Le système de transferts express automatisés transeuropéens à règlement brut en temps réel., surtout connu sous l'acronyme Target () est un système de paiement permettant aux banques de l'Union européenne de transférer des fonds en temps réel dans tout le territoire de l'Union.
Le système de règlement des opérations dites de gros montants, Target 1, a été mis en place début 1999 avec l'introduction de l'euro. Target 1 ne fut qu'une étape de transition vers Target 2, véritable plate-forme commune.
Target 1 La mise en place de l'euro nécessitait de mettre en place un mécanisme de règlement pour l'ensemble de la zone euro. Deux objectifs avaient été assignés à TARGET : servir de vecteur de transmission de la politique monétaire, afin en particulier de permettre l'égalisation des taux du marché monétaire ; renforcer la sécurité des règlements de gros montants grâce à un dispositif de règlement brut en temps réel.
Afin de limiter les risques liés au projet, alors même que l'ensemble des acteurs devait s'adapter à l'euro, il a été décidé de retenir une solution d'harmonisation minimale. Chaque pays a conservé son système de règlement brut en temps réel, ce qui limitait les changements à prévoir par les participants. Leur connexion au travers de SWIFT, dénommée « Interlinking », permet de disposer dans l'ensemble de la zone euro, de transferts irrévocables en temps réel (le délai de traitement est inférieur à 5 minutes pour plus de 95 % des opérations).
TARGET 1 était donc composé : des systèmes à règlement brut en temps réel de chaque pays : Allemagne : DB (Deutsche Bundesbank) Belgique : ELLIPS Danemark : KRONOS Grèce : HERMES Espagne : SLBE France : TBF Irlande : IRIS Italie : New BIREL Pays-Bas : TOP Pologne : SORBNET - EURO (à partir de ) Portugal : SPGT Finlande : BoF-RTGS Royaume-Uni : CHAPS Clearing Co. du mécanisme de paiement de la BCE (EPM) de l'interlinking
Le système TBF, géré par la Banque de France, constituait la composante française de TARGET.
Target 2 Architecture Target 2 La plate-forme commune Single Shared Platform (SSP) supportant Target 2 est gérée par les banques centrales de France, d'Allemagne et d'Italie pour le compte de l'ensemble des autres banques centrales européennes participantes.
La principale différence avec l'architecture Target 1 réside dans le fait que les établissements financiers peuvent se relier à la plate-forme Target 2 directement via le réseau SWIFT sans passer, sur le plan technique, par leur banque centrale. Sur le plan juridique, chaque pays conserve son propre système de règlement brut en temps réel, les comptes étant tenus dans les livres de la Banque centrale nationale, qui s'appuie sur l'infrastructure technique commune de TARGET2.
Au terme de sa montée en charge, TARGET2 permettra aux participants d'optimiser la gestion de leur liquidité, soit en utilisant un compte unique pour l'ensemble de leurs opérations en Europe, soit en utilisant un groupe de comptes consolidant l'ensemble de leurs avoirs.. Cela permettra une meilleure optimisation des trésoreries. Les transactions financières sont irrévocables (le bon achèvement) dès leur imputation en compte, ce qui permet aux participants de ré-utiliser les fonds reçus sans prendre de risque. Target 2 est l'une des briques du projet SEPA.
Pour répondre aux besoins spécifiques des différentes banques centrales nationales, TARGET2 comporte différents modules : PM (Payment module) : tenue de compte et traitement des paiements ; ce module constitue le cœur du système puisqu'il est dédié au traitement en temps réel des paiements. ASI (Ancillary system interface) : interface réserve aux systèmes exogènes, leur offrant des services spécifiques ICM (Information and control module) : module d'interface avec l'ensemble des autres modules. L'ICM est accessible de deux manières : utilisation directe par l'utilisateur au travers d'une interface de type internet dialogue d'application à application par le biais de formats XML SD (Static data) : gestion des référentiels communs à l'ensemble des modules CM (Contingency module) : en cas d'interruption du fonctionnement de la SSP, ce module indépendant peut être activé de manière à traiter les paiements les plus critiques et limiter l'impact d'une panne sur les tiers. HAM (Home account module : tenue de compte spécialisée à fonctionnalités réduites, par exemple pour des établissements ne détenant un compte que pour la constitution de leurs réserves obligatoires SFM (Standing facilities module) : gestion des facilités permanentes de prêt et de dépôt RM (Reserve management) : gestion des réserves obligatoires CROSS (Core Requirements On Statistics and Storage) : outils statistiques de base permettant le suivi du fonctionnement de chaque communauté, et archives légales (réservé aux banques centrales) CRISP (Consumption Report and Invoicing Support Process) : (réservé aux banques centrales)outils de facturation avancés permettant de gérer l'ensemble du cycle de facturation CRAKS (Customer Relationship And Knowledge of System) (réservé aux banques centrales) : CRAKS1 : infocentre permettant l'accès à l'ensemble de l'information historique grâce à des rapports prédéfinis ou par le biais de requêtes directement construites par l'utilisateur CRAKS3 : outils de gestion de la relation clientèle
Modalités de mise en place Le nouveau système transfrontalier Target 2 a été mis en place en plusieurs vagues, avec une interconnexion temporaire de Target 1 et 2 : Groupe 1 (). : Autriche Allemagne Chypre Lettonie Lituanie Luxembourg Malte Slovénie Groupe 2 (). : France Finlande Belgique Portugal Espagne Irlande Pays-Bas Groupe 3 (). : Danemark Estonie Grèce Italie Pologne la BCE Adhésions ultérieures : Slovaquie () Bulgarie (). Roumanie () Le Royaume-Uni et la Suède ne participent pas à ce projet. Certains pays ont opté pour une mise en place ou une migration progressive : l'Allemagne, la Belgique, l'Autriche D'autres ont retenu une bascule de type "big-bang" : la France, la Grèce, l'Italie, le LuxembourgRevue Banque, Article No 671, Juillet 2005 "TARGET2, ce qui va changer pour les banques"
En France, la mise en place de Target 2 s'est accompagnée de la disparition de l'infrastructure en vigueur dans le cadre de TARGET1 : TBF : le système à règlement brut en temps réel, qui constitue la composante française de TARGET1, que gère la Banque de France, la plate-forme de la Centrale des Règlements Interbancaires (CRI) qui connecte TBF à SWIFT et supporte le second système de gros montant français Paris Net Settlement PNS, ICOTT : le pseudo-participant à TBF qui relie, via le réseau SWIFT, TBF aux autres composantes de TARGET, la tenue des comptes des établissements en dehors de TBF, ces comptes étant migrés sur la plateforme TARGET2.
Le passage à TARGET2 nécessite des adaptations coordonnées chez les différents acteurs. Pour suivre cette migration, chaque pays a mis en place des structures projet spécifiques.
Fonctionnement En 2012, TARGET2 a traité chaque jour près de représentant autour de milliards d'euros.
TARGET2 est fermé les samedis et dimanches, ainsi que 6 jours fériés : Jour de l'An – Vendredi Saint – variable Lundi de Pâques – variable Fête du travail – Noël – Saint Étienne –
La disponibilité du système est assurée par une architecture "4 sites - 2 régions" en mise à jour synchrone (à l'intérieur d'une région) et asynchrone (entre les régions). Chaque région assure alternativement le rôle de site principal ou de site de test.
thumb|upright=1.6|alt=alternative textuelle|Soldes TARGET2 des pays sélectionnés dans le système euro de 2001 à 2016 en millions d'euros.
Critiques du rôle du système dans la crise de l'eurozone
Une étude. http://www.ceps.be/ceps/download/5904 de l'institut allemand de recherche économique IFO mentionne que les déséquilibres au sein de la zone euro se manifestent dans les passifs et actifs des banques centrales au sein du système TARGET2. Selon cette étude, les recouvrements du compte TARGET de la banque centrale allemande sont par exemple passés de 5 milliards d’euros en 2006 à 323 milliards en , puisque le système a mis en place un recouvrement direct des créances. Ce montant correspond sensiblement aux déficits cumulés entre 2008 et 2010 des comptes courants des pays débiteurs au centre de la crise de la dette – 365 milliards d’euros"TARGET2 Imbalances paper". Les auteurs de l'étude soutiennent que le système TARGET2 a donc permis des transferts massifs de ressources depuis les pays déficitaires vers les pays excédentaires. Les auteurs mettent en garde la BCE sur les dangers que fait courir l'accumulation de ces déséquilibres car la balance des pays déficitaires ne cesse de se creuser et inversement pour les pays excédentaires. Ce mécanisme était largement lissé, voire inexistant avant le système TARGET puisque même les capitaux des créanciers étaient détenus dans les banques des pays débiteurs, cela permettait de masquer les déséquilibres.
Le principal objet des critiques sur le système TARGET2 est qu'il rend possible des facilités de crédit illimitées par les banques centrales nationales d'une part et par la BCE d'autre part. Le sujet de l'accroissement des soldes TARGET2 a été porté à la connaissance du public pour la première fois en par Hans-Werner Sinn, Président de l'Institut Ifo à Munich. Dans un article paru dans l'hebdomadaire Wirtschaftswoche, il révèle l'énormité des créances acquises par la Bundesbank, de 5 milliards d'euros à la fin de 2006 à 326 milliards à la fin de 2010. Il souligne dans un article paru dans Business Week sur l'augmentation des soldes TARGET et leur interprétation. Dans un article paru dans le Süddeutsche Zeitung, Hans-Werner Sinn Allemagne a montré le risque en ce qui concerne les soldes. L'objectif est d'arriver à fin à un passif TARGET de la Grèce, l'Irlande, le Portugal et l'Espagne combiné de 340 milliards d'euros. En cas de défaut de ces pays l'Allemagne serait responsable conformément à sa part du capital de la BCE de 33 % ou 104 milliards d'euros.
Relation avec la crise de la dette européenne
Les principaux sujets de critiques sont les facilités de crédit illimitées mises à disposition depuis la mise en place du système TARGET par les banques centrales nationales de l'Eurosystème d'une part et par la BCE d'autre part.
Hans-Werner Sinn, président de l'Institut Ifo de Munich, a attiré l'attention du public sur la question de l'augmentation des soldes cibles. Dans un article de Wirtschaftswoche, il a attiré l'attention sur l'énorme augmentation des créances de la Bundesbank allemande, de 5 milliards d'euros à la fin de 2006 à 326 milliards à la fin de 2010, et au risque de responsabilité qui en découle . Dans le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, il a chiffré à fin le montant total des engagements de la Grèce, de l'Irlande, du Portugal et de l'Espagne à 340 milliards d'euros. Il a également souligné que ces pays devraient sortir de la zone euro insolvabilité, le risque de responsabilité de l'Allemagne s'élèverait à 33 % de cette somme, soit 114 milliards d'euros, en reliant ces sommes aux autres facilités de sauvetage des pays de la zone euro et au Fonds monétaire international. Avant de les rendre publics, les déficits ou excédents cibles n'étaient pas explicitement détaillés, étant généralement enterrés dans des positions obscures des bilans des banques centrales.