Amelia Tokagahahau (ou Tōkagahahau), née vers 1825 et morte le ou le , est une reine coutumière d'Uvea (lavelua), ayant régné du à sa mort, pendant vingt-six ans.

Elle proclame en 1870 un ensemble de lois connues sous le nom de Code Bataillon. À la demande de la mission catholique, elle adresse à la France une demande de protectorat en 1886 et signe le un traité qui entérine le protectorat sur l'île de Wallis. Elle complète la construction du palais royal d'Uvea à Mata Utu et elle fait aussi construire la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Wallis, où elle est inhumée.

Biographie alt=Photographie en noir et blanc montrant des personnes assises. La reine se tient au second rang.|vignette|La reine Amélia (au centre au deuxième rang) en 1887 avec des jeunes filles de la noblesse (Aliki) devant le palais royal de Wallis (Uvea).

Amelia est la fille du roi Soane Patita Vaimu'a (qui règne de 1831 à 1858). Elle succède à sa tante Falakika Seilala. Elle devient reine d'Uvea le , avec le soutien des missionnaires. Dès son élection, elle fait face à une révolte dynastique menée par Tu'ugahala, un de ses rivaux à la succession.

Consolidation du pouvoir royal

En 1870, elle publie un recueil de lois uvéennes, nommé Code Bataillon car fortement inspiré par l'évêque Pierre Bataillon. .

En 1870, Pierre Bataillon rédige également le Code de Wallis que la reine promulgue en 1871. Ce texte législatif rédigé en wallisien fixe par écrit la composition précise de la chefferie, figeant ainsi cette institution qui avait évolué jusqu'alors. Ce code consacre le lavelua comme , il nomme les ministres et les autres chefs. Aucune procédure de destitution n'est envisagée (le roi règne jusqu'à sa mort). Sophie Chave-Dartoen explique que . Le peuple doit vivre sous l'autorité du clergé ; la religion catholique est reconnue comme l'unique religion du pays.alt=gravure en noir et blanc représentant des personnes assises contre un mur|vignette|La reine Amelia et sa cour (vers 1889).

Protectorat français Le , la reine Amelia rédige une demande de protectorat à la France :

Elle signe le un traité qui accepte cette protection à condition que ses prérogatives soient garanties. Les deux rois de Futuna ratifient ensuite le même texte et le protectorat de Wallis-et-Futuna est véritablement établi en 1888.

Mort et succession La reine Amelia décède le ou le selon les sources. Elle est enterrée dans le caveau royal de la cathédrale de Mata-Utu. Sa mort déclenche une crise de succession : Vito Lavelua II, fils de Soane Patita, est désigné comme son successeur, mais son concurrent Isaake rassemble une cinquantaine d'hommes et réussit à se faire introniser roi. Finalement, la mission intervient et réussit à éviter un affrontement. La menace de la déportation à l'île des Pins (en Nouvelle-Calédonie) des chefs rebelles finit de convaincre Isaake de laisser le pouvoir à Vito.

Comparaison avec d'autres souveraines d'Océanie Amelia Tokagahahau est la troisième femme de l'histoire wallisienne à devenir reine, après Toifale (1825-1829), Falakika Seilala (1858-1869) et avant Aloisia Brial (1953-1958) ; elle s'inscrit également parmi d'autres reines de Polynésie, comme Salote Tupou III aux Tonga (1918-1965), Liliʻuokalani à Hawaï (1891-1893) ou Pōmare IV à Tahiti (1827-1877).

Notes et références

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