée, quart de pesée, livre, demi-livre, quart de livre, demi-quart de livre, once, demi-once, quart d'once, demi-marc, quart de- arc et tout autre poids ayant cours. Les poids sont poinçonnés par l'abbé et les consuls, et conservé par l'abbé ou le monastère. Dans les contrats on use de ces poids et jamais d'autres sous peine d'amende. Sauf autorisation explicite, personne ne peut acheter ou vendre dans une ville aucune des choses qui se pèsent à moins qu'elles n'aient été pesées au poids communalSentence de Guillaume d'Achillosas, bailli des montagnes d'Auvergne, entre monseigneur l'abbé et les consuls d'Aurillac, dite deuxième paix, du 9e jour avant la fin d'août 1298. P. Picut, 1841..
Les seigneur haut-justiciers ont par la suite droit de poids, mesure et étalonnage et tout ce qui concerne victum & alimenta, dans l'étendue de leur haute justice. En vertu de ce droit le haut justicier peut seul peser pour autrui à « grandes balances et à poids au-dessus de vingt-cinq livres ». Le droit pécuniaire que levait le seigneur était de douze deniers pour cent livres pesant. Par le droit d'étalonnage le seigneur qui en jouissait forçait les vassaux et tous les habitants de sa justice a ne peser ou mesurer qu'avec des poids et mesures dont les étalons étaient gardés dans sa salle de justice. Il fallait fort souvent faire vérifier si les poids et mesures que l'on possédait n'étaient pas altérés et bien entendu payer chaque fois une rétribution. Si par hasard vos poids et mesure avaient subi une altération le contrevenant payait une amende au profit du seigneurPaul D. de P., Jean-Joseph Regnault-Warin. Dictionnaire de l'ancien régime et des abus féodaux.
Le Dictionnaire de Trévoux (Édition lorraine, Nancy 1738-1742), constate que le droit de donner ou de faire donner poids et mesures ne doit appartenir qu'au Roi seul, mais que ce droit appartient encore aux Seigneurs justiciers (mais ce n'est qu'en conséquence de l’usurpation qu'ils ont faite anciennement de plusieurs droits semblables dans la possession desquels ils sont restés). Le poids de marc est celui qui sert à peser les choses précieuses ou en petit volume Selibra Francica, vel bes. Ce sont des poids de cuivre subdivisés emboîtés l'un dans l'autre qui tous ensemble la boîte comprise pèsent juste huit onces ou le marc (Pile de Charlemagne). C'est pour cela qu'on les appelle poids de marc. La livre de Paris est de 16 onces et se divise en deux marcs, le marc en 8 onces, l'once en 8 gros, le gros en 3 deniers, le denier en 24 grains. Cette division est pour les marchandises de prix. Pour les marchandises de moindre valeur la livre se divise en 2 demi-livres, la demi-livre en 2 quarterons, le quarteron en 2 demi-quarterons, le quarteron en 2 onces, l'once en 2 demi-onces. Le Poids de table est un poids différent du poids marc dont on se sert en Provence et en Languedoc. Il est vrai que la livre poids de table est de seize onces aussi bien que celle de poids de marc mais les onces n'en sont pas si fortes. Le plus petit poids de la Médecine est un grain ce qui s'entend d'un grain d'orge bien nourri gros et qui n'est pas trop sec Dix de ces grains font une obole ou demi-scrupule. Le scrupule est composé de deux oboles ou 20 grains; la drachme de 3 scrupules ou 6o grains; l'once de huit drachmes; et la médicinale de 12 onces qui ont chacun leurs notes et caractères particuliers en Médecine.
La livre, la livre avoirdupois, l' ou quintal, l'once, le , le liespfund, schiflpfund ou schiffpfund, la drachme , et enfin le kilogramme, sont autant d'autres approches différentes du poids des choses (on est convenu désormais de dire masse).
Le kilogramme
Le kilogramme, dont le symbole est kg (en minuscules), est l'unité de base de masse dans le Système international d'unités (SI) Il est défini comme étant égal à la masse du prototype international du kilogramme. Le gramme est originellement défini en 1795 comme la masse d'un centimètre cube « d'eau pure » à , faisant du kilogramme l'égal de la masse d'un litre d'eau. Le prototype du kilogramme, fabriqué en 1799 et sur lequel est basé le kilogramme actuel, possède une masse égale à celle d' d'eau pure.