Le royaume Tio (ou Tyo), royaume Batéké, royaume Anzico ou encore royaume (du/de) Makoko., est un royaume pré-colonial d'Afrique centrale. Son territoire s'étendait sur l'Est de l'actuel Gabon, l'Ouest de l'actuelle république du Congo, sur la rive gauche du fleuve Congo : actuellement Kinshasa et l'Ouest du Mai-Ndombe en république démocratique du Congo.
Fondé au , il dure jusqu'à la fin du , lorsque les Français placent le territoire « sous leur protection ». La lignée des Makoko (« roi ») se perpétue jusqu'à nos jours.
Étymologie Le mot « Anzico » viendrait de la phrase anziku nziku qui, en langue kikongo, signifie « courir ». Les termes « Anzico », « Anzique » et « Anziku » ne désignaient pas exclusivement les Batéké, appelés aussi Tio, mais étaient également employés par certaines sources européennes anciennes pour désigner des populations kongo de la province de Nsundi (Sundi), notamment celles des districts de Mazinga (ou Masinga) et de Nsanga. Ces appellations concernaient aussi les Punu et d’autres groupes situés au-delà du nord du royaume de Kongo.. Le royaume (du/de) Makoko, quant à lui, fait allusion à l'appellation du souverain, nommé Makoko.
Histoire Au début du , les Téké contrôlent les mines de cuivre et de fer aux environs de la frontière nord-est du royaume de Kongo, et jouent probablement un rôle d'intermédiaire entre les Bakongo et leurs voisins.. Lorsque les divers groupes Téké se coalisent, sans doute aux alentours du . ou du , pour former un royaume indépendant, le Kongo s'attache à reprendre le contrôle des mines. Le processus politique fut achevé vers les années 1620. Il y eut des combats entre les deux royaumes durant tout le . Après l'arrivée des Portugais, le royaume s'engage dans la traite esclavagiste au .
vignette|Le Makoko de Mbé et sa cour vers 1907.
Le royaume perdure jusqu'au , en partie grâce à son relatif isolement, loin des pouvoirs côtiers et des influences européennes. Mais après les Portugais, d'autres Européens s'intéressent à la zone ; en 1880, Pierre Savorgnan de Brazza, en mission non officielle pour le compte de la France, est en compétition avec Henry Morton Stanley, en mission pour le compte du roi de Belgique Léopold II, chacun œuvrant pour le développement colonial de son commanditaire (via l'Association internationale africaine pour la Belgique) ; Brazza signe en 1880 le traité de Makoko avec Illoy , qui place son royaume sous la suzeraineté de la France ; les Français installent un poste qui deviendra Brazzaville..
Un an plus tard, Ngaliema Insi, , chef du village Kintambo sur la rive gauche du Congo, qui , signe avec Stanley un traité d'amitié. Dans le même temps, en 1884, le Portugal et le Royaume-Uni signent un traité visant à empêcher l’accès à la mer pour l'Association internationale africaine.. Ce sont les débuts de la colonisation. Ce traité Makoko est une des causes de la convocation de la conférence de Berlin, en 1884-85, visant, entre autres, au partage du Congo entre les puissances européennes.
Géographie Le royaume était centré sur le fleuve Congo, autour du lac Pool Malebo. Il contrôlait les terres au nord de celles de ses voisins, le royaume de Loango et celui du Kongo. Les Téké vivaient sur les plateaux de la région depuis fort longtemps, sans doute le . Vers 1600, ils contrôlaient le cours inférieur du fleuve Congo et, au nord-ouest, le bassin de la rivière Kouilou-Niari.
Économie Le royaume manufacturait et commercait des tissus végétaux (raphia), de la poterie, du cuivre, de la céramique, de l'ivoire, du tabac, des arachides, des bovins, des chèvres, de l'igname, des tapis, des filets… Le contrôle des mines, de cuivre particulièrement, fut le sujet de plusieurs conflits avec son voisin du Kongo.
Culture et organisation sociale vignette|Le NGOA objet de guerre du royaume Téké.AfricaMuseum en 2012
On sait peu de choses sur le fonctionnement du royaume. Il était gouverné par un roi, appelé Makoko, d'où le nom donné à son royaume. Selon l'un de ses rares visiteurs, le makoko gouvernait douze vassaux, mais il s'agissait sans doute plus d'un pouvoir spirituel que séculier. La capitale était appelée Monsol par Pigafetta, mais elle est identifiée avec la cité de Mbé, laquelle changea d'emplacement au gré de l'histoire.
Le royaume était structuré autour d'une idéologie, le Nkwembali, selon laquelle le monde est habité par des esprits, ; le rôle du Makoko (« roi ») est de protéger le Nkwembali ; il s'appuie sur les Ngantsibi, chefs de clan et de terre. Le pouvoir est matérialisé par la possession des nkobi, des boîtes en bois, objets symboliques du pouvoir.
Les Anzico ont sans doute été un groupe militaire protégeant la frontière des Bakongo. Ils étaient réputés excellents guerriers et courageux. Ils étaient spécialisés dans le tir à l'arc et usaient de flèches empoisonnées. En combat rapproché, ils utilisaient des haches de guerre et des boucliers.
Les Anzico furent parfois décrits, certainement à tort, comme cannibales par certains auteurs européens : . Howard Phillips Lovecraft y fait une allusion explicite dans sa nouvelle The Picture in the House.
Les Batékés/Anzico pratiquaient la scarification faciale. Ils étaient également connus pour leur art élaboré du vêtement et de la coiffure, notamment celui des tresses ornementales. Les roturiers des deux sexes étaient généralement nus jusqu'à la ceinture, mais les riches étaient vêtus « de la tête aux pieds » selon les comptes rendus européens. Les nobles portaient des robes de soie importées de la côte.
Repères chronologiques
Chronologie simplifiée.
occupation des plateaux et collines batéké par des chasseurs-cueilleurs.
apparition de la céramique et de la culture du palmier ; débuts de la sédentarisation.
apparition et généralisation du travail du métal.
expansion du travail du fer, apparition de nouvelles formes de céramique, implantation téké.
les Portugais envahissent le royaume de Kongo ; son roi christianisé part en guerre contre les Anziques.
les Téké sont impliqués dans la traite esclavagiste. - les Téké attaquent le royaume de Kongo. - séjour du Portugais Duarte Lopes qui communique de précieux renseignements sur les mines de cuivre du royaume. Vers intensification de la traite esclavagiste, développement du port de Loango. Vers - apparition de nouvelles aristocraties ; certains tirent leur légitimité de la possession de nkobi.
Stanley descend le fleuve Congo et accoste à Malébo (qui deviendra Stanley Pool, aujourd'hui Pool Malebo).
Pierre Savorgnan de Brazza signe avec Illoy un traité qui place ses terres sous la « protection » de la France.
indépendance ; la lignée des rois descendants du Makoko existe encore au .
Références Traduction
Notes
Références
Bibliographie . . . . . . . .
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Liste chronologique des Rois
Ngantho Ndzaon Mbaon Opontaba Ncu acumpfiri Pieele Nge ilieele Ngoolua Mboulignaoh Illoh Mbandieele Illoh II V.Oupfoul'Pfa Ngayouoh Ngantino-Mpea Moundzouani Ngamboula Andibi Ngankia Nkima Alphonse Nsalou Illoh III Suspension Institution Mialani-Wawa Gaston Ngouayoulou Auguste Nguempio Michel Ganari Nsalou II
Articles connexes Histoire de la république du Congo Royaume de Kongo
Tio Tio Tio Catégorie:Congo précolonial (RDC) Catégorie:Entité politique du XVIIe siècle Catégorie:Colonialisme Tio Tio