Henry Wilfrid Deville (1871-1939) est un architecte et un graveur aquafortiste français ayant accompli une partie de sa carrière aux États-Unis.

Biographie Enfance, formation et début de carrière d'architecte HenriHenri et non Henry selon l'état-civil français. Wilfrid Joseph Théobald Deville naît le chemin du Pressoir-Chênaie à Chantenay-sur-Loire, qui est alors une commune limitrophe de Nantes. Ses parents sont Wilfrid Théobald Deville, commis, et Berthe Anne Duchemin, sans profession, résidant au du boulevard Sébastopol à Nantes. L'auteur de cet ouvrage confond le nom la rue où habitent les parents avec celle où Henry Wilfrid Deville est né, chez son grand-père maternel à Chantenay. Voir le registre des naissances de la commune de Chantenay, 1871, , vue 26, archives municipales de Nantes en ligne..

Il entre aux Beaux-Arts de Paris en 1893 dans la classe de l'architecte Henri Deglane. Il est diplômé en 1897Notice Deville, Henri, sur le catalogue CatZarts., puis DaPLG en 1900.

En 1900, il est, entre autres, sous les ordres de Charles Meysson, chargé de la conception des grilles du monument des enfants du Rhône au parc de la Tête d'or à Lyon.

Le , à Paris , il épouse Antonia Gabrielle Eugénie Cécille.

Carrière aux États-Unis vignette|gauche|New-York - Chantier dans une rue. Eau-forte datée 1907 et dédicacée au collectionneur nantais Alphonse Lotz-Brissoneau. Ayant eu pour condisciples aux Beaux-Arts les Américains John Mead Howells et , ceux-ci le font venir à New York pour travailler dans leur cabinet d'architecte, Howells & Stokes, sur des bâtiments publics.

En 1907, il rencontre le graveur américain Henry WinslowNotice VIAF, en ligne. qui l'initie à la technique de l'eau-forte. Deville est fortement impressionné par les bâtiments new-yorkais, les perspectives qui se dégagent de la ville depuis Brooklyn et commence à dessiner puis graver une quantité importante de pièces. Lors d'un séjour à Paris en 1908, il reçoit des conseils de la part d'Auguste Lepère, lequel le présente au galeriste Edmond Sagot, grand amateur et marchand d'estampes. Par ailleurs, il croise à New York le graveur, nantais comme lui et ami de Lepère, Jean Émile Laboureur : les deux hommes resteront liés. Fin 1913, son travail de graveur commence à être reconnu aux États-Unis : deux articles importants en témoignent, dans Harper's MagazineHarper's Magazine, octobre 1911, reproduisant quatre estampes, lesquelles sont conservées à la New York Public Library. et l'International Studio New York as Seen by Henry Deville par Mildred Stapley, International Studio 51-203, janvier 1914, , en ligne sur archive.org. : la revue imprime six gravures qui proposent des vues du Manhattan des années 1910. En , il expose trente-huit eaux-fortes à la Brown & Co. Galleries (New York).

Retour en France L'entrée en guerre de la France précipite la décision d'Henry Deville de rentrer en France pour s'enrôler : durant le conflit, de 1914 à 1918, il continue à exécuter de nombreux dessins des tranchées ainsi que des zones dévastées du côté de Nancy qu'il gravera par la suite (1919). Il est nommé officier d'infanterie près l'État major.

En 1922, il est nommé par le Gouvernement architecte en chef de la reconstruction des régions libérées, dans l'Est de la France : il avait commencé à travailler à la restauration de Lunéville en 1919 puis ce fut au tour de Nancy. En 1924, il conçoit l'hôtel de ville de Baccarat qui est aujourd'hui restauré et mis en valeurDans le pays de Baccarat, magazine de loisirs, en ligne..

Par la suite, il revient à l'eau-forte, figurant les paysages de son enfance nantaise. Ce travail est salué par la revue L'Amateur d'estampes qui signale que ses gravures américaines sont alors offertes aux yeux du public français« Henry Deville » par Michel Malherbe, dans L'Amateur d'estampes, janvier 1925, , comportant des reproductions — sur Gallica..

Il termine sa carrière comme contrôleur des habitations à bon marché pour le ministère de la Santé publique. En 1934, il est nommé officier de la Légion d'honneur.

Mort et postérité vignette|upright=0.8|Cimetière La Bouteillerie, plaques sur la tombe d'Henri Wilfrid Deville. Il meurt le dans son atelier parisien situé au 12 de la rue Victor-ConsidérantÉtat-civil du arrondissement de la Ville de Paris, année 1939, . et est inhumé le à Nantes, au cimetière La BouteillerieArchives en ligne de la ville de Nantes : registre des inhumations année 1939, page 189, ligne 3. Selon ce registre, la tombe (un caveau, concession perpétuelle ) se trouve , , .. Selon cet ouvrage, la sépulture se trouve , angle sud-est.. En 1948, son épouse lègue à la ville de Nantes une partie de ses archives, de nombreuses gravures et une bourse d'architectureArchives de la ville de Nantes, extrait du dossier de legs..

Une rue de Nantes, située dans le quartier Dervallières - Zola (qui fait partie du territoire de l'ancienne commune de Chantenay), porte son nom.

Œuvre Bâtiments La liste officielle des bâtimentsBase Mistral, en ligne. conçus par Henry Deville comprend : 1899-1900 : pavillon de la Monnaie, exposition universelle de Paris. 1900 : église Saint-Joseph de Grenoble, avec Charles Meysson. 1900-1901 : avec Charles Meysson, grilles du monument des enfants du Rhône au parc de la Tête d'or à Lyon. 1901 : hôtels particuliers à Couëron, Le Loroux-Bottereau, Nantes. 1903 : hôtel de ville de Bucarest (Roumanie) 1903-1914 : bâtiments publics à New York, cabinet Howells & Stokes. 1919-1924 : groupes scolaires de Badonviller et Lunéville. hôtel de ville de Baccarat.

Gravures Deville composa plus d'une centaine d'eaux-fortes et quelques bois, représentant des paysages urbains et la campagne. Ses compositions sont fortement contrastées, il travaille le cuivre assez longuement et semble-t-il d'après dessin ou de mémoire. Ses influences sont Whistler, Laboureur, pour les contemporains, et pour les maîtres anciens, Charles Meryon et Piranese..

La conservation, quant à son inventaire, fait état : de pièces à la Bibliothèque nationale de France, soit 44 eaux-fortes, dont quelques vues de New York et des paysages de Pennsylvanie ; on compte aussi des marines et vues champêtres du pays nantais. Les dates indiquées vont de 1911 à 1936.

On compte aussi un important lot conservé au musée des beaux-arts de Nantes, soit 55 pièces, et outre des gravures, des aquarelles et des dessins et notices suivantes..

Par ailleurs, le musée de la New York Historical Society conserve un état gravé de The Game of Marbles (Les joueurs de billes) Guide to the Ann Feinstein Collection of New York City Prints, en ligne. et la New York Public Library, quatre piècesThe NY Public Library Digital Collection, moteur de recherche, en ligne..

Notes et références Notes

Références

Annexes Bibliographie Jean Laran (direction), Inventaire du fonds français après 1800, Paris, BnF / Cabinet des estampes, 1953, volume VI.

« Deville, Henry Wilfrid », dans David Karel (direction), Dictionnaire des artistes de langue française en Amérique du Nord, — lire extrait en ligne. . .

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