vignette|283px|Arrivée du simoun, désert de Gizeh de David Roberts (1846-1850), lithographie présentée sur la couverture d’À la recherche de l’Égypte oubliée, le premier titre de la collection.
« Découvertes Gallimard » est une collection des éditions Gallimard à caractère encyclopédique, créée en 1986 et destinée aux jeunes adultes..
Cette collection est basée sur une idée de Pierre Marchand appliquée dans les deux collections de poche : « Découvertes Cadet » en 1983 et « Découvertes Benjamin » en 1984. Les livres qui les composent impressionnent par la qualité de leur réalisation et la richesse de leur iconographie.. Les livres font entre et , bien que la plupart en possèdent entre et . Tous contiennent des suggestions de lecture en fin d’ouvrage. À la fin de 2012, il y avait dans la collection.
Description vignette|gauche|« Ramsès III devant la triade de Thèbes ». La reproduction d’une image du papyrus Harris, extraite du premier titre À la recherche de l’Égypte oubliée ().
Créée dans le style du livre d’art, « Découvertes Gallimard » est une collection de monographies historiques synthétiques, portant sur les sujets les plus variés : art, littérature, patrimoine, civilisation, religion, société, temps présent … D’abord destinée au jeune public puis réorientée vers un lectorat adulte. Chaque volume est composé d’une monographie et d’un ensemble de « témoignages et documents » sur un sujet donné, écrit par un spécialiste reconnu dans sa discipline, avec l’histoire comme principale ligne de perspective. Par exemple, dans le premier titre À la recherche de l’Égypte oubliée, qui narré dans l’ordre chronologique pour raconter l’histoire de la redécouverte de la civilisation de l’Égypte antique, de la période gréco-romaine au , une époque qui marque la naissance de l’égyptologie.
Le format de n’est pas le fruit du hasard, pas plus que la mise en pages, ainsi que l’explique le maquettiste Raymond Stoffel : Dans un entretien accordé à La Croix, la directrice de la collection Élisabeth de Farcy explique : .
La couverture est l’une des spécificités de la collection : autrefois brillante à fond noir illustré en couleur, aujourd’hui mate mais plus colorée, avec des codes couleurs différents selon les domaines. Elle se différencie des autres livres de référence par la force de son visuel : une image plein format qui s’impose par son cadrage et la puissance des éléments figurés, une image aussi en parfaite adéquation avec la mise en page intérieure de l’ouvrage, ainsi qu’une petite image pour illustrer le dos. L’identité visuelle est forte, même de nombreuses éditions internationales des « Découvertes Gallimard » peuvent être facilement reconnues. Cependant, il y a quelques exceptions, par exemple, l’éditeur barcelonais Ediciones B adopte un design de couverture complètement différente pour sa collection « ».
Les légendes pour les illustrations doivent être informatives, ne pas doublonner le corpus, ni doivent pas interrompre le fil narratif. Chercheurs et universitaires doivent s’astreindre aux contraintes d’une collection grand public. Outre d’évidentes capacités d’analyse, on demande aux auteurs des qualités d’écriture et une sensibilité à l’illustration. Un « Découvertes » n’est pas un livre d’auteur, l’auteur n’est qu’un des multiples intervenants, comme le remarque Daniel Garcia de L'Express : Bruno Blasselle, directeur de la Bibliothèque de l’Arsenal, auteur des deux volumes d’Histoire du livre () et co-auteur de La Bibliothèque nationale de France : Mémoire de l’avenir (), explique son expérience de travail pour la collection :
Chaque volume contient environ avec environ imprimées en quatre, cinq, six ou sept couleurs, à la fois des mats et des brillants et parfois même des ors, comme pour Richard Wagner : L’opéra de la fin du monde () ; ainsi que des argents, comme pour Sang pour sang, le réveil des vampires (). Chaque livre débute par le « pré-générique » : une succession d’images ou de photographies, que Jamie Camplin, le directeur de Thames & Hudson, appelle une .. Pour Champollion : Un scribe pour l’Égypte (), par exemple, c’est une reproduction du manuscrit de la Grammaire égyptienne ; le pré-générique de La Saga de l’espace () évoque lui le tragique lancement de la navette Challenger en 1986, et de La Tour de Monsieur Eiffel () présente la Tour à chaque étape de sa construction.
La nouveauté réside dans l’orchestration subtile du texte et de l’image documentaire, où se succèdent séquences, encarts, dépliants, chevauchements en double page.. Selon les sujets, le corpus est structuré en trois à huit chapitres, composé de soixante-quatre (Enquête sur Sherlock Holmes, ) à cent vingt-huit pages (la plupart des ouvrages). Chaque chapitre est construit selon les méthodes journalistiques, avec un chapeau et des intertitres. Le corpus est rythmé par des doubles pages d’images, appelées encarts, sorte d’arrêts sur images. Dans La magie blanche de Saint-Pétersbourg (), par exemple, deux doubles reproduisent des aquarelles d’Eduard Hau pour illustrer l’intérieur de l’Ermitage. Les livres doivent beaucoup aux techniques cinématographiques, certains titres comportaient de dépliants panoramiques, sorte de projection sur grand écran. Ainsi dans À la conquête du Mont-Blanc (), on voit tout à coup, au détour d’une page, se détacher la chaîne, avec tous ses détails; dans Pompéi, la cité ensevelie (), deux dépliants, l’une montrant la reconstitution du forum de Pompéi par Léon Jaussely, l’autre représentant l’état actuel du quartier des théâtres en 1859 en utilisant les dessins de Paul-Émile Bonnet, tous deux dans une vue panoramique. Dans Le papier : Une aventure au quotidien (), grâce à un partenariat avec des groupes papetiers, il y a trois luxueux dépliants, tous réalisés sur des papiers différents de l’entreprise Arjowiggins, présentant l’un des aquarelles du , sur la fabrication traditionnelle du papier chinois, l’autre des gravures et dessins d’Albrecht Dürer et Léonard de Vinci, et le troisième la chaîne de fabrication du papier aujourd’hui, avec ses différentes machines.
vignette|gauche|260px|La nouvelle édition, à fond plus coloré, avec des codes couleurs différents selon les domaines. La section « témoignages et documents », la deuxième partie du livre, à la différence du corpus en couleur, toujours en noir et blanc, mais occasionnellement imprimée sur du papier orange (La Mode : Un demi-siècle conquérant, ) ou du papier bleu (Le monde de Lourdes, ). Elle fonctionne comme une anthologie, s’adressant au lecteur voulant se constituer une bibliothèque culturelle, une fois cette introduction digérée, de poursuivre l’exploration. La section comprend des dossiers réalisés conjointement par l’auteur et l’éditeur, avec pour chaque dossier, un chapeau, des textes de liaison et de courtes légendes. Les annexes clôturent les « témoignages et documents » avec, selon les sujets, une bibliographie, une chronologie, une discographie, une filmographie, une index, et aussi une table des illustrations. La collection se démarque également par son souci du détail, dans le choix de la typographie : Trump Mediaeval pour le texte courant, ITC Franklin Gothic pour les intertitres, Zapf Dingbats pour les guillemets, de l’italique fort pour les légendes avec une lettrine et la dernière ligne soulignée, et cetera. Les éditions françaises sont imprimées chez Kapp Lahure Jombart à Évreux, tandis que l’imprimeur italien Gianni Stavro, qui a largement contribué à l’élaboration des nouvelles techniques utilisées dans la collection, conserve les rééditions et les coéditions internationales. Les reliures sont solides, cousues et non collées. Gallimard a promis aux lecteurs .
Les dix-huit anciennes séries — Archéologie, Architecture, Art de vivre, Cinéma, Histoire, Histoires naturelles, Invention du monde, Littérature, Mémoire des lieux, Musique et danse, Peinture, Philosophie, Religions, Sciences, Sculpture, Sports et jeux, Techniques et Traditions — ont été abandonnées, elle est désormais organisée autour de sept grands domaines, avec des codes couleurs différents selon les domaines : Arts (rouge), Archéologie (brun), Histoire (bleu), Littératures (blanc), Religions (bleu foncé), Culture et société (jaune) et Sciences et techniques (vert).
Historique vignette|300px|Images utilisées pour les couvertures des ouvrages des « Découvertes Gallimard ». La collection « Découvertes Gallimard », initialement baptisée « Les Chemins de la connaissance » et « Découverte junior »., qui est basée sur une idée de Pierre Marchand après les publications de deux collections de poche : « Découvertes Cadet » en 1983 et « Découvertes Benjamin » en 1984. Marchand et Jean-Olivier Héron l’avaient déjà en arrivant chez Gallimard en 1972, comme Marchand l’explique : .
Françoise Balibar, Jean-Pierre Maury, Jean-Pierre Verdet, Marc Meunier-Thouret et d’autres essuyèrent les premiers plâtres de ce projet pharaonique qui attendra l’arrivée d’Élisabeth de Farcy et de Paule du Bouchet, en 1981, pour vraiment prendre forme.. Produire de véritables encyclopédies au format de poche et entièrement illustrées en couleurs, en 1986, beaucoup jugeaient ce projet éditorial insensé. Les auteurs étaient sceptiques sur ce projet au départ, voire méprisants, mais ils sont finalement fascinés par la collection, certains ont même commis plusieurs ouvrages, comme Françoise Cachin, auteur de trois ouvrages – Gauguin : « Ce malgré moi de sauvage » (), Seurat : Le rêve de l’art-science (), Manet : « j’ai fait ce que j’ai vu » () ; Jean-Pierre Maury, qui signe quatre titres – Galilée, le messager des étoiles (), Comment la terre devint ronde (), Newton et la mécanique céleste (), Le palais de la Découverte () ; ou Odon Vallet, qui a même écrit sept livres, six dans la série Une autre histoire des religions – Déesses ou servantes de Dieu ? : Femmes et religions (), L’héritage des religions premières (), Le Dieu du Croissant fertile (), Les spiritualités indiennes (), Les religions extrême-orientales (), L’Esprit des savoirs () et Le sacre des pouvoirs ().
Un « numéro zéro » a été envoyée à au cours de l’été 1986. Pas d’étude de marché au départ, Pierre Marchand, un homme autodidacte, explique dans un Ça se discute sur le thème « autodidactes et diplômés » : .
Le lancement officiel a eu lieu le , les douze premiers titres, vingt-cinq mille exemplaires de chaque volume ont été imprimés. , tel est le slogan proposé par CLM BBDO, l’agence de publicité de Pascal Manry pour le lancement de la collection. Dirigée par Élisabeth de Farcy, elle a choisi les auteurs et a organisé des campagnes iconographiques. Plusieurs éditeurs et iconographes ont été rassemblés, des trésors d’illustration ont été extraits des ressources patrimoniales. En librairie, les « Découvertes » allaient bientôt passer au rayon adultes. La collection a pris un départ rapide, ont été publiés en cinq ans, elle a passé les frontières en 1989, avec le premier coéditeur de Madrid, et seront associés finalement.
En 1992, après la parution de , Gallimard a montré de l’intérêt pour (édition française : Le chant de la sirène, ), l’ouvrage sur la sirène de Vic de Donder, un écrivain belge de langue néerlandaise. Néanmoins, l’éditeur parisien a hésité : Puis De Donder a atteint une liste impressionnante d’environ un millier d’images qu’il a recueillies pendant plusieurs années, Gallimard était convaincu et faisant De Donder le premier auteur non francophone de cette collection..