L'histoire des mines de nickel s'est adaptée à la géographie des gisements de ce minerai, qui se divise en deux grandes catégories, parmi lesquelles on retrouvera au fil de l'histoire les grands mouvements d'extraction minière du nickel : les latérites et les minerais sulfurés. Les latérites sont généralement situées dans les régions tropicales. On les exploite notamment en Nouvelle-Calédonie, en Indonésie, aux Philippines et à Cuba. On exploite ce minerai quand sa teneur en nickel dépasse 1,3 %, et la teneur en cobalt 0,1 %.

Contrairement aux latérites, la formation des minerais sulfureux, indépendante du climat, s'est essentiellement produite au Canada et dans le nord de la Sibérie. Ces gisements sont issus d'une poussée de magma au travers de la croute terrestre ou d'une concentration de métaux due à la présence d'eaux géothermales. Aux grandes régions productrices tropicales comme la Nouvelle-Calédonie, l'Indonésie, les Philippines et Cuba s'ajoutent donc le Canada et la Sibérie, sur des sites souvent difficiles d'accès, qui seront massivement exploités dès lors que les usages du métal les plus intéressants auront été étudiés par les scientifiques et les industriels. Les réserves de nickel de Cuba figurent parmi les plus importantes au monde. Comme la Nouvelle-Calédonie, la grande île de la Caraïbe possède environ le quart des réserves mondiales (800 millions de tonnes de réserves confirmées et 2 milliards de réserves probables).

Par le tonnage produit, d'environ 1,4 million de tonnes en 2008, le nickel se situe en queue de peloton des grands métaux usuels (fer, aluminium, cuivre, manganèse, zinc, chrome et plomb), . [hal-00662111], mais c'est un métal de grande importance économique, car il se révèle de plus en plus indispensable à la production de nombreux aciers inoxydables: environ 65 % du nickel mondial est utilisé pour cette production, selon l'Institut du nickel.

Préhistoire

Antiquité L'utilisation du nickel est très ancienne, attestée jusque 3500 av. J.-C. Des bronzes trouvés en Syrie possèdent une teneur en nickel jusqu'à 2 %. D'anciens manuscrits chinois suggèrent que « le cuivre blanc » était utilisé en Chine entre le et le Durant l'Antiquité, en Grèce et en Chine, les artisans fabriquent par des procédés indirects à partir de minerais des pièces de monnaie en alliages. Les chinois ont découvert un alliage de métal blanc ancien appelé « paktong » et composé de nickel, de cuivre et de zinc. Mais le minerai de nickel état souvent confondu avec celui d'argent, sa connaissance et ses usages ne seront cependant développés à grande échelle que bien plus tard.

Moyen Âge

Le nickel, sous sa forme brute, aurait été découvert au siècle dans les montagnes de Saxe. Les mineurs allemands tentent alors, en vain, de traiter un minerai de couleur rouge, croyant qu'il pouvait contenir du cuivre. Face à leur échec, ils baptisent ce minerai du nom de « kupfernickel », qui signifie « cuivre du diable ».

Le chimiste suédois Axel Fredrik Cronstedt, qui a comme maître Georg Brandt, le découvreur du cobalt en 1737, marche dans ses traces. Quatorze ans plus tard, il identifie en 1751 un nouvel élément métallique, tiré d'un minerai très semblable au « kupfernickel » allemand. En souvenir du nom traditionnel, il lui donne le nom de « nickel ».

Le nickelage est mis au point par le chimiste anglais Michael Faraday en 1834. La grande résistance à l'oxydation de la couche nickelée justifie l'emploi de cette technique.

Années 1860: la découverte de Jules Garnier thumb|right|Minerai de népouite, muséum de Toulouse

Jules Garnier, ingénieur des Mines français en mission , parcourt de 1863 à 1866 la Nouvelle-Calédonie et y découvre en 1864 sur les bords de la rivière Dumbéa, une roche énigmatique de couleur verte, qui se révèle être un silicate hydraté de nickel et de magnésium, un minerai contenant, au maximum, 6 à 7 % de nickel, nommé en son honneur la garniérite. Cette forme particulière de saprolite restera à une époque une importante source nickélifèreHistoire : De Jules Garnier à aujourd'hui sur le Site officiel d'Eramet .

Années 1870 : le nickel démarre en Nouvelle-Calédonie thumb|left|Mines de nickel en Nouvelle-Calédonie, dans Charles Lemire, Voyage à pied en Nouvelle-Calédonie et description des Nouvelles-Hébrides. Ouvrage orné de deux cartes, etc, 1884, British Library HMNTS 10491, La production de nickel démarre en 1875 sur les sites découverts par Jules Garnier.. Déjà à cette époque, le débat est vif entre ceux qui préconisent un traitement hydrométallurgique et Garnier, qui adopte un procédé pyrométallurgique. En 1877 : deux sociétés se lancent dans l'exploitation de la "garniérite", désormais appelée "l'or vert". Higginson et Hanckar construisent une usine de traitement du nickel à la Pointe Chaleix, à Nouméa, pendant que Garnier et Marbeau installent une fonderie à Septèmes-les-Vallons, dans les Bouches-du-Rhône. Au même moment, la présence de l'antimoine est signalée pour la première fois, en 1876, dans le , débouchant sur le creusement des mines d'antimoine de Nakety.

L'État permettra l'essor de cette industrie à partir de 1878, par le biais de l'envoi sur place de condamnés, dans le cadre du contrat de la « balade », Rapport d'information par Henri Torre, pour la commission des financesdu Sénat français, le 5 octobre 2005. Ces arrivées sont relayées ensuite par la venue d'asiatiques, dès la fin du siècle, engagés afin de travailler dans les mines, et qui pour la plupart sont demeurés sur le territoire néo-calédonien.

Thio, capitale du nickel à partir de 1875, connaît diverses immigrations : chinoise et indienne (1865, Malbars), pénitentiaire (1872). Peu après, ce sera la grande révolte kanak de 1878.

Le premier recensement officiel donne kanak en 1887Guy Bierman., en 1891, en 1897, en 1901. Ce qui valide l’estimation de la population autochtone à en 1859, et à en 1877, pour colons ou non kanak.

Années 1880 thumb|Portrait de John Higginson. Les Rothschild reprennent le nickel calédonien La Société Le Nickel (SLN) a été créée en 1880 pour l'exploitation de mines de nickel en Nouvelle-Calédonie.. Ses promoteurs construisent une usine à Thio, sur la côte Est de la Grande Terre, village minier qui produit de la matte à 50 % de nickel.

En 1883, la famille Rothschild rachète la Société Le Nickel, dont le cœur des activités restera basé à Thio, jusque dans les années 1930, le développement de la région étant si étroitement lié à la société que le journal La France australe la surnomme « Nickeltown », tandis que le Bulletin de Commerce parle pour sa part de « Thio-lès-Rothschild ». Le siège social sera même implanté à Thio-Village de 1921 à 1923.

Entre-temps, John Higginson, obsédé par la défense de la Nouvelle-Calédonie face aux intérêts anglais environnants, fonde en 1882 la Compagnie calédonienne des Nouvelles-Hébrides, qui achète de manière souvent douteuse au cours de la décennie près de dans l'archipel, en partie au capitaine anglais et trafiquant d'armes McLeod (1845-1894). Cette entreprise coloniale fera faillite en 1894. Du nickel découvert dans le bassin du Grand Sudbury, au Canada

Au même moment, pendant la construction du Chemin de fer transcontinental au Canada en 1883, du nickel est découvert dans le bassin du Grand Sudbury en Ontario. Cette découverte a alors provoqué une forte immigration européenne. La mine Big Nickel de Sudbury en Ontario est une mine de roc dur et les premiers gisements avaient été découverts dès 1751Toute une histoire! Sudbury , par Daniel Marchildon, Centre franco-ontarien de ressources en alphabétisation . L'abondance de nickel dans la région lui vaut par la suite le surnom de « Capitale du nickel ». En 1886, Samuel Ritchie, un Américain, réussit à acheter sept mines pour et fonde la compagnie « Canadian Copper », bientôt supplantée par la « Canadien Pacifique ». Cette compagnie découvre que l'acier est plus résistant s'il contient du nickel. Le mélange d'acier et de nickel sert à fabriquer du matériel de guerre en 1914-1918. Peu après, on découvre la façon de séparer le nickel des autres minéraux. En 1891, la mine de Falconbridge ouvre ses portes à Sudbury. Cette mine est riche en nickel. Une compagnie américaine décide de l'acheter. Falconbridge grossit rapidement, au point de devenir la deuxième plus mine grande productrice de nickel au monde.

La compagnie Canadien Pacifique invite les jésuites à suivre les ouvriers.Le 29 mars 1883, le père Joseph Specht arrive à Sudbury et célèbre la première messe dans la région. Trois mois plus tard, le père Jean-Baptiste Nolin remplace et fait construire une chapelle en bois, plus vieil édifice local de la paroisse Sainte-Anne, qui vient d'être fondée.

Années 1890 Robert Mond devient le « roi du nickel » de l'Ontario Ludwig Mond découvre le nickel carbonyle, intermédiaire du procédé de purification du nickel qui porte son nom, mis au point en 1890. L'exploitation du gisement canadien de Sudbury, à base de « pyrrhotines nickélifères », a permis en grande partie l'essor de la , crée en septembre 1900 et autorisé par la représentation du fils aîné de Ludwig, Robert Mond en Ontario en octobre suivant.

En 1897, Robert Mond prend la direction de l'entreprise familiale au Pays de Galles, qui emploie alors des milliers de personnes, puis, après avoir découvert un nouveau procédé d'électrolyse du chlorure de zinc, il fonde la « Nickel Mond Company » à Sudbury (Ontario) au Canada ; il devient le « roi du nickel ». Il invente aussi une méthode de production de soude, puis le nickel carbonyle.

Les fortes teneurs en Nouvelle-Calédonie En Nouvelle-Calédonie, à l'aube du , les teneurs d'exploitation dans les gisements étaient d'environ 20 % de nickel. Elles seront un siècle plus tard beaucoup plus faible, c'est-à-dire entre 2 et 3 %, avec des teneurs en cobalt négligeables. Pendant très longtemps, la SLN fut le seul mineur métallurgiste Nouvelle-Calédonie, où existaient de nombreux petits opérateurs dans le secteur de l'extraction en période de boom portée par la fermeté des cours. Les mines de nickel de l'île sont des carrières à ciel ouvert ne demandant pas de difficiles travaux souterrains. Mais le contrôle et le suivi des concentrations en nickel sont difficiles. La variabilité des teneurs est souvent importante et les corrélations entre sondages disparaissent au-delà de dix mètres de distance, ce qui prive les mineurs de visibilité à long terme. La balance commerciale, fortement tributaire des cours du nickel, passe dans le rouge.

Le traitement électrochimique s'est aussi développé à la Belle Époque. Les chimistes ou métallurgistes Becquerel, Roseleur, Adams et Pfannhauser mettent au point un traitement à base de sulfate double de nickel et d'ammonium. Ce sont les premières pièces nickelées, aujourd'hui communes dans les appareils usuels. Le nickelage s'impose comme un procédé de galvanoplastie à la mode.

Les métallurgistes en quête d'amélioration des propriétés mécaniques et physico-chimiques des produits ferreux s'aperçoivent que, outre sa facilité d'alliage avec de nombreux métaux, le nickel confère une grande résistance à l'acier et au fer. Il incorpore le nickel dans leurs productions de plus en plus sophistiquées via divers ferronickels patiemment mis au point. L'acier à 3 % en masse de nickel est très vite utilisé dans les roues de wagons ferroviaires, puisque l'addition minime de nickel fait passer la charge de à . Les marines nationales emploient les aciers au nickel pour le blindage des navires. Les aciers faiblement alliés sont facilement durcis, par 2 % de nickel et 1 % de nickel. Années 1900 Le traitement électrochimique s'est développé à la Belle Époque. Les chimistes ou métallurgistes Becquerel, Roseleur, Adams et Pfannhauser mettent au point un traitement à base de sulfate double de nickel et d'ammonium, pour les premières pièces nickelées. La gigantesque fusion de sept géants du nickel en 1902, pour créer Inco