Louis de Salgues de Lescure, né le à Paris en l'hôtel de Montaigu rue des Fossoyeurs (devenue rue Servandoni) et mort le à La Pellerine (Mayenne), est l'un des chefs de l'Armée catholique et royale au cours de la guerre de Vendée, pendant la Révolution française. Il est surnommé le « saint du Poitou ».

Biographie Louis-Marie de Salgues de Lescure est le fils de Marie-Louis-Joseph de Lescure et de Jeanne de Durfort de Civrac (fille d’Aimeric Joseph de Durfort-Civrac). Il est baptisé en l'église Saint-Sulpice à Paris, ainsi que cela est spécifié sur son acte de mariage avec Victoire de Donnissan de La Rochejaquelein le à Avensan, en Gironde.

Il est le cousin d’Henri de La Rochejaquelein et de Gaspard de Bernard de Marigny.

Famille La famille de Lescure est originaire de la terre de Lescure en Albigeois, où l'on voyait encore avant la Révolution française son château sur les bords du Tarn.

Au commencement du , un abbé de Lescure, évêque de Luçon, attire près de lui son neveu, qui épouse de Granges de Surgères ; le fils de celui-ci se marie aussi en Poitou et est tué à la bataille de Plaisance, étant encore fort jeune. Son fils, père de l'illustre chef de la Vendée meurt en 1784 ; c'était un homme fort dissipé, qui laissa sa fortune en grand désordre (il avait dilapidé toute sa fortune au jeu).

Il possède également, au décès de sa grand mère paternelle (Agathe Geneviève Sauvestre de Clisson), son château non loin de Bressuire où il vit au début de l'insurrection vendéenne. Ce château est malheureusement incendié de nombreuses fois faisant disparaitre grand nombres de témoignages de sa famille.

En 1784, Lescure, alors âgé de 18 ans, aurait été initié franc-maçon à Fougères ou à Clermont-Ferrand. Son père, colonel au régiment de Condé dragons, avait lui-même rejoint la loge l'Aimable Concorde de l'Orient de Fougères en 1777Kerjan, D. (2008). Le réveil de la Franc-maçonnerie à Fougères (Ille-et-Vilaine) La chaîne d'union, 46(4), 76-85. https://doi.org/10.3917/cdu.046.0076..

Carrière Avant la Révolution française Il est élève de l'École militaire. En entrant dans le monde à l'âge de seize ans, il y parait bien différent de ce que sont alors les jeunes gens de son rang et de son état. Il est gauche, timide et taciturne ; il vit, pour ainsi dire, isolé au milieu d'une société brillante, frivole et animée. Sa piété est grande et presque austère, sans nulle ostentation ; ce qui était le contraire de la mode de ce temps-là.

Aussi le mérite de son caractère et l'étendue de son savoir sont-ils fort méconnus. On le trouve bizarre et sauvage, ses manières et jusqu'à sa toilette le font taxer d'une singularité qu'on lui pardonne cependant à cause de son inaltérable douceur et de la bienveillance qu'il met dans toutes ses relations ; seulement on regrette qu'un homme de sa naissance et dans sa position, fait, comme on disait alors s'écarte de la route qui mène au succès.

Peu de temps avant la Révolution française, il obtient une compagnie de cavalerie dans le régiment Royal-Piémont cavalerie.

Pendant la Révolution française Aux débuts de la Révolution, ce jeune officier, au goût très prononcé pour les études, parlant trois langues et d'une très grande culture, n'est pas tout à fait hostile aux idées nouvelles.

Déjà, à cette époque, l'émigration a débuté. Cependant, Lescure et beaucoup de nobles du Bas-Poitou restent dans la région. Retiré dans son château de Clisson (commune de Boismé), en Poitou, il accueille nombre de ses parents et amis qui fuient Paris.

Emprisonnement à Bressuire Le , Lescure est arrêté à Boismé, de même que son épouse Victoire de Donnissan, son beau-père Guy Joseph de Donnissan et son cousin Gaspard de Bernard de Marigny. Tous sont placés en résidence surveillé à Bressuire. Dans ses mémoires, l'épouse de Lescure rapportent qu'ils sont gardés . Fin avril, ils sont témoins du massacre, malgré les efforts du général Pierre Quétineau, de 11 à 14 autres prisonniers par des soldats d'un bataillon de volontaires du Var, surnommés les « Marseillais ». La nuit du 2 au 3 mai, l'armée républicaine abandonne Bressuire et les prisonniers sont délivrés quelques heures plus tard par l'armée vendéenne lorsque celle-ci s'empare de la ville.

Guerre de Vendée

Le , il participe activement à la prise de Thouars. Le , à Fontenay, il entre le premier dans la ville et délivre des prisonniers vendéens qui y sont enfermés. Il est blessé à Saumur dont il s'empare.

La virée de Galerne

upright=0.8|thumb|Le Général Lescure blessé passe la Loire à Saint-Florent, peinture de Jules Girardet, 1882, (musée de Birkenhead).

Chassé de son quartier général par le général François-Joseph Westermann, il prend sa revanche à Tiffauges. Le , blessé grièvement à la bataille de La Tremblaye par une balle reçue à la tête, il est porté agonisant par ses hommes, tout au long de la retraite de l'armée vendéenne après le désastre de la deuxième bataille de Cholet, emmenant avec elle la population fugitive.

Bien que blessé, Lescure aide encore de ses conseils l'état-major vendéen, contribuant à faire nommer Henri de La Rochejaquelein généralissime. Après le passage de la Loire, il suit la marche pénible des Vendéens à travers l'Anjou, la Bretagne et la Normandie appelée la virée de Galerne.

Il séjourne à l'hôtel de Monfrand, rue du Hameau, à Laval, soigné par son chirurgien Louis-Jean-Baptiste-Étienne Baguenier Desormeaux. Une plaque a été déposée sur la façade de l'hôtel de Monfrand où on peut lire : .

Mort Celui qu'on appelait le « saint du Poitou » meurt le dans la voiture au lieu-dit Les Besnardières près de La Pellerine sur la route entre Ernée et Fougères. Son beau-père, le général Guy Joseph de Donnissan, le fait enterrer dans un lieu resté inconnu, sans doute afin d'éviter la profanation de sa sépulture.

Les Mémoires de sa veuve, publiées au début de la Restauration, évoquent longuement sa mort. Sa veuve acquiert plus tard une grande célébrité, sous le nom de « Madame de La Rochejaquelein », du nom de son nouveau mari Louis du Vergier de La Rochejaquelein, frère d’Henri.

Regards contemporains

Iconographie Une médaille anonyme à l'effigie de Lescure a été réalisée à la Monnaie des médailles dans le cadre de la série dite "Galerie de la fidélité" en 1824. Un exemplaire en est conservé au musée Carnavalet (ND 0346).

Il est évoqué dans plusieurs scènes du spectacle Beauchêne : Un mystérieux héritage à l'abbaye Notre-Dame de Beauchêne (Cerizay, Deux-Sèvres).

Notes et références

Bibliographie

Étienne Aubrée, Le Marquis de Lescure, éditions Perrin, 1936, .

Étienne Aubrée, Le général de Lescure, librairie académique Perrin, 1936. Jean-Claude Souyri, "Louis-Marie de Lescure, de l'Albigeois à la Vendée", Cercle d'or, 110p., 1987. Roman Théophile Briant, Les Amazones de la Chouannerie, éditions Sorlot, Paris, 1938,

Liens externes

Plaque commémorant le passage du Général Lescure à l'hôtel de Montfrand à Laval

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