Les Chaussettes Noires est le premier groupe de rock 'n' roll français, originaire de Créteil, dans le département de la Seine (aujourd'hui dans le Val-de-Marne). Il est formé en sous le nom Les Five Rocks, puis « Les Cinq Rocks ». Dès ses débuts professionnels en 1961, le groupe est renommé « Les Chaussettes Noires » et connaît un succès immédiat. Après le départ du chanteur Eddy Mitchell en , la formation connaît encore une année d'activité et se sépare à la rentrée 1964.
Composition du groupe Le groupe d'origine comprend : Claude Moine, alias Eddy Mitchell : chant William Bennaïm ( - .): guitare solo (souvent orthographié Benaïm) et chœurs Tony D'Arpa ( - .) : guitare rythmique et chœurs Aldo Martinez ( - .) : guitare basse (initialement à la guitare). et chœurs Jean-Pierre Chichportich (Constantine, Algérie française - ) : batterie
En , Gilbert Bastelica ( - .). remplace le batteur Jean-Pierre Chichportich parti au service militaire. A son retour, Jean-Pierre Chichportich reprend sa place dans le groupe en janvier- avant d'être remplacé définitivement par Gilbert Bastelica en mars.
En , le saxophoniste Michel « Mick » Picard se joint au groupe puis est appelé sous les drapeaux en . Michel Gaucher lui succède au saxophone en . Ce dernier reste dans le groupe jusqu'au départ d'Eddy Mitchell en .
À partir de , le groupe devient une formation instrumentale (sur disque et lors des prestations sur scène où il se produit en alternance en formule instrumentale et en accompagnateur d'Eddy Mitchell).
Fin Jukebox Magazine Mars 1997, , Chaussettes Noires - Interview Paul Benaïm, page 7., Paul Bennaïm ( - .), qui intervient déjà officieusement dans les Chaussettes Noires depuis le printemps 1963, devient guitariste du groupe. En , il remplace officiellement Tony d'Arpa.
La formation finale du groupe (de janvier à ), devenu combo instrumental et vocal, comprend : Aldo Martinez : basse et chant ; William Bennaïm : guitare rythmique et chant ; Paul Bennaïm : guitare solo, orgue et chœurs ; Gilbert Bastelica : batterie et percussions.
Musiciens additionnels sur disque (non exhaustif) : Jean Bouchéty (1920-2006.) : contrebasse/basse (arrangeur du groupe puis d'Eddy Mitchell, il tient l'instrument sur quelques-uns des premiers titres en 1961) ; René Motta : batterie (en ) ; Armand Molinetti : batterie (sur la majorité des enregistrements en 1961-1962) ; Claude Viers : batterie ; Christian Garros (1920-1988.): batterie ; Georges Arvanitas (1931-2005.): orgue (sous le pseudonyme de Jimmy Moroney, en 1962) ; (1925-2013.) : saxophone ; Pierre Cullaz : guitare (en complément sur quelques titres en 1961-62) ; Paul Bennaïm : guitare (avant son intégration officielle dans le groupe en 1964, en complément lors des séances d'enregistrement de mars et (EP instrumental et dernier disque avec Eddy Mitchell).
Musiciens de remplacement en tournée, du fait des nombreuses indisponibilités des membres du groupe, militaires en 1962-1963 : Yvon Ouazana : batterie (batteur des Champions) pour le gala du à Nancy lors de la tournée organisée par Disco Revue avec Gene Vincent) ; Vic Laurens : guitare rythmique en tournée en Algérie en ; Jean Veidly : guitare basse du groupe Les Pirates pour une tournée en région parisienne en ; Willy Lewis: batterie (ex-Chats Sauvages, ex-Champions, batteur de Claude François en 1963), remplace courant 1963, pour quelques galas, Gilbert Bastelica appelé sous les drapeaux. Michel Santangeli : batterie (ex-Pingouins et batteur des Chats Sauvages en 1964) pour les galas donnés durant l'été 1963 ; Jean-Louis Licard : guitare et basse (guitare solo des Pirates en 1963-64 et des Champions en 1964) pour les galas donnés durant l'été 1963 ; Paul Bennaïm : guitare et basse, en remplacement de Tony d'Arpa et Aldo Martinez en 1963.
Biographie Les Cinq Rocks À l'origine de ce qui va devenir le premier groupe professionnel de rock 'n' roll en FranceLivret du CD Les 5 rocks, auteurs Maurice Achard, Jacques Leblanc, label Big Beat, Ref. BBR 00070, citation : « À jamais inscrit dans l'histoire comme le premier groupe de rock français, Les Chaussettes noires débutent... » (Jacques Leblanc).., il y a la rencontre en 1960 de Claude Moine, le futur Eddy Mitchell, et d'Aldo Martinez. Une passion commune pour le rock 'n' roll, cette musique venue des États-Unis alors quasiment inconnue en France, les rassemble. Claude a envie de se lancer dans le rock à l'instar de son ami Johnny Hallyday et recherche des musiciens pour monter un groupe (s'inspirant de Gene Vincent et ses « Blue caps »). Aldo joue de la guitare. C'est ce dernier qui va réunir Claude Moine et son ami le batteur Jean-Pierre ChichportichCharly Zonca, batteur des Toppers, l'aurait, selon une hypothèse nullement confirmée, un temps précédé au sein du groupe.Daniel Lesueur, L'argus Eddy Mitchell, Éditions Alternatives, 2004, . à un groupe d'amis guitaristes amateurs de la Cité des Emouleuses de Créteil, également passionnés de rock. Aldo a fait la connaissance de Victor Laurent d'Arpa (futur Vic Laurens du groupe Les Vautours) qui lui présenteLa rencontre des guitaristes : extrait de l'interview de Vic Laurens (Jukebox Magazine numéro 59, "J'ai formé les Chaussettes Noires")... "Un jour il y a eu un crochet, organisé par la marque d'apéritif Berger, au stade de Créteil, près du Domaine Sainte-Catherine, une sorte de boîte de nuit que nous fréquentions régulièrement (...) j'avais quatorze ans et demi/quinze ans. Plus ou moins à la même période, une fille que je connaissais me présente un gars. C'était Aldo Martinez. Elle me dit qu'il connaît déjà un chanteur, Eddy Mitchell, et qu'il est à la recherche de musiciens pour monter un groupe. Je pouvais me proposer comme guitariste, mais j'avais déjà dans l'idée de devenir chanteur moi-même, alors j'ai préféré le brancher sur des gens susceptibles de faire l'affaire : Tony d'Arpa, mon frère, qui entre temps avait lui aussi appris quelques accords ; et William Benaïm, un autre passionné de rock, également de Créteil. Pour rire, on pourrait dire que C'EST MOI QUI EST FORME LES CHAUSSETTES NOIRES ! Aujourd'hui, avec un recul de trente ans, quand j'en parle avec Tony, il n'est pas vraiment d'accord ! Ou bien il ne s'en souvient plus. Certaines choses deviennent lointaines, pourtant je me rappelle très bien avoir accompagné Aldo chez William. Ils ont joué un peu. Tony était présent, et puis voilà comment ça a commencé, toujours en 1960.
Une autre version (un peu similaire) de la rencontre entre Aldo, William et Tony est décrite dans le livre "Dactylo Rock - Le Roman vrai des Chaussettes Noires" de Maurice Achard, pages 17-18, où Aldo, invité à une noce au Domaine Sainte-Catherine par l'intermédiaire d'une de ses amies, fait la connaissance de William et Tony. William Bennaïm (guitare) ainsi que son propre frère Tony d'ArpaTony d'Arpa est le frère de Vic Laurens, qui deviendra le chanteur du groupe Les Vautours. (guitare). Tous, à l'exception d'Eddy Mitchell, sont pieds-noirsDaniel Lesueur, L'Argus Eddy Mitchell, Éditions Alternatives, 2004, .. Ainsi au complet, le groupe se nomme dans un premier temps Eddy Dane et les Danners, puis Les Five Rocks et encore Les Cinq RocksDaniel Lesueur, L'Argus Eddy Mitchell, Éditions Alternatives, 2004, , 17, 18..
En 1960, près de la rue Saint-Dominique à Paris, alors qu'ils répètent sur la scène d'une salle paroissiale, un masseur kinésithérapeute non-voyant nommé Daniel Gouin, les enregistre sur un magnétophone captant ainsi quatre titres qui durant près de quarante ans resteront inédits (voir Les Cinq Rocks) : Be-Bop-A-Lula (en anglais), Betty (adaptation française de Baby Blue), Tant pis pour toi (adaptation de Wild Cat) de Gene Vincent et L'Ours gris (adaptation de de Johnny Preston) ; ce dernier reste totalement inédit, tandis que les trois autres seront au programme des deux premiers 45 tours des Chaussettes noires en 1961. Les adaptations françaises sont pour la première fois signées par Eddy Mitchell sous son vrai nom Claude Moine, comme il le fera par la suite tout au long de sa carrière.
Eddy Mitchell démarche des maisons de disques (son ami Daniel Lesueur, L'argus Eddy Mitchell, Éditions Alternatives, 2004, .) et en les Five Rocks sont auditionnés par la maison de disques Barclay aux studios Hoche à Paris par Jean Fernandez, auquel se joint Eddie Barclay. À leur côté, un certain Henri Marchal assiste à l'audition. L'adaptation d'un titre de Gene Vincent l'impressionne particulièrement : Wild Cat, qui en français signifie « chat sauvage » ; c'est ce à quoi Marchal compare les cinq garçons : à des chats sauvages. Quelque temps plus tard, Marchal travaillera pour Pathé-Marconi, la maison de disques qui lança Dick Rivers et son groupe Les Chats Sauvages. Pour l'heure, Les Five Rocks signent, le Livret du CD Les 5 rocks, auteurs Maurice Achard, Jacques Leblanc, label Big Beat, Ref. BBR 00070., chez Barclay pour trois ans (plus exactement le contrat est paraphé par les parents car tous sont mineurs).
Les Cinq Rocks deviennent Les Chaussettes Noires (1961) Le commencent les séances d'enregistrements. Celles-ci sont laborieuses, aucun des musiciens n'ayant encore de réelle maîtrise instrumentale ni de connaissance de solfège. Ils se trompent régulièrement, au point qu'Eddy Mitchell se casse la voix à force de reprendre Be-Bop-A-Lula. La structure même du groupe, qui compte alors trois guitares, sans bassiste, est repensée. On adjoint à la formation le contrebassiste et arrangeur Jean Bouchéty (en attendant qu'Aldo Martinez se forme à la guitare basse). Quant au batteur Jean-Pierre Chichportich, qui peut tenir honorablement un tempo en direct, il n'a pas la régularité et la tenue de batterie nécessaire pour réaliser un enregistrement. Il est remplacé par les batteurs professionnels René Motta pour les titres du premier super 45 tours, puis Armand MolinettiDaniel Lesueur, L'argus Eddy Mitchell, Éditions Alternatives, 2004, , 20., qui officiera d'ailleurs quelques mois plus tard pour les Chats sauvages.
En , sort le premier super 45 tours : Tu parles trop, Si seulement, Be Bop a Lula (cette fois adapté en français) et Tant pis pour toi. Le jour du premier passage radio, sur Europe , le présentateur annonce non pas Les Cinq Rocks mais Les Chaussettes Noires. Indignés les membres du groupe apprennent que leur maison de disques a, avec la complicité de Lucien Morisse directeur des programmes de la station, négocié un parrainage avec les chaussettes Stemm. De cette affaire d'argent, souscrite à leur insu, le groupe ne s'enrichit guère, on leur remet une boîte de dix paires de chaussettes noires, mais gagne en notoriété et en diffusions radiophoniques. Évelyne Langey, leur impresario, déclare pourtant que Stemm leur a aussi offert leurs smokings, une batterie et trois amplisDaniel Lesueur, L'argus Eddy Mitchell, Éditions Alternatives, 2004, .. Cette affaire faillit avoir des conséquences catastrophiques pour le groupe : le , il doit participer à l'émission Toute la chanson présentée par Jacqueline Joubert sur la RTF. Or, la chaîne de télévision ne veut pas se faire complice de cette publicité détournée et envisage un temps d'annuler leur passage. Un compromis est trouvé et finalement on présente le groupe sous le nom des Cinq RocksYoutube. (préféré à celui de Five Rocks qui fait trop américain)Daniel Lesueur, L'argus Eddy Mitchell, Éditions Alternatives, 2004, , 22..
Entre-temps, la formation travaille son jeu de scène avec le chorégraphe américain Scott Douglas et adopte comme tenue : pantalons noirs en alpaga, chemise à jabot, nœud papillon et veste couleur lie-de-vin. Le , au Palais des Sports de Paris, ils participent, sous l'appellation Les Chaussettes Noires définitivement adoptée, au premier festival international de rock 'n' roll, avec Johnny Hallyday en vedette.
Succès fulgurant et Rock 'n' Twist