Albert Maquet, né à Ougrée en 1922 et mort à Liège en 2009, est un écrivain de langue wallonne. Ses œuvres, tant théâtrales que poétiques, ont marqué la littérature wallonne du parce qu'elles la poussent hors des conventions et des habitudes d'écriture. En confrontant la littérature wallonne à des auteurs et des styles internationaux, qu'il a été amené à étudier durant sa carrière académique, il force la langue wallonne à sortir de ses frontières et à épouser les réalités contemporaines les plus variées.

Biographie Docteur en Philologie romane de l’Université de Liège, Albert Maquet est engagé comme lecteur à l'Université de Turin de 1957 à 1964, après avoir travaillé comme professeur de français dans des écoles secondaires belges. Après avoir été assistant aux universités de Gand et de Liège, puis chargé de cours, il devient enfin professeur ordinaire de la chaire d'italien à l'Université de Liège en 1971.

Albert Maquet est également écrivain en langue wallonne et critique littéraire.

Carrière académique Durant sa carrière, ses recherches l'amènent à étudier des auteurs français et italiens. Il publie des études sur l'œuvre d'Albert Camus ou sur Stendhal. Il étudie également avec une attention particulière la question de la traduction italo-française et les langues et littératures dialectales de l'Italie (piémontais, occitan, milanais), et leurs auteurs (Pier Paolo Pasolini, Tavo Burat). Ces études à propos de ces langues l'amènent à travailler à la promotion et à la défense des langues et cultures menacées en Europe. Il est un des premiers à jeter des ponts entre les littératures wallonnes, provençales et piémontaises, à ouvrir la littérature wallonne à la traduction en italien ou en anglais.

Carrière d'auteur wallon Poète, essayiste, dramaturge, Albert Maquet s'illustre dans tous les genres. Il n'a jamais cessé d'écrire dans sa langue maternelle et "l'exploite de manière à montrer que, même s'il s'agit d'une langue plus populaire, elle se prête à l'expression des plus subtils mouvements du cœur et de l'âme.

Il s'inscrit dans la génération dorée de 1948, aux côtés de Louis Remacle, Willy Bal, Franz Dewandelaer et Jean Guillaume, avec lesquels il publie Poèmes wallons.

Il n'hésite pas à adapter Nicolas Gogol (avec Li paletot), Anton Tchekhov, Nicolas Machiavel (avec Li Harloucrale) ou les auteurs de l'Antiquité grecque et romaine, montrant ainsi la capacité de sa langue à traduire les écrits les plus divers de la littérature de tout temps et de tout lieu. En poésie, il aborde les genres les plus complexes, comme le haïku ou le monostique. Selon Jean Brumioul, journaliste liégeois et auteur en langue wallonne lui aussi, "Dans le domaine de la poésie, il était un des trois meilleurs auteurs wallons [...]. Il défendait une idée du wallon supérieure".

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Liste des principales œuvres publiées Samainne, Liège, Horizon nouveau, 1941 ; Djeû d'apèles, Jeu d'appeaux, Liège, L'impression nouveau, 1947 ; L'èrdiè sins solo, [S.l.] : [s.n.], 1950 ; avec Henri Espieux, Lûre èl sipèheûr, Paris, Pierre Seghers, 1954 ; Albert Camus ou l'invincible été, Paris, Debresse, 1956 (ouvrage traduit en anglais et en italien) ; Deux amis italiens de Stendhal : Giovanni Plana et Carlo Guasco, Lausanne, éd. du Grand Chêne, 1963 ; L’astronome royal de Turin Giovanni Plana (1781-1864). Un homme, une carrière, un destin, Bruxelles, Académie royale de Belgique (cl. des Sciences), 1965 ; Albert Mockel : 1866-1945, Liège, Province de Liège, 1969 ; Come ine blanke arièsse, Namur, Cahiers wallons, 1975 ; Dès steûles divins lès nûlêyes, Namur, Cahiers wallons, 1986 ; Théâtre en wallon liégeois (contenant Califice, l'ome di nole på èt d'ine sawice, Ratakans mès-èfants, Li paletot), Liège, Société de langue et de littérature wallonnes, 1987 ; Sadi hozètes, Liège, Augusta Eburonum, 1993 ; (avec Tavo Burat) dal creus dël temp – då fond dès timps, éd. Traditions et Parlers populaires Wallonie-Bruxelles asbl, coll « micRomania », , 1993 ; Pier Paolo Pasolini, el ruiseñor de la "Ladinia" friulana, le rossignol de la "Ladinia" frioulane, l'usignolo della "Ladinia" friulana, Charleroi, MicRomania, 1996 ; Tetrastikha, Liège, Société de langue et de littérature wallonnes, 1996 ; Calipsô, Seraing, La trace, 2001 ; Théâtre en wallon liégeois (contenant li harloucrale, li guére å cou, l'arèdje è coûr), Liège, Société de langue et de littérature wallonnes, 2001 ; Poèmes de l’Antiquité grecque et romaine adaptés en wallon liégeois, Charleroi, MicRomania (2001) Disjecta, Liège, Société de langue et de littérature wallonnes, 2005 ; Poésie en langue wallonne du pays de Liège 1941-2001, Charleroi, MicRomania, 2005 100 Haïku è walon d' Lîdje, Liège, Société de langue et de littérature wallonnes, 2007 ; Sins rîmes ni rame, Charleroi, MicRomania, 2008 ; Botêye walone, Charleroi, MicRomania, 2009

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Marie-Guy Boutier, "Témoignages écrits des dialectes romans", dans Manuel des anthologies, corpus et textes romans, Berlin-Boston, De Gruyter, 2015, Tavo Burat, Jenny d'Inverno, Jean Lechanteur, "Hommage à Albert Maquet", dans Wallonnes, 3/2009, Albert Maquet, Botêye walone, Charleroi, MicRomania, 2009 (contient une présentation de l'auteur et de son œuvre en guise de préface). Maurice Piron, Anthologie de la littérature wallonne des origines à nos jours, Liège, Mardaga, 1979,

Articles connexes Wallon Littérature wallonne

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