L'attentat du 20 avril 2017 sur l'avenue des Champs-Élysées est une attaque terroriste perpétrée sur l'avenue des Champs-Élysées à Paris, dans la soirée. Un homme armé d'une kalachnikov tire sur un fourgon de police, tuant le conducteur, Xavier Jugelé, et blessant deux autres policiers avant d'être abattu. Une passante est également touchée.

Lassaillant, identifié comme étant Karim Cheurfi et décrit comme dangereux du fait de son obsession à vouloir tuer des policiers, avait plusieurs condamnations à son actif, dont une en 2005 à quinze ans de détention pour tentatives de meurtre à l'encontre d'un élève gardien de la paix, du frère plus jeune de celui-ci ainsi que d'un second policier. Il ne faisait cependant pas l'objet d'une fiche S.

Moins de deux heures après, l'organisation terroriste État islamique (dite « Daech ») revendique l'attentat. Cette revendication, qui indique que l'auteur de l'attentat serait un dénommé Abou Youssouf al Belgiki, suscite des interrogations sur l'implication réelle de l'EI.

Contexte

L'attaque a lieu le au soir, moins de trois jours avant le premier tour de l'élection présidentielle, alors que la France est en état d'urgence depuis le . Deux jours plus tôt, la police arrête à Marseille deux individus suspectés de commettre un attentat en France pendant les élections..

Depuis les mois de mars et , plusieurs pays européens sont touchés par des attaques revendiquées ou non, l'attaque de l'aéroport d'Orly (), l'attentat de Westminster (), l'attentat-suicide à Saint-Pétersbourg () et l'attentat au camion-bélier de Stockholm ().

Déroulement des faits À , un individu à bord d'une grise se gare à l'angle de la rue de Berri et de l'avenue des Champs-Élysées.. Au bout de quelques minutes, il redémarre et, au niveau du 102, avenue des Champs-Élysées, gare son véhicule à hauteur d'un fourgon de policiers de la compagnie d’intervention de la Direction de l'Ordre Public et de la Circulation de la préfecture de police de Paris. en mission de protection, à cette adresse, du service de la culture et de l'information de l'ambassade de Turquie car un rassemblement de Kurdes y avait été annoncé par radio.

Armé d'un fusil d'assaut de type kalachnikov, l'homme descend de son véhicule, le contourne par l'avant et fait feu à travers la vitre avant sur le policier assis au volant du fourgon de service. Le conducteur, Xavier Jugelé, gardien de la paix de 37 ans. qui faisait une pause repas, est tué de deux balles dans la tête. Puis, l'assaillant contourne le car de police, tire sur les policiers en faction devant l'office de tourisme turc, blessant gravement un sous-brigadier de 35 ans au fessier d’une balle qui est remontée vers la cage thoracique., et plus légèrement un autre policier (la balle ayant ricoché sur son gilet pare-balles). L'assaillant est abattu par les tirs de riposte de policiers.. Une passante allemande est touchée par un éclat au talon lors des échanges de tir. qui durent une vingtaine de secondes. sont tirées en riposte dont 13 atteignent l'assaillant. D'après le porte-parole du ministère de l'Intérieur, .

Le Système d'alerte et d'information des populations (SAIP) n'a pas émis d'alerte durant cette attaque, et le dispositif de contrôle d'absence de danger Facebook () n'est pas activé.

La fusillade provoque un mouvement de panique sur l'avenue. Un tweet de l'agence Reuters évoque la possibilité d'un braquage qui aurait mal tourné., les Champs-Élysées étant en effet en bordure du Triangle d'or, mais les premiers témoignages suggèrent rapidement qu'il s'agit d'un acte terroriste.. Rapidement, la partie haute des Champs-Élysées est sécurisée : les stations de métro proches fermées et un périmètre interdit à la circulation s'étend de la place Charles-de-Gaulle jusqu'au rond-point des Champs-Élysées-Marcel-Dassault. Un hélicoptère de la Préfecture de police surveille la zone pendant deux heures. La BRI quadrille le secteur pour trouver d'éventuels complices qui auraient pris la fuite.. Le dispositif de sécurité est allégé au milieu de la nuit..

Les victimes Le gardien de la paix Xavier Jugelé, , était membre de la de la direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) de la préfecture de police de Paris.

Gardien de la paix depuis six ans, après avoir passé cinq ans comme gendarme adjoint volontaire, il avait participé à la sécurisation des environs du Bataclan lors des attentats de novembre 2015. Il était présent au concert de Sting lors de la réouverture de cette salle le . Il était parti deux fois en Grèce pour sécuriser l'afflux de migrants venus des zones de conflit au Moyen-Orient au plus fort de la crise migratoire de 2015 et 2016. Il devait être muté dans quelques semaines au Service de coopération technique internationale de police (SCOPOL) au sein de la police judiciaire. Né le à Bourges, sans enfant, il était pacsé avec Étienne Cardilès, diplomate au Quai d’Orsay. Ouvertement gay, il était adhérent de Flag !, l'association luttant contre les discriminations envers les personnes LGBT dans les forces de l'ordre. Il faisait régulièrement partie des agents en uniforme sécurisant les manifestations. Il était aussi passionné de cinéma et de musique.

Le lendemain de l'attaque, le président de la République François Hollande, le premier ministre Bernard Cazeneuve et le ministre de l'Intérieur Matthias Fekl se rendent au chevet du policier grièvement blessé à l'Hôpital européen Georges-Pompidou.

Le au soir, des rassemblements de policiers ont lieu à Paris, mais aussi dans d'autres villes comme à Toulouse, pour rendre hommage au policier tué. Les policiers municipaux de Bordeaux avaient observé une minute de silence vendredi à midi. Un hommage national lui a été rendu le mardi avant qu'il ne soit inhumé à Romorantin (Loir-et-Cher), où il avait passé une partie de sa jeunesse. Son père militaire Michel Jugelé était affecté à la base aérienne de Pruniers-en-Sologne où il a terminé sa carrière en tant qu'adjudant-chef, avant d'être promu major.

Le , François Hollande préside une cérémonie d'hommage national à la préfecture de police de Paris. Xavier Jugelé y est élevé, à titre posthume, au grade de capitaine et fait chevalier de la Légion d’honneur, et sa mémoire est saluée ainsi par son compagnon : « Je t’aime. Restons tous dignes et veillons à la paix et gardons la paix ». Se référant au journaliste Antoine Leiris connu pour sa réaction à la mort de son épouse tuée lors des attentats du 13 novembre 2015 au Bataclan, il déclare : . Le , Étienne Cardilès épouse à titre posthume à la mairie du son compagnon Xavier Jugelé en présence d'Anne Hidalgo et de François Hollande, alors ancien président de la République.

Les deux gardiens de la paix blessés lors de l’attaque sont nommés chevaliers de l’ordre national du Mérite. La cérémonie a lieu en présence de plusieurs personnalités comme l’ancien chef de l’État Nicolas Sarkozy, les anciens premiers ministres Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls et Jean-Pierre Raffarin, le procureur de Paris, François Molins, et les présidents des assemblées parlementaires Claude Bartolone et Gérard Larcher, ainsi que les deux candidats du second tour de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, à qui il Le président de la République rappelle aussi le dévouement des policiers Clarissa Jean-Philippe, Franck Brinsolaro et Ahmed Merabet morts en janvier 2015

Après la cérémonie du ravivage de la flamme devant tombe du Soldat inconnu le jour de sa prise de fonctions, le Président de la République Emmanuel Macron fait halte devant le lieu de l'assassinat de Xavier Jugelé.

Enquête judiciaire

Déroulement de l'enquête Aux alentours de , une enquête de flagrance est ouverte par la section antiterroriste du parquet de Paris pour « assassinat et tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste » ainsi que pour le chef « d'association de malfaiteurs terroristes criminels en vue de la préparation de crimes d'atteinte aux personnes ».. Un morceau de papier, vraisemblablement tombé de la poche de l'assaillant, est découvert à proximité de son corps, supportant un message manuscrit défendant la cause de Daech.. Après l'intervention d'une équipe de déminage sur l'Audi, les agents de la police technique et scientifique y découvrent des notes manuscrites avec les adresses du commissariat de Lagny-sur-Marne, de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et trois adresses d'armureries., et dans le coffre un sac de sport contenant un fusil à pompe avec des munitions de calibre 12, des armes blanches (deux couteaux de cuisine et un sécateur) ainsi qu'un Coran.

Vers , les policiers mènent des perquisitions au domicile de l’assaillant à Chelles dans l’Est parisien., où il vit chez sa mère dans un pavillon.. Des « éléments de radicalisation », dont un livret salafiste, sont retrouvés dans ce domicile.. Les enquêteurs ont notamment saisi un ordinateur, des téléphones, une crosse de fusil, un bout de canon scié, des tapis de prière, un Coran et une demande de permis de chasse.. Trois membres de l'entourage de l'assaillant interpellés au domicile de Chelles sont entendus en garde à vue. puis relâchés. Trois hommes sont aussi entendus sous ce statut et remis en liberté le .. Le , le père du terroriste, Salah Cheurfi, est mis en examen pour menace de mort sur personne dépositaire de l'autorité publique, mais aussi pour apologie du terrorisme. Trois jours plus tôt, l'homme s'est présenté au commissariat de Noisy-le-Grand. Ivre et dans un état de grande confusion, il a menacé de mort les policiers.. Déjà condamné début à 18 mois de prison dont 12 avec sursis pour des propos faisant l’apologie du terrorisme devant des policiers qui venaient de l’interpeller pour conduite en état d’ivresse, Salah Cheurfi est condamné fin pour le même comportement et des menaces de mort envers des policiers et le maire de Chelles à dix mois de prison ferme et à des amendes de 900 à à deux policiers, au maire et au compagnon de la victime de son fils..

Un suspect dont l'ADN a été retrouvé sur l'arme de Karim Cheurfi est interpellé le à son domicile de Saint-Thibault-des-Vignes (Seine-et-Marne) puis mis en examen et placé en détention provisoire.. Une information judiciaire est ouverte pour assassinat, tentatives d'assassinat de policiers en relation avec une entreprise terroriste, association de malfaiteurs terroriste criminelle, ainsi que pour acquisition, détention, cession et transport d'arme en lien avec une entreprise terroriste.. Cinq personnes de plus (deux hommes et trois femmes) sont interpellées le et placées en garde à vue au 36, quai des Orfèvres concernant l'enquête sur la provenance du fusil d'assaut KalachnikovAttentat des Champs-Élysées: 5 en garde à vue, Le Figaro, 6 juin 2017. Quelques jours plus tard, trois individus (Nourredine Allam. Yanis Aidouni et Mohamed Bouguerra) sont mis en examen pour leur implication dans la fourniture du fusil d’assaut utilisé par Karim Cheurfi.

Profil de l'assaillant

D'après la carte grise découverte dans sa voiture, l'assaillant s'appelle Karim Cheurfi, né le à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis).