Le château de Montagnier est un ancien château fort, probablement du , dont les ruines se dressent dans la commune de Samoëns dans le département de la Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Entre les , il est le siège d'une châtellenie. Depuis 1906, il est intégré dans le jardin botanique alpin La Jaÿsinia.

Toponyme On trouve plusieurs formes attestées pour nommer le château. Dans son article « Les anciens châteaux du Faucigny » (1929), l'érudit local Lucien Guy, de l'Académie Florimontane, tout comme l'archéologue suisse, Louis Blondel (1956), relèvent dans de nombreux actes la mention castrum Montanerii... Le premier retient la forme moderne Montanier, que l'on trouve également sous les formes Montagnier, Montagny (lire en ligne).. Ces deux dernières étant celles retenues par les auteurs du Régeste genevois (1866) (lire en ligne).. Le nom pourrait .

Louis Blondel prend pour titre, dans sa classification des châteaux savoyards, la forme château de Samoëns (Castrum et Castellania Septimontii), tout comme anciennement Jean-Louis Grillet (1807) (lire e ligne)..

Le château est aussi parfois qualifié, selon les auteurs, (Guy 1929), que l'on trouve sous les formes la Tornaltaz (« tour haute » en franco-provençal) (lire en ligne)., voire plus récemment la Tornalta.

Localisation Le château de Montagnier se situait sur un rocher nummulitique, à 200 mètres au-dessus, du développement du bourg de Samoëns (lire en ligne).... Le château contrôle ainsi en partie la haute-vallée du Giffre, et l'accès notamment aux cols de Joux Plane (vallée d'Aulps - Chablais), de la Golèse (Golaise) et de Cou (Couz) (Val d'Illiez - Valais) (lire en ligne). et l'accès à Sixt.

Le lieu-dit s'appelait encore « le Château » à la fin du , avant son intégration au jardin botanique alpin La Jaÿsinia en 1906, créé par la fondation Cognacq-Jay.

Historique Le château n'est pas mentionné avant le début du , mais il semble avoir été édifié dans le style du siècle précédent pour les spécialistes. Albanis Beaumont, dans « Description des Alpes grecques et cotiennes (IV) » (1802 et 1806), émet même l'hypothèse d'une première installation castrale remontant l'époque burgonde :

Il n'est cependant pas nommé dans la liste des châteaux que le seigneur de Faucigny Pierre de Savoie et sa femme, AgnèsActe du publié dans le Régeste genevois (1866) (REG 0/0/1/955). possèdent.

Les premières mentions du château sont plutôt tardives 1309. Dans un acte indiquant que le château est mis en hypothèque pour la dot du mariage entre Hugues, fils d'Humbert , dauphin de Viennois, et Marie, fille du comte Amédée V de Savoie. C'est vers cette période, vers 1305. ou 1309., que le château devient le centre d'une châtellenie. Jusque-là, il dépendait de Châtillon. Il semble par ailleurs que la fortification ait été réaménagée ou renforcée à cette date.

En 1339, un échange s'effectue entre Humbert de Viennois et Hugues de Genève. Le château est cédé à Hugues, avec d'autres biens, en raison de son soutien lors des guerres delphino-savoyardes. Lorsque le conflit prend fin avec les traités de 1354-1355, la châtellenie passe définitivement, avec la baronnie de Faucigny, à la maison de Savoie.

Dans le contexte des guerres de Bourgogne, opposant les Bourguignons et les Savoyards à la Confédération suisse, les Valaisans repoussent les armées savoyardes en Bas-Valais. Ils traversent ensuite les monts, passent le col de Joux Plane et descendent sur Samoëns, le . Le château est très probablement détruit lors de la prise et de l'incendie du bourg de Samoëns. (lire en ligne).. Il ne semble pas avoir été restauré par la suite.

En 1699, la seigneurie, devenue un marquisat, est achetée par la famille Salteur de la Serraz.

Avec l'aménagement du jardin botanique alpin La Jaÿsinia, en 1906, les ruines ont été transformées en partie en abri.

Description Le château s'est établi sur une motte naturelle avec une pente escarpée facile à défendre. L'ensemble reste cependant assez sommaire.

De nos jours, il ne reste visible qu'une ancienne enceinte quasi circulaire de de circonférence, qui reprend les courbes de la motte.

Les comptes de châtellenie de Samoëns, conservés aux Archives départementales de la Savoie, permettent de connaître les différents travaux effectués sur le château à partir de 1355, sur une période de 165 ans (lire en ligne).. Ils ont ainsi permis aux archéologues de reconstituer l'organisation castrale. La fortification comprenait ainsi un ou deux corps de logis, .

L'entrée principale se trouvait à l'est. À l'ouest, se trouvait une ouverture, dite « l'archière ». L'édifice possédait une tour de 3 mètres par 4 (lire en ligne)..

Châtellenie de Samoëns Organisation Le château de Montanier est le centre d'une châtellenie, dite aussi mandement, en Faucigny.., mise en place dès 1305 ou 1309. Le Faucigny serait organisée autour de neuf châtellenies à la fin du dont Samoëns occupait le rang dans l'ordre de préséance, selon l'ancien inventaire des titres du Faucigny (1431), cité notamment par le chanoine Jean-Louis Grillet (Volume 2, lire en ligne).

Durant la période delphinale, le Faucigny serait organisé (à partir de 1342-1343) autour de quinze châtellenies, dont Montanier..

Le territoire de la châtellenie comprend Morillon et ses trois hameaux (le Vernet, Honora et les Miaux), situés à l'ouest sur la rive gauche du Giffre et en aval du bourg de Samoëns (lire en ligne)., le village de Vallon, dans une plaine située au sud-est (lire en ligne).

Au , les armes du mandement se blasonnaient ainsi : trois paux de gueules sur or avec un pin.

Châtelains Le châtelain est un ... Il est chargé de la gestion de la châtellenie, il perçoit les revenus fiscaux du domaine, et il s'occupe de l'entretien du château.. Le châtelain est parfois aidé par un receveur des comptes, qui rédige « au net [...] le rapport annuellement rendu par le châtelain ou son lieutenant »..

Administration faucignerande

Administration dauphinoise, puis française

- (également receveur pour la période) : Étienne Pugin ;

Administration savoyarde - : Eymery de Montfalcon ; - : Sibuet de Bellegarde ; - : Jacques d'Apremont ; - (également receveur pour la période du au ) : Viffrey (Guiffrey) Forrier de Tournon ; - (également receveur pour la période du au et du au ) : Robert de Menthon ; - : Henri (Henry) de Menthon, héritiers et fils du précédent ; - : François (II), Philibert, Guillaume et Jean (II) de Menthon (co-châtelains), fils du précédent et frères ; - (également receveur pour la période du au ) : Jean (II) de Menthon (François (II) Philibert co-châtelain ?) ; - : Philibert de Menthon, héritiers et fils de Henri (Henry) de Menthon ; - : Jean (III) et Louis de Menthon, héritiers et fils de Philibert ; - : Jean de Grandmont et Pierre de Rosey ; - : Jean de Grandmont ;

Administration de l'apanage de Genevois (1514-1659).

1515-1520 : Noble Aymon Puthod ; 1520-1523 : Noble Roud Deblens ; 1523-1530 : Noble Michel Jay ; 1531 : Noble Nicolas Chesney ; 1532-1534 : Noble Claude Excoffier ; 1535-1538 : Noble Jean de Moyron ; 1537-1541 : Noble Claude Excoffier ; 1543-1544 : Noble Nicolas Chesney ; 1544-1547 : Noble Charles Jay ;

1550-1553 : Noble Charles Jay ;

1559-1565 : Noble Charles Jay ; 1565-1566 : Noble François Dénarié, châtelain pour le fait de la justice ; 1566 : Maître Pierre Dénarié, châtelain pour le fait de la justice ; 1565-1568 : Noble Charles Jay et maître Gaspard Thovex ; 1568-1571 : Noble Charles Jay, maître François de Bieu et noble Jean Poterlat ; 1571-1577 : Noble Charles Jay ; 1577-1586 : Maître Pierre Dénarié ; 1586-1592 : Noble Charles Jay ; 1592-1598 : Noble Jean-François de Riddes ; 1598-1604 : Maître Jean Cornut ; 1604-1610 : Noble Jean-Jacques de Bongain ; 1610-1616 : Noble Claude de Gex ; 1616-1622 : Se Pierre Duboin et noble Jean de Lestelley ; 1622-1628 : Noble Amblard-Philibert de Vidomne de Chaumont ; 1628-1634 : Noble François de Bieu ; 1634-1640 : Sr Claude Duboin ; 1640-1646 : Maître Claude Dusaugey ; 1652-1658 : Noble Henri Vidomne de Charmoisy ; 1658-1659 : Noble Jacques de Cormand

Voir aussi Bibliographie

. . . . extrait de sa Thèse de doctorat d'Histoire dirigée par Etienne Hubert, Université Lumière-Lyon-II (lire en ligne).

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Fonds d'archives

Articles connexes

Notes et références Notes

Références

Montanier Montanier Catégorie:Samoëns