Marie François Auguste, comte Caffarelli du Falga, né le au château du Falga et mort le au château de Leschelle dans l'Aisne, est un général et homme politique français de la Révolution et de l’Empire.

Biographie Fils de Maximilien Caffarelli (1725-1766), seigneur du Falga et de Marguerite Louise Félicité d'Anceau (1732-1786), Auguste Caffarelli nait au château du Falga (Languedoc, auj. dans la Haute-Garonne) le . Il est le frère puîné du général Caffarelli du Falga, mort au siège de Saint-Jean d'Acre le 8 floréal an VII.

Destiné dès sa jeunesse à la carrière des armes, Auguste fait de à l'école militaire de Sorèze comme ses frères Maximilien, Charles-Ambroise, Joseph et Jean-Baptiste, et gagne par exemple, le prix de fortifications lors des exercices de 1775. Il sert depuis 1783 comme sous-lieutenant dans les troupes sardes lorsqu’il quitte ce service en 1791, au moment où la guerre est imminente entre le Piémont et la France. Les événements le déterminent à rentrer dans sa patrie.

Sous la Révolution Lorsqu'en 1793 les Espagnols envahissent le Roussillon, il s’enrôle comme simple dragon au (ci-devant ), dans l'armée des Pyrénées orientales qui leur est opposée : il y sert de 1793 à 1795. Devenu aide de camp du général de Nucé, puis du général Dagobert, Caffarelli est blessé au combat de Trouillas le . Il gagne successivement, après plusieurs actions d'éclat, les grades de lieutenant et de capitaine et est élevé provisoirement en l'an II (), à celui d'adjudant-général chef de brigade. Le général Pérignon le note alors comme .

Confirmé dans son grade par le Comité de salut public le , Caffarelli passe à l'armée de Sambre-et-Meuse, où il prend le commandement d'une demi-brigade d’infanterie légère, surnommée l'Incomparable, à la tête de laquelle il fait plusieurs campagnes avec distinction. Chef de brigade de la légère le , il est affecté à l'armée d'Allemagne puis à celle du Rhin. Adjudant-général dans la Garde consulaire depuis le , Caffarelli combat à Marengo, bataille à la suite de laquelle il est promu général de brigade le . Il accompagne à Bruxelles le Premier consul, lorsqu'il se rend en l'an XI, dans cette ville pour y recevoir l'hommage de la Belgique.

À l'armée des Côtes de 1803 à 1805, créé membre et commandant de la Légion d'honneur les 19 frimaire et 25 prairial an XII, le général Caffarelli se voit ensuite chargé d'une importante mission. Il reçoit l'ordre d'aller à Rome pour déterminer le souverain pontife à venir en France sacrer le nouvel Empereur. Il s'acquitte de cette mission délicate , et est nommé en l'an XIV, gouverneur du palais des Tuileries, général de division, et président du collège électoral du département du Calvados, dont un de ses frères est préfet.

Général de l'Empire Vers la fin de cette année, il sert à la Grande Armée d'Allemagne, où l'Empereur lui confie le commandement provisoire de la division Bisson, au moment où ce général, dangereusement blessé à Linz, fait ses dispositions pour passer la Traun. Le général Caffarelli combat avec cette division à la bataille d'Austerlitz, et obtient le , , la décoration de grand officier de la Légion d'honneur, puis celle de grand aigle de la Légion d'honneur.

Appelé le mois suivant au du royaume d'Italie, il en conserve le portefeuille jusqu'en , époque à laquelle il rentre en France. Il reçoit l'ordre de se rendre à l'armée d'Espagne. De là, il passe à Trieste, retourne en Espagne où on lui confie le commandement des troupes du de la province de Biscaye et de Santander). Le , l'Empereur l'a nommé chevalier de l'ordre de la Couronne de fer, et en 1809, il reçoit le titre de comte de l'Empire avec une dotation de sur les domaines d'Altkloster situés en Hanovre.

Il sert trois ans dans la péninsule Ibérique, , occupant différents postes importants, notamment celui de commandant en chef de l'armée du Nord. Le , une escadre anglaise de 27 voiles ayant voulu tenter un débarquement à Santoña sur la côte de Santander (ou à Laredo selon Mullié), le comte Caffarelli fait échouer la tentative de l'ennemi, et le force à chercher son salut dans la fuite. Gouverneur de la Biscaye en 1811, il attaque les bandes de Mina dans la vallée d'Ultzama, les met en déroute, leur fait plus de 600 prisonniers et disperse le reste dans les montagnes. Le , il contribue avec le général Souham, commandant l'armée du Portugal, à faire lever le siège de Burgos, où les Anglais ont infructueusement sacrifié plus de hommes. Il défait les généraux espagnols et le , près de Bilbao, dont il s'empare et remporte en 1813, à Villadiego, une nouvelle victoire sur les troupes britanniques.

Rappelé en France en 1813, il reprend ses fonctions d'aide de camp, puis en avril, il est placé à la tête du corps de la Garde impériale stationné à Paris.

1814-1815 Lors des événements de 1814, le comte Caffarelli , alors abandonné par la plupart de ses serviteurs. Il accompagne même jusqu'à Vienne (Autriche) l'impératrice Marie-Louise et le jeune roi de Rome.

Revenu en France au mois de , il sollicite sa mise en non-activité, mais Louis XVIII lui envoie pour réponse les insignes de chevalier de Saint-Louis et lui confie le commandement de la subdivision de la militaire. À peine est-il arrivé à Rennes, que Napoléon reparut en France. Le duc de Bourbon, qui se trouve alors à Angers pour y organiser des moyens de résistance, appelle auprès de lui le comte Caffarelli, et lui donne seulement l'ordre de . Ce général ayant pris toutes les mesures propres à maintenir la tranquillité publique, suit le mouvement de l'année. Il adresse ensuite des dépêches à l'Empereur, dans lesquelles il annonce que la Bretagne est animée des meilleurs sentiments, donne des ordres pour qu'aucun agent d'insurrection ne pût être reçu dans les places de sa division, puis applaudit au patriotisme des habitants qui font partie de la fédération bretonne.

Napoléon, satisfait du zèle que le comte Caffarelli a déployé dans des circonstances difficiles, le fait rentrer dans ses fonctions d'aide-de-camp le et le nomme par décret du , commandant de la division militaire. Ce général veille avec le plus grand soin à la sûreté de la capitale, où le bon ordre ne cesse de régner, et assiste le au conseil de guerre assemblé à l'hôtel de ville, dans lequel il est résolu que Paris n'opposerait aucune résistance à l'ennemi. Le maréchal Davout, ministre de la Guerre, le charge presque aussitôt d'une mission pour Metz, où il ne fait que paraître à cause de l'arrivée des Russes. Il se rend alors à l'armée de la Loire, est licencié comme tous ses compagnons d'armes, mis en disponibilité, et peu de temps après à la retraite le .

Pair de France

En 1819, une ordonnance royale le nomme vice-président du collège électoral du département de l'Aisne. En 1830, le comte Caffarelli préside le collège du du même département. Après la révolution de Juillet 1830, il est nommé pair de France le et est élu en 1832, secrétaire de la Chambre haute en remplacement du maréchal Mortier, nommé ambassadeur à Saint-Pétersbourg.

Devenu en 1840 rapporteur de la commission chargée de l'examen du projet de loi relatif à la translation des dépouilles mortelles de l'Empereur Napoléon, le comte Caffarelli s'exprime en ces termes :

Le général Caffarelli rentre dans la vie privée à la révolution de Février 1848. Resté depuis cette époque étranger aux grands débats politiques, il meurt après une longue maladie le , au château de Leschelle, près de Guise (Aisne), âgé de 83 ans, . Il laisse une veuve, du comte d'Hervilly qui a , deux filles et un fils que le gouvernement impérial restauré nomme au conseil d'État à la préfecture d'Ille-et-Vilaine.

Le nom d’Auguste Caffarelli est inscrit sous l'Arc de triomphe de l'Étoile, côté sud.

Récapitulatifs

Carrière

Depuis le Jusqu'au Grade/Fonction UnitéCampagnes et batailles disputéesSous-lieutenantDragon (ci-devant )CapitaineAdjudant-général chef de brigade à titre provisoireAdjudant-général chef de brigadeChef de brigadeGénéral de brigadeGénéral de division17931795Armée des Pyrénées orientales1795Armée de Sambre-et-MeuseAdjudant-généralde la Garde consulaire puis Garde impériale18031805Armée des Côtes1805Gouverneurpalais des TuileriesAide de camp de l'Empereur.Commandant division du de la Grande Armée (Division Bisson)Commandantd'une division de réserve de l'armée d'EspagneCommandant supérieurdes troupes du (provinces de Biscaye et de Santander)Commandantd'une division de l'armée du Nord (Espagne)(effectif le )Commandant en chefArmée du Nord (Espagne)Aide de camp de l'Empereur et Commandantdes corps de la Garde impériale restés à ParisMis en non-activité.Commandant subdivision de la militaireAide de camp de l'EmpereurCommandant division militaire (Paris)Affectéà l'armée de la Loire(à compter du )Admis en retraitePlacé dans la section de réserve(à compter du )Réadmis en retraite17931793Guerre du Roussillon : Première Coalition20px|Blessure Combat de Trouillas17991800 Campagne d'Italie (1799-1800) : Deuxième Coalition20px|Fait d'armes Bataille de MarengoCampagne d'Autriche (1805) : Troisième Coalition20px|Fait d'armes Bataille d'Austerlitz18101813Campagne d'Espagne (Empire)20px|Fait d'armes Santoña20px|Fait d'armes Siège de Burgos (1812)181320px|Fait d'armes Villadiego Sources Côte S.H.A.T. : 7 Yd 400. ;

Titres

Comte Caffarelli et de l'Empire, accordé par décret du (lettres patentes signées à Valladolid le ) : Transmission des dotations majorataires conférées par décrets des et , confirmée en faveur de son fils unique, Eugène-Auguste Caffarelli, par arrêté ministériel du . Transmission du titre de comte héréditaire confirmée en faveur de son petit-fils , Jean-Louis-Maximilien Caffarelli, par arrêté ministériel du ; Comte Caffarelli et du Royaume (d'Italie) (lettres patentes du ) ; Dotation de sur les domaines d'Altkloster, situés en Hanovre Pair de France ( - ) ;

Décorations

106px|Grand aigle de la Légion d'honneur106px|Commandeur de l'ordre de la Couronne-de-Fer106px|Commandeur de Saint-Louis Légion d'honneur : Légionnaire le 19 frimaire an XII (), puis, Officier le 25 prairial an XII (), puis, Commandant le 25 prairial an XII (), puis, Grand officier le 4 nivôse an XIV (), puis, Grand aigle de la Légion d'honneur le ; Ordre de la Couronne-de-Fer : Chevalier le ), puis, Commandeur en ; Chevalier de Saint-Louis en .

Armoiries

Image Armoiries Armes de la famille Caffarelli

Parti: au 1, d'azur, au lion d'or; au 2, coupé: a. taillé d'or sur gueules; b. tranché d'or sur gueules. Au chef de l'écu d'or, brochant sur le parti et ch. d'une aigle de sable, couronnée d'or. Armes du Caffarelli et de l'Empire

Écartelé ; le premier des comtes militaires ; le deuxième taillé d'argent et de gueules, le troisième d'argent au lion rampant de sable ; le quatrième tranché d'argent et de gueules. Livrées : les couleurs de l'écu. Armes du comte Caffarelli du Falga, pair de France

Parti, au premier d'argent, au lion rampant de sable; au deuxième coupé, le premier taillé d'argent et de gueules, le second tranché d'argent et de gueules.

Hommages, honneurs, mentions…

vignette| de l’arc de triomphe de l’Étoile.

Le nom de CAFFARELLI, A. est gravé au côté Sud () de l’Arc de Triomphe de l’Étoile, à Paris. Son frère (Louis Marie Maximilien de Caffarelli du Falga, 1756-1799) a lui aussi son nom gravé au côté Sud (). À Toulouse : Une caserne a porté le nom du militaire. Construite au , elle a abrité un corps d'artillerie. Cédée à la ville de Toulouse à la fin des années 1970, elle est démolie en 1981-1983 ; Le quartier Compans-Caffarelli lui doit en partie son nom ; À Sorèze, son buste fut inauguré, lors des fêtes de Pentecôte le .

Ascendance et postérité

Auguste Caffarelli était le septième fils et dernier des dix enfants de Maximilien Caffarelli (1725-1766), seigneur du Falga et de Marguerite Louise Félicité d'Anceau (1732-1786).