Kum Back est le premier album de type bootleg des Beatles, sorti en . Ce disque pirate, tiré de la diffusion à la radio d'un disque acétate de démonstration, est une ébauche du producteur du groupe, Glyn Johns, de ce qui deviendra plus tard dans l'année l'album Let It Be.
Historique
Durant les séances dites « » de , les Beatles, secondés de Billy Preston, désirent créer un album avec des chansons enregistrées en direct, possiblement devant public, sans overdubs ni rajouts en post-production. Le producteur et ingénieur de son Glyn Johns est sur place afin d'effectuer les enregistrements. La dernière semaine de janvier, quelques jours avant le concert sur le toit, il effectue un mixage qui mêle des chansons complètes, mais pas nécessairement les plus achevées, à d'autres qui ne le sont pas et ajoute des improvisations ainsi que des discussions entre les membres. Il remet sa preuve de concept d'album gravée sur des disques acétate à chacun des Beatles et, malgré avoir répondu aux attentes, son master est unanimement refusé. En mars, le groupe se ravise et Johns reçoit le mandat de réaliser cet album à partir des nombreuses heures d'enregistrements qui dorment chez Apple. Il soumet sa seconde version en et, dans le Beatles Book de juin, on annonce que cet album sortirait à la mi-juillet. Mais afin de laisser la place à l'album Abbey Road qui est cours de production et surtout d'attendre la diffusion du film, la sortie du disque est reportée à une date ultérieure. Cette version ne sortira qu'un demi-siècle plus tardKevin Howlett, , Livre accompagnateur de la version Deluxe du disque Let It Be, p.91-2. Apple.! Une troisième et dernière tentative est effectuée par Johns en mais le groupe publiera la version de Phil Spector en mai. En 2003, sort une ultime version intitulée Let It Be… Naked qui élimine tous les ajouts de post production et les sons d'ambiance entre les pistes.
On avance que c'est John Lennon lui-même qui remet la copie acétate de la première version de l'album à un journaliste américain qui le donne, à son tour, à un DJ qui permettra sa diffusion en sur les ondes de stations de radio de Boston, Buffalo et ClevelandKum Back: The Beatles Source. Enregistré par des fans et des pirates, il est publié sur le marché gris sous le nom Kum Back bien avant la sortie officielle du disque Let It Be.
D'après l'auteur , c'est plutôt en Californie que le bootleg Kum Back est produit pour la première fois, tiré d'une diffusion par des stations radio FM locales. Pressée sur vinyle à Los Angeles, une première version du bootleg circule à Berkeley dans lequel les chansons sont dans un ordre incorrect avec certains titres erronés. À San Francisco, le bootlegger responsable de la sortie du premier bootleg de rock commercialisé, Great White Wonder de Bob Dylan sorti deux mois plus tôt en juillet, « Michael O » en achète un exemplaire et décide de l'améliorer. Il remet les chansons dans l'ordre, utilise les noms officiels tels que publiés dans le Beatles Book, et en fait presser trois mille copies qui se vendent en quelques jours. Deux mille autres copies sont manufacturées et ensuite mille autres, toutes vendues rapidement. C'est à ce moment que sa version est elle-même copiée et vendue à rabais, ce qui met un terme à sa contrefaçon. Toutes les copies pirates disparaitront du marché gris à l'arrivée de l'album officiel en .
Liste des chansons L'astérisque indique une chanson qui sera omise des autres ébauches de Johns ou de la version officielle de l'album Let It Be mais celles-ci sont toutes maintenant entendues sur les disques bonus de sa réédition de 2021. Certaines éditions pirates utilisent des titres alternatifs notés entre parenthèses. Certaines descriptions font référence à l'album officiel de .
Notes
Deuxième version En , Johns remanie son travail et remplace la reprise par des extraits improvisés de de Fats Domino et , originellement enregistrée par les Drifters, suivie d'une segue improvisée de Don't Let Me Down elle même suivie par la version studio. Il inclut la chanson enregistrée sur le toit ainsi qu'un extrait du bœuf parce qu'elles sont vues dans le montage préliminaire du réalisateur Michael Lindsay-Hogg. Une nouvelle version de Let It Be, la même prise du qui sera retenue pour le single et l'album, est entendue iciKevin Howlett, , Livre accompagnateur de la version Deluxe du disque Let It Be, p.53-4. Apple. Une version informelle et partielle de la chanson traditionnelle est aussi rajoutée. En 2021, cette ébauche, reprenant le titre d'origine avec sa pochette calquant celle de l'album , est remixée et incluse dans l'édition Deluxe de la réédition de l'album ..
Troisième version Une troisième version, qui prendra rapidement le titre de Let It Be, a été réalisée en afin d'accompagner la sortie du . La chanson Teddy Boy est retirée de cette bande originale et les chansons Across the Universe et I Me Mine, nouvellement mixées par Johns, y sont rajoutéesCes deux mixages inédits seront inclus dans le E.P. du boîtier de 2021.. Bien que la chanson Let It Be ait été retravaillée par le groupe quelques jours plus tôt, Johns lui préfère la prise brute du , mais en gardant le solo de guitare du , afin de conserver, le plus possible, le concept d'origine d'album live en studio.
Let It Be C'est Phil Spector qui héritera finalement de la tâche de produire et de mixer le douzième album des Beatles, qui sort le , mais, avec ses ajouts orchestraux sur trois titres, dont , il s'éloignera du concept d'origine d'avoir des prises brutes et un son . George Martin a fait de même en ajoutant cuivres et violoncelles pour le single Let It Be, sorti deux mois plus tôt, que le producteur américain rehaussera ici. Le solo de guitare à saveur rock, enregistré le , est aussi choisi pour la chanson éponyme. Spector conserve l'idée d'y inclure des dialogues entre certaines chansons mais choisi les enregistrements qui semblent avoir la meilleure prestation dont deux autres titres tirés du concert sur le toit. Il réduit la durée de en plus d'éliminer les improvisations (qu'il mixe mais laisse de côté Kevin Howlett, , 2021 Apple. (p.74)) et /, la chanson (déjà parue l'année précédente en face B d'un single et incluse sur la compilation sortie aux États-Unis quelques mois plus tôt) et la reprise en finale de . Les chansons , dont le master n'a été enregistré qu'en , et , datant de 1968, sont toutes deux rehaussées d'orchestrations.
Let It Be… Naked Au début des années 2000, lors d'une rencontre fortuite entre Paul McCartney et Michael Lindsay-Hogg, le réalisateur du film Let It Be, les deux hommes discutent de la non disponibilité du documentaire en DVD, ce qui les amène à évoquer une éventuelle ressortie accompagnée d'une bande originale remixée. Bien que la réédition du film devra attendre jusqu'en 2024, le producteur Allan Rouse, le des archives des Beatles aux studios Abbey Road, assisté des ingénieurs de son et Guy Massey, remixent l'album en enlevant toutes improvisations et dialogues et surtout, tous les overdubs, autant de Phil Spector que de George Martin, afin de retrouver la sonorité brute du projet d'origine. Il effectuent tout de même quelques coupes d'une prise à l'autre afin d'améliorer le produit final. L'album Let It Be… Naked sort le et inclus Don't Let Me Down, un amalgame des deux prestations sur le toit, mais qui omet les improvisations Maggie Mae et Dig It..
Notes et références Notes
Références
Articles connexes Let It Be (film) Concert des Beatles sur le toit The Beatles: Get Back
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