L’Arbresle est une commune française située dans le département du Rhône, en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Géographie Situation vignette|left|La Brévenne illustrée par Joannès Drevet (1854–1940). La situation de L’Arbresle cumule deux avantages. Le premier, à l’échelon local, est d’être à la confluence de la Brévenne avec la Turdine, l’une assurant la pénétration à l’intérieur des monts du Lyonnais, l’autre à l’articulation de ceux-ci avec les monts du Beaujolais. Le deuxième s’apprécie à l’échelon régional, voire national. Entre le monde rhodanien et donc méditerranéen, et le monde ligérien et donc océanique, l’obstacle montagneux à franchir est d’une soixantaine de kilomètres par le col du Pin-Bouchain (). L’Arbresle est à l’alignement parfait sur cet axe sud-est/nord-ouest, facilement accessible et en premier relais depuis Lyon à une vingtaine de kilomètres.
Communes limitrophes
Voies de communication et transports
La gare est desservie par la ligne Lyon - Roanne ainsi que par le tram-train de l'Ouest lyonnais sur la ligne Lyon Saint-Paul - Sain-Bel. D'autre part, un train touristique à voie normale circule à la belle saison entre L’Arbresle et Sainte-Foy-l’Argentière afin de faire redécouvrir d’anciennes locomotives et wagons restaurés par l’association « Chemin de fer touristique de la Brévenne ».
L'Arbresle est aussi desservie par la célèbre nationale 7 qui la traverse d'Est en Ouest.
Enfin, la commune est desservie par cinq lignes régulières du réseau de bus TCL : 216 : Tarare - Gare <> L'Arbresle <> Lyon - Gorge de Loup ; 218 : L'Arbresle - Gare <> Villefranche-sur-Saône - Gare Routière ; 241 : Chevinay - Cimetière <> L'Arbresle - Gare / L'Arbresle - Collège des 4 Vents ; 243 : Saint-Symphorien-sur-Coise - Parking Charles de Gaulle <> L'Arbresle - Gare ; 285 : Savigny - Place des Rosiers <> L'Arbresle <> Sarcey - Mairie.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Nord-est du Massif Central, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 800 à , bien répartie dans l’année.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune du Breuil à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , L'Arbresle est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de L'ArbresleUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant huit communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de L'Arbresle comprend une ville-centre et sept communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lyon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (63,4 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (53,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (53,3 %), prairies (18,6 %), zones agricoles hétérogènes (13,3 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (10,1 %), forêts (4,7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie L'Arbresla en francoprovençal du Pays lyonnais.
Histoire Préhistoire Dès le Néolithique, la présence de l’homme est attestée par la découverte dans le quartier du Mazard, « de pointes de flèches, d’un racloir et d’une hache. L’usage de l’arc est attesté à la fin du Paléolithique supérieur, soit environ 10 000 ans avant J-C. Les deux pointes font partie de la famille des armures pédonculées, la hache de forme trapézoïdale est un outil utilisé en agriculture, activité qui apparaît au néolithique, soit avant notre ère. Le racloir, quant à lui, est utilisé pour décharner les peaux de bête ». Mais des découvertes récentes d'outils dans les quartiers de la Palma et du Muzard attesteraient la présence de l'homme de Néandertal bien antérieurement.
Temps gallo-romains L’Arbresle apparaît privilégiée par son site, en forme de promontoire dominant la confluence de la Brévenne et de la Turdine. La découverte de pièces de monnaie est un bien faible indice pour permettre d’affirmer qu’il aurait pu être un oppidum avec un rôle de contrôle et de refuge, mais ce serait conforme à ce que l’on sait des populations celtiques qui peuplaient alors le territoire. Plus précisément, la région était alors le domaine de la tribu gauloise des Ségusiaves centrée sur un site à proximité nord-est de Pontcharra-sur-Turdine au lieu-dit Miollan, dénommé Mediolanum sur le fameux itinéraire de Peutinger. Il est encore plus douteux qu’on ait pu vérifier les qualités défensives de cet oppidum lors de la conquête de la Gaule par Jules César, car les Ségusiaves, clients des Éduens, auraient adopté leur politique de collaboration avec le conquérant. On a plus de certitude sur le passage par L’Arbresle de la voie romaine de Lugdunum (Lyon) à Rodumna (Roanne) mettant en communication le Rhône et la Loire animés par le trafic fluvial alors privilégié par rapport aux transports terrestres. La mémoire de cette fonction en a été conservée au Moyen Âge par des appellations flatteuses : . Le recoupement à L’Arbresle de cet axe sud-est/nord-ouest par une voie nord-est/sud-ouest reliant Asa Paulini (Anse) et Forum Segusiavorum (Feurs) — nouvelle cité des Ségusiaves fondée par les Romains — reste une pure hypothèse.
Moyen Âge À défaut de documents écrits, on ne manque pas d’arguments pour affirmer la précocité de la christianisation de la population. « D’après les spécialistes en histoire religieuse, les églises placées sous le vocable de saint Jean-Baptiste et de saint Étienne, comme c’est le cas chez nous, seraient parmi les plus anciennes ». A l’imitation de Lyon ? On peut par ailleurs dater avec précision la fondation d’un établissement hospitalier dans le faubourg de la Madeleine, en rive droite de la Brévenne : elle s’est produite dans le même temps et selon la même inspiration qui attribue au roi mérovingien Childebert la création de l’Hôtel-Dieu à Lyon en 646. L’historien dispose, en revanche, de bases solides à partir du une fois précisé que, vu l’exiguïté du territoire de la commune (3,36 km²), son destin s’est souvent joué en-dehors de ses limites. En l’occurrence, il a été étroitement lié à l’histoire de l’abbaye bénédictine de Savigny. Celle-ci est bien vivante, son cartulaire en fait foi, à partir de 819, au point qu’on l’imagine partie prenante dans ce que l’on appelle la Renaissance carolingienne sous la conduite d’Eginhard. Toutefois, après sa destruction par les hordes hongroises entre 934 et 949, elle peine à sauvegarder son indépendance entre ses puissants voisins, l’archevêque de Lyon, les comtes du Forez et de Beaujeu. Vers 1060, son abbé Dalmace entreprend de fortifier le site de l’Arbresle qui sera défendu par trois enceintes : « le château par lui-même, le vingtain, c’est-à-dire le lieu où les vassaux viennent verser au seigneur la vingtième partie de la récolte et, en dernier lieu, le mur de la ville encore appelé mur d’enceinte ».
Les occasions de conflit perdurent. En 1204, Renaud de Forez (1193-1226) entend faire valoir certains droits féodaux en tant qu’archevêque de Lyon. Lorsque ces droits sont contestés, « il n’hésite pas à porter le fer contre l’abbaye de Savigny qu’il endommagea considérablement en 1204 ». Suivent, au cœur du Moyen Âge des heures plus glorieuses. « La seule église étrangère à la ville [de Lyon] qui puisse rivaliser avec elles [les seigneuries ecclésiastiques] est l’abbaye de Savigny, retranchée dans les monts de Tarare où elle domine sans partage ». Et elle est en possession de terres à Saintes, en Charente ainsi qu’à et à Talloires, sur les rives du lac d’Annecy ! Lors du quatorzième concile œcuménique tenu à Lyon en 1274, la surveillance est confiée à des chevaliers et des gendarmes de l’abbaye de Savigny qui ne sont autres que des Arbreslois pour la plupart.
À cette époque le carcan féodal apparaît comme une entrave au développement de la vie économique. Les seigneurs se voient contraints de l’assouplir en accordant aux villes des chartes de franchises. Les cas en sont nombreux dans la région lyonnaise. En ce qui concerne l’Arbresle, cette notion de charte n’est employée qu’en guillemets, avec dérision. On en jugera par le récit d’un épisode significatif. « Le 6 juillet 1340, l’abbé Jean de Lutry et tous ses moines, réunis en chapitre au son de la cloche, notifiaient solennellement l’accord avec les habitants de l’Arbresle […] grâce à la médiation d’un juriste, Guy Caille, chanoine de Chalon et de Saint-Just, et du bailli de Savigny, Guillaume de Faverges, seigneur du Breuil ». Au terme de cet accord, le droit de la population d’élire ses quatre champiers (gardes champêtres) ne saurait plus être contesté. Le charroi des vendanges vers les caves de l’abbaye reste à charge de la population mais dans certaines limites ; lorsqu’une personne meurt intestat, en vertu du droit de dépouilles, ses biens reviennent à la paroisse mais selon une tarification qui tient compte de la fortune du défunt ; un dixième de l’herbe du pré de la Cour est à la disposition des Arbreslois. Le contraste entre la solennité qui entoure cet accord et l’insignifiance des questions débattues est par lui-même la preuve de l’omnipotence de l’abbaye.